18.05.2012

in extremis

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"Il y a des projets importants qui doivent être mis en route comme si c'était pour hier, parce qu'ils sont la clef de la survie humaine. Malheureusement, ils ne peuvent être financés par les voies habituelles à cause de la nature tordue de l'économie de marché et de la finance globale, qui dicte que le seul but de l'investissement d'argent est de faire plus d'argent. Le projet d'éviter des conséquences désastreuses n'est pas une affaire lucrative, en soi, et ne se trouve pas financé. Mais importer de Chine des millions de citrouilles d'Halloween en plastique orange chaque année est un pari facile, et donc le marché donne priorité aux citrouilles en plastique orange sur ce qui est essentiel pour nous maintenir en vie. La main invisible du marché, il s'avère, est attachée à un invisible idiot.

(...) Enfin, nous avons les super-riches : ceux qui ont tout simplement trop d'argent. Des gens comme George Soros ou Bill Gates font grand cas de leur philanthropie, en promouvant la démocratie ou en combattant la malaria ; ne pourraient-ils pas aider ? Théoriquement ils pourraient (ils ont certainement l'argent pour) mais nous devons comprendre ce qu'ils sont. Ce sont des vampires. Ils ne sucent pas notre sang, littéralement, mais notre temps et notre labeur. Nous gagnons notre vie et une promesse de retraite de plus en plus vide (une fois que nous sommes trop vieux pour leur être utiles) sur une planète de plus en plus dévastée ; ils gagnent tous le reste. La façon dont ils confisquent notre richesse varie — Soros a volé les économies des gens en spéculant sur les marchés monétaires ; Gates a prélevé une taxe Microsoft en imposant au monde un système d'exploitation bogué, bouffi et branlant avec la complicité du gouvernement américain ; les Walton, qui possèdent Wal-Mart, l'ont fait en expédiant les emplois américains en Chine tout en mettant sur la paille les petits commerces aux États-Unis. Mais la façon dont ils distribuent leurs largesses ne varie pas : son but est de leur donner l'apparence d'hommes bons. Pour se donner un peu de perspective sur ce que cela signifie, voici un poème de Bertolt Brecht, traduit par Slavoj Žižek :

L'interrogatoire du Bon

Avancez : nous entendons
Que vous êtes un homme bon
Vous ne pouvez être acheté, mais la foudre
Qui frappe la maison, aussi
Ne peut être achetée.
Vous êtes fidèle à ce que vous dites.
Mais qu'avez-vous dit ?
Vous êtes honnête, vous dites votre opinion.
Quelle opinion ?
Vous êtes courageux.
Contre qui ?
Vous êtes sage.
Pour qui ?
Vous ne tenez pas compte de vos intérêts personnels.
De qui sont les intérêts dont vous tenez compte alors ?
Vous êtes un bon ami.
Êtes-vous aussi un bon ami des gens bien ?
Entendez-nous à présent : nous savons
Vous êtes notre ennemi.
C'est pourquoi nous allons
Maintenant vous mettre devant un mur.
Mais en considération de vos mérites et de vos bonnes qualités
Nous allons vous mettre devant un bon mur et vous abattre
Avec de bonnes balles d'un bon fusil et vous enterrer
Avec une bonne pelle dans la bonne terre.

Les super-riches ont donc deux fonctions dans la société. La principale fonction est d'aspirer la richesse de la Terre et de l'Humanité aussi efficacement que possible. La fonction ancillaire est d'en recracher un peu d'une façon qui les fasse passer pour les bienfaiteurs de la Terre et de l'Humanité. Mais il y a un problème avec cette balance des paiements : afin que la Terre et l'humanité puissent tirer un bénéfice net de leurs activités, il faudrait qu'ils en recrache autant, sinon plus, qu'ils en aspirent. Dans le processus, ils cesseraient d'être super-riches ; ils cesseraient effectivement d'exister.

Et nous voilà au point crucial de la discussion. La seule source de fonds possible pour notre projet de rendre la planète survivable pour les générations futures est les super-riches, mais dans le processus ils doivent cesser d'exister. L'approche de Brecht est à la fois simple et spectaculaire mais une option plus humaine peut être imaginée. Il y a un certain moment où les gens sont particulièrement malléables, lorsqu'il s'agit de se débarrasser de leur argent : sur leur lit de mort. À l'article de la mort, on médite inévitablement sur le fait que on ne peut l'emporter avec soi, la pensée d'un monde potentiellement déplaisant après la mort commence à tourmenter l'esprit... Avec la bonne sorte de persuasion, des résultat spectaculaires sont souvent obtenus par des prêtres, des dirigeants d'organisation non-lucratives et d'autres mendiants. C'est à ce moment qu'un boniment pour sauver ce qui reste de la planète peut réussir.

Imaginons notre super-patriarche à l'agonie. Rangées devant lui se trouvent ses diverses (ex-)épouses (dans un harem occidental les épouses sont espacées dans le temps aussi bien que dans l'espace, pour respecter les lois locales sur la bigamie) et leurs divers enfants, tous attendant leur bout de l'héritage. Il y a la vieille harpie tannée qui est passée la première, la femme trophée à présent fanée qui tentait de se maintenir avec des liftings, des implants et du Botox, mais ressemble maintenant à un animal baudruche partiellement dégonflé, et la jeune nymphomane, jolie mais sociopathe, qui sur le tard lui tient compagnie (ainsi qu'à ses gardes du corps). Ils sont tous hideux dans leur préoccupation hypocrite pour son bien être, souhaitant sa mort rapide. Les enfants sont hideux à leur propre manière : tous rompus à la saine rivalité fraternelle sur qui fera l'absolu minimum pour apaiser le monstre-papa et éviter d'être déshérité. Que quelqu'un se mette à soupçonner que le vieil ogre laissera tout le butin à son favori, et le favori est retrouvé dans la cave à vin, étranglé avec une écharpe de soie. Il y a une raison pour que les auteurs anglophones huppés écrivent tant de polars meurtriers, et c'est pour la même que les peintres paysagistes peignent tant d'arbres : c'est ce qui pousse là.

Mais alors un groupe de gentlemen dignes et austères arrive et demande une audience. Ce sont tous les membres authentiques d'une société secrète que notre patriarche souffrant connaît bien, et ils exposent un plan : son héritage doit être ajouté à leur trésor de guerre, qui sera utilisé à mener une guerre totale pour gagner un avenir survivable. Il mourra pour que la Terre puisse vivre. Le notaire est convoqué, les Dernières volontés et le Testament sont hâtivement amendées et signées, et le patriarche expire dans la béatitude.

Et si ça ne marche pas, alors il y a ce que Brecht suggère."

Dmitry Orlov, 2012.

17.05.2012

négritude et saloperie

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« Christiane Taubira déclare sans ambages qu'il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabe-musulmane pour que les «jeunes Arabes» «ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits des Arabes». » C Taubira.

Par contre il est utile et urgent que les jeunes européens portent eux tout le poids de leur héritage colonial. Taubira n’est donc pas dans une démarche historienne (qu’elle n’est pas) ni républicaine puisque communautaire (les noirs vs les blancs, en gros). Pas un mot dans sa fameuse « loi » sur les traites non occidentales, notamment orientale et africaine. L’européen seul est coupable et seul doit expier. Comme Sartre put faire l’apologie du totalitarisme communiste (puis maoïste) pour « ne pas désespérer Billancourt », Taubira falsifie l’histoire des traites négrières et prend en otage la république française et les historiens dans une logique victimaire et communautaire haineuse sous les dehors de l’anti-racisme militant. Ne pas désespérer Grigny peut-être? Au fond, le problème n’est pas tant dans le fait que la pauvre Taubira puisse débiter ses élucubrations et sa névrose ménopausée mais dans le fait que ce genre de personnage ,parfaitement nuisible à la paix civile, puisse être porté au pinacle par le Spectacle et institué non seulement en garant des lois républicaines mais aussi en figure de notre époque.

" (...) La colonisation fut le péché majeur de l’Occident. Toutefois, dans le rapport de la vitalité et de la pluralité des cultures, je ne vois pas qu’avec  sa disparition on ait fait un grand bond en avant ", affirme Lévi-Strauss dans De prés et de loin. Votre appréciation ?

L’assertion est historiquement fausse. Les Grecs, les Romains, les Arabes ont tous entrepris et réussi des opérations immenses de colonisation. Plus que cela, ils ont assimilé ou converti –de gré ou de force- les peuples conquis. Les Arabes se présentent maintenant comme les éternelles victimes de l’Occident. C’est une mythologie grotesque. Les Arabes ont été, depuis Mahomet, une nation conquérante, qui s’est étendue en Asie, en Afrique et en Europe (Espagne, Sicile, Crète) en arabisant les populations conquises. Combien d’ « Arabes » y avait-il en Egypte au début du VIIème siècle ? L’extension actuelle des Arabes (et de l’Islam) est le produit de la conquête et de la conversion, plus ou moins forcée, à l’islam des populations soumises. Puis ils ont été à leur tour dominés par les Turcs pendant plus de quatre siècles. La semi-colonisation occidentale n’a duré, dans le pire des cas (Algérie), que cent trente ans, dans les autres beaucoup moins. Et ceux qui ont introduit les premiers la traite des Noirs en Afrique, trois siècles avant les Européens, ont été les Arabes. Tout cela ne diminue pas le poids des crimes coloniaux des Occidentaux. Mais il ne faut pas escamoter une différence essentielle. Très tôt, depuis Montaigne, a commencé en Occident une critique interne du colonialisme qui a abouti déjà au XIXème siècle à l’abolition de l’esclavage (lequel en fait continue d’exister dans certains pays musulmans), et , au XXième siècle, au refus des populations européennes et américaines (Vietnam) de sa battre pour conserver les colonies. Je n’ai jamais vu un Arabe ou un musulman quelconque faire son « autocritique », la critique de sa culture, à son point de vue. Au contraire, regardez le Soudan ou la Mauritanie. (...)

