19/07/2014

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16/07/2014

Russie

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" (...) Les rues sont en outre envahies de vendeurs plus ou moins autorisés de nourriture à emporter : hot-dogs, hamburgers, glaces (même et surtout en hiver par -30°C), Kvas (sorte de soda à base de pain noir fermenté, excellent), "pirojki" (gâteaux fourrés au chou, à la viande, aux pommes), lait... On y trouve également des fleuristes (les fleurs viennent de Hollande et tiennent 24 heures si l'on s'en donne la peine), des marchands de souvenirs, etc. La nourriture peut parfois sembler suspecte, mais globalement on parvient à se nourrir à très bon marché sans risquer la salmonellose à chaque repas. Toute une population tente de survivre en tirant ses revenus de la rue. De nombreux groupes de musiciens animent les rues par n'importe quel temps. J'ai ainsi eu l'occasion de voir à l'oeuvre le meilleur groupe de musique Dixie (guitare, banjo, clarinette, trombone, contrebasse, batterie) que j'ai jamais vu !

S'il est une chose qui peut choquer l'occidental, c'est le non respect des règles d'hygiène élémentaires pour ce qui concerne l'alimentation. Les infrastructures sont telles qu'il est totalement illusoire d'envisager une quelconque chaîne du froid en Russie. En hiver tout d'abord c'est inutile : la viande reste bien souvent sur le trottoire, par -30°C, le temps que le commerçant l'entrepose dans son magasin. Pendant la douce saison, c'est plus problématique, et il n'est pas rare d'observer sur les étales de la viande bleue, voire carrément avariée. C'est le stade ultime : en général le commerçant soucieux de sa notoriété se débrouille pour fourguer sa viande avant qu'elle n'apparaisse trop suspecte, sous forme de viande hâchée, de pâté cuit ou de farce. C'est ainsi qu'on devient rapidement végétarien : toute viande paraît suspecte, autant alors l'éviter. Le poisson quant à lui est consommé fumé ou sêché, jamais frais. Bien sûr il y a des exceptions. Les adresses où se procurer de la viande fraîche sont connues, mais la consommation de viande se fait essentiellement via des produits transformés.

Le régime alimentaire est peu varié et varie selon les saisons, en fonction des arrivages de légumes sur les marchés. La base est constituée de pain, de fromage type Gouda, de pomme de terre, de chou, de choucroute, de "pielmenis" (raviolis sibériens), de salami, d'oignon, de tomate, de poivron, de cornichon, de betterave. Côté fruits on trouve des pommes, des poires, des baies diverses et variées. A cela s'ajoute les biscuits et pâtisseries (pas toujours très bonnes) et les bonbons. Le poisson se trouve quant à lui fumé ou sêché, rarement frais. Pour ceux à qui ce régime ne convient pas, il reste bien sûr le McD* sur la Nevskii Prospekt !

Vie nocturne

Avec un soleil qui se lève à 10:00 et se couche à 15:30 en hiver, la vie nocture commence parfois très tôt, du moins à Saint Pétersbourg ! La ville regorge de bars et de clubs, parfois clandestins, parfois ayant pignon sur rue, et souvent à l'existence éphémère. Ces "lieux de perditions" sont des scènes privilégiés pour toute la faune artistique russe. Les artistes sont souvent très doués - le moindre DJ de seconde zone ayant souvent des années de conservatoire derrière lui (pour ceux que j'ai rencontrés). Avec le temps, on s'aperçoit que certains endroits n'accueillent que des russes. Le service y est minimal et la qualité des consommations plutôt médiocre. En contrepartie, l'entrée ne coûte que quelques roubles. Des endroits plus huppés font une sélection par l'argent. L'entrée dépasse souvent les 50 roubles (le tiers d'une pension de retraite de base), le service est très professionnel et de qualité. Viennent ensuite les endroits "interlopes" et indéfinissables : bars tenus par la mafia à l'atmosphère lourde, night clubs réservés aux expatriés (il suffit de présenter un passeport - les russes sont refoulés sans pitié) où 99% de la population féminine y exerce en fait son activité professionnelle, usines désaffectées transformées en pistes de dance géantes et contrôlées par la milice...

Si l'on cherche à s'amuser et à éviter la déprime consécutive à la nuit quasi permanente en hiver, ces endroits sont très agréables. On y fait des rencontres singulières, que ce soit l'industriel sibérien en goguette ou la péripapétitienne émêchée en quête d'une oreille attentive à qui conter sa vie... Les bagarres y sont très rares : le service d'ordre à la russe est toujours très musclé (j'ai vu un russe refoulé d'une boîte et un peu trop insistant se faire littéralement hâcher menu par les videurs), et la milice surveille certains endroits. Contrepartie parfois gênante : si vous êtes étranger, seul et émêché dans une boîte, vous avez de grandes chances d'être séquestré dans une "cellule de dégrisement" quelques heures, le temps de vous faire racketer par le service d'ordre ou des flics véreux !

En été c'est pire : la fête est non-stop, les "nuits blanches" faisant que le soleil ne se couche jamais pendant les mois de juin et de juillet. En dehors des lieux de débauche, la vie culturelle est également très développée : ballets, théâtre, opéras, concerts. Moi qui suis plutôt inculte, j'y ai vu les plus beaux spectacles qu'il m'ait été donné de voir. L'ambiance y est loin de ce que l'on peut observer en France, où des snobinards paient 150 euro la place pour voir un ballet de danse contemporaine imb*table - je pourrais citer "Nosferatus", un machin sans queue ni tête vu à Paris lors d'un moment d'égarement. En Russie, le classique prédomine, et à des tarifs défiant toute concurrence. Une place au 1er rang pour assister à un ballet réputé comme "Roméo et Juliette" revient à 35 euro, soit moins de 3 euro après la dévaluation du rouble. Mais attention : ce tarif s'applique uniquement aux russes (ou à ceux qui se font passer pour tels). Un couple d'américain venu chercher ses tickets à la caisse était par hasard devant moi : la place leur à coûté 75 dollars...Je pense personnellement que cette démocratisation de la culture est une excellente chose : nombre de famille manifestement en difficulté financière peuvent, grâce à cette politique, se payer du divertissement à moindre coût.

Paupérisation généralisée

La libéralisation soudaine du marché et l'adoption d'un capitalisme sauvage comme politique économique après la chute du rideau de fer à bouleversé en profondeur la vie de tous les russes. Nombre d'entre eux vivaient en effet aux crochets de l'état, occupant des emplois inutiles et totalement improductifs. Quand les usines ont fermé, il a bien fallu se reconvertir ou sombrer dans la misère. La plupart des citadins ont trouvé des emplois dans le commerce ou l'artisanat (plombier, électricien... ces corps de métiers étant en plein boom). Pour d'autres la transition s'est faite dans la douleur, et l'on ne compte plus le nombre d'alcooliques, de drogués, de sans-abris qui hantent les faubourgs. Il n'y a quasiment pas de classe moyenne en Russie : soit l'on est très riches, soit l'on est pauvre et on lutte au quotidien pour subvenir aux besoins élémentaires, soit l'on est très pauvre et une dose quotidienne de vodka annihile toute volonté de s'en sortir. Moralité : seuls ceux doués d'un sens développé de l'adaptation s'en sortent. Des légions de SDF, d'orphelins, d'enfants en fugue et de gens du voyagent occupant les rues avec une notion toute relative du respect des lois, les autorités ont adopté des mesures radicales pour limiter les nuisances imputables à ces populations. Des camions les ramassent régulièrement dans la rue, et les emmènent dans la forêt à plus de 200 kilomètres de la ville. Le temps que tous ces gens revienent par leurs propres moyens, et la situation dans la ville redevient normale pour quelques semaines.

