19/07/2014
live..
11:38 | Lien permanent | Commentaires (54)
16/07/2014
Russie
" (...) Les rues sont en outre envahies de vendeurs plus ou moins autorisés de nourriture à emporter : hot-dogs, hamburgers, glaces (même et surtout en hiver par -30°C), Kvas (sorte de soda à base de pain noir fermenté, excellent), "pirojki" (gâteaux fourrés au chou, à la viande, aux pommes), lait... On y trouve également des fleuristes (les fleurs viennent de Hollande et tiennent 24 heures si l'on s'en donne la peine), des marchands de souvenirs, etc. La nourriture peut parfois sembler suspecte, mais globalement on parvient à se nourrir à très bon marché sans risquer la salmonellose à chaque repas. Toute une population tente de survivre en tirant ses revenus de la rue. De nombreux groupes de musiciens animent les rues par n'importe quel temps. J'ai ainsi eu l'occasion de voir à l'oeuvre le meilleur groupe de musique Dixie (guitare, banjo, clarinette, trombone, contrebasse, batterie) que j'ai jamais vu !
S'il est une chose qui peut choquer l'occidental, c'est le non respect des règles d'hygiène élémentaires pour ce qui concerne l'alimentation. Les infrastructures sont telles qu'il est totalement illusoire d'envisager une quelconque chaîne du froid en Russie. En hiver tout d'abord c'est inutile : la viande reste bien souvent sur le trottoire, par -30°C, le temps que le commerçant l'entrepose dans son magasin. Pendant la douce saison, c'est plus problématique, et il n'est pas rare d'observer sur les étales de la viande bleue, voire carrément avariée. C'est le stade ultime : en général le commerçant soucieux de sa notoriété se débrouille pour fourguer sa viande avant qu'elle n'apparaisse trop suspecte, sous forme de viande hâchée, de pâté cuit ou de farce. C'est ainsi qu'on devient rapidement végétarien : toute viande paraît suspecte, autant alors l'éviter. Le poisson quant à lui est consommé fumé ou sêché, jamais frais. Bien sûr il y a des exceptions. Les adresses où se procurer de la viande fraîche sont connues, mais la consommation de viande se fait essentiellement via des produits transformés.
Le régime alimentaire est peu varié et varie selon les saisons, en fonction des arrivages de légumes sur les marchés. La base est constituée de pain, de fromage type Gouda, de pomme de terre, de chou, de choucroute, de "pielmenis" (raviolis sibériens), de salami, d'oignon, de tomate, de poivron, de cornichon, de betterave. Côté fruits on trouve des pommes, des poires, des baies diverses et variées. A cela s'ajoute les biscuits et pâtisseries (pas toujours très bonnes) et les bonbons. Le poisson se trouve quant à lui fumé ou sêché, rarement frais. Pour ceux à qui ce régime ne convient pas, il reste bien sûr le McD* sur la Nevskii Prospekt !
Vie nocturne
Avec un soleil qui se lève à 10:00 et se couche à 15:30 en hiver, la vie nocture commence parfois très tôt, du moins à Saint Pétersbourg ! La ville regorge de bars et de clubs, parfois clandestins, parfois ayant pignon sur rue, et souvent à l'existence éphémère. Ces "lieux de perditions" sont des scènes privilégiés pour toute la faune artistique russe. Les artistes sont souvent très doués - le moindre DJ de seconde zone ayant souvent des années de conservatoire derrière lui (pour ceux que j'ai rencontrés). Avec le temps, on s'aperçoit que certains endroits n'accueillent que des russes. Le service y est minimal et la qualité des consommations plutôt médiocre. En contrepartie, l'entrée ne coûte que quelques roubles. Des endroits plus huppés font une sélection par l'argent. L'entrée dépasse souvent les 50 roubles (le tiers d'une pension de retraite de base), le service est très professionnel et de qualité. Viennent ensuite les endroits "interlopes" et indéfinissables : bars tenus par la mafia à l'atmosphère lourde, night clubs réservés aux expatriés (il suffit de présenter un passeport - les russes sont refoulés sans pitié) où 99% de la population féminine y exerce en fait son activité professionnelle, usines désaffectées transformées en pistes de dance géantes et contrôlées par la milice...
Si l'on cherche à s'amuser et à éviter la déprime consécutive à la nuit quasi permanente en hiver, ces endroits sont très agréables. On y fait des rencontres singulières, que ce soit l'industriel sibérien en goguette ou la péripapétitienne émêchée en quête d'une oreille attentive à qui conter sa vie... Les bagarres y sont très rares : le service d'ordre à la russe est toujours très musclé (j'ai vu un russe refoulé d'une boîte et un peu trop insistant se faire littéralement hâcher menu par les videurs), et la milice surveille certains endroits. Contrepartie parfois gênante : si vous êtes étranger, seul et émêché dans une boîte, vous avez de grandes chances d'être séquestré dans une "cellule de dégrisement" quelques heures, le temps de vous faire racketer par le service d'ordre ou des flics véreux !