Cornélius Castoriadis, Une société à la dérive, Essais, 2005.

« (...) On est capable en Occident, du moins certains d'entre nous, de dénoncer le totalitarisme, le colonialisme, la traite des Noirs ou l'extermination des Indiens d'Amérique. Mais je n'ai pas vu les descendants des Aztèques, les Hindous ou les Chinois, faire une autocritique analogue, et je vois encore aujourd'hui les Japonais nier les atrocités qu'ils ont commises pendant la Seconde guerre mondiale. La colonisation de certains pays arabes par les Européens a duré, dans le pire des cas, 130 ans: c'est le cas de l'Algérie, de 1830 à 1962. Mais ces mêmes Arabes ont été réduits à l'esclavage et colonisés par les Turcs pendant cinq siècles. La domination turque sur le Proche et le Moyen-Orient commence au XVe siècle et se termine en 1918. Il se trouve que les Turcs étaient musulmans - donc les Arabes n'en parlent pas. L'épanouissement de la culture arabe s'est arrêté vers le XIe, au plus le XIIe siècle, huit siècles avant qu'il soit question d'une conquête par l'Occident. Et cette même culture arabe s'était bâtie sur la conquête, l'extermination et/ou la conversion plus ou moins forcée des populations conquises. En Egypte, en 550 de notre ère, il n'y avait pas d'Arabes - pas plus qu'en Libye, en Algérie, au Maroc ou en Irak. Ils sont là comme des descendants des conquérants venus coloniser ces pays et convertir, de gré ou de force, les populations locales. Mais je ne vois aucune critique de ces faits dans le cercle civilisationnel arabe. De même, on parle de la traite des Noirs par les Européens à partir du XVIe siècle, mais on ne dit jamais que la traite et la réduction systématique des Noirs en esclavage a été introduite en Afrique par les marchands arabes à partir des XI-XIIe siècles (avec, comme toujours, la participation complice des rois et chefs de tribus noirs), que l'esclavage n'a jamais été aboli spontanément en pays islamique et qu'il subsiste toujours dans certains d'entre eux. »

Cornélius Castoriadis, http://www.republique-des-lettres.fr/232-cornelius-castoriadis.php

 

16.05.2012

in the dark

14.05.2012

réussir son effondrement II

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"Le .22 Long Rifle (.22LR) est le calibre le plus vendu et le plus répandu au monde, avec une production annuelle de 2 a 2,5 milliards de munitions. Développé par la "J. Stevens Arms and Tool Company" en 1887, le .22LR a vite obtenu une popularité énorme de part le fait que ce calibre est extrêmement performant et bon marché. La particularité de ce calibre est qu'il est a percussion annulaire ("rimfire" en Anglais), avec la composition d'amorçage se trouvant contenue dans le bourrelet de la cartouche. Il est utilisé indifféremment pour les armes de poing et les carabines, et pratiquement tous les fabricants d'armes ont au moins un modèle en .22LR dans leurs catalogues, ajoutant un choix énorme d'armes a la popularité déjà imposante de ce petit calibre économique.

Pour le survivaliste, le .22LR est sans aucun doute un des calibres les plus intéressant sur le marché, et son usage varié dans l'histoire de l'arme a feu le prouve. Aujourd'hui, le .22LR est principalement utilisé pour la chasse d'animaux de petite taille, pour le tir sportif, et pour un entraînement économique, mais il fait aussi toujours partit de l'armement de certaines branches de l'armée Américaine comme les Navy SEALs par exemple, qui utilisent ce calibre en conjonction avec le Ruger MK II.

La place de ce calibre dans l'histoire du conflit est principalement du au fait que le .22LR est très discret quand a la projection sonore…surtout quand l'arme est utilisée avec un silencieux, comme par exemple le High Standard HDM de l'OSS (Office of Strategic Services, aujourd'hui devenu la CIA) pendant la deuxième guerre mondiale. La ou le .22LR a vraiment fait ses preuves dans le combat, est au travers du Mossad (Institut pour les renseignements et les affaires spéciales - ou plus simplement "l'institut"). Une des particularités du Mossad a aussi été dans l'emplois du calibre .22LR dans son programme de Sky Marshal par exemple, avec l'utilisation du Beretta modèle 70 et 71, notamment après le détournement d'un avion de la El AL en 1968.

Même si le .22LR n'est pas un calibre d'une prouesse balistique impressionnante, surtout  quand on le compare a un calibre plus important tel que le .357 Magnum ou le .308, il compense une certaine puissance de stoppage plutôt anémique par une multitude d'avantages tels que son prix (0.04$ par munition), son volume et son poids (environs 1 kilo pour 500 munitions), sa discrétion sonore, sa précision, sa valeur sur le marché du troc, son recul inconséquent et sa disponibilité dans le monde entier. Tous ces facteurs font du .22LR un calibre adapté a une situation de survie et au survivalisme. Le choix des armes est ici vaste, mais généralement l'arme en .22LR sera fiable, et devrait être un investissement sur, capable de s'adapter a des rôles variés allant de la chasse a l'instruction du tir, en passant par la protection personnelle. Même si celle-ci demande des méthodes et un entraînement un peu différent quand a l'engagement de la cible, sans un recul conséquent, le .22LR se prête aisément a un tir soutenu, rapide et précis.

Pour une introduction au tir, le .22LR est idéal. Son recul inconséquent fait de ce calibre une  excellente plateforme pour le novice, ou l'individu qui aurait une appréhension de l'arme a feu. Pour la carabine, mon choix aura été une Ruger 10/22 semi-automatique. Cette carabine est une référence quand a la production d'une arme extrêmement fiable mais cependant bon marché. La 10/22 a d'ailleurs été adoptée par les forces de défense Israéliennes en 1987, et continue d'être en service aujourd'hui. A 2,4 kilos et avec un chargeur rotatif de 10 cartouches (les chargeurs de 25 cartouches sont aussi disponibles), elle a dépassée une production de 5 millions d'exemplaires en 2010, et continue d'être un pilier de l'armement civile aux USA. Généralement offerte aux enfants à Noël, elle reste cependant une arme populaire et prisée du milieu de l'entraînement au tir tactique et de la chasse d'animaux de petite taille.

Plusieurs variations existent, mais le prix de base pour une 10/22 est de 200$. Même si cette semi-automatique est sans aucun doute une référence et un plaisir de tirer, il y a une multitude d'options quand a l'arme longue, et toutes devraient être plus ou moins fiable. Il n'en est pas moins qu'une .22 est un de ces objets passé de génération en génération et qui représente souvent une histoire. Si je ne pouvais avoir qu'une seule arme a feu, ce serait sans aucune hésitation une .22LR, si bien sur ma femme ne me la vole pas avant.

Pour l'arme de poing, le Ruger Mark I, II et III est ce que la 10/22 est dans le monde de la carabine semi-automatique. D'une précision surprenante, ce pistolet semi-automatique offre une fiabilité a toute épreuve, et reste ma plateforme préférée pour l'introduction au tir de l'arme de poing. A 880 grammes, le Mk III a un recule inexistant, et tend naturellement au tir de précision. Les Navy SEALs utilisent toujours le Mk II pour entre autre, la résolution des conflits sur les navires.

Au final, le calibre .22LR est un calibre polyvalent et donc extrêmement intéressant pour ceux et celles qui tendent a la possession d'une arme a feu, que ce soit dans l'intention de faire du tir de précision, de chasser, ou une préparation en relation avec l'anticipation d'une situation de survie a court ou long terme. Le calibre se prête aussi parfaitement a la logistique du stockage et du transport, et son rapport énergie/rendement est dans l'ensemble des plus efficace." source/le survivaliste

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Bon, si on habite Pristina ou Bastia, le mieux est de demander à son pote Dragon ou Petru de vous trouver quelque chose pas cher sinon, partout ailleurs, il faudra vous inscrire dans un club de tir et, avec votre licence (2/3 mois), faire l'acquisition -dans un esprit confraternel- de l'arme de votre choix (licence tir/permis chasse + déclaration en préfecture). Au passage, jamais inutile de s'entrainer de temps à autre au tir à 50m. Le genre de sport assez prisé dans les repas de happyfews et les festiprides. Par ailleurs, des munitions en 22, en plus d'être universelles, sont peu onéreuses, facilement stockables (pour les prochaines générations si Dieu veut) et peuvent être une bonne base de troc en cas de succés des prochains QE...

photo: on commence par un et puis voilà.