Retour à la terre général

Une des mesures socialement salvatrices de l'ère soviétique a été la création du lopin de terre, attribué à tout citoyen russe. Cette mesure a littéralement permis d'éviter le retour de la famine dans un pays ou la propriété privée était interdite et l'état chroniquement déficient. Un lopin de terre n'est pas très gros, mais permet bien souvent de nourrir une famille entière à l'année. Un abri de jardin construit sur place fait bien souvent qu'on y passe ses vacances, à cultiver cornichons, tomates et pommes de terre. Les transports en commun de Saint Pétersbourg voient ainsi défiler un flux constant de ruro-citadins faisant la navette entre leur appartement et leur lopin en campagne, et équipés de sacs-à-dos remplis d'outils ou de fruits et légumes divers et variés. Les plus adroits parviennent à revendre une partie de leur production, dont une grosse partie est mise en conserve pour permettre une consommation à l'année. Les bois sont également une source d'approvisionnement traditionnelle en Russie : baies et champignons sont récoltés par des armés de cueilleurs. Les pêcheurs sont légions. En hiver les journaux rapportent régulièrmeent des histoires de pêcheurs partis pêcher sur la banquise et se retrouvant, après avoir bien souvent abusé de la vodka, en perdition plusieurs jours durant sur un iceberg à la dérive !

Les conditions de vie des ruraux sont plus rudes : tout manque ! Le sucre vient en tête des produits dont le manque se fait cruellement sentir. Se procurer des vêtements, des provisions, des médicaments, etc, implique de faire des kilomètres jusqu'au bourg le plus proche. Pas facile à l'intersaison, quand les routes se transforment en bourbiers ! Et cela suppose également d'avoir un véhicule en état de marche... Vivre à la campagne présente toutefois quelques avantages :
- la criminalité y est limitée et peu organisée,
- produire sa subsistance est possible et permet même de faire des bénéfices si revente sur les marchés,
- on peut chasser / braconner sans trop de soucis,
- l'environnement y est plus agréable,
- se chauffer (au bois) en hiver par -35°C sans être tributaire d'un quelconque fournisseur est appréciable."
suite/Ferfal 1998

NB; lire Orlov aussi.

15/07/2014

what else?

09/07/2014

Apollo night

 
Oh, the passenger
How, how he rides
Oh, the passenger
He rides and he rides
He looks through his window
What does he see?

RIP

07/07/2014

c'est moche

orlov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" (...) Comme je l'ai mentionné auparavant, les plans d'atténuation de crise à mettre en œuvre par nous, qu'ils impliquent des guerres pour l'accès aux ressources, la construction de centrales nucléaires, des fermes d'éoliennes ou des rêves d'hydrogène, sont peu susceptibles d'être réalisés, parce que cette entité nous ne sera plus fonctionnelle. Si nous ne sommes pas susceptibles de réaliser notre plan avant l'effondrement, alors quoi qu'il reste de nous sera encore moins susceptible de le faire après. Par conséquent, il y a peu de raisons de s'organiser politiquement dans le but d'essayer de bien faire. Mais si vous voulez vous préparer à tirer parti d'une mauvaise situation — et bien, c'est une autre histoire !

La politique a un grand potentiel pour faire empirer une mauvaise situation. Elle peut causer guerres, nettoyages ethniques et génocides. À chaque fois que les gens se rassemblent en organisations politiques, que ce soit volontairement ou de force, cela annonce des ennuis. J'étais à la réunion annuelle de mon jardin communautaire récemment, et parmi le groupe de jardiniers généralement placides et timides il y avait une paire de militants autoproclamés. Avant longtemps, l'un de ceux-ci soulevait la question de l'expulsion de gens. Les gens qui ne se montrent pas à la réunion annuelle et ne s'inscrivent pas pour faire le nettoyage et le compostage et ainsi de suite — pourquoi leur permet-on de garder leur parcelle ? Et bien, certains des éléments voyous mentionnés par le militant se trouvaient être de vieux Russes, qui, en raison de leur vaste expérience de telles choses durant l'époque soviétique, sont excessivement peu susceptibles d'être astreints à prendre part au travail en commun ou d'assister aux réunions avec la collectivité. Franchement, ils préféreraient la mort. Mais ils adorent aussi le jardin.

La raison pour laquelle on permet à l'élément d'exister dans ce jardin communautaire particulier est que la femme qui dirige l'endroit leur permet de garder leur parcelle. C'est sa décision : elle exerce l'autorité et elle ne participe pas à la politique. Elle fait fonctionner le jardin et permet aux militants de faire leur bruit, une fois par an, sans effet pernicieux. Mais si la situation devait changer et que le jardin potager devienne soudainement une source de nourriture plutôt qu'un loisir, combien de temps faudrait-il pour que l'élément militant commence à demander plus de pouvoir et à affirmer son autorité ?

L'autorité est certainement une qualité utile dans une crise, qui est une époque particulièrement mauvaise pour les délibérations et les débats longuets. Dans n'importe quelle situation, certaines personnes sont mieux équipées pour y faire face que d'autres et peuvent les aider en leur donnant des directives. Ils accumulent naturellement une certaine quantité de pouvoir pour eux-mêmes, et c'est bien aussi longtemps que suffisamment de gens en bénéficient, et aussi longtemps que personne n'est blessé ou opprimé. De telles personnes émergent souvent spontanément dans une crise.

Une qualité également utile dans une crise est l'apathie. Les Russes sont exceptionnellement patients : même dans les pires moments de l'après-effondrement, ils n'ont pas commis d'émeute, et il n'y a pas eu de manifestations significatives. Ils ont fait face du mieux qu'ils pouvaient. Le groupe de gens avec qui l'on est le plus en sécurité dans une crise est celui qui ne partage pas de fortes convictions idéologiques, n'est pas facilement persuadé par l'argumentation, et ne possède pas un sentiment surdéveloppé et exclusif de l'identité.

Les candides enquiquineurs qui pensent que nous devons faire quelque chose et qui peuvent être embobinés par n'importe quelle andouille démagogue sont assez nuisibles, mais le groupe le plus dangereux, et qu'on doit surveiller et fuir, est un groupe de militants politiques résolus à organiser et promouvoir un programme ou un autre. Même si le programme est bénin, et même s'il est bénéfique, l'approche politisée pour le résoudre pourrait ne pas l'être. Comme dit le proverbe, les révolutions mangent leurs enfants. Puis elles se tournent vers tous les autres. La vie de réfugié est une forme de survie ; rester et se battre contre une foule organisée n'en est généralement pas une.