En été c'est pire : la fête est non-stop, les "nuits blanches" faisant que le soleil ne se couche jamais pendant les mois de juin et de juillet. En dehors des lieux de débauche, la vie culturelle est également très développée : ballets, théâtre, opéras, concerts. Moi qui suis plutôt inculte, j'y ai vu les plus beaux spectacles qu'il m'ait été donné de voir. L'ambiance y est loin de ce que l'on peut observer en France, où des snobinards paient 150 euro la place pour voir un ballet de danse contemporaine imb*table - je pourrais citer "Nosferatus", un machin sans queue ni tête vu à Paris lors d'un moment d'égarement. En Russie, le classique prédomine, et à des tarifs défiant toute concurrence. Une place au 1er rang pour assister à un ballet réputé comme "Roméo et Juliette" revient à 35 euro, soit moins de 3 euro après la dévaluation du rouble. Mais attention : ce tarif s'applique uniquement aux russes (ou à ceux qui se font passer pour tels). Un couple d'américain venu chercher ses tickets à la caisse était par hasard devant moi : la place leur à coûté 75 dollars...Je pense personnellement que cette démocratisation de la culture est une excellente chose : nombre de famille manifestement en difficulté financière peuvent, grâce à cette politique, se payer du divertissement à moindre coût.Paupérisation généralisée
La libéralisation soudaine du marché et l'adoption d'un capitalisme sauvage comme politique économique après la chute du rideau de fer à bouleversé en profondeur la vie de tous les russes. Nombre d'entre eux vivaient en effet aux crochets de l'état, occupant des emplois inutiles et totalement improductifs. Quand les usines ont fermé, il a bien fallu se reconvertir ou sombrer dans la misère. La plupart des citadins ont trouvé des emplois dans le commerce ou l'artisanat (plombier, électricien... ces corps de métiers étant en plein boom). Pour d'autres la transition s'est faite dans la douleur, et l'on ne compte plus le nombre d'alcooliques, de drogués, de sans-abris qui hantent les faubourgs. Il n'y a quasiment pas de classe moyenne en Russie : soit l'on est très riches, soit l'on est pauvre et on lutte au quotidien pour subvenir aux besoins élémentaires, soit l'on est très pauvre et une dose quotidienne de vodka annihile toute volonté de s'en sortir. Moralité : seuls ceux doués d'un sens développé de l'adaptation s'en sortent. Des légions de SDF, d'orphelins, d'enfants en fugue et de gens du voyagent occupant les rues avec une notion toute relative du respect des lois, les autorités ont adopté des mesures radicales pour limiter les nuisances imputables à ces populations. Des camions les ramassent régulièrement dans la rue, et les emmènent dans la forêt à plus de 200 kilomètres de la ville. Le temps que tous ces gens revienent par leurs propres moyens, et la situation dans la ville redevient normale pour quelques semaines.
Retour à la terre général
Une des mesures socialement salvatrices de l'ère soviétique a été la création du lopin de terre, attribué à tout citoyen russe. Cette mesure a littéralement permis d'éviter le retour de la famine dans un pays ou la propriété privée était interdite et l'état chroniquement déficient. Un lopin de terre n'est pas très gros, mais permet bien souvent de nourrir une famille entière à l'année. Un abri de jardin construit sur place fait bien souvent qu'on y passe ses vacances, à cultiver cornichons, tomates et pommes de terre. Les transports en commun de Saint Pétersbourg voient ainsi défiler un flux constant de ruro-citadins faisant la navette entre leur appartement et leur lopin en campagne, et équipés de sacs-à-dos remplis d'outils ou de fruits et légumes divers et variés. Les plus adroits parviennent à revendre une partie de leur production, dont une grosse partie est mise en conserve pour permettre une consommation à l'année. Les bois sont également une source d'approvisionnement traditionnelle en Russie : baies et champignons sont récoltés par des armés de cueilleurs. Les pêcheurs sont légions. En hiver les journaux rapportent régulièrmeent des histoires de pêcheurs partis pêcher sur la banquise et se retrouvant, après avoir bien souvent abusé de la vodka, en perdition plusieurs jours durant sur un iceberg à la dérive !
Les conditions de vie des ruraux sont plus rudes : tout manque ! Le sucre vient en tête des produits dont le manque se fait cruellement sentir. Se procurer des vêtements, des provisions, des médicaments, etc, implique de faire des kilomètres jusqu'au bourg le plus proche. Pas facile à l'intersaison, quand les routes se transforment en bourbiers ! Et cela suppose également d'avoir un véhicule en état de marche... Vivre à la campagne présente toutefois quelques avantages :
- la criminalité y est limitée et peu organisée,
- produire sa subsistance est possible et permet même de faire des bénéfices si revente sur les marchés,
- on peut chasser / braconner sans trop de soucis,
- l'environnement y est plus agréable,
- se chauffer (au bois) en hiver par -35°C sans être tributaire d'un quelconque fournisseur est appréciable." suite/Ferfal 1998
18:16 | Lien permanent | Commentaires (188) | Tags : ferfal
15/07/2014
what else?
10:06 | Lien permanent | Commentaires (17)
