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17/03/2010

rebel attitude

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« Ce n'est que de nos jours, qu'il est possible de commencer à mesurer exactement les effets politiquement catastrophiques de la croyance au caractère conservateur de l'ordre économique et libéral. C'est ce postulat insensé qui, depuis trente ans n'a cessé de conduire mécaniquement la plupart des militants de gauche à tenir l'adoption a priori de n'importe quelle posture modernisatrice ou provocatrice -que ce soit sur un plan technologique, moral ou autre- pour un geste qui serait toujours et par définition , « révolutionnaire », et « anti-capitaliste » ; terrible confusion qui, il est vrai, a toujours eu l'incomparable avantage psychologique d'autoriser ceux qui s'y soumettaient, à vivre leur propre obéissance à l'ordre industriel et marchand comme une modalité exemplaire de la « rebel attitude ».

(JC Michéa, Préface à La culture du narcissisme de Christopher Lasch)

Commentaires

Miaou ! Un monde de cons, c'est sur.

Écrit par : robespierre | 17/03/2010

Marrant, mais est-ce exact ? Il est évident que les gauchistes et tous ceux qui se baptisent "forces de progrès" sont des conservateurs, mais croient-ils réellement que l'ordre économique et libéral est conservateur ? Je ne le pense pas. Au contraire, ils savent qu'il est changeant et ils craignent le changement parce qu'ils ne se sentent pas capables de s'adapter. Ils s'installent donc dans le déni et la mauvaise foi, et ils vocifèrent pour avoir l'air rebelles alors qu'ils se savent terriblement ringards. Pure mauvaise foi et non croyance.

Écrit par : ChristineB | 18/03/2010

"...à vivre leur propre obéissance à l'ordre industriel et marchand comme une modalité exemplaire de la « rebel attitude ».
Cela me rappelle les cris de raillerie des collégiens quand on leur parle d'uniforme scolaire. "Moi m'dame, jamais on me fera porter d'uniforme. C'est un truc de bouffons, zyva!"
Pas facile de faire en sorte qu'ils se regardent et constatent qu'ils portent l'uniforme de la "street-culture-urban-style" de la "rebel attitude", qu'ils adoptent tous les tics en vogue, écoutent les mêmes scies et se gavent des mêmes chicken trucs.
Bref, la modernitude fait des ravages et celui qui transgresse se mue vite en souffre-douleur mis au ban du microcosme du lieu.
Je n'ai encore jamais abordé la question du voile ni de la burqa qui ne sont pas des uniformes non non...

Écrit par : Marine | 18/03/2010

Michèle Clouscard a été très en avance pour théoriser cette soumission non-sue des rebelles anti-systèmes au système qui en faisait ainsi son fond de commerce.
La transgression est un marché porteur depuis longtemps.

Lire Le Capitalisme de la Séduction.

Écrit par : Goklayeh | 18/03/2010

L'ordre économique et libéral se suffit-il à lui-même ou autrement dit peut-il se passer de la politique?

That is the question!

- Quant à la rebel attitude grégaire des adolescents dont parle Marine - en colère - elle a toujours existé, à la différence qu'aujourd'hui elle gagne les adultes, ou en tout cas les adultes médiatisés ( animateurs de radio pour "jeunes" et d'émissions populaires à la télé).

Écrit par : Inès | 18/03/2010

@robespierre: nooon!

@christine: croyez-vous? mais qui sont les vrais progressistes alors, pour vous? et les vrais conservateurs?

@marine:

"Je n'ai encore jamais abordé la question du voile ni de la burqa qui ne sont pas des uniformes non non..."

tu devrais...qu'en pensent tes collègues?

@goklayeh:

"Michèle Clouscard a été très en avance pour théoriser cette soumission non-sue des rebelles anti-systèmes au système qui en faisait ainsi son fond de commerce.
La transgression est un marché porteur depuis longtemps."

oui. et ceux qui sont la norme se donnent beaucoup de mal pour paraitre à la marge, des rebelles en carton fabriqués en série! ho ho!

@Inès: pas de réponse; Evola parlait de "démonie d el'économie" pour illustrer la main-mise de l'économie sur tous les autres secteurs de la vie communautaire.

Et Freund parle d'impolitique pour souligner l'impossibilité de régler des problèmes politiques avec des outils issus de la sphère économique...deux champs distincts.

Écrit par : hoplite | 18/03/2010

Quand il n'y a plus rien contre quoi se rebeller, les rebelles patentés apparaissent pour ce qu'ils sont vraiment : des consommateurs. Mêmes les idoles n'existent plus.

