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24/11/2013

six mois de cabane

cirque mortifère

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"(...) Un autre aspect de cette affaire, peut-être encore plus intéressant, est le fameux PPP (partenariat public privé) signé entre une société capitaliste italienne et des politiciens français, dont la plupart ont subitement et récemment été frappés d’amnésie.

Encore une fois, je vais me tresser des lauriers, car sans rien savoir sur cette affaire, mon intuition a bien été la bonne. Comme Mediapart l’a révélé, tout dans ce contrat est scandaleux, que ce soit dans son principe même ou dans la débauche technologique qu’il met en œuvre.

Quoi qu’on dise, tous les signataires politiques de ce contrat sont des pontes de l’UMP. J’espère qu’ils seront jugés. Honte à eux, honte à ce parti de nuisibles qui a déjà fait tant de mal à la France.

J’ai écouté attentivement l’une des coupables, NKM, sur France Inter l’autre matin (les équipes techniques terminent tout juste la réparation du parquet rayé par ses déplacements). Au lendemain de la révélation par Médiapart du contenu du contrat Ecomouv et de l’identité des signataires, elle qui était venue parler de son programme pour Paris (qui comme tout programme de campagne électorale, ne débouchera sur rien) était donc en quelque sorte sur le banc des accusés. Hargneuse. D’autant que la rivale que la presse lui a désignée, Anne Hidalgo, en avait profité pour enfoncer. Au passage, cela repose la question de la démocratie lorsque des mois avant le vote, on sait déjà que le maire de Paris sera o-bli-ga-toi-re-ment, quoi qu’on vote, Hidalgo ou NKM, simplement parce qu’à elles deux elles ont mille fois plus de couverture médiatique que tous les autres réunis. Bref.

NKM se fout de Paris et des Parisiens : elle ne considère la mairie que comme un tremplin vers l’Elysée, seul poste à ses yeux digne d’elle.

NKM est intelligente. Très. Elle n’a donc même pas l’excuse dont nombre de ses collègues peuvent se prévaloir, à savoir d’être trop cons pour comprendre ce qu’on leur fait dire ou signer. Non, ce qu’elle a approuvé, non seulement elle l’a compris, mais c’est parfaitement dans sa ligne : l’argent gagné par les entreprises privées est la chose la plus importante au monde. Tout argent gagné par le privé sur le dos du public est une victoire idéologique. Elle n’a même pas cherché à nier sa responsabilité, préférant tenter de mouiller sa rivale Hidalgo dans la même affaire.

Cela dit, elle a soulevé des objections tout à fait valables. Une simple taxe sur le carburant, comme j’avais suggéré dans mon précédent billet, se heurte à un détail pratique : les camions, en plus d’être conduits par des chauffeurs de plus en plus roumains, de moins en moins payés et de plus en plus exploités, embarquent des réservoirs de plus en plus gros : 1000 litres ou plus. Avec une consommation de 30 à 40 litres/100km, ils peuvent effectivement traverser la France sans y ravitailler.

Est-ce une raison pour abdiquer et se rendre à la logique capitaliste technoscientiste qui commande de mettre en œuvre un barnum informatisé délirant et hors de prix, dans le seul intérêt d’un groupe privé, étranger de surcroît?

Une chose est sûre, même si ce n’est pas simple, même s’il n’y a pas de solution idéale, on aurait pu réfléchir un minimum.

Tiens, la solution suisse : la vignette. Tout poids lourd circulant sur le territoire français devra s’acquitter d’une vignette écotaxe annuelle, indépendante du kilométrage parcouru. Il ne doit pas être très difficile de fixer son montant en fonction du gain financier annuel attendu, par exemple un milliard d’euros. On pourrait même en faire de plusieurs couleurs (locale, nationale, internationale…), et en moduler le prix en fonction de la taille du camion. Coût de mise en œuvre : insignifiant. Contrôles par la maréchaussée ou les gabelous, au même titre que les contrôles “normaux”. Rendement pour l’Etat : maximal.

Et même si des régions peuvent se sentir défavorisées par leur situation (comme la Bretagne), il serait possible de faire des péréquations entre régions.