   

13.05.2012

types anthropologiques

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« On vient juste de heurter l'iceberg. Il n'y a pas assez de canots pour tout le monde...la musique va continuer à jouer...alors autant que vous repreniez du caviar et du champagne. » Confession de Jaime Dimon, président de la JP Morgan lors d'un dîner, le 13 septembre 2008 à New-York, la veille de la faillite officielle de Lehman Brothers. (Cité par Jovanovic, Blythe Masters, 2010)

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« La corruption généralisée que l'on observe dans le système politico-économique contemporain n'est pas périphérique ou anecdotique, elle est devenue un trait structurel, systémique de la société où nous vivons. En vérité, nous touchons là un facteur fondamental, que les grands penseurs politiques du passé connaissaient et que les prétendus « philosophes politiques » d'aujourd'hui, mauvais sociologues et piètres théoriciens, ignorent splendidement : l'intime solidarité entre un régime social et le type anthropologique (ou l'éventail de tels types) nécessaire pour le faire fonctionner. Ces types anthropologiques, pour la plupart, le capitalisme les a hérités des périodes historiques antérieures : le juge incorruptible, le fonctionnaire wébérien, l'enseignant dévoué à sa tâche, l'ouvrier pour qui son travail, malgré tout, était une source de fierté. De tels personnages deviennent inconcevables dans la période contemporaine : on ne voit pas pourquoi ils seraient reproduits, qui les reproduirait, au nom de quoi ils fonctionneraient.

Même le type anthropologique qui est une création propre du capitalisme, l'entrepreneur schumpétérien, combinant une inventivité technique, la capacité de réunir des capitaux, d'organiser une entreprise, d'explorer, de pénétrer, de créer des marchés, est en train de disparaître. Il est remplacé par des bureaucraties managériales et par des spéculateurs. Ici encore, tous les facteurs conspirent. Pourquoi s'escrimer pour faire produire et vendre, au moment où un coup réussi sur les taux de change à la bourse de New York ou d'ailleurs, peut vous rapporter en quelques minutes 500 millions de dollar ? Les sommes en jeu dans la spéculation de chaque semaine sont de l'ordre du PNB des Etats-Unis en un an. Il en résulte un « drainage » des éléments les plus entreprenants vers ce type d'activités qui sont tout à fait parasitaires du point de vue du système capitaliste lui-même. » (Cornélius Castoriadis, La montée de l'insignifiance, 1993)

pragmatisme

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Les Verts projettent l'ouverture de salles d'injection d'ici fin 2011. Pour faire bouger les lignes, ils entendent pousser à la mise en place d'au moins deux salles à Paris, à titre expérimental.

Un cas d'école pour notre nouveau pouvoir..

Pour nos libéraux de gauche (ceux qui lisent les pages rebonds de Libé ou les éditos du pitre Marcelle), l'Etat et/ou la société se doivent d'être axiologiquement neutres, c'est-à-dire de nier toute dimension morale ou philosophique à l’ordre des choses. A partir de là, la doxa d’un Cohn-bandit ou d’un Hollande se résume au droit d’avoir toujours plus de droits, tant que ces derniers n’empiètent pas sur la liberté de l’autre (et en premier, le droit de ne pas être "stigmatisé" ou "discriminé"). Concept séduisant mais impossible car ces nouveaux droits merveilleux que produisent nos modernes pragmatiques à jet continu (le droit d’avoir accès à une salle de shoot équipée dans le respect de la déclaration des droits de l’homme ou celui de pouvoir réclamer un repas hallal à la cantine de ses enfants ou celui de se baigner à l'écart des hommes -ou des femmes) n’étant encadrés par aucune vision morale/ philosophique structurante et partagée de la société, ne sont plus que le produit des rapports de forces au sein de la société, c’est-à-dire du poids démographique des communautés, des lobbys/ minorités agissantes, des campagnes d’opinion appellant à toujours plus de pragmatisme, d’ouverture, de décloisonnement, d’émancipation, bref de déconstruction de tous les codes moraux hérités et transmis jusqu’alors, que l’on peut qualifier de common decency (Orwell), de décence ordinaire, et qui permettaient une vie en société relativement apaisée.

Mais nos libéraux de droite (ceux qui lisent les pages saumon du Figaro et Challenges), dont le credo réside dans le marché auto-régulé (ou la main invisible du marché d’Adam Smith), en charge d’une bonne partie d’un électorat encore massivement hostile au projet radieux Attalinoïde et Strausskhanien d’un monde fluide et sans frontières –hors-sol- où chaque monade humaine devrait pouvoir changer de place à chaque instant dans un mouvement brownien permanent pour satisfaire aux exigences du Capital globalisé, car encore enracinés dans une tradition, un territoire, une culture, ne peuvent opposer aux premiers que la même vision d’unification juridico-marchande de la planète et se voient naturellement qualifiés de « réactionnaires », « néo-conservateurs », « crispés », « frileux », « islamophobes », « homophobes », « modernophobes », dés lors qu’ils manifestent le désir de réintroduire une dimension morale ou philosophique –aussi minime soit-elle- dans le débat sociétal.

Jean-claude Michéa explique très bien comment cette double pensée libérale (économique/ « de droite » et culturelle/ « de gauche ») fonde l’essentiel de toute réflexion politique contemporaine et nous condamne à subir tantôt la face culturelle (une palanquée de droits nouveaux étiquetés avancées sociales versus la terrible réaction patriarcale cléricale et militaire), tantôt la face économique (turbo-capitalisme sans frontières sponsorisé par Bouygues et RESF) de la même vision du monde dans un Spectacle permanent de pseudo-alternance politique savamment verrouillée par une hyperclasse nomade et cool, prompte à évoquer la résurgence de « populismes » ou de « fascismes » (ce « ventre encore fécond, d'où a surgi la bête immonde» dont parlait Brecht mais pour stigmatiser la social-démocratie et non les fascismes comme le pense le pauvre Marcelle) à la moindre velléité de rebellion populaire (TCE, immigration, islamisation, destruction de l'environnement, etc).

Voilà.

pour aller plus loin, une conférence bien éclairante du sieur Michéa (merci Boreas)

10.05.2012

dissidons!


Étienne Chouard : la dette et la fin de... par cinequaprod

NB: bémol sur les gestes fasciste et nazie...(anti-libérales par essence)

NB: pas de confusion, rien à voir avec Branluchon et son FDG (qui a déjà choisi ses maîtres dans diverses loges nationales et internationales)

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"L’U.S. Army prête à “rééduquer” le dissident US en citoyen-Système

Le site Infowars.com a publié depuis trois jours plusieurs textes concernant un manuel de l’U.S. Army dont il vient d’obtenir une copie. Il s’agit d’un très copieux document de 300 pages, intitulé FM 3-39.40 Internment and Resettlement Operations datant du 12 février 2010 et dont il donne le lien d’accès.

Plusieurs textes sur ce document ont été publiés par Infowars.com, le 3 mai 2012, le 4 mai 2012 (vers une émission de Alex Jones, éditeur du site) et enfin, celui que nous citons ci-dessous, le 4 mai 2012.

Il s’agit d’un manuel décrivant la façon dont doivent être organisés des camps d’internement de personnes arrêtées pour activités politiques suspectes, pour soi-disant terrorisme, opposition à la “légalité”, résistance, etc. Le fait important est que ce programme implique essentiellement une “rééducation” des prisonniers, notamment à l’image de ce qui se faisait dans les camps soviétiques, chinois, nord-coréens, nord-vietnamiens puis vietnamiens, etc., c’est-à-dire tout l’appareil de concentration et d’endoctrinement forcé du système pénitentiaire idéologique communiste. Pour les Américains, la référence la plus fameuse concerne les camps nord-coréens pendant la guerre de Corée, pour les Français ce sont les camps vietminh ; dans les deux cas, des militaires US et français furent soumis à ces procédures de rééducation et d’endoctrinement.

Voici un long extrait du texte du 4 mai 2012, qui insiste surtout sur l’aspect de la détention de citoyens US sur le territoire national, aspect qui avait fait l’objet de polémique chez les lecteurs du premier texte. (Les soulignés en gras sont dans le texte publié par Infowars.com.) (...) source/DE DEFENSA


08.05.2012

les merguez, c'est maintenant! Apologie de la sécession.

Depuis que la gauche n’est plus socialiste et, dans son abandon de la critique sociale d’un monde désormais régi par les seules règles d’airain du capitalisme globalisé, s’est faite, sans trop d’efforts, l’ambulance de ce dernier, elle se condamne, années après années, à ne plus produire en fait de programme politique que quelques mesures sociétales parfaitement secondaires mais à même de faire tourner les moulins à prières du landernau médiatique et politique.

Ainsi, le spectacle politique n’est-il plus occupé, en général, que par des débats parfaitement secondaires tels la « dépénalisation » de telle ou telle drogue ou addiction, le « mariage homosexuel », l’ »homoparentalité » (cet oxymore), ou la parité « homme-femme » d’une classe politique toujours plus servile et abjecte, tendue vers le seul objectif de se payer sur le dos du peuple qu’elle est censée représenter.

Aux formidables avancées sociétales et/ou culturelles d’une gauche qui n’en est plus (et vécues comme des « résistances » à un ordre moral et symbolique patriarcal, clérical et militariste toujours plus évanescent) répondent les spectaculaires transgressions économiques d’une droite qui n’en est plus non plus car désormais ralliée à la seule défense de ses intérêts de classe depuis son adoption en bloc de la vulgate bourgeoise et son obsession de l’argent et de la représentation sociale. Dans cette seule perspective d’unification juridico-marchande de sociétés autonomes et auto-instituées, toute référence publique à des valeurs ou codes moraux, philosophiques ou religieux communs est désormais proscrit au profit du seul marché extensif (et ses malls climatisés peuplés de zeks) encadré du seul droit procédural (et ses cohortes d’avocats marrons toujours prompts à faire valoir les droits naturels et positifs de chacun contre les mêmes de son voisin dans une ambiance de guerre de tous contre tous très bien décrite dans le Léviathan de Hobbes, qui n’était pas précisément optimiste sur l’avenir de nos sociétés libérales.