Et quand Le Pen va partir, que leur restera-t-il à tous ces officiels de la contestations ? Ils ne pourront pas transgresser une morale et un ordre qui ont disparus. Ce sera l'effondrement du système ou l'avilissement total. Il n'y a pas d'autre alternative.

Soit dit en passant, as-tu remarqué comme les punks des rues tiennent leur clébards obéissants. Comme quoi, même les plus "rebelles" ont besoins d'ordre pour avoir une raison d'être.

Le Pen, c'était l'ordre. Le père sévère détesté de la jeunesse. Le Bonhomme. Que restera-t-il après lui ? Sa fille, femme moderne et progressiste ? Plus rien à transgresser, plus de menace fasciste. Plus de résidus d'autorité contestée. Plus d'hommes ?
Le basculement idéologique et générationnel est proche.

Écrit par : Goklayeh | 18/03/2010

"Quand il n'y a plus rien contre quoi se rebeller, les rebelles patentés apparaissent pour ce qu'ils sont vraiment : des consommateurs. Mêmes les idoles n'existent plus."

Il reste la possibilité de se rebeller contre la "rebel attitude".
N'est-ce pas exactement ce que nous faisons en étant de vieux cons réactionnaires ?
Faire l'effort d'écrire correctement, de s'habiller décemment et de s'exprimer avec politesse ne représente-t-il pas de nos jours le comble de l'anti-conformisme rebelle?

Écrit par : snake | 18/03/2010

Tout à fait, Snake !

Écrit par : Marine | 18/03/2010

Snake, tu fais dans la mise en abîme la plus totale.
Mais tu as raison. Chaque mouvement culturel prend le contre-pied du précédent : les réactionnaires après les sirupeux soixant-huitards, etc...

En tout cas, moi si j'ai des gosses, ce sera école catholique stricte, costume, discipline et morale de fer, sans condition. Pas de maquillage ni talons hauts avant 18 ans, encore moins de piercings ou de tatouages.

Le permissif de nos parents me donne la nausée. Et c'est à nous d'en récolter les fruits pourris et de redresser la barre. Et, comble de l'ironie, de payer leur retraite. De là à militer pour l'euthanasie...

Je n'ai pas bien connu mes grands-parents, mais je peux parier que j'aurais eu plu à partager avec eux qu'avec la génération 70 des gauchistes aux cheveux longs. Question de repères. Ils ont vécus grassement ces parasites heureux. Et c'est à nous d'en payer les retombées économiques et sociales. J'ai du mal à m'entendre avec mes parents. Logique, fossé entre une génération qui a joui et une génération qui va en payer le prix.
L'évolution démographique mettra tout le monde d'accord, je suis confiant... et anxieux à la fois.

Écrit par : Goklayeh | 18/03/2010

Eh bien, eh bien , c'est la grosse déprime on dirait...
@ snake
"Faire l'effort d'écrire correctement, de s'habiller décemment et de s'exprimer avec politesse ne représente-t-il pas de nos jours le comble de l'anti-conformisme rebelle?"

Bonne idée et en plus on tient debout!
Je dis ça autant pour moi que pour vous.

Écrit par : Inès | 18/03/2010

Les vrais progressistes sont les libéraux.
Mais les gauchistes le savent. Ils ne "croient" pas que les libéraux soient des conservateurs, ils font semblant de le croire et ils l'écrivent dans les journaux qui édictent la Vérité.

Écrit par : ChristineB | 19/03/2010

@christine, les libéraux, de gauche (tendance libé /télérama) et de droite (tendance fig-mag) sont, à mon avis, pareillement progressistes et profondément anti-conservateurs, c'est-à-dire des bourgeois, qu'ils le veuillent ou non.
la "gauche" contemporaine, les liberaux-libertaires, pour faire vite, issus du même mouvement philosophique moderne des Lumières (raison, individu, progrés); ce qui explique le ralliement de la quasi-totalité des soixante-huitards aux thèses libérales contemporaines et, par ailleurs, la similitude doctrinale entre partis de "gauche" et de "droite"...

@les autres, à demain..trop fatigué! hips

Écrit par : hoplite | 19/03/2010

trop nul

Écrit par : anonyme | 19/03/2010

http://www.politique-autrement.org/spip.php?article181

Un lien interéssant.

Écrit par : Inès | 19/03/2010

http://www.politique-autrement.org/spip.php?article181

Un article de synthèse en rapport avec les commentaires.
Bonne lecture

Écrit par : Inès | 19/03/2010

Dans ma chambre vous croqueriez une pomme petite vous tremperiez
Dans le thé des langues de chat
En silence
Et après le débat comme dit Casanova
Fronçant les sourcils vous diriez
C'est bizarre

Car vous n'auriez qu'un mot à dire
Dans la rue la journée
Pour vous servir d'acolyte j'aurais mon parapluie qui sait?