Les Balkans sont le cauchemar post-effondrement avec lequel tout le monde est familiarisé. Au sein de l'ex-Union soviétique, la Géorgie est le meilleur exemple d'une politique nationaliste poursuivie jusqu'à la désintégration nationale. Après avoir gagné son indépendance, la Géorgie est passée par un paroxysme de ferveur nationaliste, résultant en un État quelque peu plus petit, légèrement moins peuplé, perpétuellement défunt, avec une pauvreté généralisée, une grande population de réfugiés, et deux anciennes provinces coincées dans des limbes politiques permanentes, parce que, apparemment, le monde a perdu sa capacité à redessiner les frontières politiques. Dans sa forme actuelle, c'est un client politique et militaire de Washington, précieux uniquement comme couloir de pipeline pour le pétrole de la mer Caspienne. Son principal partenaire commercial et fournisseur d'énergie est la Fédération de Russie.

Les États-Unis sont bien plus comme les Balkans que comme la Russie, qui est habitée par une population eurasienne assez homogène. Les États-Unis sont très compartimentés, habituellement par race, souvent par ethnicité, et toujours par niveau de revenu. Durant les périodes prospères, ils restent relativement calmes en maintenant un pourcentage de gens en prison qui a établi un record mondial absolu. Durant les périodes moins prospères, ils sont en grand risque d'explosion politique. Les sociétés multi-ehtniques sont fragiles et instables ; lorsqu'elles se désagrègent, ou explosent, tout le monde perd.

Aux États-Unis, il semble y avoir peu de manières de faire fonctionner en douceur le scénario de l'effondrement pour soi et sa famille. La totalité du lieu semble partie trop loin dans une direction insoutenable. C'est un vrai défi créatif, et nous devrions lui accorder beaucoup de réflexion sérieuse. Supposons que vous viviez dans une grande ville, dans un appartement ou une copropriété. Vous dépendez des services municipaux pour survivre. Une semaine sans électricité, ou sans chauffage, gaz, ou enlèvement des ordures entraîne un inconfort extrême. Deux à la fois est une calamité. Trois est un désastre. La nourriture vient du supermarché, avec l'aide du distributeur de billet ou de la fente pour carte bleue à la caisse. Les vêtements propres viennent de la laverie, qui nécessite de l'électricité, de l'eau et du gaz naturel. Une fois que tous les commerces ont fermé et que votre appartement est froid, sombre et sent les ordures (parce qu'elles n'ont pas été ramassées) et l'excrément (parce que les toilettes ne fonctionnent plus), il est peut-être temps d'aller camper et d'explorer la nature.

Alors considérons la campagne. Supposons que vous possédiez une maison et que vous ayez un crédit minuscule qui se ratatine jusqu'à presque rien après une bonne poussée d'inflation, ou que vous la possédiez pour de bon. Si elle est dans une subdivision périurbaine développée, il y aura encore des difficultés avec les taxes, le respect du code, des étrangers venus de l'espace vivant à côté, et d'autres scoubidous, ce qui pourrait empirer à mesure que les conditions se détériorent. Les municipalités en détresse pourraient d'abord tenter de renchérir les impôts locaux pour couvrir leurs coûts au lieu de simplement fermer boutique. Dans un effort malavisé pour sauver la valeur immobilière, elles peuvent aussi tenter de faire appliquer des codes contre des nécessités telles que les tas de compost, les toilettes extérieures, les poulaillers et les cultures plantées sur votre pelouse de façade. Gardez à l'esprit, aussi, que les pesticides et les herbicides prodigués aux pelouses et aux terrains de golf laissent des résidus toxiques. Peut-être que la meilleure chose à faire avec la banlieue et de l'abandonner tout entière.

Une petite ferme offre des possibilités quelque peu meilleures pour cultiver, mais la plupart des fermes aux États-Unis sont hypothéquées jusqu'à la garde, et la plus grande partie de la terre, qui a subi une culture intensive, a été bombardée sans pitié de fertilisants chimiques, d'herbicides et d'insecticides, ce qui en a fait un endroit malsain, habité par des hommes à tout petit décompte de spermatozoïdes. Les petites fermes ont tendance a être des lieux solitaires, et nombre d'entre elles, sans accès au gasoil ou à l'essence, deviendraient dangereusement isolées. Vous aurez besoin de voisins pour faire du troc, pour vous aider, et pour vous tenir compagnie. Même une petite ferme est probablement excessive en terme de quantité de terre agricole disponible, parce que sans la capacité d'apporter sa récolte sur un marché, ou sans une économie monétaire en fonctionnement pour la vendre, il n'y a pas de raison de cultiver un grand surplus de nourriture. Avoir des dizaines d'hectares est un gaspillage quand tout ce dont on a besoin est quelques milliers de mètres carrés. De nombreuses familles russes ont réussi à survivre avec l'aide d'une parcelle de jardin standard de un sotka, ce qui fait cent mètres carrés, ou, si vous préférez, 0,01 hectare, ou 1076,391 pieds carrés.

Ce dont on a besoin, bien sûr, c'est d'une petite ville ou d'un village : une localité relativement petite, relativement dense, avec environ quatre mille mètres carrés pour chaque trentaine de personnes, et avec une réglementation des zones conçues pour un usage juste et durable, non pour les opportunités d'investissement en capital, la croissance, la valeur immobilière, ou d'autres sortes de développement. De plus, cela devrait être un endroit où les gens se connaissent et sont prêt à s'aider les uns les autres — une vraie communauté. Il y a peut-être encore quelques centaines de communautés comme cela, dissimulées ici et là dans les cantons les plus pauvres des États-Unis, mais il n'y en a pas assez, et la plupart d'entre elles sont trop pauvres pour absorber une population significative de migrants économiques.

Souvent, lorsque les gens entendent parler de la possibilité d'un effondrement économique, ils se demandent : Supposons que l'économie américaine s'effondre bientôt. Pourquoi cela vaudrait-il seulement la peine d'y penser, si je ne peux rien y faire ? Et bien, je ne suis pas un professionnel du conseil en investissement, alors je ne risque rien en faisant quelques suggestions sur la manière de protéger son portefeuille d'investissement contre l'effondrement.

La peur du nucléaire a engendré l'archétype du survivaliste45 américain, terré dans les collines, avec un abri anti-bombardement, un nombre fantastique de boites de conserve de charcutaille, un assortiment d'armes à feu et abondance de munitions avec lesquelles repousser les voisins en contrebas, ou peut-être juste pour tirer sur des canettes de bière quand les voisins passent pour de la bière et des sandwichs à la charcutaille. Et bien sûr, un drapeau américain. Cette sorte de survie est à peu près aussi bonne que de s'enterrer vivant soi-même, je suppose.

L'idée de stocker n'est pas totalement mauvaise, cependant. Stocker de la nourriture est, bien sûr, une idée pourrie, littéralement. Mais certains articles manufacturés valent certainement d'être considérés. Supposons que vous ayez un compte d'épargne retraite, ou des fonds mutuels. Et supposons que vous vous sentiez raisonnablement certain que d'ici au moment prévu pour partir à la retraite ce ne sera pas suffisant pour acheter une tasse de café. Et supposons que vous réalisiez que vous pouvez actuellement acheter plein de bons trucs qui aient une longue durée de vie en réserve et qui seront nécessaires et précieux, loin dans le futur. Et supposons, en plus, que vous ayez un petit peu d'espace de stockage : quelques dizaines de mètres carrés. Maintenant, qu'allez-vous faire ? Attendre et regarder vos économies s'évaporer ? Ou payer le supplément d'imposition et investir dans des choses qui ne soient pas composées de vapeur ?

