31/05/2020
land of plenty

USA • Sauvons les pauvres milliardaires!
À en croire le rapport publié par Forbes le 7 avril dernier, les milliardaires yankees avaient de quoi se faire du souci puisqu’avec l’arrivée du virus leur fortune globale avait chuté en passant de 3 111 milliards à 2 947 milliards par rapport à 2019. Entre-temps les nababs ont su rebondir et sortir la tête de l’eau en enregistrant à fin mai de nouveaux gains appréciables qui compensent largement leurs pertes du début de la pandémie. À eux seuls, le patron d’Amazon Jeff Bezos et celui de Facebook Mark Zuckerberg ont vu à ce jour leur montagne de blé gonfler de 63 milliards depuis le 18 mars. Sur son site inequality.org, l’Institute for Policy Studies basé à Washington résume ainsi la situation:
«Pendant la pandémie, la fortune des milliardaires US a pris du coffre alors que dans le même temps, ceux qui souffraient, affrontaient la misère ou perdaient la vie se comptaient en millions. On voit là un indicateur monstrueux des inégalités qui caractérisent la société étatsunienne. Trois chiffres importants permettent de mieux appréhender ces temps de pandémie et leur caractère inégalitaire: 100, 40 et 485. À ce jour, plus de cent mille personnes sont mortes du Covid 19. Depuis le 18 mars, ce ne sont pas moins de 40 millions de personnes qui se sont inscrites au chômage, selon le Bureau of Labor Statistics. Ce dernier chiffre n’inclut pas les millions qui ont eu recours à l’aide accordée aux travailleurs indépendants. Dans ce nombre, ils sont aussi des millions à avoir perdu la couverture maladie, liée à leur emploi. Pendant ces mêmes dix semaines qui séparent le 18 mars du 28 mai, la fortune des milliardaires yankees s’est accrue de 485 milliards, soit presque 500 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de 16,5 pour cent. Les États-Unis comptent ainsi 16 milliardaires de plus qu’il y a dix semaines».
Dans son éditorial du New York Times, intitulé «Des miettes pour les pauvres et une aubaine pour les riches», NicholasKristof attribue une part de ce regain de fortune pour les plus friqués à la «compassion» que le Président Trump et ses alliés au Congrès ont éprouvée à l’égard des «zillionnaires» (3). En même temps qu’ils restreignaient l’octroi des bons d’achat de vivres - les fameux food stamps - aux plus démunis, ils accordaient une enveloppe de secours de 135 milliards de dollars - vous avez bien lu: 135 milliards - aux riches investisseurs immobiliers. Une collègue de Kristof, Jesse Drucker, note que Trump lui-même, ainsi que son gendre Jared Kushner, pourraient aussi profiter des largesses accordées par l’État fédéral aux sinistrés de la pandémie. Charité bien ordonnée commence par soi-même!
J.-M. Bovy/29.05.2020/ Antipresse
17:11 | Lien permanent | Commentaires (30)
26/05/2020
l'abyme se repeuple


14:58 | Lien permanent | Commentaires (98)
25/05/2020
autonomie
D'un correspondant sur un forum autonomie/survivalisme.
"J'ai 41 ans et depuis 2002 (parution de l'avenir climatique de JM Jancovici), j'agis au quotidien vers une forme de transition.
J'ai changé de métier, je suis passé de professeur de karaté à producteur de légumes biologiques en réintégrant le travail avec des chevaux fjords.
Autant le dire tout de suite, je n'ai absolument pas réussi à faire sans les tracteurs.
Sur ma modeste ferme de 7 ha, cohabitent trois chevaux (une jument de 18 ans, un hongre de 13 ans, un étalon de 6 ans) et aussi 1 fourgon Mercedes de 1996, une ax PTT de 1996, 2 Massey Ferguson de 1967 et deux tracteurs Renault de 1970 de 46 chevaux.
Les chevaux réalisent un peu plus de la moitié des travaux du sol et aussi me permettent de vendre l'été sur un marché à 10 km de chez moi.
Par conséquent, j'ai une expérience large de tout ce qui nous attend.
Et en disant cela, je fais une critique fondamentale à ce que je lis sur ce groupe mais globalement aussi sur la plupart des tenants d'un discours de transition.
Cette critique est la suivante : je n'ai jamais senti que la transition vers la traction animale était la priorité dans vos proses. Or, c'est bien la première énergie renouvelable dont on aura besoin car c'est cette énergie qui nous permettra de nous nourrir !
J'ai en horreur le mot permaculture. Ce mot ne veut rien dire et pourtant il est scandé par tout le monde. Ce mot, par les petits systèmes jardiniers qu'il propose n'est en rien une solution par rapport à reconstruire une agriculture, un corps social autour de l'usage des chevaux.
Même si pour beaucoup, je suis un exemple dans la permaculture, je ne suis pas permaculteur ! Je suis producteur de légumes biologiques et utilisateur en transition de la force animale avec des outils modernes. C'est forcément plus long que d'écrire permaculteur, mais c'est plus réaliste.
Récemment, j'ai entendu JM Jancovici dire à propos de l'agriculture qu'il était difficile aujourd'hui de concurrencer le travail des machines. En terme énergétique, c'est parfaitement vrai. Mais en terme économique, c'est discutable.
Dans le cas du maraîchage bio sur des petites surfaces comme ma ferme, je n'ai pas accès aux machines qui permettent le travail mécanisé dans les fermes spécialisée. Je ne pourrais jamais me payer un tracteur neuf (25000 euros). Par contre avec des outils simples adaptés au maraîchage comme ce que propose l'association Prommata en Ariège, on peut faire une grosse partie du boulot avec des animaux et en plus avec un meilleur travail qualitatif.
Alors oui, il faut commencer à se confronter au risque qui pèse sur nos sociétés, à savoir qu'en cas de rupture du flux de pétrole, notre appareil Agro industriel n'a pas de plan B. Il va s'arrêter net et ce sera la famine.
Ce qui caractérise le plus mon discours, ma pensée, ces dernières années, c'est mon sentiment de solitude. Pourquoi suis je le seul en Loire Atlantique à agir ainsi ? Pourquoi mes collègues sont en Aude, en Ariège ou carrément aux USA dans le Vermont ou en Pennsylvanie ?
La France a pourtant une grande tradition du cheval. On peut y trouver d'excellents colliers, et du matériel pour la vigne ou le maraîchage.
Mais je vois poindre à l'horizon le problème crucial du cheptel des animaux aptes au travail.
Oubliez les trotteurs des courses hippiques. Totalement inutile dans le monde de demain.
Ce qu'il nous faut, ceux sont des chevaux comme les fjords, haphinger, ou merens.
Or ces chevaux ont de moins en moins de naissance. Moins de 100 pour les fjords en France. A peine 500 à l'échelle de l'Europe, avec le gros de l'effectif en Pologne.
Comment peut on préparer une transition vers la force animale si on ne commence pas à multiplier nos animaux massivement ?
Il faut d'urgence créer des débouchés pour les éleveurs. Ça ne peut être qu'une politique menée à fond au niveau national pour garantir notre sécurité alimentaire.
Voilà, j'espère que vous comprenez mon désarroi de voir ce monde vivre sans la moindre assurance d'assurer le minimum d'énergie vitale à tout le monde : la nourriture."
15:21 | Lien permanent | Commentaires (30)