Dans ma chambre vous croqueriez une pomme petite vous tremperiez
Dans le thé des langues de chat
En silence
Et après le débat comme dit Casanova
Fronçant les sourcils vous diriez
Ç'a été?

Car vous n'auriez qu'un mot à dire
Dans la rue la journée
Si seulement il vous en disait

(paroles de "la chambre" de "far from the pictures", de kat onoma.)

bon. rodolphe burger s'accroupira le temps venu, mais au moins, il aura chié ça, cette éternité mortelle. bise

Écrit par : truman | 19/03/2010

j'espère que t'es pas facho.
que t'es vraiment un humaniste.
que tu te planques pas.

celà dit entre nous + trader, ce minable

bise

Écrit par : jp | 19/03/2010

@goklayeh,

je crois malheureusement que le Spectacle contemporain nécessite l'existence d'une figure du mal comme légitimation du camp de la résistance anti-fasciste...autant dire qu'après Le pen, ce sera sa fille ou n'importe qui d'autre.

@snake,
"il reste la possibilité de se rebeller contre la "rebel attitude"."

oui, c'est-à-dire penser par soi-même, rester libre et debout (ou tenter de) et c'est pas si mal dans cette époque de bullots citoyens anti-racistes de me c...

@Inés, merci pour les liens.

@jp, pourrais-tu cesser d'insulter les uns et les autres, biquet? sinon je vais devoir virer chacune de tes glorieuses contributions et ce serait dommage pour la poésie du XXI ème siècle. thanks

Écrit par : hoplite | 19/03/2010

@ hoplite

"La figure du Mal" dites-vous, mais alors on retombe dans le même scénario que celui qui est dénoncé et le même dialogue de sourds .

J'aime beaucoup les discussions, mais la schizophrénie n'est pas ma tasse de thé.


cordialement

Écrit par : Inès | 19/03/2010

Le Pen, après Pétain et De Gaulles, prolongeait la lignée des pères de France. Le symbole de l'autorité tant honnie.
Qui après lui ? Sa fille ne peut pas remplir ce rôle.

Un rebelle sans autorité, c'est comme un fils sans père. Rien à opposer, rien à contester et c'est l'effondrement narcissique.

Quelque chose est en train de se passer chez les fils de France.

Écrit par : Goklayeh | 19/03/2010

@Inès,

'"La figure du Mal" dites-vous, mais alors on retombe dans le même scénario que celui qui est dénoncé et le même dialogue de sourds . J'aime beaucoup les discussions, mais la schizophrénie n'est pas ma tasse de thé."

comprends pas...

@goklayeh,

"Quelque chose est en train de se passer chez les fils de France."

c'est compliqué... (ça se complexifie comme dit Le Big Lebowski...)

la modernité Occidentale me semble être avant tout l'idée d'autonomie, ie l'émancipation de toute hétéronomie traditionnelle, héritée au profit de sociétés régies par des règles édictées par les hommes eux-mêmes.

Avec cette révolution (propre à l'Occident mais qui fait tâche d'huile dans le monde, sans pour autant que le monde s'occidentalise) l'idée d'autorité traditionnelle verticale (les pères, les anciens, les ainés, la Tradition, etc.) tend à disparaitre au profit de normes mouvantes.

Le courant philosophique libéral hérité des Lumières, aujourd'hui largement hégémonique en Occident, cette anthropologie individualiste qui porte les idées de Progrés, de raison, d'émancipation, ne peut QUE faire l'éloge permanent de la transgression de toute forme d'autorité héritée, conçue comme "le dernier tabou à abattre"...

le paradoxe aujourd'hui est que nos pseudo rebelles, qui sont désormais la norme et non la marge, fabriqués en série industrielles markettées, vivent au milieu d'un monde (occidental) où peinent à survivre les dernières figures symboliques -honnie- d'autorité. Ils ne sont que des hyperconsommateurs formatés et extrêmement politiquement corrects, c'est-à-dire, des zeks en T shirts du Che entourés de kapos en costards leur vendant une rebellitude trés rentable et planétaire.

En ce sens, je crois que ce qui se passe chez les fils de France se passe également partout ou domine ce marché globalitaire, éventuellement sous couvert de "fonds éthiques", de "commerce équitable" ou de "développement raisonné"...

pff, pas facile de cerner ce genre de chose..

Écrit par : hoplite | 19/03/2010

@hoplite

En me relisant, je ne comprends pas non plus . Un coup de fatigue, certainement.

J'ai surtout l'impression que personne ne parle de la même chose dans les commentaires, d'où le coup de fatigue.