Une fois que les distributeurs d'argent n'auront plus d'argent, que les téléscripteurs boursiers cesseront de téléscripter, et que la chaîne de distribution se sera brisée, les gens auront toujours des besoins de base. Il y aura des marchés aux puces et des arrangements privés de troc pour alimenter ces besoins, utilisant n'importe quelle monnaie d'échange locale qui sera disponible : des rouleaux de billets de cent dollars, des bouts de chaînes en or, des paquets de cigarettes, ou n'importe quoi de ce genre. Ce n'est pas une mauvaise idée de posséder un peu de tout ce que vous aurez besoin, mais vous devriez investir dans des choses que vous pourrez échanger contre des choses dont vous aurez besoin. Pensez à des biens de consommation nécessaires qui requièrent une haute technologie et ont une longue durée de vie en réserve. Voici quelques suggestions pour commencer : des médicaments (sans et sur prescription), des lames de rasoir, des préservatifs. Les batteries rechargeables (et les chargeurs solaires) deviendront assurément des articles précieux (les NiMH sont les moins toxiques). Les articles de toilette, tels que du bon savon, seront des articles de luxe. Remplissez quelques cantines, emballez sous azote pour que rien ne rouille ou ne pourrisse, et entreposez quelque part.

Après l'effondrement soviétique, il est rapidement apparu une catégorie de marchands itinérants qui fournissaient aux gens l'accès à des produits importés. Pour se procurer leurs marchandises, ces gens devaient voyager à l'étranger, en Pologne, en Chine, en Turquie, par le train, en portant leurs produits à l'aller et au retour dans leurs bagages. Ils échangeaient une valise de montres de fabrication russe contre une valise d'autres produits de consommation plus utiles, tels que le shampooing ou les lames de rasoir. Ils devaient graisser la patte des officiels le long de leur route, et étaient souvent détroussés. Il y a eu une période ou ces gens, appelé tchelnoki, ce qui veut dire navette en russe, étaient la seule source de biens de consommation. Les produits étaient souvent des rebuts d'usine, endommagés, ou au-delà de leur date de péremption, mais cela ne les rendait pas moins précieux. En se basant sur leur exemple, il est possible de prédire quels articles seront hautement demandés et de les stocker en avance, comme une couverture contre le risque d'effondrement économique. Notez que les chelnoki avaient des économies intactes avec lesquelles commercer, accessibles en train — alors qu'il n'est pas garanti que ce soit le cas aux États-Unis.

Une réserve de cette sorte, dans un endroit accessible à pied et socialement stable, où vous connaissez tout le monde, où vous avez quelques amis proches et de la famille, où vous possédez votre toit et de la terre pour de bon, et où vous pouvez cultiver la plus grande partie de votre propre nourriture, et troquer pour obtenir le reste, devrait vous permettre de survivre à l'effondrement économique sans trop d'ennuis. Et, qui sait, peut-être trouverez-vous même le bonheur ici. (...)"

Dmitry Orlov, juin 2005.

45. Le survivalisme est un mouvement de gens préoccupés par leurs moyens de survie personnels, et dont les craintes sont extrêmement variées : désastres naturels, catastrophes industrielles, terrorisme, surpopulation, épidémie, effondrement économique, ou survenue de l'apocalypse biblique et bien d'autres encore.

pic: effondrement du taulier

05/07/2014

une question de temps

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"Selon le think tank Policy Exchange, un Britannique sur trois sera issu de l'immigration non-européenne d'ici 2050, originaire à une, deux ou trois générations, principalement du Pakistan, d'Inde, du Bangladesh, d'Afrique noire et des Caraïbes, un groupe qui représente actuellement 14% de la population britannique (soit 8 millions de personnes). Un quart des enfants de moins de dix ans appartiennent aujourd'hui à une minorité ethnique  alors que 95% des plus de soixante ans appartiennent à la majorité blanche. Les minorités ethniques concourent aujourd'hui à 80% de la croissance démographique britannique. Lors des élections générales de 2010, les minorités ethniques ont voté à 68% en faveur des travaillistes. La principale révélation de cette très grosse étude est la prolétarisation des "Anglais de souche": quand 70% des Indiens, 66% des Africains, 63% des Bangladais, 62% des Pakistanais et 53% des Caribéens entreprennent des études supérieures, seuls 43% des Britanniques d'origine européenne entrent à l'université." Faits et Documents, 1-15/07/2014

Rappel:

"Andrew Neather, qui rédigeait les discours de Tony Blair, Jack Straw et David Blunkett, a fait une révélation de taille, dans l’émission Question Time de la BBC. Il a en effet dévoilé que l’énorme augmentation de l’immigration durant la dernière décennie était une politique délibérée et organisée par les Travaillistes afin de modifier la constitution ethnique de la Grande Bretagne : « Outre les besoins du marché du travail, il y avait également une motivation « politique » derrière la politique d’immigration. [Les ministres entendaient] mettre le nez des conservateurs dans la diversité ». Cet apparatchik de premier rang a précisé que les dirigeants travaillistes avaient opéré secrètement, craignant que cette politique ne perturbe « la classe ouvrière qui est son vivier électoral ». Les vraies raisons, qui figuraient dans les premières versions du rapport Performance and Innovation Unit, rédigé par Downing street, ont été supprimées dans la version finale du document afin de ne pas révéler cette politique délibérée et organisée. Selon lui, « l’immigration de masse était pour le gouvernement le moyen de rendre le Royaume Uni totalement multiculturel. Cette politique délibérée a duré de 2000 au moins jusqu’au mois de mai 2008, date à laquelle on a mis en place le nouveau système de points.» Ce qui a entraîné l’arrivée, selon le think tank Migration Watch, de plus de trois millions de nouveaux immigrés."  Faits et documents 15-30/11/09

Photo: Dorothea Lange, Great Depression, family who traveled by freight train. Washington, Toppenish, Yakima Valley, 1936.
podcast

02/07/2014

cynisme

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  "Lors d'une émission de France 2 (Des paroles et des actes du 12/04/2012), David Pujadas semble s'être beaucoup amusé à poser au sympathique Philippe Poutou cette question surprenante et particulièrement perverse (il faut dire qu'en tant que membre éminent du Siècle -le plus sélectif des clubs de rencontre de la classe dirigeante française-, ce journaliste ne doit guère entretenir d'illusions sur la nature réelle du système qu'il a choisi de servir): "J'ai bien lu votre programme. Je n'ai rien trouvé contre la société de consommation. Est-ce que l'une des grandes formes d'aliénation aujourd'hui, ça n'est pas la dictature des marques, le dernier écran plat absolument, le dernier Smartphone absolument? Y a pas un mot là-dessus! Est-ce que ce n'est pas aussi une forme d'aliénation?" Réponse du candidat de la nouvelle extrême gauche "anticapitaliste" à cette question cyniquement debordienne: "Ouais, ben enfin, à notre avis, ce n'est pas le premier problème." Il est vrai que, pour la plupart des extrêmes gauches "citoyennes" (reconnaissons que le NPA ne va pas encore jusque là), le "premier problème" est généralement celui du "mariage gay" ou, à défaut -chacun pourra choisir-, celui de la légalisation du cannabis, du vote des étrangers ou de l'interdiction des corridas."

JC Michéa, post-face à La culture de l'égoïsme, Christopher Lasch et Cornelius Castoriadis, 2012.


podcast

photo: la modernité conserve certains attraits

28/06/2014

Les merguez, c'est maintenant! Apologie de la sécession.

