03/12/2010
Der treue Husar
20:15 | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : paths of glory
01/12/2010
PS/primaires: BHL voterait Royal
« Aux États-Unis, il y a une industrie de commentateurs politiques et d'experts qui se consacre à enflammer les passions politiques le plus possible, particulièrement avant les élections. C'est similaire à ce que font les journalistes et les commentateurs sportifs pour attirer l'attention sur leur jeu. Il semble que la principale force derrière le discours politique aux États-Unis soit l'ennui : on peut parler du temps qu'il fait, de son boulot, de son crédit hypothécaire et de sa relation avec les cours de l'immobilier actuels et projetés, des voitures et de la situation de la circulation, du sport, et, loin derrière le sport, de la politique. Dans un effort pour faire en sorte que les gens y prêtent attention, la plupart des questions débitées devant l'électorat concernent la reproduction : l'avortement, le contrôle des naissances, la recherche sur les cellules souches, et des petits bouts de politique sociale similaires sont balancés plutôt que réglés, simplement parce qu'ils font un bon taux d'audience. Des questions stratégiques ennuyeuses
mais vitalement importantes telles que le développement durable, la protection de l'environnement et la politique énergétique sont soigneusement évitées.
Bien que les gens se plaignent souvent de l'apathie politique comme si c'était une grave maladie sociale, il me semble que c'est juste comme cela doit être. Pourquoi des gens essentiellement impuissants voudraient-ils participer à une farce humiliante conçue pour démontrer la légitimité de ceux qui exercent le pouvoir ? Dans la Russie de l'ère soviétique, les gens intelligents faisaient de leur mieux pour ignorer les communistes : leur prêter attention, que ce soit par la critique ou par la louange, ne servirait qu'à les conforter et les encourager, leur donnant le sentiment d'importer. Pourquoi les Américains devraient-ils vouloir agir le moins du monde différemment en ce qui concerne les républicains et les démocrates ? Par amour des ânes et des éléphants* ?
(...) Les États-Unis sont bien plus comme les Balkans que comme la Russie, qui est habitée par une population eurasienne assez homogène. Les États-Unis sont très compartimentés, habituellement par race, souvent par ethnicité, et toujours par niveau de revenu. Durant les périodes prospères, ils restent relativement calmes en maintenant un pourcentage de gens en prison qui a établi un record mondial absolu. Durant les périodes moins prospères, ils sont en grand risque d'explosion politique. Les sociétés multi-ehtniques sont fragiles et instables ; lorsqu'elles se désagrègent, ou explosent, tout le monde perd.
(...) Une fois que les distributeurs d'argent n'auront plus d'argent, que les téléscripteurs boursiers cesseront de téléscripter, et que la chaîne de distribution se sera brisée, les gens auront toujours des besoins de base. Il y aura des marchés aux puces et des arrangements privés de troc pour alimenter ces besoins, utilisant n'importe quelle monnaie d'échange locale qui sera disponible : des rouleaux de billets de cent dollars, des bouts de chaînes en or, des paquets de cigarettes, ou n'importe quoi de ce genre. Ce n'est pas une mauvaise idée de posséder un peu de tout ce que vous aurez besoin, mais vous devriez investir dans des choses que vous pourrez échanger contre des choses dont vous aurez besoin. Pensez à des biens de consommation nécessaires qui requièrent une haute technologie et ont une longue durée de vie en réserve. Voici quelques suggestions pour commencer : des médicaments (sans et sur prescription), des lames de rasoir, des préservatifs. Les batteries rechargeables (et les chargeurs solaires) deviendront assurément des articles précieux (les NiMH sont les moins toxiques). Les articles de toilette, tels que du bon savon, seront des articles de luxe. Remplissez quelques cantines, emballez sous azote pour que rien ne rouille ou ne pourrisse, et entreposez quelque part.»
*L'âne est la mascotte du Parti démocrate, l'éléphant est celle du Parti républicain.
NB: le titre provient de cette réjouissante dépêche de l'AFP...