Vous dites:

"je crois malheureusement que le Spectacle contemporain nécessite l'existence d'une figure du mal comme légitimation du camp de la résistance anti-fasciste...autant dire qu'après Le pen, ce sera sa fille ou n'importe qui d'autre."
J'attends avec impatience ce n'importe qui d'autre!

Écrit par : Inès | 20/03/2010

@Inès,
vous avez raison, c'est difficile de garder le fil et de suivre la pensée de l'autre.
deux choses: je pense souvent à cet article de Kolakowski sur la possibilité d'être, à la fois, libéral, socialiste et conservateur...Finkielkraut en fait l'exégèse et dit que la seule figure impossible de nos jours est celle du conservateur.

par ailleurs, nos modernes se sont institués et se célèbrent jours aprés jours en parti de l'humanité versus la réaction, les heures les plus sombres de notre histoire, etc....déniant ainsi à tout ce qui n'est pas eux la qualité d'adversaire respectable au profit de cette figure du mal avec laquelle on ne discute pas. Le mal n'est pas un adversaire, il doit être anéanti. D'où, pour nos modernes, la nécessité de faire vivre cette figure en permanence pour alimenter ce Spectacle...

ce "n'importe qui d'autre" sera inaudible, quel qu'il soit car contrevenant aux desseins du Bien.

Écrit par : hoplite | 20/03/2010

Etre réactionnaire c'est comprendre les choses à moitié. C'est comprendre qu'il y a certaines choses à conserver, mais c'est ignorer que l'Occident est une épopée. Sous prétexte de s'opposer aux errements de l'époque, on trahit notre nature la plus profonde, et on rejoint le camp de l'ennemi.

Le changement ne dépendant pas d'un quelconque ordre, il est à la base même de la notion d'histoire. Si Hérodote prend la peine de coucher sur rouleaux l'histoire de son temps, c'est qu'il sait déjà que les choses seront différentes pour ses fils. Pour beaucoup de peuples souvent primitifs l'histoire n'existe pas, il n'est qu'un éternel présent, des légendes qui racontent une vie qui reste semblable malgré le temps écoulé. En Europe même, les évolutions dans les campagnes étaient tellement lentes, qu'on pouvait croire au cycle immuable du temps, à une permanence. Parce que la vie humaine était trop courte pour percevoir les changements. L'échelle n'était pas adaptée. Mais en prenant du recul, on remarque que l'Occident c'est justement ce changement, pas une époque ne ressemble à une autre. Il n'y a jamais eu d'arrêt de l'histoire, comme a pu en connaître le Japon.

La réaction finalement c'est se vouloir primitif, c'est vouloir stopper l'histoire, ne pas en faire part, mais la figer. C'est se mettre un étui pénien et bouffer des insectes. C'est nier sa nature occidentale, son histoire, et se faire Papou.

Écrit par : VV | 20/03/2010

@VV,

conservateur ne signifie pas réactionnaire...

le conservateur est conscient de la beauté et de la fragilité de certaines choses et souhaite les protéger de l'hubris progressiste, sans être radicalement hostile à la marche du temps. Le réactionnaire s'oppose -par principe- à la marche du Progrès.

L'occident c'est le changement, comme toutes les autres civilisations à la différence que, trés tôt, sans doute avant Hérodote, les Européens s'interrogent sur eux-mêmes et SUR LES AUTRES: cette introspection sur soi et cette curiosité à l'égard des autres est tout à fait singulière et propre à l'Occident. Et sans doute est-ce aussi une raison de l'évolution également singulière de notre civilisation.

La modernité (occidentale) c'est aussi l'idée d'autonomie qui s'oppose à hétérochronie des civilisations traditionnelles; l'autonomie est un facteur de progrès, d'émancipation contrairement à la tradition qui fige les évolutions.

Écrit par : hoplite | 20/03/2010

J'opposais justement en creux le conservateur et le réactionnaire. Même si aujourd'hui le conservatisme a autant de définitions impropres que le libéralisme. Je tends moi-même à ne pas les différencier, les deux me semblant si complémentaires. Si on veut une figure récente, c'est celle de Margaret Thatcher qui s'impose.

Écrit par : VV | 20/03/2010

@VV,

"Je tends moi-même à ne pas les différencier, les deux me semblant si complémentaires. Si on veut une figure récente, c'est celle de Margaret Thatcher qui s'impose."

Pour moi, Thatcher est l'incarnation de l'esprit progressiste issu des Lumiéres (individu, raison, progrès) qui est l'antithèse d'une pensée conservatrice.

J'imagine que Marx n'est pas votre auteur favori mais il m'est arrivé de lire Pscal Salin...