Parmi ces questions sociétales secondaires si parfaitement mises en avant par le Spectacle afin de masquer l’abandon des vraies questions, figure le « vote des étrangers », que ne cesse d’agiter la chapelle progressiste, les uns (tendance Inrocks/Libé/Télérama) préoccupés de voir leur électorat populaire/ouvrier/prolétaire leur cracher à la gueule et pressés de se reconstituer un électorat de substitution, les autres (tendance La Tribune, Valeurs actuelles), impatients d’agiter quelques hochets traditionnels prompts à tromper les couillons dans une fiction d’alternance politique rejouée depuis quelques générations maintenant.

Or sans forcément remonter à Aristote qui énonce clairement dans son livre politique les conditions de la paix civile (« partager des valeurs civilisationnelles communes), on peut s’arrêter à Castoriadis, fidèle d’Aristote et des Lumières, revenu de l’illusion léniniste et trotskyste mais nullement dupe de la forme envahissante de nos sociétés libérales qui mettait en garde contre les «bavardages sur la coexistence de n'importe quelle culture dans la diversité», estimant que le problème posé par l'immigration n'était pas (contrairement à la doxa libérale mais aussi marxiste) «économique», mais «profondément politique et culturel». Bong ! En outre, évoquant la «fermeture des sociétés islamiques» sous l'influence d'une «religion qui veut toujours régenter la société politique et civile au nom d'une loi révélée», et ne prenant pas plus de gants avec les intégristes qu'avec les staliniens ou les néolibéraux, il réfutait le victimisme musulman, qu'il sentait croître, comme une «mythologie grotesque» et antihistorique et il considérait que «les musulmans ne peuvent vivre en France que dans la mesure où, dans les faits, ils acceptent de ne plus être des musulmans sur une série de points (droit familial, droit pénal)». 

En considérant l’irruption massive de peuples étrangers nullement désireux de se dépouiller d’une partie d’eux-mêmes (et au contraire prompts à revendiquer toujours plus de privilèges  -lex privata- et d’ « accommodements raisonnables » en rupture avec la tradition républicaine d’égalité devant la Loi mais encouragés en toutes occasions par la même chapelle progressiste/libérale au nom d’une « laïcité ouverte ») dans nos sociétés d'abondance marquées par la «montée de l'insignifiance» liée à la «transformation des humains en machines à produire et à consommer» comme à la dépolitisation des existences individuelles ou à la soumission à un «conformisme généralisé» et à une marchandisation sans limites aboutissant à une «décomposition des sociétés occidentales» («la privatisation, l'apathie, l'inimaginable dégradation du personnel politique» (1)) on ne peut raisonnablement, à moins d’être croyant, imaginer meilleure fenêtre sur le chaos à venir.

Ainsi, que ce soit par calcul politique à court terme, par simple ignorance ou par soumission au credo progressiste enjoignant de déconstruire  tous les rapports sociaux, traditionnels et figés, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables (2), nos modernes en arrivent à imposer, à ré-introduire dans le champ politique contre le simple bon sens mais aussi contre toute une tradition de la pensée du Politique, les conditions propres à toute guerre civile de religion. Le paradoxe étant que cette tradition philosophique libérale, (éminemment importante, nous sommes TOUS des libéraux sans avoir lu Constant de même que nous sommes tous également cartésiens sans avoir lu Descartes ou chrétiens sans croire ni pratiquer, nous autres européens de souche ou de tradition) est le propre de philosophes qui, après deux siècles de guerres de religions qui déchiraient le corps social jusqu’au sein des familles, voulaient absolument immuniser la société contre cette abomination.

(1) Une société à la dérive. Entretiens et débats 1974-1997, Cornelius Castoriadis.

(2) « La bourgeoisie...partout ou elle a conquis le pouvoir, a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissaient l'homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intérêt, les dures exigences du paiement au comptant. Elle a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité naïve dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange ; elle a substituée aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. La bourgeoisie a dépouillée de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque là pour vénérables et qu'on considérait avec un sain respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages. La bourgeoisie a déchiré un voile de sentimentalité qui recouvrait les situations de famille et les a réduites à n'être que de simples rapports d'argent...[...] La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les conditions de la production, c'est-à-dire tous les rapports sociaux ; Tous les rapports sociaux, traditionnels et figés, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent vieillissent avant d'avoir pu s'ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés, enfin, d'envisager leurs conditions d'existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés. Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s'implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations ; Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale, Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore tous les jours.» Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, 1848.

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"(...)  Julien Freund: "Comme je l'ai souligné dans ma Sociologie du conflit, il y a deux conditions pour qu'une crise dégénère en conflit. D'abord que s'affirme une bipolarisation radicale ; enfin, que le tiers s'efface. Tant que le tiers subsiste et parvient à affirmer son autorité, il n'y a guère de risque que la crise ne débouche sur un affrontement. Dans la société, la crise est une occurrence banale tant qu'il y a inclusion du tiers ; le conflit n'intervient qu'avec son exclusion. C'est cette exclusion qui est polémogène. Dans la situation présente du pays, le tiers est constitué par l'Etat et les différentes institutions qu'il patronne, comme l'école par exemple dont nous avons parlé, or non seulement l'Etat est frappé par la déshérence du politique, ce qui signifie qu'il se déleste de sa fonction cardinale qui est de pourvoir à la sûreté de chacun, mais les institutions subissent une sorte de pourrissement qui les rend de plus en plus inaptes à manifester leur vocation spécifique... Une distance culturelle qu'on ne parvient pas à combler entre l'immigration musulmane et le milieu d'accueil avec un danger de surchauffe violente, et un tiers en voie de dissolution ; cela, voyez-vous, me fait craindre le pire pour les années à venir.
Pierre Bérard. - Les libéraux pensent que c'est le marché qui est intégrateur.
J.F. - Le goulag en moins, ce qui n'est pas mince, c'est une utopie aussi dangereuse que celle des Léninistes.
P.B. - L'ignominie du communisme, c'est qu'il a fini par rendre le libéralisme désirable! (...) "

Conversation avec Julien Freund, Pierre bérard.

07.05.2012

kill the poor

je sais: ça n'est pas "kill the poor" des DK (ni l'original de Bobby Fuller, JÖ) mais je trouve que ça correspond bien à l'air du temps...(et à lafin du clip, on dirait sarko au Fouquet's! toute une époque..)

avant guerre

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Il y a des soirs comme hier où j'ai (encore plus que d'habitude) l'impression de vivre dans un autre monde que mes contemporains. Une fois n'est pas coutume, j'ai regardé la télé (Itélé) hier soir pour rire...et en fait j'ai pas ri: ces foules hilares hérissées de drapeaux maghrébins et de festivus ravis rejouant le 10 mai 81, toutes ces figures de fion de la nomenklatura progressiste pavoisant (Désir, Noah, ad lib), l'ogresse Aubry sur le toit de la termitière rose (j'ai caressé quelques secondes l'espoir qu'elle perde pied et s'écrase la gueule devant les cameras de Canal +) éructant sa joie mauvaise, Mamadou, premier (sur Itélé), après l'annonce des résultats, à jacter sur la "France généreuse", un symbole. J'ai regretté l'absence du couple DSK-Shwartz, ça aurait eu de la gueule. Sans parler de Mimolette 1er, pérorant sur une estrade Corrézienne de comice agricole (un édile de la 3ème république pour tenir le titanic, ça promet). petit réconfort dans ce barnum spectaculaire, la gueule ravagée de l'oligarchie sarkophile et des petites mains des colleurs d'affiche du conducator à talonnettes chialant leur détresse de pacotille. ça réconforte un peu quand même.

Vu la totale soumission du pauvre Hollande à Mammon et la situation économique et financière du pays, en fait de changement, c'est un chaos de première grandeur qu'ils vont se prendre dans la gueule, les pauvres. Allez jeter un coup d'oeil à la revue de presse du sieur Jovanovic et notamment à la déclaration de guerre du nouveau leader nationaliste grec de l'Aube Dorée qui dispose désormais de quelques dizaines de députés au parlement grec et a détruit toute possibilité de gouvernement de colaition ("the bail-out junta", joli) et ouvert la voie à un scenario islandais, voire à une agravation du chaos. Le visage de cet homme est impressionant de colère rentrée et de détermination; ça donne une petite idée de la somme de violence qui ne s'exprime pas encore. pour combien de temps?

06.05.2012

thin ice

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« Je suis Français et je suis agent edf. Mon métier c'est de rétablir l'électricité 24h sur 24/h toute l'année dans n'importe quelles conditions et par n'importe quel temps. Je fais partie de ceux que chez EDF nous appelons des monteurs. Nous travaillons sur les lignes aériennes et souterraine moyenne et basse tension.

Aujourd'hui beaucoup de mes collègues sont fous de rage. Par où commencer ?

