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23/09/2011

fin d'une époque

Faut un peu de mémoire pour apprécier l'actualité.
Je me souviens de l'élection dObama en novembre 2008 avec les torrents de propagande sur cet homme qui allait changer le monde parce qu'il était noir donc gentil, je me souviens de mes potes qui rigolaient de mon scepticisme quand je leur expliquais que la nomination d'un faucon comme Ram Emmanuel était un bien mauvais signe en matière de politique étrangère et que l'etat profond US ne changerait pas d'un iota sa politique impériale, je me souviens de ces crétins crédules avec leurs auto-collants "Yes we can" sur leur caisse, je me souviens aussi de l'espoir d'un changement qu'a fait surgir ce pitre chez des gens simples qui achètent la même merde au Wallmart du coin chaque jour et qui survivent aujourdhui avec des bons d'alimentation comme plus de 40 millions d'américains...

Qu'en est-il aujourdhui: l'amérique est en faillite, le dollar est à l'agonie, le pays est massivement désindustrialisé, les perspectives économiques et sociales sont dramatiques à peu prés au niveau des PIGS sauf que les PIGS sont des européens c'est à dire qu'ils disposent souvent d'une petite épargne, qu'ils ont encore des morceaux de filets sociaux et qu'ils ont une monnaie qui n'est pas du papier cul et qu'ils ont la mémoire des guerres sur leur territoire (ce que les américains ont perdu).
Obama et son administration parlent de paix au Proche-Orient et d'un état palestinien depuis trois ans mais s'apprètent à opposer leur veto à l'ONU contre la proclamation de celui-ci...pour ne pas perdre le lobby juif US à quelques mois des prochaines élections; c'est dire si on a affaire à des pointures, Mackinder est à la maison blanche...
Obama va avoir le choix entre accompagner la récession et le déclassement le plus conséquent du peuple américain depuis la crise de 29 ou assumer une montée aux extrêmes que permet encore un outil militaire surpuissant et présent sur les cinq continents et toutes les mers du monde et la maitrise quasi-totale de l'infosphère (comme l'illustrent bien la propagande eurodramatique de l'anglosphère et de ses affidés continentaux et de quelques pitres comme le célèbre Nouriel Rubini).
Pas au niveau des enjeux du moment, l'Obama.


Décidément une époque intéressante, un renversement du monde.

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"(...) Bernard Poulet : Vous considérez que les élites françaises ont une lourde responsabilité…

Malika Sorel-Sutter : Une partie s’arrange lâchement de cette situation. Elle se donne bonne conscience en se mettant du côté du plus faible, sans se rendre compte qu’elle l’enferme. Et ce sont souvent les mêmes qui se démènent pour que leurs propres enfants ne soient pas dans ces classes métissées dont ils nous parlent avec émotion. De plus, une partie des patrons ont un comportement court-termiste, totalement irresponsable : toujours à la recherche de la main-d’œuvre la moins chère possible, ils n’hésitent pas à employer des clandestins. Cette immigration irrégulière présente de surcroît l’avantage d’être corvéable à merci. On a l’impression que, dès qu’un groupe de clandestins est régularisé et doit être un peu mieux payé, cela s’accompagne d’un besoin de nouveaux immigrés, comme si les régularisés avaient disparu du marché de l’emploi, préférant se tourner vers les dispositifs de prise en charge sociale. Peut-on à la fois supporter la charge du chômage et recourir à une immigration de travail massive ? (...)" source

Je vous suggère de lire la totalité de cet excellent interview de malika Sorel dans l'Expansion et de mesurer l'abyme qui peut exister entre la langue de bois de nos cloportes politiciens droite-gauche confondus -genre supermétis, tous oligarques obsédés par leur réélection et leurs prébendes, et le discours de vérité d'une femme courageuse.

Que dit Malika Sorel? Une évidence: depuis 40 ans, le modèle assimilationniste français n'est plus apliqué et c'est le modèle anglo-saxon multiculturaliste qui l'a remplacé mais sans que cela soit dit. On sait que ce modèle "multikulti" prôné par nos modernes est en faillite partout notamment dans le monde anglo-saxon et ne produit que déreliction, violence et décivilisation. On comprend en lisant MS que la poursuite des flux migratoires que nous connaissons depuis plusiers décennies conjuguée à l'absence délibérée d'intégration/assimilation de ces populations ne peut mener qu'au chaos.

MS est seule, c'est la dernière a oser dire le vrai, peut-être simplement parce qu'elle est d'origine maghrébine (qu'elle a du courage) et que n'importe qui d'autre aurait déjà été flingué par les janissaires du nouvel ordre babélien, festif et métissé. Là encore, nos politiques sont en dessous de tout, inconscients des vrais enjeux ou incapables de s'opposer au chaos moderne (la double pensée orwellienne: je prône le métissage et la mixité sociale mais je scolarise mes enfants dans un ghetto leucoderme catho si possible).

Finalement cette hyper classe politique, médiatique, culturelle, économique n'est simplement pas au niveau de la situation. Pas seulement inefficace ou corrompue mais nuisible. On en vient à souhaiter le pire pour voir disparaitre pareille camarilla de connards malfaisants.

Mais Lasch a déjà théorisé tout ça.

"Pour Christopher Lash, la situation contemporaine doit être pensée à la lumière d’un phénomène structurant, et qui constitue, par rapport aux siècles précédents, une rupture majeure : désormais, ce qui menace l’équilibre de la structure globale, et en particulier les progrès effectués vers une humanité plus libre et plus digne, ce n’est plus la révolte des masses. C’est la révolte des élites.

Les élites contemporaines, explique Lash, ont ceci de particulier qu’à la différence de leurs devancières, elles ne se pensent plus comme le sommet d’une structure complexe, mais comme un élément extérieur à la structure formée par les peuples. Les élites ne sont plus ce qui est au-dessus, mais ce qui est séparément. La cause de cette évolution ? La déterritorialisation d’abord subie, ensuite acceptée, finalement recherchée par ces élites – une déterritorialisation qui s’achève, fort logiquement, dans la rupture de tous les réseaux de proximité à l’intérieur desquels les masses sont encore insérées, mais auxquels échappent désormais les élites. Elites qui constituent de nouveaux réseaux, étrangers à ceux constitués par le reste de l’humanité."