[...] La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les conditions de la production, c'est-à-dire tous les rapports sociaux ; Tous les rapports sociaux, traditionnels et figés, avec leur cortège de conceptions et d'idées antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent vieillissent avant d'avoir pu s'ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés d'envisager leurs conditions d'existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés. Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s'implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations ; Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale, Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore tous les jours.»

(Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, 1848.)

Écrit par : hoplite | 21/03/2010

"Pour moi, Thatcher est l'incarnation de l'esprit progressiste issu des Lumiéres (individu, raison, progrès) qui est l'antithèse d'une pensée conservatrice."


Ce n'est visiblement pas l'avis de la personne concernée :

"Pour moi qui appartiens à un courant dont le père, Edmund Burke, fut le premier critique perspicace de la Révolution, les évènements de 1789 représentent une perpétuelle illusion de la politique. La Révolution française était une tentative utopique de renverser l'ordre traditionnel [...] au nom d'idées abstraites, formulées par des intellectuels vaniteux, qui échoua [...] dans les purges, les meurtres de masses et la guerre. Sous bien des aspects, elle anticipait la bien plus terrible révolution bolchévique de 1917."

M. Thatcher, "Mémoires".


(Cité dans la NRH n° 31, p.28))

Écrit par : Jean-Pierre | 21/03/2010

Sauf que les vieilles industries sont remplacées par de nouvelles industries, avec tout un processus de destruction créative qui produit de la richesse, dont les classes paysannes et ouvrières ont très largement profité.

Et comme toujours avec les marxistes, l'analyse s'attache seulement au petit bout de la lorgnette : les moyens de production. Le conservatisme ce n'est pas nécessairement faire le même métier que papa et maman, sur la même charrue et le même métier à tisser, qui sont eux-mêmes hérités de grand-papa et grand-maman. Il y a toujours eu des booms économiques, des destructions d'activité, des villes qui se construisent sous l'effet du ruée, puis qui sont désertées une fois l'activité épuisée. Les hommes ont toujours été contraint par l'économie, car rappelons à la base l'économie c'est l'activité de la maison ; en gros : manger. Le rythme s'est accéléré mais ça ne change pas l'essentiel, on se pose toujours les mêmes questions, notre place dans l'univers, le rapport à la divinité. La famille occupe toujours une place prédominante, l'amitié fait le reste.

Il est certainement plus difficile d'entretenir la solidité et la permanence, mais si on ne saute pas sur chaque mode, sur chaque idée nouvelle, comme un affamé, si on reste attaché à certaines valeurs conservatrices, on trouve tous les repères dont on a besoin. L'avantage des sociétés ouvertes, c'est qu'on en prend ce que l'on veut.

Écrit par : VV | 21/03/2010

@jean-pierre,

qu'il puisse y avoir une filiation, au moins idéologique, entre la révolution française et la révolution d'octobre, j'en suis convaincu. Que "le charme universel de la révolution d'Octobre" comme disait Furet, puisse aussi trouver ses racines dans la geste Jacobine, cela me parait possible.

"La Révolution française était une tentative utopique de renverser l'ordre traditionnel [...] au nom d'idées abstraites, formulées par des intellectuels vaniteux, qui échoua [...] dans les purges, les meurtres de masses et la guerre."

pas d'accord, la révolution française a EFFECTIVEMENT renversé un ordre traditionnel et permis l'accession au pouvoir d'une classe bourgeoise érudite, entreprenante et pénétrée des penseurs libéraux: mais pour le meilleur comme le pire (q'il m'arrive de critiquer ici)

@VV,

d'abord, ne vous méprenez pas (Qui parle? disait Nietsche...), je ne suis pas marxiste (je mets les marxistes (moyens de production) sur le même horizon matérialiste vain que les suppôts du grand capital (moyens de consommation) ah ah) mais j'accorde à la critique Marxienne de l'anthropologie capitaliste une attention qui me parait légitime. J'ai lu Revel et Tocqueville bien avant Marx, en fait.

"Sauf que les vieilles industries sont remplacées par de nouvelles industries, avec tout un processus de destruction créative qui produit de la richesse, dont les classes paysannes et ouvrières ont très largement profité."

certes, mais dans une période courte de l'histoire européenne marquée par un équilibre entre exigences sociales et logique capitaliste. Ce qui ne me parait plus être le cas depuis quelques décades ,notamment en raison de la globalisation des échanges et la délocalisation du capital qui réduit le poids des etats et de politiques à peu de choses.

"Le conservatisme ce n'est pas nécessairement faire le même métier que papa et maman, sur la même charrue et le même métier à tisser, qui sont eux-mêmes hérités de grand-papa et grand-maman."

je vous ait déjà donné ma définition du conservatisme, elle ne correspond nullement à cette vision réactionnaire...n'y revenons pas.

