15/05/2010
diva
01:03 | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : lhasa
survie
"Un système sain présente en général une très grande capacité à supporter la présence de parasites. Mais si ceux-ci pullulent alors, passé un certain seuil dans l'affaiblissement, leur présence peut tuer l'animal. La mort de l'hôte n'est pas dans l'intérêt du parasite mais comme il ne sait rien faire d'autre que d'être ce qu'il est selon sa nature, il n'interrompt pas son effort, provoquant la perte de son hôte ainsi que la sienne propre.
On en a eu l'illustration en 2009 : alors que l'économie était toujours dans les derniers dessous, le secteur bancaire, sauvé par les aides étatiques, retrouvait la santé et dispensait à nouveau ses largesses à ses dirigeants et à ses employés les plus talentueux dans l'accumulation du profit. Largesses qui ne trahissaient pas la folie, mais ne faisaient que refléter la proportion colossale dans laquelle ce secteur parvenait à nouveau à détourner vers lui la richesse. Quand les politiques proposèrent de plafonner les bonus, ils choisirent d'ignorer que ces primes indécentes n'étaient que des commissions relativement modestes sur des sommes elles à proprement parler pharamineuses. Quand des velléités apparurent de taxer ces profits monstrueux, les financiers firent immédiatement savoir que toute charge ponctionnée sur leurs opérations serait automatiquement répercutée par eux sur leurs clients. Vu l'impunité de principe dont ils bénéficient, cela aurait sûrement été le cas.
Au cours des semaines récentes, le travail d'investigation des régulateurs et les bureaux des procureurs d'États américains a mis toujours davantage en lumière le rôle joué par la simple cupidité dans le déclenchement de la crise. L'économie étant devenue au fil des années l'otage du secteur financier - et ceci, d'intention délibérée, par choix idéologique - s'effondra dans son sillage. Les États se précipitèrent alors au secours de ce secteur financier, en raison du risque systémique que son écroulement faisait courir. Mais en se refusant à opérer dans les activités financières un tri entre celles utiles à l'économie (ce que Lord Adair Turner, président de la FSA, le régulateur des marchés britanniques appelle les transactions « socialement utiles ») et celles dont la seule fonction est de siphonner une partie de la richesse vers les plus grosses fortunes. Les États ayant épuisé leurs ressources, imposent ce qu'ils appellent l'« austérité » ou (pourquoi se gêneraient-ils ?) la « rigueur », c'est-à-dire se tournent vers les classes populaires et les classes moyennes en exigeant d'elles par un impôt non-progressif et en opérant des coupes sombres dans les mesures de protection sociale en place, de rembourser les sommes manquantes.
La logique en marche est implacable : une évolution a eu lieu, d'une situation où le parasitisme de la finance était relativement tolérable à une autre où il a cessé de l'être. Les États, et les organismes supranationaux peut-être encore davantage, au lieu de tenter d'exterminer le parasite, se tournent au contraire vers l'animal et exigent de lui un effort supplémentaire. Comme c'est de sa propre survie qu'il s'agit désormais, la réaction de celui-ci est prévisible.
Imbécillité profonde des États, encouragée par les « vérités » charlatanesques de la « science » économique, ou complicité caractérisée avec les ennemis de leurs peuples ? Au point où l'on en est arrivé, la distinction a cessé d'être pertinente. Facteur aggravant : ces mêmes États ne manqueront pas de considérer que les sursauts des peuples, réaction saine de leur instinct de survie, sont excessifs et les condamneront, sans penser à leurs erreurs et à leur propre responsabilité dans l'aggravation de la crise.
Un retour à la progressivité de l'impôt est souhaitable. Pourrait-elle seulement être réinstaurée - ce qui paraît peu probable vu le pouvoir historique de l'argent à prévenir un tel rééquilibrage - qu'elle ne parviendrait encore qu'à figer la concentration de la richesse dans son état présent. Or cette concentration est telle aujourd'hui qu'aucune économie ne peut plus fonctionner dans son cadre : les ressources font à ce point défaut là où elles sont requises comme avances dans la production des marchandises ou comme soutien à la consommation des ménages, que le montant des intérêts versés compris dans le prix de tout produit ou service rend celui-ci excessif. Il faudra donc remédier à la concentration des richesses telle qu'elle existe dans son état présent. C'est seulement après qu'une certaine redistribution aura été opérée qu'une imposition progressive pourra s'assurer que le processus de concentration ne reprenne une nouvelle fois son cours mortifère. Bien sûr, ceux qui ont accumulé des fortunes colossales s'affirmeront spoliés (le mot « liberté » sera sans aucun doute galvaudé par eux une fois encore) et prétendront que la possession de ces sommes leur est indispensable pour être ceux qu'ils sont à leurs propres yeux. La réponse qu'il faudra leur opposer est que l'image qu'ils se font d'eux-mêmes importe peu puisque leur fonction est claire désormais : ils se contentent de pomper le sang de leur hôte. Quant à celui-ci, la dégradation généralisée du capitalisme l'a acculé à faire un choix entre sa propre survie et celle des parasites qui l'infestent. Et ce choix, il l'a fait."
00:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul jorion
13/05/2010
DO I?
damned!
20:53 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jihae
Bourré, je respecte la diversité
Comment y échapper ?
Festivisme grégaire
L'apéro fesse-book fait les gros titres de la presse locale. Ecoutons Mickael D., adjoint à la « culture » : « J'irai à cet apéro. Je trouve formidable que les gens aient envie de se retrouver. Cela démentira l'idée qu'internet, c'est un truc qui détruit le lien social. Je ne crois vraiment pas que ce type de rassemblement comporte des risques. Il aura lieu de toute façon et cela se passera très probablement bien. »
Et Laurianne D., présidente des jeunes socialistes, ravie de cette « réappropriation de l'espace public par toutes les couches sociales »...On ignorait que ces dernières en furent récemment expropriées. Le mot d'ordre de la manifestation, célébré à grands renfort de tracts et d'alcool-tests restant : « Même bourré, je continue à sourire. Bourré, je ne casse rien, bourré, je respecte la diversité. Bourré, je fais attention aux voisins. » (sic !)
Justice immanente, une bonne averse a douché le festivisme grégaire de mes concitoyens dés les premiers verres. Murray raillait il y a quelques années la vindicte de nos modernes festivus à l'encontre de la montagne, coupable de tuer chaque hiver quelques surfeurs et skieurs imprudents...hier soir : «Jusqu'à ce que vilain nuage noir ne vienne définitivement doucher cette fête si bien commencée » Si même le ciel devient chafouin...
Envie du pénal
Election de miss Montpellier : conditions : âgées de 17 ans et demi à 24 ans, mesurer 1,70 m minimum et être de nationalité française.
On attend donc avec impatience les couinements des cloportes de la « lutte contre toutes les discriminations » : pourquoi pas des naines (je propose le vocable « mal-grandies), des clandestines ou des vieilles radasses? Hmm ? POURQUOI PAS ?
Dans la même presse locale du jour :
« Le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France, sorte d'organisation ethnique voire raciste : imaginerait-on un CRAB, conseil représentatif des associations blanches ?) s'est joint hier à l'action judiciaire menée en Belgique par des Congolais contre Tintin au Congo, exigeant que l'album d'Hergé soit assorti d'un avertissement sur son caractère « raciste ».
Epuration citoyenne
Faudra qu'ils nous expliquent jusqu'où on doit épurer l'histoire, ces ordures progressistes. Doit-on brûler Voltaire ?
"Comment se peut-il, écrit Voltaire, qu' Adam qui était roux et qui avait des cheveux, soit le père des nègres qui sont noirs comme de l'encre et qui ont de la laine noire sur la tête ? ". Voltaire poursuit: "leur yeux ronds, leur nez épaté, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. " Les juifs ne sont pas mieux lotis, toujours chez Voltaire : "Vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent".
Antisémite, l'abbé Grégoire, illustre révolutionnaire, évoquant les juifs ?
"La plupart des physionomies juives sont rarement ornées des coloris de la santé et des traits de la beauté (...). Ils ont le visage blafard, le nez crochu, les yeux enfoncés, le menton proéminent; Ils sont cacochymes, et très sujets aux maladies, et exhalent constamment une mauvaise odeur"
Xénophobe, Aristote ?
« L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile,tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation. Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard,et elle a besoin de temps pour se coaguler. C'est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre. »
Raciste, Jules Ferry ?
« Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un doit vis à vis des races inférieures ; mais parce qu'il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » ! (Discours à la chambre du 28 juillet 1885)
...
Bref, du boulot pour nos amis pourfendeurs stipendiés du Mal et thuriféraires de ce nouvel ordre festif sinistre car totalitaire.
Le dernier mot au regretté Philippe Muray :
« C'est l'épopée du Pléonasme. Avec la charité généralisée, l'idéalisme obligatoire, la solidarité sans réplique, les droits de l'homme dans tous les coins et le souci hygiéniste à chaque étage, la passion de survivre est devenue plan de carrière et programme d'existence. Tout le monde se bat dans la même direction. A coups de positivité enthousiaste et de volonté de gagner. On a la haine de la haine. On fait la guerre à la guerre. C'est même là que ça devient cocasse le négatif a été si bien ratatiné dans tous les domaines qu'on ne trouve plus de débat qu'entre gens du même avis. Quand on se crêpe le chignon, c'est entre opposants à la drogue et adversaire de sa dépénalisation ; entre partisans du cosmopolitisme et adversaires de la xénophobie ; entre éradicateurs du machisme et anéantisseurs du sexisme. On s'engueule entre nuances. C'est la grande rivalité du Même. Le combat du semblable contre son sosie. La cause du Bien a si peu d'adversaires qu'il faudra, dans les années à venir, se résigner à en créer de toutes pièces, des adversaires, et les salarier, si on veut continuer à soutenir l'intérêt. On ne pourra pas éternellement compte sur les Serbes, le Front national et les intégristes à turban. Ils finiront eux aussi par se fatiguer. »
(Rejets de greffe, Exorcismes spirituels)
Happy?
14:45 | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : festivisme, grégaire, muray
11/05/2010
liar
21:27 | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : castaways