Il est assez jouissif de voir que Copé et sa clique, ou encore Xavier Bertrand (qui, ne riez pas, a décidé d’être candidat en 2017 et attend son heure), qui ont réalisé que ce sont principalement Fillon et ses sbires (Pécresse, Baroin…) qui vont être éclaboussés dans le scandale (évidemment, ce sont eux qui étaient au gouvernement et qui signaient…) ont vu une lumière perfide (en même temps, “Copé”, “perfide”, scusez le pléonasme) illuminer leur regard et immédiatement décelé un potentiel électoraliste à cette bouffonnerie : ils se désolidarisent hypocritement (oui, je sais, “Bertrand”, “hypocrite”….) de leurs “camarades”. Alors que bien évidemment, l’ultralibéral Copé et l’ami des zentrepreneurs Bertrand auraient signé le truc des deux mains. Tout comme l’auraient fait les “socialistes”, il n’y a qu’à voir la triste et lamentable affaire de Notre-Dame-des-Landes.

Le problème il est toujours là : nous élisons des gens pour nous représenter ou défendre nos intérêts, et sitôt élus la plupart d’entre eux se comportent au contraire comme de gros enfoirés qui touchent de gros salaires (sinon de grosses commissions sur des comptes offshore) pour aller bouffer avec des lobbyistes et pondre des lois dans l’intérêt de ces lobbies, souvent même dictées par eux et qui sont totalement contraires à nos intérêts.

Comment des gens comme Sarkozy, Fillon, Borloo, NKM, Pécresse, Baroin, Mariani… ont-ils pu signer un contrat de plus de 1000 pages, rédigé par une armée d’avocats spécialisés, et qui contenait sans doute des centaines de clauses entubatoires, alors qu’il n’y avait même pas besoin de lire la première pour voir que tout était foireux ? Ultime bizarrerie, la signature finale a eu lieu le dimanche du second tour de la présidentielle de 2012… Ces gens sont soit des neuneus, soit des jobastres, soit des corrompus. Et l’un n’exclut pas l’autre. Que ces gens, tous à l’UMP, veuillent foutre Hollandréou dehors, c’est humain. Mais qu’ils osent se poser en recours, compte tenu de leur bilan apocalyptique (1 million de chômeurs et 600 milliards de dette supplémentaires) et de ce qu’on découvre ici, c’est tout simplement indécent.

Au début des années 2000, certains financiers avaient réussi à convaincre leurs semblables qu’il fallait écouter les écolos. Non pas qu’ils fussent écolos eux-mêmes, faut pas déconner, non plus. Mais ils avaient cyniquement réalisé que laisser l’environnement se dégrader inexorablement, et notamment le climat se réchauffer, allait coûter beaucoup plus cher que les mesures à prendre pour éviter l’apocalypse. D’où la prise de conscience du réchauffement climatique, la gloire éphémère du loser Al Gore, l’omniprésence de l’hélicologiste Hulot, et le cinéma de Sarkozy qui allait déboucher sur la comédie du “Grenelle de l’Environnement”, dont on se demande bien quelques années plus tard ce qu’il en est resté. Les sommets environnementaux se succèdent, avec leurs lots de déclarations la main sur le cœur, mais sans lendemain.

Pour le reste, c’est “business as usual”. Les politiciens font mine de se disputer sur les moyens de “favoriser le retour de la croissance”. Les uns, les libéraux, pensent qu’il suffit de laisser les riches devenir plus riches, de supprimer les impôts, les “charges”, les règlements et les fonctionnaires, pour que, de toute évidence, le monde aille mieux. Si ce n’était pas aussi dramatique, cela prêterait à sourire. Pourtant, c’est bien le courant de pensée qui a le vent en poupe.

Les autres, ce qu’on appelle “la gauche”, en sont restés aux schémas en vigueur dans les années 1950-60, pensant que de bons salaires, de bonnes retraites, de bonnes allocations, allaient pousser les gens à “consommer”, et à entraîner mécaniquement la production de bagnoles, de béton, d’électricité : la “croissance”.