21:42 | Lien permanent | Commentaires (8)
30/11/2010
prémisses
"Le secret n'est pas, par essence, maléfique. Seul l'usage qui en est fait peut être dévoyé", écrit Dominique Quinio, de La Croix. Avec la publication de télégrammes diplomatiques, "la transparence ne pourra qu'y perdre", estime Jean Levallois de La Presse de la Manche, car "à l'avenir, les échanges seront encore plus secrets entre les diplomates". "Les nouvelles technologies menacent de tuer" le secret, menant peut-être à "une transparence despotique", renchérit Rémi Godeau, dans L'Est Républicain.
"Dans un monde traversé par des conflits violents, un Etat (...) a le droit de conserver ses secrets de défense, de discuter avec ses alliés ou ses adversaires dans la discrétion et même de monter certaines opérations spéciales", juge Laurent Joffrin, de Libération. Dans Le Figaro, Pierre Rousselin dénonce lui un "exhibitionnisme inquiétant" qui risque d'affaiblir la diplomatie américaine.
La diplomatie est une "communauté fragile", prévient le chroniqueur David Brooks dans le New York Times : "Il devrait être possible de faire des articles sur des révélations spécifiques, sans lever le voile de façon générale sur les arcanes de l'activité diplomatique."
"Transparence et discernement ne sont pas incompatibles", a fait valoir la directrice de la rédaction du Monde, Sylvie Kaufmann, dans un article lundi, "et c'est sans doute ce qui nous distingue de la stratégie de fond de WikiLeaks." "Tous les documents que nous avons sélectionnés ont été filtrés par nos soins et par ceux de nos collègues des quatre autres journaux partenaires", a-t-elle ajouté, dans un chat sur Le Monde.fr.
etc., etc….
C’est quand même hallucinant : la première hypothèse concernant ce nouveau buzz planétaire est quand-même qu’il s’agisse d’une manipulation des média et de l’opinion occidentale par l’administration américaine (des Perle, Kagan, Brzezinski, Rahm Emmanuel et consorts, par exemple).
Les frasques de Berlusconi, la pitrerie congénitale de notre conducator à talonnettes, Google dans le collimateur des chinois, etc…Mais surtout la menace terrible que ferait peser un Iran en voie de nucléarisation versus les 200 têtes nucléaires d’Israél… On se rappelle des précédentes livraisons de Wikileaks concernant la guerre en Afghanistan et en Irak. Qui s’interroge sérieusement sur la crédibilité de ce site, et de son étrange webmaster, Julian Assange et sur le timing des « livraisons » régulières de « documents » soi-disants « classifiés » et menaçants la sécurité de l’Empire?
Pas Joffrin ni Rousselin, ni Kaufmann, ni Godeau…(on peut toujours l’attendre, celui-là ! ha ha)
On parle beaucoup de « 11 septembre » en évoquant un coup porté à l’Amérique. Si on admet que 11/09 fut le rationnel crédible de l’intervention en Afghanistan, prélude à la mainmise des USA en Asie centrale comme les fameuses ADM (armes de destruction massive), qu’on cherche toujours, furent celui de l’invasion sauvage d’une partie de la Mésopotamie, il est possible de considérer que wikileaks constitue le Spectacle nécessaire à l’accomplissement du prochain volet du plan US au moyen-orient.
Dans ce sens, il ne s’agit plus d’un « coup porté » à la « ville sur la colline » des Pères Fondateurs, vers laquelle se tournent les regards de tous, mais d’une très vaste entreprise d’intoxication des médias occidentaux et des opinions occidentales (on remarquera que seuls des media occidentaux furent contactés par Wikileaks) dans le cadre de cette guerre de quatrième génération dont le concept fut développé par les militaires US au début des années 90 : guerre de l’information destinée à influence, manipuler l’adversaire (celui qui combat le « camp de la démocratie ») mais aussi à cristalliser les opinions du camp « occidental » versus la figure du mal…(du moment : Soviétiques, Serbes, Chinois, Coréens du Nord, Vielle Europe, Chiites, etc…) Et dire cela ne fait évidement pas de moi un thuriféraire obligé de ces derniers mais juste un hoplite méfiant…
De là à penser que les quelques porte-avions US qui naviguent en mer d’Oman pourraient prochainement servir à autre chose que recevoir quelque visite surprise du pauvre Obama, il n’y a qu’un pas. Franchissons-le. On est rapidement seul.
21:43 | Lien permanent | Commentaires (24)


