Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/03/2015

cantonales

du rien et de la tradition

tumblr_kz3g0nuNfN1qzqaapo1_500.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Nous ne sommes rien ; en effet, aux horreurs du XXième siècle, nos démocraties ont répondu par la religion de l'humanité, c'est-à-dire par l'universalisation de l'idée du semblable et la condamnation de tout ce qui divise ou sépare les hommes. (...) Cela signifiait que, pour ne plus exclure qui que ce soit, l'Europe devait se défaire d'elle-même, se « désoriginer », ne garder de son héritage que l'universalisme des droits de l'homme. Tel est le secret de l'Europe. Nous ne sommes rien. »

Alain Finkielkraut, entretien au Monde des 11 et 12/11/2007, cité par D Venner dans la NRH de février 2008.

*********************************************************************************************************************

En septembre 1966, Martin Heidegger accorda un long entretien au Spiegel. Il fut publié dix ans plus tard au lendemain de la mort du philosophe. Alors qu'Heidegger évoquait les rapports entre les hommes et l'« être de la technique », ses interlocuteurs lui demandèrent :

Spiegel : « On pourrait vous opposer tout à fait naïvement ceci : qu'est-ce qu'il s'agit de maîtriser ici ? Car enfin tout fonctionne. On construit toujours davantage de centrales électriques. La production va son train ; Les hommes, dans la partie du monde ou la technique connaît un haut développement, ont leurs besoins bien pourvus. Nous vivons dans l'aisance. Qu'est-ce qu'il manque ici finalement ? »

Martin Heidegger : « Tout fonctionne, c'est bien cela l'inquiétant, que ça fonctionne, et que le fonctionnement entraîne toujours un nouveau fonctionnement, et que la technique arrache toujours davantage d'hommes à la Terre, l'en déracine ; Je ne sais pas si cela vous effraye ; moi, en tous cas, je suis effrayé de voir maintenant les photos envoyées de la lune sur la Terre. Nous n'avons plus besoin de bombe atomique ; Le déracinement de l'homme est déjà là. Nous ne vivons plus que des conditions purement techniques, ce n'est plus une Terre sur laquelle l'homme vit aujourd'hui... »

Spiegel : « Qui sait si c'est la destination de l'homme d'être sur cette Terre ? »

MH : « D'après notre expérience et notre histoire humaines, pour autant que je sois au courant, je sais que toute chose essentielle et grande a pu seulement naître du fait que l'homme avait une patrie et qu'il était enraciné dans une tradition... »

Martin Heidegger, Réponses et questions sur l'histoire et la politique, Mercure de France, 1988.

podcast

18/03/2015

kidboxing

16/03/2015

voir kumkale et mourir

3054139684.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai déjà parlé ici de ce vieux paysan corrèzien, salopette en drap bleu, casquette, sabots, chemise à carreau et lunettes le soir pour les nouvelles (la gueule de Gicquel au travers des zébrures du poste), chez qui j’allais chercher le lait les soirs d’hiver. Et parfois traire dans l’étable avec son fils, au cul des vaches, dans l’odeur de foin qu’on faisait tomber de l’étage et de bouse fraîche…Un brave homme, simple, une force de la nature, avec lequel j’échangeais quelques banalités, manière de causer (le propre du citadin à la campagne: le silence des paysans est inconfortable, dérangeant). Il était marié à la femme-debout: une femme que je n'ai jamais vue assise avec les hommes. Toujours debout pour servir les hommes à table; pour l'apéro (ratafia et biscuits secs) ou pour le repas des vendanges.

J’imaginais assez bien que cet homme n’avait jamais dépassé les limites du canton et ne connaissait du monde que ce qu’il en lisait dans les journaux ou regardait à la télé. Un soir d’hiver, il y a plus de 20 ans, peu avant qu’il ne meure à l’hospice local, et alors que je partais à l’armée, cet homme m’avait raconté qu’il avait fait la guerre de 14 dans le corps expéditionnaire des Dardanelles, qu’il avait débarqué à Kumkale puis combattu à Gallipoli, avant d’être évacué devant le désastre de la campagne. Ce paysan Corrézien avait vu et vécu des choses incroyables : des centaines d'hommes mourir devant lui, atrocement mutilés, des cuirassiers coulés par les mines, des hommes mourir de dysenterie et mangés par les rats, l’horreur de la guerre, la misère de l’homme qui meurt loin des siens. Puis il avait passé quelques mois prés d’Arras, dans les tranchées, avant d’être blessé et réformé. Retour à la ferme et aux travaux des champs. Une parenthèse extraordinaire et terrifiante. Ce paysan à casquette derrière ses bestiaux s’était métamorphosé définitivement dans mon esprit en soldat de Marmara. Désormais assis prés de la fenêtre, dans son fauteuil contre le radiateur et prés du feu (été comme hiver), charentaises aux pieds, la Dépèche dans les mains, se levant et enlevant sa casquette pour saluer le gamin que j’étais. Il est mort rapidement, 48h après avoir quitté ses vaches, sa ferme, ses champs, les siens, ses chiens, sans doute apaisé, l'ordre des choses, hein?