Tous se trompent. Ça fait des années que je le hurle, ici et ailleurs : la seule solution possible, c’est la sortie de cette logique. Appelez ça comme vous le voulez, décroissance, objection de croissance, l’essentiel est d’arrêter ce cirque mortifère. (...) suite/source (une découverte ce blog, passionnant, via Infos du nain)

22/11/2013

Paths of Glory

21/11/2013

Banquarchie

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"J’ai failli publier un article bien plus dur, aux vu des révélations d’hier, mais comme ungros doute subsiste, il sera plus modéré.

Le contexte

Je dois dire un mot sur le Directeur du Trésor et sur la Direction générale du Trésor. C’est la direction fondamentale du ministère de l’économie. Elle réalise de nombreuses missions, comme :

  • élaborer les prévisions économiques pour la France et son environnement international et assure l’analyse et le conseil sur les politiques macroéconomiques et les questions économiques et financières européennes, en particulier en matière de coordination des politiques économiques ;
  • gérer la trésorerie et la dette de l’État
  • participer à l’élaboration et à la mise en œuvre de la régulation des institutions financières  [...] ainsi que de la politique de régulation de l’épargne de l’investissement et des marchés financiers et de la politique de financement des entreprises et du logement…

C’est donc d’elle que dépend la régulation financière du pays. C’est le haut lieu de la pensée néolibérale en France, comme l’a courageusement dénoncé Montebourg, avant de se faire piétiner par un  Moscovici sans amour propre – on ne touche pas à l’aristocratie !

Son directeur est presque un ministre-bis sur cs questions, et il influe énormément le ministre. Avec un autre Président, c’est lui qui aurait la charge de préparer une loi de séparation des activités bancaires, une taxe sur les transactions financières, une lutte drastique contre la spéculation, un renforcement de la réglementation, etc…

Or, j’avais signalé à la toute fin de ce billet cette information issue de deux brèves du Canard enchaîné du 30/10/2013 :

Agents doubles à Bercy

“Depuis des semaines, Hollande comme Ayrault ont de sérieux doutes sur la loyauté de certains hauts fonctionnaires de Bercy. Ils se demandent si une partie de leurs malheurs ne viendraient pas d’une sorte de double jeu que pratiquement ces personnes nommées par la précédente majorité.

Ils en veulent pour preuve ces fuites de Bercy lors de la préparation du budget, qui ont amené l’Élysée à en anticiper la présentation avec deux semaines d’avance. Des fuites qui concernent des projets authentiques, mais aussi bidon.

“Pendant dix ans, la droite a placé ses hommes aux postes clés” a tristement constaté Hollande, la semaine dernière.

Pas sûr que cela suffise à expliquer tous ces cafouillages…”

Purges en vue à Bercy

“Du coup, Hollande s’est mis en tête de resserrer les boulons à Bercy. Et, pour commencer, il veut remplacer au plus vite les directeurs du Budget et du Trésor, à la tête des plus importantes administrations.

Plus facile à dire qu’à faire : voilà déjà six mois que l’Élysée et Matignon cherchent un remplaçant à Julien Dubertret, nommé en 2011 à la Direction du Budget par Fillon, dont il avait été le conseiller à Matignon. Mais “Mosco” et Cazeneuve ne parviennent pas à s’accorder sur le nom d’un successeur.

Hollande a bien choisi Denis Morin, le dircab de Marisol Touraine, mais celle-ci rechigne car elle a déjà dû se séparer il y a un an d’un premier directeur de cabinet.

Viendra ensuite le tout de Ramon Fernandez, le directeur du Trésor nommé sous Sarko.”

Je moquais alors l’incapacité à trouver un remplaçant un minimum à ces deux personnes dans l’entourage du pouvoir.

Je m’imaginais surtout dénoncer à l’occasion le départ de M. Fernandez vers une de nos grandes banques – cas hélas désormais fréquent…

J’étais bien loin du compte…

La vrai/fausse ? rumeur

Le Canard enchainé d’hier indiquait :

“A défaut de s’attaquer aux ministres de Bercy, le chef de l’État est tombé d’accord avec le Premier Ministre pour virer les directeurs de deux des plus grosses administrations de la citadelle, à savoir le Budget et le Trésor. L’opération devrait avoir lieu rapidement, sans doute au Conseil des ministres du 4 décembre.

