07/10/2016
Rubicon
"Ce matin, l'ambassadeur russe à Washington en rajoute une couche avec un tweet qui en dit plus long que tous les discours :
« Les Etats-Unis se demandent pourquoi la Russie envoie des S-300 en Syrie. Parce qu'on ne sait jamais quel soutien les terroristes peuvent recevoir ». La ligne est excellente et la flèche tombe en plein mille, mettant une fois de plus les Américains face à leurs contradictions.

La tension monte, atteint des niveaux rarement vus depuis la crise des missiles à Cuba et aucun des deux joueurs ne veut plus reculer. L'ours surtout, qui semble vouloir rester droit dans ses bottes et ne plus en partir, tandis que l'aigle virevolte de-ci de-là comme à son habitude, pris entre des courants contraires et attendant le résultat de la prochaine élection qui pourrait décider du chemin sur lequel s'engagera le monde. Temps incertains que nous vivons...
Aux menaces voilées (c'est le cas de le dire) américaines affirmant que "toutes les options sont sur la table", y compris bombarder l'armée d'Assad, Moscou a fermement répondu en envoyant plus de S-300 en Syrie. Poutine ne rigole plus. Le ministère de la Défense russe non plus qui a averti que les avions US pourraient être pris pour cible. La justification est délicieusement tournée : « Le personnel russe des systèmes de défense aérienne a peu de chances d'avoir le temps de déterminer les trajectoires exactes d'éventuels missiles et qui les a tirés.» En clair : on vous abattra.
De leur côté, les Folamour du Pentagone sont en mode rodomontade, avertissant de la possibilité réelle d'une guerre "totale, meurtrière" avec - sans surprise - la Russie, la Chine et l'Iran. L'argument est lui aussi sans surprise et très freudien : ces méchants pays sont agressifs avec nous et veulent nous détruire. L'hôpital qui se fout de la charité... Inutile évidemment de chercher ces déclarations incendiaires dans la presstituée de l'empire : puisqu'on vous dit que l'agresseur, c'est la Russie !
Au même moment, Poutine organise un exercice de simulation d'attaque atomique impliquant 40 millions de personnes et annule l'accord de coopération sur le plutonium (logique puisque Washington n'a respecté à peu près aucune de ses obligations sur l'équilibre nucléaire depuis 15 ans). A ce propos, un analyste russe y voit un ultimatum déguisé de Vladimirovitch à Barack à frites : la coopération reprendra si Washington annule les sanctions anti-russes, paie des dédommagements (!), réduit sa présence militaire en Europe orientale ou encore abolit la loi Magnitsky. Exigences représentatives d'un changement de ton tectonique : l'aigle ne fait plus peur et Moscou lui répondra désormais du tac au tac.
Cette inquiétante escalade s'accompagne heureusement d'anecdotes plus triviales, quoique participant également à la bataille de l'information et de l'image. Ainsi, le pont de Manhattan a vu hier se déployer une énorme banderole avec le portrait de Poutine en "faiseur de paix" avant d'être retirée par la police. Diantre, après avoir, selon la doxa impériale, hacké le parti Démocrate, soutenu Trump, financé les indépendantistes texans et pris parti pour la communauté noire américaine, voilà que Vlad l'empaleur fait sa pub au coeur même de l'empire !
Campagne états-unienne, justement. Paniqué devant la possibilité que Trump arrive au pouvoir et se rapproche de la Russie, le système néo-conservateur fait feu de tout bois. L'on apprend ainsi que Clinton a reçu une semaine à l'avance les questions qu'on allait lui poser lors du premier débat présidentiel. Rien n'est laissé au hasard...
Les faucons sont en plein émoi à mesure que la date fatidique approche, balançant entre l'espoir d'une victoire hilarante et la peur d'un succès du Donald. Si le vacuum actuel, sorte de ni-ni dans lequel les branches de la pieuvre impériale se déchirent presque au grand jour, n'arrange finalement personne, l'avenir est à quitte ou double pour l'empire : la guerre (Clinton) ou le désastre (Trump). Pas de quoi affoler Moscou qui attend tranquillement l'issue..."
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lire aussi les derniers papiers du Saker, plutôt sombres.
21:08 | Lien permanent | Commentaires (65)
05/10/2016
horresco referens
"Gilles Clavreul, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, et dont l'agenda n'est plus disponible sur le site internet du gouvernement, participait le 21 septembre au programme "Poursuite du dialogue: lutte contre l'antisémitisme par des moyens légaux ou autres [sic]" organisé à la grande synagogue de Paris par l'Association Internationale des Avocats et Juristes juifs (basée à Tel Aviv et l'European Jewish Fund du multimilliardaire Mosche Kantor. Outre des officiels israéliens et des représentants communautaires, participaient à ce programme Dominique Attias, vice batônière du barreau de Paris, l'ancien juge anti-terroriste JL Briuguière ou encore l'ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray." Faits et Documents, 1-15/10/2016.
"Au terme de dix mois de négociations, les Etats-Unis ont signé le versement de 38 milliards de dollars d'aide militaire à Israël pour la décennie 2019-2028. Plus important montant de l'histoire des aides militaires américains, cet accord représnete une augmentation de 8 milliards de dollars par rapport au précédent accord, dont 5 milliards pour des systèmes de défense anti-missile, dispositifs qui, il y a 3 ans, avaient déjà fait l'objet d'une rallonge (1.8 milliards pour les systèmes "Dome de fer", "Fronde de David" et "Arrow 3") votée par le Congrès. Bien que notablement en froid avec Barack Obama depuis l'accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015, le gouvernement de Benyain Netanyahou qui espérait entre 45 et 50 milliards de dollars, a finalement accepté ce montant, craignant une poursuite des négociations avec Donald Trump, jugé, malgré sa posture pro-israélienne, beaucoup trop imprévisible." Ibid.
22:28 | Lien permanent | Commentaires (11)
03/10/2016
NIMBY
Ça y est, me dira-t-on, le bourgeois se réveille et refuse la diversité qui pue et qui viole. Enfin patriotes après des décennies de trahison UMPS...
Mais que nenni, camarades, regardons comment on vote à louveciennes en 2015: 69% UMP+ 24% Union de la Gauche = 73% UMPS et seulement 8% patriote/FN (malgré tout)..
Ben oui, comme dit l'autre, vous êtes des ordures, vous sortez la tête du cul quand la merde déborde dans votre loft, le syndrome NiMBY, quoi, un classique: les barbares OK mais pas chez moi, on peut mettre à sac cette nation mais pas mon quartier bordel. Bande de culs!
Ou quand les cosaques sociologiques du système se prennent la botte du réel dans la gueule alors que ça fait des années qu'ils les payent, les sarkofion ou les Juppérou pour éviter ce genre de désagrément multicolore à leur progéniture de blondinets: les barbares oui mais chez les autres.
On a le droit de rigoler, pour une fois. C'est moche, bande de cocus foireux.
21:04 | Lien permanent | Commentaires (38)