Je suis en colère. Jamais ce pays n'a été autant dépendant de l'électricité, et jamais, nous, les monteurs, n'avons été aussi peu nombreux, et avec des moyens aussi dérisoires. Le réseau, en particulier dans les centres villes, est obsolète et sous dimensionner. On en est au point ou les câbles fondent tant l'intensité qui y transite est importante. Chaque hiver et chaque été, nous battons des records de consommation. Il n'y a pas si longtemps il a fait -10°c sur toute la France. Il a neigé sur toute la France. Nous avons eu une chance incroyable de ne pas avoir eu de vent de plus de 80 km/h, seuil au delà duquel nos réseaux aériens commencent a tomber. Le record historique absolu de consommation a été battu. On a tous travaillé jour et nuit, la plupart des monteurs sont très fier de leur métier. C'est un métier avec une mentalité très particulière, ce sont des gens pas commodes, rugueux, mais très compétent et avec l'idée d'être au service du public. Le problème c'est que cette entreprise, comme beaucoup, subit des dépars massif à la retraite de la génération des baby boomers, et puis elle est touchée par la maladie de l'encadrement. En clair il y plus d'officiers que de soldat. Pour ne rien arranger, nous sommes paralysés par les taches administratives, qui paradoxalement se sont accrus depuis l'arrivée de l'informatique. En même temps, on nous demande de faire de plus en plus de travail sans nous en donner les moyens. Le management repose sur la coercition, car on nous demande de faire beaucoup de choses différentes et cela veut dire nous donner de l'indépendance et donc du pouvoir. Pour palier à cela, l'encadrement est pléthorique et coercitif. Bref nous sommes très peu a grimper en haut des poteaux et a porter des bleus de travail.

C'est aussi le cas dans les entreprises privées qui travaillent pour EDF. D'ordinaire, je travail en zone rurale. Des champs, des collines, des bois et 4 petites villes de 3 000 habitants. Les zones qui jouxtent la mienne sont d'un coté une grande ville et de l'autre coté des montagnes. Nous sommes constamment envoyé en renfort d'un coté ou de l'autre. Sur ma zone il y a environ 25 000 Kilomètres de lignes a 90% hors réseaux routiers. Nous sommes une trentaine de monteur.

14 fourgons atelier 4x2.

5 nacelles Poids Lourds 4x2.

1 Camion plateau avec une grue lui aussi 4x2.

1 Land rover defender 90 4x4.

4 véhicules légers avec une transmission intégrale, 4x4 mais pour rouler sur de la piste et des champs non labourés.

Nous réclamons des Fourgons avec transmission intégrale pour que nous puissions au moins rouler sur les routes enneigés et les chemins de terre. La différence de prix entre un fourgon 4x2 et un Fourgon 4x4 est de moins de 1000 Euros. La semaine dernière, avec seulement 10 cm de neige, nos fourgons se sont plantés. D'autres étaient en réparations car nous faisons du tout terrain avec et ils ne sont pas prévus pour ça. Ils sont tous en surcharge et nous n'avons qu'un seul jeu de chaînes par fourgons. A cause de la surcharge, les chaînes cassent dés qu'il y a du relief et elles sont toutes usées car nous nous en servons tout le temps pour nous sortir des chemins de terre quand nous sommes plantés. Beaucoup de mes collègues sont devenus de vrais pilotes à force de faire du tout terrain avec des véhicules qui ne sont pas fait pour ça. Malgré cela, on se plante constamment et pendant ce temps les clients sont sans électricité. Sans électricité, donc très vite sans téléphone puis sans eau, et immédiatement sans assistance respiratoire pour ceux qui le sont.

En 5 ans, 50% du personnel est partis a la retraite avec leur savoir faire et la plupart des véhicules tout terrain ont été supprimés. On nous annonces de plus en plus d'événements climatiques extrêmes, et je peux te dire qu'ils son déjà la. Et on ne veut pas nous donner des véhicules 4x4 car cela COUTE TROPS CHER !!!! Un autre exemple: pour piloter un réseau il faut... communiquer, et pour communiquer il faut de l'électricité. Nous sommes en train de mettre en place un système de réseau intelligent qui pourra piloter le compteur de chaque client afin d'ajuster la production par rapport a la consommation. Ce système communique par clef 3g et donc utilise les antennes des opérateurs de téléphonie mobile. Il y a 10 ans, chaque zone pilotait sa portion de réseau a l'aide de postes de commandement radiomobile installés dans des fourgons. Puis tout a été centralisé en un seul poste de commandement, si bien que en temps normal il faut des fois attendre 30 minutes avant d'avoir une réponse pour effectuer une manoeuvre d'interrupteur aérien. Pendant la tempête de 2009 nous avons eu pendant 24H des vents de 140km/h. Il fallait attendre des fois 3H pour obtenir une autorisation de manoeuvre... Au bout de 2 jours les antennes relais des opérateurs de téléphonie mobile sont tombées à cours de batterie. Nous nous sommes rabattu sur les radios des véhicules pour communiquer avec le PC. Le problème c'est que seulement une personne à la fois peu parler…et quand 2000 agents doivent parler, je te laisse imaginer le joyeux bordel que cela a été... En résumé, EDF compte sur les opérateurs de téléphonie mobile pour piloter son réseau et les opérateurs de téléphonie mobile comptent sur EDF pour alimenter leurs antennes. C'est très économique en temps normal, mais en cas de pépin météo cela fonctionne 48H... Pour dépanner un réseau il faut du matériel et du consommable :

Câbles, connecteurs, poteaux, groupes électrogènes, gasoil etc...Nous n'avons pas de stock: nous sommes une armée sans munitions. Pour avoir une munition il faut...téléphoner pour que l'usine la fabrique.... avec de l'électricité. L'usine doit ensuite téléphoner au transporteur, qui doit lui même faire le plein de gasoil à la pompe de la station service qui fonctionne elle aussi avec de l'électricité ! Alors en bon soldat, nous détournons et nous stockons des munitions en temps de paix pour faire NOTRE BOULOT quand c'est la guerre. Quand on explique à nos chef que le système ne fonctionne pas, ils nous répondent : "si, la preuve, vous y êtes arrivé la dernière fois"...

Nos centrales nucléaires on toutes été construitent en même temps…il y'a 30 ans. Elles ont été conçus pour durer 30 ans. Comme il est impossible de reconstruire toutes les centrales en même temps, l'ASN (autorité de sûreté nucléaire), a autoriser edf à continuer d'exploiter toutes les centrales pour une nouvelle période de 30 ans....La contrepartie exigée par l'ASN est que EDF doit massivement investir dans le reconditionnement de ces centrales. Les investissement à faire sont colossaux, et le retour sur investissement : triple zzz. Et il me semble bien que c'est la crise? Non? Il faut savoir une chose : tous les opérateurs nationaux énergétiques, dans tous les pays, ont suivi le même processus. Dans les années 90-2000, pour financer les fusions/acquisitions et devenir des opérateurs internationaux, ils ont rognés sur les budgets de maintenance des centrales et des lignes électriques…si bien que la maintenance aujourd'hui s'apparente à de la reconstruction. Car ne pas faire de maintenance pendant 10 ans sur une infrastructure équivaut à la faire vieillir de 20 ans...mais pour le nucléaire ce n'est pas le plus inquiétant. Non, le plus grave pour le nucléaire français mais pas seulement, c'est la perte de savoir faire. Vu que toutes les centrales ont été construites sur la même période, tous ceux qui les ont construites sont a la retraite dans le meilleur des cas.

 Un exemple de savoir faire perdu: une centrale, c'est une "bombe" dont ont récupère l'énergie grâce à des fluides qui transitent par des tuyaux. Ceux qui fabriquent et entretiennent ces tuyaux sont les chaudronniers et les robinetiers. Etre capable de souder, sans interrompre le refroidissement, sur un acier qui a changer de nature à cause de la radioactivité et des contraintes auxquelles il a été soumis pendant 30 ans....c'est de l'art, du très grand art, que infiniment peu de personnes maîtrisent.

Un autre exemple : dans le centre des villes, les câbles qui distribuent l'énergie date des années 1930.. L'isolant des câbles était réalisé à cette époque avec du papier imprégné d'huile ou de graisse animal. Lors des pics de consommation ces vieux câbles fondent. Or, très peu de monteurs maîtrisent la réparation de ces câbles. Réparation longue et fastidieuse. Il ne faudrait pas que au prochain record de consommation, ils fondent tous en même temps et dans plusieurs villes simultanément.

J'ai eu un aperçu de la réaction d'une population urbaine et rurale quand il n'y a plus d'électricité pendant 7 petits jours... La semaine dernière je suis parti renforcer mes collègues qui travaillent dans une très grande ville. Nous sommes restés jusqu'a 3H du matin dans une cité dangereuse, pour faire en sorte que les câbles de l'immeuble ne fondent pas. Cette intervention aurait été impossible de jour... A l'autre extrême, je suis partie renforcer mes collègues dans les montagnes, en plein hiver. Un hameau très isolé était depuis 5 jours sans électricité. Ils ne nous avaient pas appelés ! Non seulement la population locale s'en foutait mais en plus ce sont eux qui sont venus nous sortir de la merde, car nous avions plantés nos véhicules.

C'est la nuit, il fait froid. Un collègue s'est planté avec le fourgon pendant un dépannage, au même moment les pompiers l'appel pour qu'il vienne coupé le courant sur une maison, car il y a du réseau électrique sur façade et ils ne peuvent pas arroser dessus. En hiver les feux électriques sont fréquent car les gens poussent le chauffage a fond. Les pompiers n'ont donc pas pu attaquer le feu comme il l'aurait fallu et la maison a brûlée entièrement. Quand mon collègue arrive enfin, les pompiers et les gendarmes sont en train de chercher des corps...