Le Directeur du Budget, Julien Dubertret, et celui du Trésor, Ramon Fernandez, devraient laisser respectivement leur place à Denis Morin et François Villeroy de Galhau. Le premier est l’actuel directeur de cabinet de Marisol Touraine, le second est directeur général délégué de la BNP et ancien dircab de DSK.”

Le Monde suivait rapidement :

“L’exécutif devrait prochainement annoncer le remplacement du directeur du Trésor, Ramon Fernandez, par François Villeroy de Galhau, ainsi que celui du budget, Julien Dubertret, par Denis Morin, selon les informations du “Monde”, confirmant celles du “Canard enchaîné”.”

Le démenti

Le sujet a rapidement buzzé, mais François Villeroy de Galhau a opposé un démenti via les Echos :

“François Villeroy de Galhau, actuel directeur général délégué de BNP Paribas et ancien haut fonctionnaire, a en revanche démenti quitter ses fonctions. « Je découvre cette rumeur. C’est la n+1-ième rumeur me concernant. Elle n’a pas plus de crédibilité que les n précédentes, qui se sont toutes avérées sans fondement », a-t-il déclaré.”

Le gouvernement est resté dans le flou :

“A l’issue du conseil des ministres, la porte parole du gouvernement Najat Vallaud Belkacem a pour sa part été plus évasive. « Il n’y a ni confirmation ni infirmation, ce n’était pas à l’ordre du jour du Conseil des ministres » a déclaré la porte-parole, interrogée lors de son point-presse hebdomadaire sur ces éventuels changements. « Ce sont pour l’instant des supputations », a-t-elle assuré.” [Les Echos]

Mobilisons-nous !

Confier la Direction du Trésor à BNP-Paribas revient à confier le ministère du Budget à Jérôme Cahuzac la lutte contre l’alcoolisme aux alcooliques.

Indépendant de la probité de l’homme que je ne critique pas, on ne peut laisser un soupçon pareil peser sur un tel poste – les Romains avaient même un adage disant que “la femme de César ne doit pas pouvoir être soupçonnée. Et pour avoir vu les agissements de ce Monsieur à l’œuvre durant la réforme bancaire, je peux dire – en restant vague pour ne pas risquer la diffamation – que si j’avais, certes après une soirée vraiment très très très très arrosée, décidé de confier le Trésor à un banquier, il ferait partie des 2 ou 3 noms que j’écarterais immédiatement.

Il a donc démenti – assez mollement, sans indiquer que le poste ne l’intéressait pas -, un peu comme une entreprise dément une fusion juste avant une fusion.

Quoi qu’il en soit,  pour que le Canard sorte cette information, et que le Monde la ressorte en indiquant “confirmer” les propos du Canard, c’est que les journalistes ont forcément eu confirmation de personnes très haut placées à Bercy, Matignon et/ou l’Élysée. Ce n’est pas juste une rumeur sortie d’on ne sait où…

Et donc, que cela se fasse ou pas, on est sûr d’une chose : de très hautes personnes de l’appareil d’État ont en tous cas songé à le nommer, ce qui est gravissime, et constitue pour moi une forfaiture. Personnes n’ayant clairement pas le moindre sens de ce qu’est un symbole.

Et ces symboles sont bafoués en permanence, comme le rappelle La Tribune dans ce papier – hélas bien loin d’être exhaustif…

Une telle nomination serait – je pèse mes mots – catastrophique pour l’État. Déjà que la proximité est incroyablement forte, comme je l’ai montré dans ce billet circonstancié, on livrerait ici directement les clés de ce qu’il reste d’État aux banques.

Cette situation qui remet à l’ordre du jour la problématique du pantouflage – déjà dénoncé sous Sarkozy avec l’affaire Pérol – et nous oblige donc à une grande vigilance, mais aussi à une mobilisation pour lutter contre ces dérives anti-républicaines.