Je pensais à lui tantôt - à sa mort en fait- en allant voir une malade dans une maison de retraite prés de chez moi: un établissement plutôt réputé mais aux allures de mouroir select...un long couloir avec des dizaines de chambres/ cellules s'ouvrant à droite et à gauche, souvent fermées, parfois ouvertes avec un vieux ou une vieille assis(e) guettant le visiteur improbable ou le soignant, plusieurs alarmes clignotants à droite et à gauche  et auxquelles personne ne semble répondre. Un salon avec la télé ouverte sur une série US des années 80 et quelques débris genre walking dead en fauteuil roulant ou écroulés sur des canapés, hypnotisés littéralement par le spectacle débile. Ma patiente -largement déconnectée depuis des années- gisait en travers de son lit, la sonnette à la main, la couche pleine de merde. Au mur une vieille carte postale de Saint-Malo, une salle de bain dégueulasse et, au sol, des cachets pas pris et qu'on écrase en se frayant un chemin dans ces 10m2 de misère. Voilà, c'est là qu'elle va mourir, seule, abandonnée des siens, de tous en fait. Je l'ai arrangée au mieux, examinée, on a causé un peu, de vieux trucs genre Saint Malo, seuls souvenirs disponibles. Suis allé voir l'IDE de l'étage, tout au bout du couloir, petit bureau avec une pharmacie attenante, un tableau d'alarme où ça clignotait sévère. Calme et pro malgré le chaos ordinaire. J'avais connu cette femme plus jeune, m'ouvrant la porte de son appartement bourgeois pour une soirée de la bonne société locale, j'étais ado avec un costard trop grand, mon frère pareil, ça draguait bien, ça picolait dans les coins, pas plus. Trente ans plus tard, démente et grabataire, seule et misérable.

Kumkale puis la Corrèze, c'était pas si mal, finalement.


podcast

sunday morning

1ere_de_Couv_Yacht_People_tome2_72dpi-ace74.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Je n'ai jamais eu un train de vie compatible avec des revenus de journaliste, fut-il parisien. C'est pourquoi j'ai choisi une deuxième vie, celle de "mercenaire" pour les services secrets (...). Mon initiation a débuté au cours de l'été 1989, à bord d'un yacht rempli de très joli filles, au large de Saint Tropez. Les yachts, c'est toujours plein de jolies filles. J'étais invité à bord par un riche homme d'affaires français (...) Dés cette époque, j'ai noué des rapports très étroits avec Israël. Je m'y rends très souvent car j'y ai un double intérêt. Israël possède des services secrets très efficaces. C'est en outre un appui important dans mon métier (NDA on aimerait comprendre le sens exact de cette phrase) (...) Je n'ai pas été qu'un journaliste, j'ai été rémunéré par les services secrets israéliens (...) J'ai également travaillé pour les français. Les français payaient moins bien que les israéliens." Incroyable aveu qui en dit long sur le degré de pénétration israélien dans les médias français, de Roger Auque, dans Au service secret de la république (Fayard). Faits et Documents, 15-31/03/2015.

NB: "Dans ses Mémoires posthumes entamés quelques mois avant sa mort, Au service secret de la République (chez Fayard), il déclare notamment : « J'ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer des opérations en Syrie, sous couvert de reportage ». Il a également offert ses services à la DGSE française, avant de devenir un objet d'intérêt pour la CIA[17].  Il est le père de Vladimir Auque, né de Rosaria Spika, et de Carla Auque. En 2013, le magazine L'Express révèle qu'il est le père biologique de la députée Marion Maréchal-Le Pen, née en 1989, qu'il a eu avec Yann Le Pen, fille de l'homme politique Jean-Marie Le Pen. Marion a été reconnue après sa naissance par le conjoint de Yann Le Pen, Samuel Maréchal" (Fiche Wikipédia)
podcast