Une nuit d'été, la foudre tombe sur la ligne, il est 22h. Le hameau qui est alimenté par cette ligne est sans courant. Après s'être concertés l'un des habitants du hameau appel le service dépannage EDF, qui lui répond que après 21h on ne dépanne plus. C'est nouveau, et l'abonnement n'a pas diminué pour autant. On ne dépanne plus sauf odeur de brûlé et usager sous assistance respiratoire. A bon entendeur salut. La ligne touchée par la foudre enjambe une route. Les fils pendent. Un jeune couple à moto rentre de boite de nuit. Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont amoureux, ils attendent un enfant, ils sont morts...

Ce qu'il faut retenir de tout cela, c'est qu'aujourd'hui tous les réseaux, quelque soit leur nature, sont interdépendants et qu'ils le seront de plus en plus. Personne ne peut prédire les conséquences de l'effondrement d'un système de support sur les autres systèmes de support. Quand un gouvernement recommande sur son site internet une liste d'équipements pour survivre en cas d'événement….c'est bien, mais on peut être sur que ce sera insuffisant et inadapté.

Mon message peut se résumer ainsi : PREPAREZ-VOUS A VIVRE SANS ELECTRICITE !!! »

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02.05.2012

ce petit champ de ton âme

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"On se cherche des retraites à la campagne. Et toi-même, tu as coutume de désirer ardemment ces lieux d'isolement. Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion puisque tu peux, à l'heure que tu veux, te retirer en toi-même. Nulle part en effet, l'homme ne trouve de plus tranquille et de plus calme retraite que dans son âme, surtout s'il possède, dans son for intérieur,  ces notions sur lesquelles il suffit de se pencher pour acquérir aussitôt une quiétude absolue, et par quiétude, je n'entends rien autre qu'un ordre parfait. (...) Il reste donc à te souvenir de la retraite que tu peux trouver dans ce petit champ de ton âme. Et, avant tout, ne te tourmente pas, ne te raidis pas; mais soit libre et regarde les choses en être viril, en homme, en citoyen, en mortel. Au nombre des plus proches maximes sur lesquelles tu te pencheras, compte ces deux: l'une, que les choses n'atteignent point l'âme, mais qu'elles restent confinées au dehors, et que les troubles ne naissent que de la seule opinion qu'elle s'en fait. L'autre, que toutes ces choses que tu vois seront, dans la mesure où elles ne le sont point encore, transformées et ne seront plus. Et de combien de choses les transformations t'ont déjà eu pour témoin! Songes-y constamment: le monde est changement, la vie remplacement."

Marc-aurèle (121-180 ap JC), Pensées pour moi-même.

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« De nombreux militants de gauche s'insurgent encore contre la famille autoritaire, le moralisme anti sexuel, la censure littéraire, la morale du travail et autres piliers de l'ordre bourgeois, alors que ceux-ci ont déjà été sapés ou détruits par le capitalisme avancé. Ces radicaux ne voient pas que la personnalité autoritaire n'est plus le prototype de l'homme économique. Ce dernier a lui-même cédé la place à l'homme psychologique de notre temps -dernier avatar de l'individualisme bourgeois. » (C. Lasch, La culture du narcissisme, éd climats, 2000)

"Les mêmes tendances sont à l'oeuvre dans le monde entier. En europe, les référendums qui se sont tenus sur la question de l'unification ont révélé une faille profonde et qui va en s'élargissant entre le monde politique et les membres plus humbles de la société qui redoutent que la CEE ne soit dominée par des bureaucrates et des techniciens dépourvus de tout sentiment d'identité ou d'appartenance nationale. Une Europe gouvernée de Bruxelles sera de leur point de vue de moins en moins sensible au contrôle des peuples. Le langage international de l'argent parlera plus fort que les dialectes locaux. Ce sont ces peurs qui sont sous-jacentes à la résurgence des particularités ethniques en Europe, tandis que le déclin de l'Etat-nation affaiblit la seule autorité capable de maintenir le couvercle sur les rivalités ethniques. Par réaction, la renaissance du tribalisme renforce le cosmopolitisme chez les élites." (Cristopher Lasch, La révolte des élites, 1996)


"La France ne va pas crever du fait d’une immigration qui n’aura fait que saisir les opportunités qui lui étaient offertes. Non, elle crèvera du feu roulant d’une partie de ses « élites blanches » qui se sont liguées contre elle depuis trente ans, tentant de réduire au silence tous ceux qui tentaient d’exercer la moindre liberté de pensée et de jugement. Le verbe, relayé sans fin par les médiacrates, a remplacé les armes" (Malika Sorel, 2012)

"Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu’il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu’il n’aie pas le temps pour la rébellion." (Aristote 384-322)

"Le travail du journaliste consiste à détruire la vérité, à mentir sans réserve, à pervertir, à avilir, à ramper aux pieds de Mammon et à vendre son pays et sa race pour gagner son pain quotidien. Vous le savez comme je le sais, alors qui peut parler de presse indépendante? Nous sommes les pantins et les vassaux des hommes riches qui se cachent derrière la scène ….. Ils tirent les ficelles … ET NOUS DANSONS." John Swinton (Ancien chef du personnel du New York Times, dans un discours à ses collègues.)

(photo: adriana Lima, femme psychologique de notre temps et avatar de l'individualisme bourgeois. pas facile de lire jusqu'au bout, je sais)

30.04.2012

printemps islandais

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"Sans nouvelles d’Islande : pourquoi ?

Si quelqu’un croit qu’il n’y a pas de censure actuellement, qu’il nous dise pourquoi on a tout su au sujet de ce qui se passe en Egypte, en Syrie ou en Libye, et pourquoi les journaux n’ont absolument rien dit sur ce qui se passe en Islande ?

En Islande,
- le peuple a fait démissionner un gouvernement au complet,

- les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette contractée par ces dernières auprès de banques de Grande Bretagne et de Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière ;

- une assemblée populaire vient d’être créée pour réécrire la Constitution.
Et tout cela, pacifiquement.
Toute une révolution contre le pouvoir qui a conduit à cette crise.
Voilà pourquoi rien n’a été publié pendant deux ans.

Que se passerait-il si les citoyens européens en prenaient exemple ?
Brièvement, voici l’histoire des faits :
- 2008 : La principale banque du pays est nationalisée. La monnaie s’effondre, la bourse suspend son activité. Le pays est en banqueroute.
- 2009 : Les protestations citoyennes contre le Parlement font que des élections anticipées sont convoquées. Elles provoquent la démission du Premier Ministre et, en bloc, de tout le gouvernement.

La situation économique désastreuse du pays persiste. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette par le paiement de 3.500 millions d’euros, montant que paieront mensuellement toutes les familles islandaises pendant les 15 prochaines années à un taux d’intérêt de 5%.

- 2010 : le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum.

En janvier 2010, le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire. En mars, le référendum a lieu et le NON au paiement de la dette remporte 93% des voix.

Pendant ce temps, le gouvernement a entamé une investigation pour régler juridiquement les responsabilités de la crise.

Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent. Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays.

Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution qui reprend les leçons apprises de la crise et qui se substitue à l’actuelle qui est une copie de la constitution danoise.

Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain.

On élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se sont présentés aux candidatures. Pour cela, il faut être majeur et recueillir le soutien de 30 personnes.

- L’assemblée constituante commence ses travaux en février 2011 afin de présenter, en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte.

Elle doit être approuvée par l’actuel parlement ainsi que par celui qui sera constitué après les prochaines élections législatives.

Voici, en bref, l’histoire de la Révolution Islandaise :

- Démission en bloc de tout un gouvernement

- Nationalisation de la banque

- Référendum pour que le peuple puisse se prononcer sur les décisions économiques fondamentales

- Emprisonnement des responsables de la crise

- Réécriture de la constitution par les citoyens

Nous a-t-on parlé de cela dans les médias européens ? En a-t-on parlé dans les débats politiques radiophoniques ? A-t-on vu des images de ces faits à la TV ?

Bien sûr que non !

Le peuple islandais a su donner une leçon à toute l’Europe en affrontant le système et en donnant une leçon de démocratie au reste du monde." via LIESI

Oui, pourquoi?

Photo: le pitre malfaisant talmudique BHV et son petit personnel médiatique complaisant: peu de risques de voir cette ordure nous faire l'apologie de la geste Islandaise.

29.04.2012

whores of Amsterdam

28.04.2012

anarchiste conservateur

orwell, michéa,

















" (...) Bref, récapitulons ce que nous enseigne la pensée orwellienne, telle qu’exposée à travers cet entretien et ses (très) nombreuses scolies :

-          le Progrès est un mythe, une foi dont les postulats n’ont aucune base réelle mais reposent sur l’amoralité des élites les énonçant. Comme tout dogme, il est totalitaire par essence car ne souffre aucune contestation sérieuse sans aussitôt se montrer répressif ;

-          le Progressiste est un croyant, messianiste suprémaciste et amoral, mais aussi infantile, qui a peur de devenir adulte ; il est atteint d’une pathologie du lien et d’une peur adolescente du sentiment (propos de Michéa). L’humanisme des Lumières dont il se réclame est macabre et machiniste. En ce sens, le Progressiste est inhumain ;

-          seul un Socialisme digne de ce nom, celui des humbles, des travailleurs, de ceux qui restent ancrés dans le réel, est viable. Non parce que le travailleur est à déifier, loin de là, mais parce qu’il conserve des valeurs comme le don agoniste, l’entraide, les fondements qui permettent à toute société humaine d’exister en tant qu’entité collective ;

-          être Socialiste c’est être réactionnaire, refuser la tabula rasa et ses arguments fallacieux. En prenant conscience de cela, et à toutes fins utiles quand nous savons que l’opposition entre les partis au pouvoir est une fausse opposition, il nous appartient de voir en quoi l’opposition entre le nationalisme et le socialisme est aussi une opposition fabriquée par le pouvoir pour faire apparaître antagonistes des tendances en réalité proches et complémentaires, qui devraient faire œuvre commune.

