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20/12/2014

Anatomie du chaos n+1: egos émancipés et aliénation marchande

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« (...) Castoriadis écrit en effet ceci : « Le capitalisme n’a pu fonctionner que parce qu’il a hérité d'une série de types anthropologiques qu’il n’a pu créer lui-même : des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres et weberiens, des éducateurs qui se consacrent à leur vocation, des ouvriers qui ont un minimum de conscience professionnelle, etc. Ces types ne surgissent pas et ne peuvent pas surgir d’eux-mêmes, ils ont été crées dans des périodes historiques antérieures, par référence à des valeurs alors consacrées et incontestables : l’honnêteté, le service de l’état, la transmission du savoir, la belle ouvrage, etc. Or nous vivons dans des sociétés où ces valeurs sont, de notoriété publique, devenues dérisoires, où seuls comptent la quantité d’argent que vous avez empoché, peu importe comment,  ou le nombre de fois où vous êtes apparu à la télévision. » D’où l’analyse de Michéa qui soutient que c’est parce que les conditions de l’égoïsme libéral n’étaient pas encore réalisées que le marché a pu conserver, un temps, équilibre et efficacité. Tout comme le mécanisme de la pendule est stabilisé par l’inertie du balancier, la dynamique du libéralisme fut longtemps canalisé par le stock de valeurs et d’habitus constitué dans les sociétés « disciplinaires » antérieures et que lui-même est par nature incapable d’édifier. Ce stock une fois épuisé, l’échange marchand ne connaît plus de frein et sombre dans l’hubris.

Le raisonnement de Castoriadis montre que le libéralisme n’est historiquement viable que si les communautés où son règne est expérimenté sont, sociétalement, suffisamment solides et vivantes pour en contenir les aspects dévastateurs. Cette solidité tient autant à l’enracinement des systèmes de limitations culturelles et symboliques depuis longtemps intériorisés qu’aux régulations politiques d’un Etat qui ne s’était pas encore résolu à n’être qu’une structure d’accompagnement « facilitatrice » des « lois du marché ». C’est ce qui explique, par exemple, que dans la France des années soixante (la France du Général De Gaulle) la « croissance » connaisse un rythme soutenu et génère une augmentation réelle et générale du bien-être, alors que, entre autres données sociologiques très parlantes, le taux de délinquance demeurait à son plancher. La prégnance des anciens modèles comportementaux était encore dominante, et c’est sur cette base qu’ont pu s’accomplir les « trente glorieuses ». Dans les années suivantes, quand s’estompe la préoccupation du collectif et que triomphent les « égos émancipés », promus tant par les doctrinaires libertaires que par les slogans publicitaires, tous ces anticorps commencent à se dissoudre.

La période actuelle constitue pour Michéa l’aboutissement ultime d’une logique libérale désormais sans ailleurs et donc livrée à sa propre démonie. D’un côté l’extension indéfinie de la sphère marchande et, de l’autre la multiplication des conflits nés du relativisme moral. Autant de luttes qui se traduisent par de nouvelles contraintes et l’établissement d’une société de surveillance aux mailles sans cesse plus serrées. »

Pierre Bérard, Eléments, Printemps 2008.

podcast

(photo: fonctionnaires weberiens, music:  Praise Ye Name The Lord - Kiev Seminary Choir)

Commentaires

Ah ben oui, Castoriadis, Michea, Bérard ont tout compris, comme Nietszche (l'ai-je bien écrit ?) Sénèque, Lao-Tseu, Cioran, Murray, et tant d'autres hein ?
Bon, maintenant, qu'est-ce qu'on fait les gars ?
On va entarter cette misérable et ridicule peluche d'Hollande & Consort-pas ?
Dites-moi.
...
Tiens, à propos l'Hoplite, je suis en train de re-lire (dans le train franchouillard des familles - c'est vous dire que je prends mon temps et mon pied) un machin textuel titré " Sur Les Falaises de Marbre"
Vous connaissez ? (^^)
P'tain, ce type-là avait aussi tout aperçu du haut de son ermitage...
S'il y a bien une bible...
Mais bon, qu'est-ce qu'on fait ?
On vote pour le Grand Forestier ?
Quitte à revenir au point de départ comme tous les enculés de notre race ?
Bien à vous

Écrit par : Martin.Lothar | 21/12/2014

"D’où l’analyse de Michéa qui soutient que c’est parce que les conditions de l’égoïsme libéral n’étaient pas encore réalisées que le marché a pu conserver, un temps, équilibre et efficacité." En effet, oui : le libéralisme EST décadence, alors que généralement on le décrit en décadence, en "crise" etc. Il EST cette décadence. La "crise" n'est rien d'autre que son triomphe. Par un mécanisme darwinien de sélection à rebours elle situe aux rênes de la société ce qu'il y a de pire, récompense les comportements les plus férocement individualistes et ne saurait mener qu'à la déconfiture la plus intégrale. Les postulats de base du libéralisme, selon lesquels les efforts individuels concourent spontanément au bien commun, ont quelque chose en commun avec la philosophie platonique : ils reflètent un monde qui n'est plus ... et pour cause ! Qu'il s'agisse de philosophie ou d'économie libérale, les conditions qui ont permis leur émergence sont détruites par leur propre développement.
On a besoin d'une vision dynamique des réalités sociales (et raciales). La loi de l'entropie est perpétuellement déjouée par tout organisme vivant. Il en va de même pour les ensembles humains. Nier la réalité de ce combat, c'est rendre les armes.

Écrit par : Oscar | 21/12/2014

Mmmm, vous êtes bien énervé, ami Martin-lothar....comme je dis parfois, avant d'agir, faut réfléchir un brin sinon on se retrouve parmi des antifas ou au FUN, sortes de voies de garage systémiques...des auteurs comme ceux que je mets en avant ou comme ceux que vous lisez facilitent ce travail de réflexion. Et puis que faire? Je me suis posé la question à plusieurs reprises ici même. Si vous êtes desireux d'avancer de façon constructiv, envoyez moi un mail en MP. Bien à vous, Martin.L.

Écrit par : hoplite | 21/12/2014

Que faire ? 1°) Réfléchir, pour de bon (exemple : comprendre la nature décadente du libéralisme). 2°) Faire le ménage parmi les 'nationalistes', beaucoup d'entre eux n'étant que des crétins totalement bidon (suffit de voir "la question qui divise" : l'Ukraine). 3°) S'organiser sur le terrain. "Bases autonomes durables" : le vrai défi.

Écrit par : Oscar | 21/12/2014

Et tout ce qui n'est pas sur la ligne de l'Übermensch Oscar est un crétin de nationaliste bidon.
Con se le dise !

Écrit par : Carine | 22/12/2014

BAD...
Donc on n'a pas avancé depuis 4 ans.
On aurait même un ptit peu explosé, on dirait.
J'ai pas mal de haine en réserve pour les uns et les autres.

Bonnes fêtes à toi et ton clan, Hoplite !

Écrit par : Carine | 22/12/2014

bon Noel à toi et aux tiens, amie carine.
et kip cool..

Écrit par : hoplite | 22/12/2014

Hoplite
Merci frérot !
Joyeux Noël aussi !
A bientôt.

Écrit par : Carine | 22/12/2014

à Carine : "Et tout ce qui n'est pas sur la ligne de l'Übermensch Oscar est un crétin de nationaliste bidon."
Plus précisément : un nationaliste de la République Caniche d'Europe.

Écrit par : Oscar | 23/12/2014

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