"Le rythme s'est accéléré mais ça ne change pas l'essentiel, on se pose toujours les mêmes questions, notre place dans l'univers, le rapport à la divinité. La famille occupe toujours une place prédominante, l'amitié fait le reste."

précisément...ce genre de considérations fondamentales (la place de l'homme dans notre monde, la question de l'arraisonnement progressiste du monde, la place de la communauté, de la famille, de l'amitié, etc.) me paraissent actuellement largement reléguées au profit, justement, de la maximisation de ce dernier et de la guerre de tous contre tous.

"Les hommes ont toujours été contraint par l'économie"

certes mais ça n'est que depuis peu que l'économie est devenue l'aune à laquelle toutes les activités anthropologiques sont jugées: cette "démonie de l'économie" disait Evola.

"Il est certainement plus difficile d'entretenir la solidité et la permanence, mais si on ne saute pas sur chaque mode, sur chaque idée nouvelle, comme un affamé, si on reste attaché à certaines valeurs conservatrices, on trouve tous les repères dont on a besoin. L'avantage des sociétés ouvertes, c'est qu'on en prend ce que l'on veut."

d'accord là-dessus. toute la question est dans le degré de "destruction créatrice" et d'"ouverture"...

Écrit par : hoplite | 21/03/2010

Conservateur n'est pas un synonyme d'immuable. Pour moi, le conservateur est celui qui accepte, conserve et transmet à la génération suivante l'héritage de son prédécesseur, héritage qu'il aura nuancé de sa propre expérience.

Le seul système complexe qui produit un "statisme" quasi absolu est l'islam. En effet, dans celui-ci, tous les champs de l'expérience humaine et non humaine sont investi par le sacré et donc soumis aux lois définies une fois pour toutes dans la révélation coranique ainsi que dans l'exemplarité des actions du prophète. L'innovation intellectuelle y est impossible en raison du danger qu'elle représente pour son postulat fondateur ( grosso modo, la révélation est sublime et parfaite car divine, devoir y ajouter ou y modifier quoi que ce soit démontrerait de facto son imperfection, imperfection qui jetterait nécessairement le doute sur sa prétendue nature divine, et conséquemment sur l'existence même d'une telle divinité ).

D'une certaine façon, le progressisme et l'islam se rejoignent dans leur incapacité à hériter ainsi qu'à léguer l'expérience humaine : le premier en raison d'une agitation frénétique et inconséquente ainsi que de son illusion de penser les normes comme spontanément secrétées par les individus [ l'atomisation des valeurs et le changement permanent empêchant l'accumulation de toute forme d'expérience, chaque génération ayant ainsi a réinventer la même roue que son prédécesseur ], le second par son rejet pur et simple de la validité de l'expérience humaine [ pas d'expérience, pas d'héritage ] ; le résultat étant que les deux vivent ou aspirent à vivre dans un sorte de présent perpétuel. Quelque chose qui ressemble à la mort, en quelque sorte ...

Écrit par : snake | 21/03/2010

@snake

- Votre commentaire:

"Conservateur n'est pas un synonyme d'immuable. Pour moi, le conservateur est celui qui accepte, conserve et transmet à la génération suivante l'héritage de son prédécesseur, héritage qu'il aura nuancé de sa propre expérience."

J'aurais voulu l'écrire. Mais pour la suite, j'ai du mal à suivre.

Je ne suis pas sûre que le progressisme ( enfin celui dont on parle ici, celui qui voit le passé avec son regard d'aujourd'hui et le rejette et considère tous les changements comme un progrés )aspire à vivre dans le présent perpétuel. Je dirais plutôt qu'il y est assigné de fait n'ayant plus une grille de lecture du passé qui lui permette de comprendre sa situation présente et de se projeter dans l'avenir.
- Qui a dit la littérature, c'est " les morts qui parlent ? L'Histoire aussi certainement... Je tatônne, mais j'opte aujourd'hui pour la piste de la peur de la mort
et de la confusion des générations qui me semble être à l'origine de ce progressisme vide de toute idée mais qui applaudit à tout ce qui peut l'éloigner du passé donc de la mort.
Ce progressisme-là a quelques beaux jours devant lui car l' absence de différence des générations ( le jeunisme) s'installe.


Je ne comprends pas le rapprochement avec l'islam, amis c'est intéressant.

Écrit par : Inès | 21/03/2010

@snake,

"Conservateur n'est pas un synonyme d'immuable. Pour moi, le conservateur est celui qui accepte, conserve et transmet à la génération suivante l'héritage de son prédécesseur, héritage qu'il aura nuancé de sa propre expérience."

oui.