Depuis que la gauche n’est plus socialiste et, dans son abandon de la critique sociale d’un monde désormais régi par les seules règles d’airain du capitalisme globalisé, s’est faite, sans trop d’efforts, l’ambulance de ce dernier, elle se condamne, années après années, à ne plus produire en fait de programme politique que quelques mesures sociétales parfaitement secondaires mais à même de faire tourner les moulins à prières du landernau médiatique et politique.

Ainsi, le spectacle politique n’est-il plus occupé, en général, que par des débats parfaitement secondaires tels la « dépénalisation » de telle ou telle drogue ou addiction, le « mariage homosexuel », l’ »homoparentalité » (cet oxymore), ou la parité « homme-femme » d’une classe politique toujours plus servile et abjecte, tendue vers le seul objectif de se payer sur le dos du peuple qu’elle est censée représenter.

Aux formidables avancées sociétales et/ou culturelles d’une gauche qui n’en est plus (et vécues comme des « résistances » à un ordre moral et symbolique patriarcal, clérical et militariste toujours plus évanescent) répondent les spectaculaires transgressions économiques d’une droite qui n’en est plus non plus car désormais ralliée à la seule défense de ses intérêts de classe depuis son adoption en bloc de la vulgate bourgeoise et son obsession de l’argent et de la représentation sociale. Dans cette seule perspective d’unification juridico-marchande de sociétés autonomes et auto-instituées, toute référence publique à des valeurs ou codes moraux, philosophiques ou religieux communs est désormais proscrit au profit du seul marché extensif (et ses malls climatisés peuplés de zeks) encadré du seul droit procédural (et ses cohortes d’avocats marrons toujours prompts à faire valoir les droits naturels et positifs de chacun contre les mêmes de son voisin dans une ambiance de guerre de tous contre tous très bien décrite dans le Léviathan de Hobbes, qui n’était pas précisément optimiste sur l’avenir de nos sociétés libérales.

Parmi ces questions sociétales secondaires si parfaitement mises en avant par le Spectacle afin de masquer l’abandon des vraies questions, figure le « vote des étrangers », que ne cesse d’agiter la chapelle progressiste, les uns (tendance Inrocks/Libé/Télérama) préoccupés de voir leur électorat populaire/ouvrier/prolétaire leur cracher à la gueule et pressés de se reconstituer un électorat de substitution, les autres (tendance La Tribune, Valeurs actuelles), impatients d’agiter quelques hochets traditionnels prompts à tromper les couillons dans une fiction d’alternance politique rejouée depuis quelques générations maintenant.

Or sans forcément remonter à Aristote (3) qui énonce clairement dans son livre politique les conditions de la paix civile (« partager des valeurs civilisationnelles communes), on peut s’arrêter à Castoriadis, fidèle d’Aristote et des Lumières, revenu de l’illusion léniniste et trotskyste mais nullement dupe de la forme envahissante de nos sociétés libérales qui mettait en garde contre les «bavardages sur la coexistence de n'importe quelle culture dans la diversité», estimant que le problème posé par l'immigration n'était pas (contrairement à la doxa libérale mais aussi marxiste) «économique», mais «profondément politique et culturel». Bong ! En outre, évoquant la «fermeture des sociétés islamiques» sous l'influence d'une «religion qui veut toujours régenter la société politique et civile au nom d'une loi révélée», et ne prenant pas plus de gants avec les intégristes qu'avec les staliniens ou les néolibéraux, il réfutait le victimisme musulman, qu'il sentait croître, comme une «mythologie grotesque» et antihistorique et il considérait que «les musulmans ne peuvent vivre en France que dans la mesure où, dans les faits, ils acceptent de ne plus être des musulmans sur une série de points (droit familial, droit pénal)». 

En considérant l’irruption massive de peuples étrangers nullement désireux de se dépouiller d’une partie d’eux-mêmes (et au contraire prompts à revendiquer toujours plus de privilèges  -lex privata- et d’ « accommodements raisonnables » en rupture avec la tradition républicaine d’égalité devant la Loi mais encouragés en toutes occasions par la même chapelle progressiste/libérale au nom d’une « laïcité ouverte ») dans nos sociétés d'abondance marquées par la «montée de l'insignifiance» liée à la «transformation des humains en machines à produire et à consommer» comme à la dépolitisation des existences individuelles ou à la soumission à un «conformisme généralisé» et à une marchandisation sans limites aboutissant à une «décomposition des sociétés occidentales» («la privatisation, l'apathie, l'inimaginable dégradation du personnel politique» (1)) on ne peut raisonnablement, à moins d’être croyant, imaginer meilleure fenêtre sur le chaos à venir.

Ainsi, que ce soit par calcul politique à court terme, par simple ignorance ou par soumission au credo progressiste enjoignant de déconstruire  tous les rapports sociaux, traditionnels et figés, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables (2),nos modernes en arrivent à imposer, à ré-introduire dans le champ politique contre le simple bon sens mais aussi contre toute une tradition de la pensée du Politique, les conditions propres à toute guerre civile de religion. Le paradoxe étant que cette tradition philosophique libérale, (éminemment importante, nous sommes TOUS des libéraux sans avoir lu Constant de même que nous sommes tous également cartésiens sans avoir lu Descartes ou chrétiens sans croire ni pratiquer, nous autres européens de souche ou de tradition) est le propre de philosophes qui, après deux siècles de guerres de religions qui déchiraient le corps social jusqu’au sein des familles, voulaient absolument immuniser la société contre cette abomination.

(1) Une société à la dérive. Entretiens et débats 1974-1997, Cornelius Castoriadis.

(2) « La bourgeoisie...partout ou elle a conquis le pouvoir, a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissaient l'homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intérêt, les dures exigences du paiement au comptant. Elle a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité naïve dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange ; elle a substituée aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. La bourgeoisie a dépouillée de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque là pour vénérables et qu'on considérait avec un sain respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages. La bourgeoisie a déchiré un voile de sentimentalité qui recouvrait les situations de famille et les a réduites à n'être que de simples rapports d'argent...[...] La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les conditions de la production, c'est-à-dire tous les rapports sociaux ; Tous les rapports sociaux, traditionnels et figés, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent vieillissent avant d'avoir pu s'ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés, enfin, d'envisager leurs conditions d'existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés. Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s'implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations ; Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale, Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore tous les jours.» Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, 1848.

(3) « L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation. Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C'est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre. » (Aristote, Politique, Livre V)

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"(...)  Julien Freund: "Comme je l'ai souligné dans ma Sociologie du conflit, il y a deux conditions pour qu'une crise dégénère en conflit. D'abord que s'affirme une bipolarisation radicale ; enfin, que le tiers s'efface. Tant que le tiers subsiste et parvient à affirmer son autorité, il n'y a guère de risque que la crise ne débouche sur un affrontement. Dans la société, la crise est une occurrence banale tant qu'il y a inclusion du tiers ; le conflit n'intervient qu'avec son exclusion. C'est cette exclusion qui est polémogène. Dans la situation présente du pays, le tiers est constitué par l'Etat et les différentes institutions qu'il patronne, comme l'école par exemple dont nous avons parlé, or non seulement l'Etat est frappé par la déshérence du politique, ce qui signifie qu'il se déleste de sa fonction cardinale qui est de pourvoir à la sûreté de chacun, mais les institutions subissent une sorte de pourrissement qui les rend de plus en plus inaptes à manifester leur vocation spécifique... Une distance culturelle qu'on ne parvient pas à combler entre l'immigration musulmane et le milieu d'accueil avec un danger de surchauffe violente, et un tiers en voie de dissolution ; cela, voyez-vous, me fait craindre le pire pour les années à venir.
Pierre Bérard. - Les libéraux pensent que c'est le marché qui est intégrateur.
J.F. - Le goulag en moins, ce qui n'est pas mince, c'est une utopie aussi dangereuse que celle des Léninistes.
P.B. - L'ignominie du communisme, c'est qu'il a fini par rendre le libéralisme désirable! (...) "

Conversation avec Julien Freund, Pierre bérard.

effacement du tiers..