Et à nous, nationalistes, Michéa nous donne quelques pistes de réflexion et de découverte complémentaires : Pierre Leroux, Philippe Buchez, Paul Goodman, Christopher Lasch, George Orwell, Pier Paolo Pasolini, Marcel Mauss, André Prudhommeaux… A la lecture !

Source/Scriptoblog

Citations tirées de l'ouvrage Orwell éducateur (Michéa):

(Sur la criminalisation de toute critique du Progrès) : « Dans les sciences progressistes de l’indignation, dont les lois sont soigneusement codifiées, la rhétorique du Plus-jamais-ça autorise ainsi, à peu de frais, tous les morceaux de bravoure possibles, tout en procurant, pour un investissement intellectuel minimal, une dose de bonne conscience, pure et d’une qualité sans égale. Le tout, ce qui n’est pas négligeable, pour une absence à peu près totale de danger à encourir personnellement (on songera tout particulièrement, ici, aux merveilleuses processions de pénitents d’avril 2002). »

« La mobilité perpétuelle des individus atomisés est l’aboutissement logique du mode de vie capitaliste, la condition anthropologique ultime sous laquelle sont censés pouvoir se réaliser l’adaptation parfaite de l’offre à la demande et « l’équilibre général » du Marché. Cette conjonction métaphysique d’une prescription religieuse (Lève-toi et marche !) et d’un impératif policier (Circulez, il n’y a rien à voir !), trouve dans l’apologie moderne du « Nomade » son habillage poétique le plus mensonger. On sait bien, en effet, que la vie réelle des tribus nomades que l’Histoire a connues, s’est toujours fondée sur des traditions profondément étrangères à cette passion moderne du déplacement compensatoire dont le tourisme (comme négation définitive du Voyage) est la forme la plus ridicule quoiqu’en même temps, la plus destructrice pour l’humanité. Bouygues et Attali auront beau s’agiter sans fin, leur pauvre univers personnel se situera donc toujours à des années-lumière de celui de Segalen ou de Stevenson. Sénèque avait, du reste, répondu par avance à tous ces agités du Marché : « C’est n’être nulle part que d’être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager finissent par avoir des milliers d’hôtes et pas un seul ami » (Lettres à Lucilius). »

La common decency selon André Prudhommeaux, cité par Michéa : « L’anarchisme c’est tout d’abord le contact direct entre l’homme et ses actes ; il y a des choses qu’on ne peut pas faire, quel qu’en soit le prétexte conventionnel : moucharder, dénoncer, frapper un adversaire à terre, marcher au pas de l’oie, tricher avec la parole donnée, rester oisif quand les autres travaillent, humilier un « inférieur » etc. ; il y a aussi des choses qu’on ne peut pas ne pas faire, même s’il en résulte certains risques – fatigues, dépenses, réprobation du milieu, etc. Si l’on veut une définition de base, sans sectarisme ni faux-semblants idéologiques, de l’anarchiste (ou plutôt de celui qui aspire à l’être), c’est en tenant compte de ces attitudes négatives et positives qu’on pourra l’établir, et non point en faisant réciter un credo, ou appliquer un règlement intérieur […] Les rapports entre le comportement (ou le caractère) d’une part, et de l’autre l’idéologie, sont ambivalents et contradictoires. Il y a souvent désaccord profond entre le moi et l’idéal du moi. Tel camarade se pose en adversaire enragé de l’individualisme « égocentrique », de la « propriété » et même de toute « vie privée », qui s’avère un compagnon impossible : persécuteur, calculateur et profiteur en diable : il pense moi, et il prononce nous. » (Texte rédigé en 1956). source/scriptoblog

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Par les temps (d'imposture) qui courent, il est toujours sain de revenir à certaines évidences, en l'occurrence celles figurant dans cet ouvrage de Michéa répondant à la -très progressiste et très blonde- Aude Lancelin (du mal-nommé journal Libération...je propose Aliénation ou Mutilation).

Le Spectacle promu par nos modernes et leurs organes de propagande prend soin d'occulter la matrice idéologique commune (rationalisme des Lumières) des deux tendances politiques majoritaires dans ce pays (et partout ailleurs en Occident): la "gauche" progressiste (et libérale) et la "droite" libérale (et non moins progressiste) partagent ce même messianisme du Progrès et cette quête individualiste d'émancipation absolue de tout attachement familial, communautaire, géographique, historique, culturel, religieux ou civilisationnel. Les uns et les autres, comme le décrit joliment Michéa, ne sont que les deux faces du même ruban libéral de Möbius.

En ce sens, le pseudo affrontement politique entre "droite" et "gauche" ne peut que se résumer aux quelques marronniers pour presse people (genre "le vote des étrangers, pour ou contre?", "l'homoparentalité, pour ou contre?", "la dépénalisation des drogues douces, pour ou contre?", "la viande hallal, pour ou contre?", ad lib...) permettant d'occulter aux masses non agissantes gavées de tittytainment, des enjeux moins festifs mais cruciaux: quelle société? Quelle communauté? Quel contrat? Quelle identité? Quelle critique sociale? Quel développement? Quelle économie? Quelle place de l'économie? Quelle démocratie? Quelle représentation? Quel pouvoir? Quelle éducation? Quels droits? Quels devoirs? Quelles valeurs communes? Quelles alliances stratégiques ?

Déminons immédiatement la question libérale (au cas ou un Marchenoir passerait céans): je nomme "libéral" ce qui correspond à ce projet de la modernité occidentale basé sur l'individualisme, la raison, l'idéologie de Progrès, projet d'autonomie, d'émancipation de toute hétéronomie (autre que celle du "marché autorégulé" (cette blague pour trader du Forex..), des "droits de l'homme" et, accessoirement en Europe, celle de la Shoah) au profit de l'unification juridico-marchande de nos sociétés contemporaines en rupture avec l'idée de communauté enracinée dans un contexte social-historique, des valeurs communes, un projet commun, en rupture avec toute affiliation ou toute détermination antérieure au Moi...Pour dire que la question libérale" est plus pour moi une question de philosophie politique que de place de l'Etat dans la société civile (qui a son importance mais qui me parait secondaire; en ce sens, la France et d'autres pays en Europe issus du « compromis Fordiste » et Rooseveltien de l'après-guerre reposant sur un équilibre singulier entre exigences sociales et logique marchande, trouve une place à part en raison de l'importance de la place de l'Etat et de la planification dans la société. Mais il n'en demeure pas moins que sur un plan philosophique, nos modernes restent des libéraux).

Par ailleurs et concernant cette intervention étatique toujours excessive aux yeux d’un libéral conséquent, il est important de comprendre que celle-ci est directement corrélée à la disparition des protections et solidarités multiples, réciproques et naturelles des sociétés traditionnelles et communautaires. En ce sens, en s’émancipant de tout et de tous, nos modernes séparés et désaffiliés ne peuvent plus guère trouver assistance et protection que dans des politiques étatiques toujours plus coûteuses et envahissantes…Si l’on ajoute à cela la récente et très radicale remise en question de cet Etat-Providence sur l’autel des « nécessaires ajustements de rigueur » destinés à « rassurer les marchés », on peut avoir une idée assez juste du monde à venir tel que le concevait le penseur libéral Hobbes (la « guerre de tous contre tous »), ce monde profondément pessimiste et sombre auquel ce penseur de la modernité n’envisageait, pour éviter la guerre civile, qu’un état fort, voire tyrannique (mais non totalitaire), le Léviathan, seul à même de faire régner l’ordre et d’éviter le chaos. Ainsi, émancipation et Etat thérapeutique avec pseudopodes festifs et panopticoïdes avancent ensemble. C’est donc parce que festivus-festivus, cet homoncule hors-sol à tablette prôné par Attali et Carglass, existe et devient la nouvelle figure de la modernité que la bureaucratie étatique si décriée par tous les Marchenoir (parfois à juste titre d’ailleurs) devient la trame de nos commercial societys…

Plus que « réactionnaire », il est aujourd’hui –plus que jamais- nécessaire d’être rebelle au monde tel qu’il ne va plus, sinon révolutionnaire. Et socialiste (au sens orwellien du terme…pas au sens strausskahnien). Et conservateur en même temps. Sorte de sonderweg entre le prussianisme d’un Jünger et l’anarchisme conservateur d’un Orwell. Démerdez-vous avec ça.

26.04.2012

SHTF

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" (..) Il est 01:06 du matin ici. Je viens juste de prendre ma douche et ma femme et mon fils sont endormis. Alors que j’étais en train de me shampooiner, réfléchissant à ce que j’allais écrire aujourd’hui dans ce post, je me suis souvenu du moment exact où j’ai réalisé, avec plusieurs autres personnes, non seulement le SHTF (que nous connaissions tous), mais que le monde que nous connaissions n’existait plus, et que ce n’était pas un ouragan mais plutôt une période glaciaire, qui ne partirait pas si facilement.