"Le seul système complexe qui produit un "statisme" quasi absolu est l'islam. En effet, dans celui-ci, tous les champs de l'expérience humaine et non humaine sont investi par le sacré et donc soumis aux lois définies une fois pour toutes dans la révélation coranique ainsi que dans l'exemplarité des actions du prophète. L'innovation intellectuelle y est impossible en raison du danger qu'elle représente pour son postulat fondateur ( grosso modo, la révélation est sublime et parfaite car divine, devoir y ajouter ou y modifier quoi que ce soit démontrerait de facto son imperfection, imperfection qui jetterait nécessairement le doute sur sa prétendue nature divine, et conséquemment sur l'existence même d'une telle divinité )."

effectivement, les 14 siècles écoulés depuis l'hégire sont là pour nous rappeler à quel point la tradition musulmane (le coran, ses haddiths et la sunna) est un facteur d'arriération, de réaction, de refus de toute évolution ("bida" interdit), quelle qu'elle soit. Toutes le tentatives de réforme de sociétés islamiques ont échoués et ça n'est pas fortuit, c'est consubstantiel à l'Islam.

"D'une certaine façon, le progressisme et l'islam se rejoignent dans leur incapacité à hériter ainsi qu'à léguer l'expérience humaine : le premier en raison d'une agitation frénétique et inconséquente ainsi que de son illusion de penser les normes comme spontanément secrétées par les individus [ l'atomisation des valeurs et le changement permanent empêchant l'accumulation de toute forme d'expérience, chaque génération ayant ainsi a réinventer la même roue que son prédécesseur ], le second par son rejet pur et simple de la validité de l'expérience humaine [ pas d'expérience, pas d'héritage ] "

parallèle intéressant et juste d'une certaine façon. le dilemme des occidentaux: tiraillés entre une modernité forcément progressiste et révolutionneuse et une tradition importée par les millions de musulmans immigrés.

J'en profite pour dire que pour moi (et a contrario des marxistes qui raisonnent souvent en terme de classe et de production) les concepts de culture et d'ethnie (de race) sont déterminants dans ma pensée. Voilà qui m'éloigne un peu plus de Marx, si besoin en tait.

@Inès, le point commun est "leur incapacité à hériter"...avec le progressisme comme une fuite en avant continuelle vécue comme le sens de l'histoire et l'islam comme un refus de tout dépassement de la tradition.

Écrit par : hoplite | 21/03/2010

Hoplite > "certes, mais dans une période courte de l'histoire européenne marquée par un équilibre entre exigences sociales et logique capitaliste. Ce qui ne me parait plus être le cas depuis quelques décades ,notamment en raison de la globalisation des échanges et la délocalisation du capital qui réduit le poids des etats et de politiques à peu de choses."

Il y a une superbe contradiction. On reproche aux capitalistes leur vision court-termiste qui conduit à demander des taux de profit nocifs au développement durable des entreprises. Mais pour que les systèmes sociaux perdurent, il fallait dès l'origine des taux de croissance supérieurs aux appétits capitalistes les plus aiguisés. Sur qu'elle logique reposent nos systèmes sociaux ? Une forte croissance démographique et économique. Qui est naturellement intenable dans le temps. Ca a fonctionné 30 ans. Gigantesque entreprise de démagogie qui a conduit à promettre des retraites, une assurance maladie, des allocations familiales, des aides en tout genre, en tablant sur une croissance infiniment stratosphérique. Par ailleurs les mêmes viscéralement attachés aux zacquis sociaux rêvent de décroissance, allez comprendre...

Depuis on s'endette massivement. Nécessairement ça a quelques conséquences... Une dette publique et un déficit budgétaire de pays en guerre. Un poids de l'Etat qui ne cesse de l'alourdir. Il n'y a plus une seule activité qui lui échappe. Je ne peux plus me brosser les dents sans que l'Etat me dise comment faire, et attendant un inspecteur de la consommation d'eau pendant le brossage pour sauver la planète. Depuis 10 ans, avec la décentralisation, les impôts locaux suivent une courbe raide et ascendante, que rien ne semble pouvoir arrêter, et qui suit le recrutement de fonctionnaires territoriaux, le reste de l'imposition a plutôt tendance à gonfler malgré quelques efforts. Et on voudrait que la France soit un pays dynamique...

On devrait sonner un Te Deum à chaque fois qu'on annonce une croissance positive comme un miracle envoyé par Dieu. Il faut vraiment qu'il y ait des talents particulièrement efficaces pour surmonter tous ces obstacles.

Écrit par : VV | 21/03/2010

Hoplite > Evola. On ne cesse de me citer ce texte, alors que c'est l'un des plus faibles publié sur Au milieu des ruines.

On n'a jamais si peu juger les gens sur leur patrimoine qu'à l'époque contemporaine.