25/06/2014

show me your mouth

Keitel for ever

i don't shine shoes any more

ha ha la tronche de de Niro!! un must..

bildungsroman

tomislav sunic,ernst junger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«(...) La notion du cours du temps, surtout en cas d'urgence, est très bien ressentie dans les Balkans, une partie de l'Europe qui est constamment sous influences tectoniques majeures. La balkanisation ne signifie pas seulement la dislocation géopolitique ; elle renvoie également à une forme de la dégénérescence d’identité, où se mélangent et se confondent diverses identités politiques, religieuses et raciales qui sont constamment remplacées par de nouvelles identités venues d’ailleurs. Toutefois, compte tenu des catastrophes qui s’approchent à grands pas de l’Europe, toute balkanisation peut servir de leçon pour aiguiser le talent de survie. Ce talent exige de pratiquer la vie en solitaire, et d’être complètement détaché de tous les liens politiques avec le monde d'aujourd'hui. En cas de nécessité, on devrait, comme ce fut habituel chez les chouans vendéens pendant la Révolution française, ou chez les guérilléros espagnols pendant l’occupation napoléonienne, ou bien encore chez les  haïdouks balkaniques pendant l’occupation turque du XVIe au XIXe siècle, vivre comme des paysans mais, en cas d'urgence, être prêt à rapidement prendre les armes. Aujourd'hui, cependant, il ya deux formes opposées de la balkanisation. D'un côté, l’Europe orientale continue toujours d’être en proie à la haine interethnique entre ses peuples. D'un autre côté, on observe en Europe occidentale une guerre larvée avec les non-Européens. Or à la lumière des vagues d’immigration en provenance du Tiers-Monde, tous les Européens sont censés devenir de bons Balkaniques : pas forcément dans le sens négatif, mais dans un sens positif qui sous-entend l’esprit de la déterritorialisation locale, et qui est seulement possible dans une Europe d’Empire. Celui qui vit au milieu d'animaux sauvages devrait devenir un animal, et peu importe qu’il habite Paris, Washington ou Francfort. Comme le sociologue italien Vilfredo Pareto a justement prophétisé il y a cent ans: «Celui qui devient l'agneau va se trouver bientôt un loup qui le mangera." (2). Or le talent de vie dans la fin des temps exigera donc des loups européens d’apprendre à revêtir les habits de brebis.

On devrait se rappeler la figure de l’Anarque d’Ernst Jünger dans son roman Eumeswil. Le protagoniste, Martin Venator, vit sa double vie dans une société postmoderne et multiculturelle à coté de la casbah d’Eumeswil. Or l’Anarque n'est ni rebelle, ni dissident, ni anarchiste quoiqu’au moment donné, il puisse revêtir toutes ces trois figures à la fois.  D’ailleurs, l’Anarque semble s’être très bien inséré dans le système de la pensée unique et de l’autocensure du Système. Il attend patiemment  son moment ; il va frapper seulement quand le moment sera mûr. Ce roman de Jünger peut être considéré comme le Bildungsroman pour la génération actuelle de jeunes Européens dont le rôle didactique peut leur faciliter le choix de la figure du rebelle.

L’arrivée en masse d’immigrés d’une culture et d’une race étrangère à l'Europe exige de tous les  Européens de bien réfléchir à quelle figure de comportement choisir, c’est à dire à quelle nouvelle identité jouer. Historiquement, les figures du rebelle nationaliste en Europe centrale et orientale n'ont jamais eu d’effet convergent sur les peuples européens. Elles ont été nuisibles et doivent donc être rejetées. Toutes les formes et figures de la rébellion – que ce soit l’appartenance à sa tribu ou à son Etat aux dépens de son voisin blanc, comme en témoignent les guerres entre la Pologne et l'Allemagne, entre les Serbes et les  Croates, entre les Irlandais et les Anglais – semblent devenues dérisoires aujourd’hui. L’Europe balkanisée, avec ses figures rebelles des nationalismes exclusifs, ne fait que donner davantage de légitimité au projet multiracial du Système. Toute figure de dissident au Système, comme fut autrefois la figure de l’anarchiste ou du partisan est désormais vouée à l’échec dans un Système possédant des moyens de surveillance totale. Ce qui reste maintenant aux nouveaux rebelles, c’est le devoir de se définir comme héritiers européens, nonobstant le pays où ils vivent, que ce soit en Australie, en Croatie, au Chili, ou en Bavière. Compte tenu de l'afflux massif d’immigrés  non-européens, les Européens ne peuvent plus s’offrir le luxe de l’esprit de clocher. Le danger imminent de leur mort peut les aider à se débarrasser de leur  particularisme territorial. En effet, qu’est-ce que cela veut dire aujourd’hui être Allemand, Français, Américain, vu le fait que  plus de 10 pour cent d’Allemands et de Français et plus de 30 pour cent des Américains sont d'origine non-blanche?

(...) Suite à  la Seconde Guerre mondiale, les génocides communistes ont eu une influence catastrophique sur l'évolution culturelle et génétique de toute l’Europe orientale. La classe moyenne ainsi qu’un grand nombre de gens intelligents furent simplement supprimés, ne pouvant transmette leur patrimoine génétique, leur intelligence et leur créativité à leur progéniture.  Alors, où sont donc les parallèles avec le monde multiracial d’aujourd’hui en Europe ? Force est de constater  que tout ce que les communistes ne pouvaient pas parachever par la terreur en Europe orientale est en train de se faire maintenant d’une manière soft par l'actuelle "super classe" libérale et cela par le truchement de son idéologie de rechange, le « multiculturalisme ». L'afflux constant de non-Européens est en train d’affaiblir le fonds génétique des Européens, menant à leur mort douce où les lignes entre l’ami et l’ennemi s’effacent complètement. On s’aperçoit clairement de l'impact brutal de l'idéologie de l'égalitarisme et de sa nouvelle retombée dans le Système, qui enseigne, aujourd’hui comme autrefois, que tous les hommes doivent être égaux et par conséquent interchangeables à volonté.

Le multiculturalisme est la nouvelle forme du balkanisme, à  savoir une idéologie servant aujourd’hui d’ersatz au communisme discrédité. En effet, le multiculturalisme utilise des moyens plus subtils que le communisme quoique leurs effets soient identiques.  L’esprit communiste et l’esprit multiculturel sont très populaires auprès des gens du Tiers-Monde, mais également  auprès des intellectuels de gauche du Système, toujours à l'affût d’un nouveau romantisme politique. Le communisme a disparu en Europe orientale parce qu'en pratique, il a su beaucoup mieux réaliser ses principes égalitaires en Europe occidentale quoique sous un autre signifiant et sous un autre vocable. Le Système, soit sous son vocable communiste, soit sous son vocable multiculturel, croit que toutes les nations européennes sont remplaçables au sein du Système supra-étatique et supra-européen.

