11.07.2009
le testament de Stauffenberg
« Après 1945, les Européens ont cessé d’être eux-mêmes et sont comme entrés en dormition. Les horreurs des guerres passées, dont ils n’étaient pas seuls responsables, furent ressenties comme une condamnation de leur civilisation, d’autant que les vainqueurs s’ingénièrent à les en convaincre. Sans en avoir toujours conscience, les Européens ont vécu longtemps sous l’ombre portée des puissances victorieuses, se partageant entre soviétophiles et américanophiles.
Peu avant de mettre en œuvre son projet et d’en mourir, le colonel Claus von Stauffenberg, organisateur de l’attentat contre Hitler du 20 juillet 1944, avait consigné par écrit les espérances des conjurés :
« Nous voulons un ordre nouveau qui garantisse le droit et la justice, dans lequel l’état s’appuie sur chacun ; mais nous rejetons la mensongère notion d’égalité et nous nous inclinons devant la hiérarchie naturelle. Nous voulons un peuple qui, enraciné dans la terre de sa patrie, , demeure proche des forces de la nature, un peuple qui, libre et fier, dominant les bas instincts de l’envie et de la jalousie, trouve son bonheur et sa satisfaction dans le cadre établi de son activité. Nous voulons des dirigeants qui, provenant de toutes les couches de la société, et liés aux forces divines, s’imposent par leur sens moral, leur discipline, et leur esprit de sacrifice. »
La philosophie nationale conservatrice de ce programme de la résistance Allemande était aux antipodes de ce que les vainqueurs imposeront à l’Europe déboussolée de l’après guerre : l’anti fascisme et le matérialisme bureaucratique pour les uns, la religion du marché et la version Américaine des droits de l’homme pour les autres. »
Dominique Venner, Le siècle de 1914.
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Commentaires
Stauffenberg est définitivement un aristocrate perdu dans le labyrinthe du XXe siècle...
Ecrit par : Trader | 11.07.2009
oui, un combat perdu.
Ecrit par : hoplite | 12.07.2009
Un combat oui, mais pas la guerre!
Ecrit par : daredevil | 12.07.2009
nonn, bien sûr.
rien n'est écrit. fort heureusement.
Ecrit par : hoplite | 12.07.2009
Quel combat?
Ce que je comprends de la civilisation humaine, c'est que la connaissance n'appartenait auparavant qu'aux élites et qu'elle s'est ensuite répandue un peu plus dans les classes sociales moins prestigieuses.
Mais la connaissance n'est pas tout: il y a l'éthique et la responsabilité du citoyen. Faudrait-il conclure que cette mission de la répandre au plus grand nombre est impossible?
Je refuse de le croire.
Ecrit par : Trader | 12.07.2009
le combat pour cette culture, cette civilisation européenne qui ne se confond nullement avec la pseudo démocratie égalitaire et consumériste qui a été imposée aux européens.
nous ne vivons pas en démocratie et cette civilisation matérialiste sans âme est étrangère à notre culture. reste aux européens à le comprendre et à retrouver ce qui leur est propre. s'ils en ont les ressources. c'est une autre histoire. qui est ouverte
la diffusion de la culture et le renouvèlement des élites à partir des classes sociales les moins favorisées me parait absolument nécessaire et Stauffenberg ne dit pas autre chose. à l'opposé de l'oligarchie ploutocratique occidentale actuelle.
Ecrit par : hoplite | 12.07.2009
Justement, quelle est la véritable nature de l'Europe?
On ne l'a connue que très artistocratique, l'expérience de la démocratie ayant toujours été dénaturée dès le départ.
Stauffenberg croyait, si je ne m'abuse, à une société très élitiste menée par des hommes triés sur le volet.
Ecrit par : Trader | 12.07.2009
"une société très élitiste menée par des hommes triés sur le volet."
c'est la situation actuelle sauf que ces élites sont méprisables et endogamiques. une parodie de démocratie, des verdicts populaires bafoués, des peuples entiers méprisés...
la démocratie grecque était celle de quelques patriciens cultivés, rien à voir avec nos masses démocratiques contemporaines.
c'est vrai qu'avant 1914, hormis la France, l'europe n'était que monarchies et régimes aristocratiques.
je n'ai pas la solution.
le plus grave est que la grande majorité des européens ne connaissent pas leur histoire, ne savent pas qui ils sont, d'ou ils viennent. connaitre son histoire c'est comprendre à quel point notre civilisation est hors jeu depuis 1945 et ne se confond pas avec ce consumérisme égalitaire, cet âge des foules manipulées. ce n'est pas rien.
Ecrit par : hoplite | 13.07.2009
J'ai beaucoup tendance à croire que la société vit en phase avec son développement technologique. L'empire romain a été à l'image de l'évolution technologique du moment, de même au Moyen-Âge et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui.
Fondamentalement, quelle est la différence entre les hommes d'autrefois et ceux d'aujourd'hui. Dans quelle mesure sommes-nous plus participatifs des affaires publiques aujourd'hui qu'à toute autre époque?
Je me pose la question.
Je sais que c'est mal formulé mon propos mais il doit y avoir quelques idées qui méritent d'être discutées...
Ecrit par : Trader | 13.07.2009
non, tu touches sans doute un point clef: celui du rapport entre développement technologique et vie des sociétés. je n'ai pas encore lu Spengler pour savoir si nous sommes à l'automne ou au printemps de cette civilisation...
Heidegger avait de grandes préventions au sujet de cette ère technicienne et de l'arrachement de l'homme à la terre qu'elle induit.
d'un autre côté, et sans croire une seconde à un sens de l'histoire humaine, la reflexion de jared diamond est éclairante lorsqu'il montre la somme de hasards et de coïncidences qui font la vie et la mort des civilisations.
nous vivons cet âge des foules anomiques et passionnelles décrit par Le Bon, qui influença tant Hitler...hé hé
Ecrit par : hoplite | 14.07.2009
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