Je vous propose donc de vous mobiliser via la pétition dans le billet suivant… C’est vraiment très important de faire buzzer ce sujet – autant suspendre le blog si un tel homme arrive aux commandes."

olivier Berruyer/blog Les crises

20/11/2013

2+2=5

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Faux amis.

"Directeur de Valeurs Actuelles, depuis quelques mois, Yves de Kerdrel, précédemment journaliste économique au Figaro, est un pur conservateur atlantiste: Young leader de la French American Foundation 2005, il a participé à la réunion annuelle du Bilderberg group en 2009. Rappelons que l'ancien propriétaire de Valmonde, Marc Ladreit de Lacharrière, a longtemps présidé la section française du Bilderberg group." Faits et documents, 15-31/10/2013.

NB: Emmanuel Ratier parle de "conservateur" au sens de conservateur culturel...mais Kerdrel est un  libéral économique...rappelons ici l'unicité de la doctrine libérale qui fait de ces libéraux économiques (Valeurs Actuelles, Figaro) les alliés naturels et objectifs des libéraux culturels (Inrockuptibles, Libération), malgré les apparences.

Vraie misère.

""Fin septembre, devant la commission de la Défense, Gérard Amiel, le PDG de Renault Trucks Defense (qui appartient à Volvo depuis 2001), a révélé que prés de 850 VAB, soit le quart du parc français, étaient inutilisables, faute de moyens pour les remettre en état." Ibid.

Miniver.

"Bertrand Delanoë. Dans son obsession du métissage interracial et interculturel, la maire de Paris vient de faire débaptiser la Bibliothèque Mouffetard au profit de la Bibliothèque Mohamed Akroun, du nom de cet historien musulman spécialiste de l'islam. Comme si "la Mouff'" ne disait plus rien aux parisiens."  Faits et Documents 1-15/10/2013

Laïcité talmudique UMPS.

"Se revendiquant comme strictement laïc, le premier ministre a participé, le 8 septembre, à la célébration de Roch Hachana, le nouvel an juif, chez l'écrivain Marek Halter. Étaient également de la partie d'autre ministres tout aussi laïcs comme le ministre des Finances et de l'Economie Pierre Moscovici, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls ("lié de manière éternelle à Israël") et sa femme Anne Gravoin, la tête de liste socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg, Bernard Kouchner et Christine Ockrent, Christiane Taubira,  mais aussi les UMP Frédéric Lefebvre,  Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Roselyne Bachelot, le centriste François Bayrou et quelques autres, Pascal Bruckner, Gérard Miller, Yves Thréard, Philippe Sollers, Martin Hirsh." Ibid.


podcast

NB: réponse à Eden (je n'arrive pas à la poster en commentaire):

 

salut Eden! (martin?)

ouais, c’est un vieux débat mais toujours d'actualité

"mais en quoi le libéralisme économique sous entendrait de facto l'adhésion au libéralisme culturel et sociétal ?"

bonne question. A laquelle répond Michéa qui montre l'unicité profonde du libéralisme: à la raison marchande du libéralisme économique répond la rationalité juridique du libéralisme culturel. Les libéraux culturels ("gauchistes") et économiques ("droitards") partagent la même anthropologie individualiste et nominaliste d'émancipation et de désaffiliation générale.

"Quel penseur libéral a pris parti en faveur du mariage homo, de l'immigration invasion ou de la soumission géopolitique à des intérêts étrangers ?"

Formellement aucun bien sûr d'autant qu'à leur époque, le mariage homo, l'immigration de masse et l'abandon de souveraineté n'avaient aucun sens..Disons que c'est cette logique libérale d'autonomie (versus l'hétéronomie religieuse ou la tyrannie du despote) qui a sans doute produit nos sociétés contemporaines ne reposant plus que sur le marché extensif (jusque dans les familles et l'intimité) et le droit procédural extensif (soumis aux lobbies et aux modes) à l'exclusion de toute valeur normative morale, philosophique ou religieuse (toujours susceptibles de réveiller la guerre civile idéologique ou religieuse): privatiser ces "valeurs civilisationnelles communes" (Aristote) et instaurer un état "axiologiquement neutre" fut la réponse historique des penseurs des Lumières à la terreur des guerres de religion et à la crainte de la mort violente.