Les responsables de la balkanisation de l'Europe et de l'Amérique sont les capitalistes. Il est dans leur intérêt d'obtenir une armée de travailleurs de réserve en provenance du Tiers-Monde. Ils savent pertinemment que les travailleurs non-européens importés en Europe n'appartiennent pas forcément à l'élite intellectuelle de leurs pays d'origine, que leur conscience sociale n'est souvent qu'embryonnaire et qu'ils n'ont généralement aucun sens du destin européen. C'est pourquoi ils sont plus aisément manipulables. Leur marchand n'a pas d'identité, non plus. Un banquier allemand ou un ex-communiste croate devenu spéculateur dans l’immobilier ne se soucie guère de sa résidence ni de la leur  - tant qu'il gagne de l'argent. Même le père fondateur du capitalisme, l’infâme Adam Smith a écrit: «Le marchand n'est pas forcément citoyen d’aucun pays"  (3).  Par conséquent, le nouvel Anarque, à savoir le nouveau rebelle, ne doit pas être choqué par la nouvelle sainte alliance entre le Commissaire et le Commerçant, entre les grandes entreprises et la Gauche caviar. La Gauche est en faveur de l'immigration de masse parce que la figure de l’immigré tient lieu aujourd'hui du prolétaire d’antan.  Les capitalistes d’une part, et les « antifas », les pédérastes, les militants des droits de l’homme et les militants chrétiens de l'autre, sont désormais devenus les porte-parole de l'abolition des frontières et les haut-parleurs d’une Europe multiraciale et sans racines. Le capitaliste vise à réduire l'État-providence, car chaque État lui coûte cher. Un antifa veut abolir l'État, parce que tout État, lui rappelle « la bête immonde du fascisme. (...)

Comment façonner un nouveau type de rebelle blanc ? Le nouvel Anarque doit chercher dans sa culture et sa race ses points de départ. La notion et la réalité de la race ne peuvent être niées, même si le terme de race est aujourd’hui criminalisé à outrance par les medias. L’hérédité  est considérée par les scribes académiques du Système avec horreur et dégoût, bien qu’ils sachent tous, surtout lorsque l'état d'urgence sera proclamé, qu’ils vont aller se réfugier du côté de leur propre tribu et de  leur propre race.  Force est de constater qu’on peut changer sa religion, ses habitudes, ses opinions politiques, son terroir, sa nationalité, voire même son passeport, mais on ne peut jamais échapper à son hérédité. La récente guerre dans les Balkans nous a montré de façon limpide que lors de l’instauration de l’état d’urgence, les anciens apatrides croates et pro-yougoslaves n’avaient pas hésité à devenir des ultras Croates - par défaut. Gare à celui qui oublie ses racines. C’est l’Autre qui va vite les lui rappeler. 

(...) Pour restaurer son identité dans les temps d’urgence qui adviennent, l’Anarque doit examiner la doctrine de l'égalitarisme issue du christianisme. Les immigrés non-européens savent fort bien que l’Europe est très imprégnée d’un christianisme qui se reflète aujourd’hui dans les sentiments de culpabilité de l’homme blanc et dans le prêchi-prêcha séculièr sur la religion des droits de l’homme. En revanche, le sentiment de haine de soi n’existe guère chez les immigrés et pas plus au sein de laclasse politique de leurs pays d'origine. Les Européens qui ont vécu dans les pays du Tiers-Monde savent fort bien ce que veut dire la discrimination raciale contre sa propre population. Un métis du Mexique habitant au sud de Los Angeles ou un Turc aux traits mongoloïdes habitant à Berlin Kreuzberg savent exactement quel groupe racial et culturel ils peuvent fréquenter. Le second, par exemple, n'a rien à chercher auprès des «Turcs» européens de la classe supérieure qui n’ont aucun scrupule à arborer en permanence leurs origines albanaises ou bosniaques, et qui aiment  bien s’en vanter en public. Un hidalgo mexicain servant comme haut-diplomate à Madrid déteste un Cholo habitant le barrio de Los Angeles.  En revanche, l'Allemagne, l'Amérique, l’Espagne, la France accordent à ces peuplades du Tiers-Monde des moyens de s’épanouir dont ils ne peuvent que rêver dans leurs pays d’origine. Même s'il semble impossible de parler d’expulsion massive ou de transfert des populations, c’est une idée qu’on ne doit jamais exclure. Plus de 12 millions d'Allemands furent expulsés de leurs  foyers en Europe orientale à la fin de l'automne 1944 et au début de 1945  - dans une période de quelques mois seulement.  (6). Demain, le même scenario peut encore avoir lieu, suivi par de nouveaux génocides et par la migration massive de millions de personnes en Europe. Pour le rebelle européen reste à savoir qui sera l’architecte de ce nouveau «nettoyage ethnique» et qui en sera la victime.

Dans l’optique optimiste, même un aveugle peut s’apercevoir que le Système est mort. L’expérience avec ses dogmes abstraits de multiculturalisme et de progrès économique a échoué. Tant en Europe qu’aux États-Unis, on voit chaque jour que l'expérience libérale a touché à sa fin il y bien longtemps. Il y a suffisamment de preuves empiriques pour nous démontrer ce fait. On n’a qu’à choisir le plus visible et le plus audible. Il est caractéristique de la classe politique moribonde de vanter la « perfectibilité », « l’éternité », et la « véracité » de son Système – précisément au moment où son Système est en train de s'écrouler. Ces vœux pieux et d’auto-satisfaction, on a pu les observer tant et tant de fois dans l'histoire. Même les notions de la classe dirigeante actuelle portant sur la fin des temps et la «fin de l'Histoire» nous rappellent la mentalité de la classe politique des anciens pays communistes, en l’occurrence la Yougoslavie peu avant son effondrement. En 1990, il y avait encore de grands défilés pro-yougoslaves et procommunistes en Yougoslavie où les politiciens locaux se vantaient de l'indestructibilité du Système yougoslave. Quelques mois plus tard, la guerre commença  - et le Système mourut.

Dans l’Union européenne, la classe dirigeante d'aujourd'hui ne sait plus où elle va et ce qu'elle veut faire avec elle-même. Elle est beaucoup plus faible qu'elle ne veut le laisser voir à ses citoyens. Le nouvel Anarque vit de nouveau dans un vide historique et il dépend de sa seule volonté de remplir ce vide avec le contenu de son choix. La charrue peut facilement se muer en épée. »

Tomislav Sunic/(merci à Boréas)
podcast

23/06/2014

stationpark

imprévu

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"Lundi, j'étais à Radio Temps Égal avec Carl Etnier, sur WDEV, à Waterbury dans le Vermont. L'autre invité était l'optimiste technologique William Halal, auteur de La promesse technologique : expertise de la transformation de l'économie et de la société (1). Halal prétend être capable de prédire l'avenir de la civilisation industrielle en parlant à des experts dans différents domaines technologiques et en rassemblant toutes leurs prédictions sur leur domaine propre en une seule carte des choses à venir.