Le plus souvent pour ses pourfendeurs le matérialisme désigne le "culte de la marchandise", la soif de possession, d'ostentation, le consumérisme, au détriment de la spiritualité qu'on peut assimiler à la croyance en Dieu, ou chez les gauchos à des idoles telles que la Terre-mère ou à l'Homme.

Alors que si on observe nos contemporains, on remarque qu'ils sont peu matérialistes, ils se foutent des choses qu'ils achètent. Ils les entassent, ils les jettent, mais ils ont bien peu d'affection pour elles. Ils ne leur vouent aucun culte. Le grand combat dans la modernité ce n'est pas celui de la possession. Dans un pays où pour la plupart des gens l'arbitrage budgétaire se fait sur la destination vacances, entre les Maldives et la Tunisie, l'argent, la possession est un enjeu assez mineur. Nous sommes rassasiés de biens matériels, ce qui en fait en contrepartie qu'ils n'ont jamais eu aussi peu de valeur aux yeux de leurs contemporains. Je connais fort peu de Français qui veulent faire carrière, qui sont des bourreaux de travail prêts à se tuer à la tâche pour atteindre la prospérité. Les Chinois par exemple sont dans une logique matérielle de possession, d'ostentation, d'œuvrer à la prospérité de leur famille pour être respectés. Car pour eux le respect se lie à l'argent, à la prospérité. Ce qui fait qu'ils travaillent dur, et qu'ils construisent leur réussite, car c'est LE moyen de la reconnaissance sociale.

Les Français, les Occidentaux pour beaucoup, n'ont pas ces valeurs. Pour eux le grand combat quotidien est celui du social. C'est ce que nous disent toutes ces séries, qui à la suite de Friends, nous montre la vie de groupes d'amis. C'est aussi ce que nous dit Facebook, Twitter, les smartphones, le web 2.0, ect... Elles sont révélatrices d'un changement de mentalité. Autrefois les sitcoms se concentraient sur la vie familiale, mais la famille a éclaté, elles se sont déportées sur ces trentenaires éternels adolescents. Dont l'idéal de vie n'est pas du tout dans la possession, le matériel, mais au contraire dans l'immatériel. Ce qu'ils cherchent ce n'est pas la prospérité, l'affichage de leur réussite sociale, mais des choses complètement immatérielles : l'amour, l'amitié. Ce qui distingue un gagnant d'un perdant dans notre société, ce n'est pas l'épaisseur du compte en banque, mais le nombre d'amis sur Facebook. C'est pour cela que nous ne construisons plus rien, parce que n'avons plus cette volonté de bâtir, de transcender les siècles, mais seulement d'être aimés.

Autrefois on faisait des mariages de raison, aujourd'hui on fait des mariages d'amour. Autrefois un homme s'évaluait à la richesse de son habit, à sa position sociale dans la société, à sa rente, aujourd'hui à l'aune de sa merveilleuse personnalité. On a même l'ambition de faire de l'art pour l'art, de la culture pour la culture, refuser la logique économique, avec le succès qu'on connait. ^^

Écrit par : VV | 21/03/2010

@VV,

"Hoplite > Evola. On ne cesse de me citer ce texte, alors que c'est l'un des plus faibles publié sur Au milieu des ruines."

?????????????? que l'on vous cite Evola ou pas, ce penseur de la Tradition est une clef pour comprendre l'emprise moderne du champ économique sur les activités humains...si vous ne supportez plus Evola, souffrez (j'aime) que je vous parle de Polanyi et de son "désenchâssement" de l'économie...ces penseurs font le même constat. A rapprocher de la critique de la modernité technicienne du monde moderne portée par Heidegger ou Jünger.

"Alors que si on observe nos contemporains, on remarque qu'ils sont peu matérialistes, ils se foutent des choses qu'ils achètent. Ils les entassent, ils les jettent, mais ils ont bien peu d'affection pour elles. Ils ne leur vouent aucun culte"

je vous trouve bien optimiste..il suffit de voir un matin de solde dans un grand magasin pour comprendre l'aliénation marchande et consumériste des foules modernes, obsédées par leur i phone ou un écran lcd de merde. Les sacrifices (en argent, temps, réflexion...) auxquels ils consentent m'évoque assez un culte, un totalitarisme même.

"C'est pour cela que nous ne construisons plus rien, parce que n'avons plus cette volonté de bâtir, de transcender les siècles, mais seulement d'être aimés."

point de vue singulier mais intéressant. pourquoi pas.


"on fait des mariages d'amour"
avec le succès que l'on sait^^

vous allez voir, on va finir par se retrouver...

Écrit par : hoplite | 21/03/2010

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