 "Le libéralisme n'est ni l'absence de règles morales, ni la renonciation à toute souveraineté."

Dans l'esprit des auteurs libéraux sans doute, dans nos sociétés modernes, il faut chercher ces "valeurs morales" dans la seule recherche du meilleur intérêt ou dans les eaux glacées du calcul intéressé (Marx). Quant à la souveraineté, c'est celle du marché et du droit à plus de droits...

"Et puis en quoi Valeurs Actuelles est-il un journal libéral ?"

VA est le journal de la bourgeoisie libérale "de droite" (qui peste contre l'immigration de masse et les fonctionnaires mais agiote pour gagner quelques % sur un PEA) comme le Nouvel Obs est le journal de la bourgeoisie libérale "de gauche" qui défile pour régulariser des clandestins (armée de réserve industrielle du Capital) mais conchie Monsanto et la logique capitalistique globale à l’œuvre...cohérence, cohérence...Finalement, plus d'immigration de masse, c'est plus de GPA et plus de mariage homo c'est plus de délocalisation...

Ces deux logiques en apparence antagonistes sont au contraire profondément complémentaires dans la destruction des structures de sens des communautés traditionnelles encore largement organisées par ce que Michéa ou Orwell nommaient "common decency", ie la logique du don et du contre-don, les solidarités organiques et naturelles, l'échange non-marchand, des usages et traditions, bref tout ce que fait disparaitre cette logique du profit.

Au passage, signalons le contresens habituel des libéraux qui pestent contre l'extension sans fin des prérogatives étatiques sans comprendre que celle-ci répond précisément à la dissolution de tout ce filet de solidarités traditionnelles et d'entraide ordinaire qui structurait et structure encore largement les communautés humaines (comment garder papi impotent quand la famille a été recomposée 4 fois et que papi a fait chier tout le monde pendant 30 ans avec sa golf cabriolet et ses vacances à Marrakech?): plis de droits, c'est plus de dépendance et plus d'Etat!!

"N'est ce pas précisément le contraire du libéralisme ?"

en théorie oui, la contradiction venant du fait que le libéralisme n'est qu'une belle utopie car pour vivre ensemble en paix, les hommes doivent partager des valeurs civilisationnelles communes (comme l'avait dit aristote il y a 2300 ans..) sinon, c'est la guerre civile:

« L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation. Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C'est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre. » (Aristote, Politique, Livre V)

Sinon, pour comprendre la logique intime de la vague bleue/libérale qui déferle depuis plus de deux siècles, il n’est pas trop tard pour relier le jeune Marx:

« La bourgeoisie…partout ou elle a conquis le pouvoir, a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissaient l’homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du paiement au comptant. Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité naïve dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substituée aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. La bourgeoisie a dépouillée de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque là pour vénérables et qu’on considérait avec un sain respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages. La bourgeoisie a déchiré un voile de sentimentalité qui recouvrait les situations de famille et les a réduites à n’être que de simples rapports d’argent…

[…] La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les conditions de la production, c’est-à-dire tous les rapports sociaux ; Tous les rapports sociaux, traditionnels et figés, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés, enfin, d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés. Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations ; Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale, Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore tous les jours. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production : elle les force à introduire chez elles ce qu’elle appelle civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image. La bourgeoisie supprime de plus en plus l’émiettement des moyens de production, de la propriété et de la population. Elle a aggloméré la population, centralisé la production, et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La conséquence fatale de ces changements a été la centralisation politique. Des provinces indépendantes, tout justes fédérées entre elles, ayant des intérêts, des lois, des gouvernements, des tarifs douaniers différents, ont été réunies en une seule nation, avec un seul gouvernement, une seule loi, un seul intérêt national de classe, derrière un seul cordon douanier… » Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, 1848.

A vous lire, Eden.

J'en parle ici aussi:http://hoplite.hautetfort.com/tag/lib%C3%A9ralisme