Ma réaction immédiate a été, dans les grandes lignes : Bien sûr, les experts dans n'importe quel domaine donné aiment penser que leur domaine a un avenir radieux !, et c'est seulement plus tard qu'il m'est venu à l'idée de mettre cela dans le contexte de l'œuvre de Nassim Taleb (2), me permettant de formuler une meilleur réponse.

Taleb est connu pour nous avoir fait découvrir les cygnes noirs (3) (des observations altérant la réalité qui invalident notre sagesse conventionnelle antérieure) mais un autre animal pour lequel il devrait à juste titre être célèbre est la dinde de Noël. Taleb dit que demander à un économiste de prédire l'avenir est comme demander à la dinde de Noël ce qu'il y aura au dîner de Noël : en se basant sur l'expérience de toute sa vie, la dinde s'attend à être nourrie à Noël, non à être mangée. En ce qui concerne la dinde, Noël est un événement de type cygne noir.

Mais hier il m'est apparu que cette analogie s'étend à toutes les professions intellectuelles, et certainement aux technologues et aux scientifiques : quand on les interroge sur l'avenir de, disons, les nanotubes, ou la fusion nucléaire, ou l'ingénierie génétique, ils prédisent qu'il est radieux, et continueront de le dire jusqu'à ce que leurs subventions soient supprimées, leurs postes salariés éliminés, et leurs laboratoires fermés pour des raisons politiques et macro-économiques qu'ils sont bien mal préparés à essayer de comprendre.

C'est précisément ce qui est arrivé lors de la fin de la science soviétique au début des années 1990 : à un moment il y avait une grande institution scientifique qui se prédisait audacieusement un avenir radieux, et l'instant d'après vous aviez des experts en holographie fabriquant des petits hologrammes religieux pour les vendre sur les marchés aux puces en plein air afin d'acheter de la nourriture, des métallurgistes aérospatiaux réinventant le coupe-choux pour obtenir un rasage décent, parce que les rasoirs jetables avaient disparu, des étudiants diplômés abandonnant leurs projets de recherche et partant faire un peu d'argent en faisant des travaux manuels, et la totalité du corps enseignant essayant de trouver un poste d'enseignant associé à l'étranger.

Et donc, il me semble sans risque de conclure que l'avenir de votre domaine scientifique spécifique ou de votre entreprise technologique dépend d'abord et avant tout de votre capacité à continuer de toucher un salaire et de recevoir des fonds, ce qui, à son tour, dépend d'une longue liste de choses, avec la viabilité de votre domaine particulier d'entreprise quelque part vers le bas de cette liste. Lorsqu'on demande à un expert une opinion experte, cet expert est forcé de faire des hypothèses sur une multitude de facteurs qui se trouvent hors de l'étroit domaine d'expertise de l'expert. La plus importante hypothèse étant qu'il y ait une continuité dans le milieu environnant — physique, social et économique : l'hypothèse de la dinde d'être nourrie demain basée sur le fait d'être nourrie tous les jours.

Étant donné ce qui se produit tout autour de nous — que ce soit les contraintes des ressources physiques, le bouleversement climatique, les tendances sociales insoutenables — cette hypothèse est hautement discutable. Cette hypothèse élémentaire étant invalidée, l'expertise d'un expert concernant l'avenir n'est pas plus impressionnante que l'expertise d'une dinde de Noël concernant Noël." Dmitri Orlov, février 2009.

1. Technology’s Promise : Expert Knowledge on the Transformation of Business and Society.

2. Nassim Nicholas Taleb est un expert en mathématiques financières connu pour ses travaux sur les événements rares.

3. Le cygne fut un oiseau absolument blanc jusqu'au XVIIIe siècle, lorsqu'on découvrit le cygne noir en Australie. Le cygne noir est ici la métaphore d'un événement imprévu venant contrarier les certitudes les plus fermement établies.


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18/06/2014

navigators

16/06/2014

Miller toujours

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"Le sexe est une des neuf raisons qui plaident en faveur de la réincarnation. Les huit autres sont sans importance."

Henry miller, Sexus 1949.

15/06/2014

Goaaaaaaaaaaal!

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welcome™

 L'immigration clandestine pour les lecteurs de Télérama et autres activistes sans-papieristes*:

et pour les Siciliens en prise avec le réel..

"A la recherche d’un substitut de prolétariat, l’extrême gauche s’est fixé pour but de trouver un sujet historique qui ne soit surtout pas le peuple. Difficile ici de ne pas évoquer le problème de l’immigration. Comme hier le chômage conjoncturel, l’immigration représente en effet d’abord une armée industrielle de réserve du capital, exerçant une pression à la baisse sur les salaires et accroissant d’autant le taux de profit, la prédication « antiraciste » interdisant, parallèlement, que l’on critique les substitutions de population auxquelles procède le capital pour éteindre les traditions révolutionnaires des peuples européens, en exilant le prolétariat indigène de sa propre histoire. Il ne fait aucun doute que l’« antiracisme » contemporain, formulé à partir des années 1980 par des organisations comme SOS-Racisme, a été formulé avant tout pour remplacer l’anticapitalisme et dissimuler l’abandon par la gauche de ses anciens idéaux. Le danger, désormais, c’était « Le Pen », et non plus le capital. Mieux encore, en « combattant Le Pen », on faisait le jeu d’un capitalisme trop content de trouver dans l’immigration un nouveau gisement de main-d’oeuvre à bon marché, malléable, corvéable à merci et ignorant tout des traditions révolutionnaires du prolétariat français. Tout cela n’avait évidemment rien à voir avec la nécessaire lutte contre le racisme. Ceux qui, aujourd’hui, se consacrent à la défense inconditionnelle des clandestins et du « sans-papiérisme » continuent en réalité à « offrir à la classe capitaliste l’armée de réserve soumise à bon marché dont celle-ci a besoin à mesure qu’elle entend se débarrasser des vieilles contestations ouvrières européennes ». Les Besancenot et autres gauchistes, adeptes du néopopulisme incantatoire, qui ne parlent au nom du peuple que pour mieux le faire taire, ne constituent aujourd’hui rien d’autre que l’aile gauche de l’appareil politique du capital**.(...)"

Alain de Benoist, 2009.

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* propriété du groupe Le Monde, détenu depuis 2010 par les hommes d'affaires Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse.

** rappel de la sainte alliance MEDEF-SOS RACISME (

depuis le 7 juillet 2012. Vous pouvez me retrouver aussi sur

"Depuis Guy Effeye, la n'a jamais arrêté son combat contre les expulsions. La place des lycéens est en...

14/06/2014

réconciliation: "now, get in the truck!"

13/06/2014

operation run for your life:)

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"The U.S. Embassy in Baghdad is preparing contingency plans to evacuate its staff since ISIL has taken control over large swaths of Iraq, according to a U.S. State Department official.

The U.S. official also mentioned that the U.S. Embassy, United Nations and other foreign organizations with a presence in Iraq are “preparing contingency plans to evacuate employees.” ISIL has seized control of Mosul, Tikrit and Fallujah and intends to create an Islamic state across the Iraq-Syria border.

Mortar rounds and rockets have hit Baghdad International Airport and Mosul’s airport has been the target of assault. Iraqi Army forces are conducting military operations in Nineveh and Anbar provinces against the insurgent and terrorist organizations that have occupied those territories."

source via De Defensa

photo: Saïgon, 1975..