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30/09/2009

immunité

samantha1.jpg« J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. » (Frédéric Mitterrand, « Mauvaise vie », 2005)

-oui bon. Faut pas non plus tomber dans l’excès. Mitterrand a couché avec des gamins qu'il a payé ! Et alors ? Oui c’est une sorte de pédophile, lui aussi, mais c’est pas pareil !

-pourquoi ?

-parce que c’est plus une posture esthétique qu’autre chose, tu vois, pas vraiment sexuel, tout au moins pas uniquement. Plus le tourment de l’homme de lettres, de l’artiste, que le sexe pour le sexe, tu vois ? Et puis c’est pas n’importe qui, merde !

-tu veux dire que parce que c’est un homme connu, c’est moins grave ?

- non, enfin oui en quelque sorte…un peu comme Polanski, c’est un artiste ! Une histoire dramatique, aussi : il survit au ghetto de Varsovie, son père meurt en déportation, tu te rends compte, c’est pas rien ?

-oui, mais quel rapport avec cette gamine américaine de 13 ans et les petits garçons asiatiques de Mitterrand ? Ça change quoi pour eux ?

-ah tu mélanges tout, bordel ! Et puis Polanski a 76 ans, merde, jusqu’ou ça va ? Devrait y avoir prescription, non ?

-c’est vrai, ça fait un bail cette histoire…tu penses aussi qu’il faut pardonner aux criminels nazis après si longtemps? Qu’il devrait y avoir prescription aussi pour eux ?

-quoi ? T’es dingue!

-non, non, je réfléchis ; tu veux dire que ce qui envoie direct en taule et condamne à la mort sociale n’importe quel pékin d’Outreau ou d’ailleurs est licite pour un cinéaste rescapé du ghetto ou pour un neveu de notable de la Vième république ?

- pff, on ne peut pas causer avec toi, mec.

-si, j’essaie de comprendre, c’est tout ?

-comprendre quoi ?

-comprendre pourquoi à une époque ou la sexualité avec des gamins est un tabou absolu, un crime, au moins en Occident, sévèrement réprimé et faisant l’objet d’une cyber vigilance absolue, pourquoi certains, je pense à Mitterrand, à Polanski ou à Cohn bendit, passent à travers les mailles du filet médiatique et judiciaire. Et ne subissent pas le sort du commun. Voire même font l’objet de campagnes de soutien tout à fait ahurissantes. C’est tout ! Pourquoi ces gars bénéficient d’une sorte d’immunité extraordinaire au regard du commun.

-mais il n’y a pas d’immunité particulière, c’est juste que ce cirque parait disproportionné au regard de faits anciens et concernant un homme hors du commun.

-tu vois, tu le situes toi-même hors du commun, hors de la loi commune ! Le plus simple aurait sans doute été qu’il purge sa peine de prison à l’époque sans essayer de fuir la justice de son pays, non ? Tout ça serait terminé aujourd’hui. En fait c'est plutôt le fossé abyssal entre la common decency des gens ordinaires comme moi et les pratiques d'une nomenklatura donneuse de leçon qui me fait gerber...cette tartuferie ordinaire. pas tant le côté moral de l'affaire, ie les muzzs prennent couramment femme à peine nubile...et je n'ai rien d'un père la pudeur, tu sais bien!

-mouais, tout ce cirque pour pas grand-chose, quand même…

« J'ai rencontré Roman Polanski en 1977, quand j'avais 13 ans. J'étais en quatrième cette année-là, quand il a dit à ma mère qu'il voulait prendre des photos de moi pour une revue française. C'est ce qu'il a dit, mais en fait, après avoir pris des photos de moi dans la maison de Jack Nicholson à Mulholland Drive (Los Angeles, Californie), il a fait quelque chose d'un peu différent. Il m'a donné du champagne et du Quaalude (un puissant sédatif). Et il a abusé de moi. Ce n'était pas du sexe consenti, en aucune façon. J'ai dit non, de manière répétée, mais il ne voulait rien entendre. J'étais seule, et je ne savais pas quoi faire. J'avais peur et, avec le recul, j'avais la chair de poule (...) C'est dur de se souvenir exactement de tout ce qui s'est passé (...). Quand je repense à tout ça, il ne fait aucun doute que ce qu'il a fait était horrible. C'était une chose horrible à faire à une petite fille. » (Témoignage de Samantha Geimer, Propos recueillis par le Los Angeles Times le 23 février 2003)

c'est vrai, c'est pas grand chose..

Commentaires

J'aime bien ce dialogue (imaginaire?) et sa conclusion. Comme un uppercut.

Écrit par : festfury | 06/10/2009

pas imaginaire. basé sur une discussion avec une copine cultureuse que j'ai poussé un peu dans ses retranchements. édifiant. le plus fort est qu'au fond d'elle-même ce genre de truc la fait gerber...MAIS elle se sent investie de la mission de défendre le front du progrés et des bisounours libertaires..aliénation tu dis?

Écrit par : hoplite | 06/10/2009

Les commentaires sont fermés.