Nous avons compris cela comme un enfant comprend la photosynthèse : parce qu’un professeur nous l’a froidement expliqué, en utilisant même des graphiques. J’ai dormi 5 heures hier, 2 heures la nuit précédente. Samedi soir je n’ai même pas dormi. Je suis déjà habitué à cela. Les échéances à l’université, les veillées jusqu’à tard dans la nuit, les dessins CAO en 3D, l’attente jusqu’à ce que les corrections soient faites… C’est un monde de compétition ici, et personne ne compatit avec ce que vous faites, ils veulent seulement que vous fassiez ce qu’ils attendent, et le standard est toujours élevé. Cela s’est produit il y a 4 ans, environ un an après la crise de décembre 2001. C’était lors d’un cours d’études sociales, et ce professeur, je ne me souviens pas si c’était un homme ou une femme, était en train de nous expliquer les différentes sortes de pyramides sociales. Seigneur ! Maintenant je me souviens mieux ! Nous avions même un livre plein de ces cruelles et satanées pyramides. La première pyramide décrivait la société de base. Une pyramide avec 2 lignes horizontales, séparant l’élite (la classe de la haute société) du milieu (la classe moyenne) et du bas de la pyramide (les pauvres, le prolétariat). Le professeur nous a expliqué que le milieu de la pyramide, la classe moyenne, agit comme un tampon entre les riches et les pauvres, prenant en charge le stress social. La deuxième pyramide avait une grosse section moyenne : c’était la pyramide représentant les pays développés, pour laquelle le bas est très mince, des flèches montrant qu’il est possible de passer de la classe la plus basse à la classe moyenne, et de la classe moyenne à l’élite. Notre professeur nous a expliqué que c’était la société démocratique capitaliste classique, et que dans les pays européens socialistes la pyramide était très similaires quoique un petit plus plate, signifiant qu’il y a une grosse classe moyenne, une petite élide et une petite classe d’en bas. Il y a peu de différences entre les 3 classes.

La troisième pyramide montrait la société communiste. Où les flèches partant du bas et de la classe moyenne essayaient d’attendre le haut mais étaient limitées par la ligne de séparation. Une petite élite et une grosse société d’en bas, séparées par une section de classe moyenne minimale de la pyramide.

Ensuite nous avons tourné la page et avons vu la damnée quatrième pyramide. Celle-là avait des flèches partant de la classe moyenne et pointant vers la classe d’en bas, la classe des pauvres.

« Qu’est-ce ? » a demandé l’un de nous.

Le professeur nous a regardé : « c’est nous ».

« C’est le pays en faillite, un pays qui redevient un pays du tiers monde, comme le montre la pyramide cinq où il n’y a plus de classe moyenne à proprement parler, une énorme classe populaire pauvre, et une très petite et très riche élite. »"

Ferfal, 2005

NB: SHTF = when the Shit Hits The Fan..

25.04.2012

Argentine

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" (...) Comme il n'y a plus de portes de sortie possibles dans le système mondial actuel. Qu'il est impossible de maintenir à la fois la croissance économique et la croissance des revenues de la rente financière, en tout cas en Europe. Les riches ont décidé qu'il n'y aurait plus de croissance sur le continent. Il ne faut donc guère s'étonner de voir fleurir des politiques visant à réduire toujours plus la demande en Europe. C'est le résultat de la collusion entre les croyances des imbéciles du néolibéralisme qui continuent de croire en leurs fadaises et les intérêts de la rente et de la finance européenne. Une finance qui juge à juste titre impossible l'adéquation entre croissance et intérêt financier en Europe. Les riches d'Europe ont compris que le continent n'avait plus d'avenir en régime de libre-échange à son niveau de vie moyen actuel de salaire. Les flux de dollars allant surtout alimenter la croissance asiatique. Le seul moyen de réenclencher la croissance serait de faire une forte dévaluation et du protectionnisme ce qui serait fortement contraire aux intérêts de la finance européenne. Ils vont donc plutôt aller vers la stratégie du pire exactement en faisant des purges ultraviolentes. À l'image de ce qui s'est passé en Amérique latine dans les années 80-90. Ces politiques pour riches ont déjà commencé et c'est en Grèce que c'est le plus spectaculaire. Cependant il ne faut pas oublier nos amis britanniques qui détruisent toujours plus leur propre société pour maintenir la finance anglaise en état. La totalité des pays européens sera touchée. Il faut s'attendre même en France à des réductions de salaire extrêmement importantes. On voit déjà poindre le retour de Bolkestein pour faire baisser les salaires des emplois non-délocalisables. Après l'élection du nouveau gounerneur de la France on devrait voir poindre des politiques de suppression du SMIC, en attendant la suppression de la sécurité sociale et des allocations chômage. Ces politiques aggraveront considérablement la crise économique, mais maintiendront l'euro à son niveau actuel et les intérêts de la finance seront sauvegardés. Du moins si quelques inconvénients politiques ne mettent pas fin aux calculs financiers comme cela fut le cas dans les années 30..."

le blog de Yann
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"Sortir du mondialisme, c’est possible : l’exemple de l’Argentine

Le Fonds monétaire international a déploré cette semaine que l’Argentine soit « imprévisible après l’expropriation partielle de la compagnie pétrolière argentine YPF, contrôlée à majorité, jusqu’au 16 avril, par le groupe espagnol Repsol.

Imprévisible ? Non, simplement souveraine ! Le FMI, instrument politico-économique des Etats-Unis, tout comme Washington et Bruxelles ont de plus en plus de mal à se faire à la souveraineté des Etats. Lorsque quelque chose leur échappe, ils appellent cela de l’imprévisibilité.

J’étais en Argentine entre le 24 mars et le 2 avril, date anniversaire des 30 ans de la Guerre des Malouines. Cela m’a permis de me faire mon propre avis sur un pays tant décrié par le FMI et les donneurs de leçon occidentaux. Et j’ai compris pourquoi ce pays était la cible d’une désinformation si forte, qui veut ternir son image et ainsi dissuader les investisseurs de s’y intéresser.

Ce pays est pourtant la seule véritable Europe jamais réussie. L’Argentine c’est même la véritable Europe qui a survécu des ruines de la nôtre. Une nation faite d’Européens avec une culture d’Européens et dont le modèle identitaire n’a rien à voir avec le modèle brésilien que Bruxelles et Washington ont érigé en exemple. Buenos Aires, malgré son immigration andine, reste une ville européenne pour des Européens. L’Argentine est une grande nation, et l’a montré en mettant dehors, seule, le FMI et ses recettes qui n’ont toujours mené qu’à la faillite et à l’asservissement des peuples. Comme la Russie, l’Argentine est tout simplement en train de reconstruire son industrie, de reprendre le contrôle de ses ressources énergétiques et les résultats sont là pour prouver qu’elle suit une voie juste et raisonnable. La seule voie raisonnable même quand on voit où le mondialisme a mené les peuples occidentaux.

La croissance est évidente (le FMI lui concède quand même un taux de croissance de 4,2% pour 2012, mais du bout des lèvres) et il faut être aveugle ou d’une grande mauvaise foi pour ne pas reconnaître que depuis que l’Argentine suit une voie protectionniste et nationaliste (comme la Russie et la Chine), elle va mille fois mieux que lorsqu’elle suivait les recettes libérales et pro-américaines du libano-argentin Menem.

Mais revenons à cet événement capital qu’est la renationalisation d’une grande compagnie d’énergie argentine. Lundi 16 avril , la présidente Cristina Kirchner, une autre dame de fer, sans être le moins du monde impressionnée par les menaces de Madrid, a décidé d’exproprier l’espagnol Repsol de sa filiale argentine YPF qu’il contrôlait à hauteur de 57,4%. Désormais l’Etat argentin et les provinces (en Argentine, Etat fédéral, l’autonomie des provinces est très forte) détiendront 51%. Jeudi 19 avril, soit 3 jours plus tard, l’expropriation à hauteur de 51% était élargie à la compagnie YPF Gas également contrôlée par Repsol

La main mise de Repsol datait d’une époque où l’Argentine a été vendue par des dirigeants libéraux sans scrupules à l’étranger et a rompu, sous Menem, avec ses fondamentaux d’indépendance nationale en se tournant vers les Etats-Unis. Cette politique, suivie de concert avec le FMI, a abouti à la ruine du pays. Seul le retour aux fondamentaux du péronisme, une politique nationale et sociale, a permis d’entamer le redressement du pays, et c’est exactement cette ligne que suit Cristina Kirchner.

Cela faisait plusieurs années que les Kirchner ont demandé de manière insistante à Repsol de faire les investissements nécessaires pour préparer l’avenir énergétique de l’Argentine. Rien n’a été fait. Le groupe espagnol s’est vu donner de nombreuses chances de conserver sa part. Il n’est pas exproprié (il sera compensé de toutes façons) comme cela brutalement, mais au terme de mois de d’avertissements et de discussions. Ces grands groupes mondialistes ont malheureusement une vision de court-terme qui tranche avec la vision de long-terme d’un Poutine en Russie. Celui-ci a repris en main le secteur énergétique précisément pour rendre à la Russie ses ressources et son avenir énergétique.

L’Argentine (comme la Russie évidemment) apporte au monde une preuve supplémentaire que la voie du redressement et de la liberté des peuples passe par l’indépendance nationale et la rupture avec toute l’architecture du mondialisme (FMI, Banque mondiale, Union européenne, OTAN…).

Cette politique est non seulement possible mais elle montre ses fruits dans de nombreux pays du monde. Demain dimanche 22 avril, je voterai pour cet espoir français de sortie du mondialisme. Je voterai Argentine !"

Aymeric Chauprade

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lire aussi ce billet d'Asselineau sur l'Argentine.

23.04.2012

Dogon du Mali