31/03/2012
Europe Potemkine
« « Moi je dis qu’il faut faire l’Europe avec pour base un accord entre Français et Allemands. (…) Une fois l’Europe faite sur ces bases (…), alors, on pourra se tourner vers la Russie. Alors, on pourra essayer, une bonne fois pour toutes, de faire l’Europe tout entière avec la Russie aussi, dut-elle changer son régime. Voilà le programme des vrais Européens. Voilà le mien ». Charles de Gaulle (1949)
Les peuples européens ont à faire face à “un Islam que sa force encore indomptée pousse de ses territoires surpeuplés vers l’Europe”, à une concurrence économique “des peuples d’Extrême-Orient” et enfin à “une Amérique qui les aliène culuturellement”, “qui les rackette économiquement” et “qui les vassalise politiquement”. Jordis Von Lohausen dans la postface écrite en 1995 de Les Empires et la puissance.
(...) Une Europe des européens, par et pour les européens
Pour renaître l’Europe devra rompre avec l’homogénéisation destructrice, le fonctionnalisme, l’obsession normative, son impéritie diplomatique, sa naïveté économique, sa bureaucratie soviétoïde, sa sujétion face aux puissances d’argent et aux forces mondialistes, sa crédulité désarmante dans tous les domaines, en deux mots avec son inaptitude chronique. Autant dire qu’il y a beaucoup, beaucoup de travail ! Les peuples et les Nations qui la composent devront recouvrer leur liberté, en clair leur souveraineté. Toutes les alliances, toutes les coopérations devront être promues et encouragées. Une Europe des cercles concentriques se dessinera probablement de façon intuitive et spontanée, en fonction d’intérêts bien compris et partagés basés sur des considérations diverses (proximité linguistique, géographique, psychologique etc). L’Europe devra développer une économie de puissance dans le cadre de stratégies permettant de faire face à la concurrence déloyale et faussée émanant des autres espaces civilisationnels. Des agences européennes (réellement européennes celles-là contrairement à Airbus!) devront exister dans tous les secteurs primordiaux.
L’Europe devra toujours avoir à l’esprit qu’elle doit lutter contre : la submersion migratoire, l’hiver démographique, le déracinement, le libéralisme hors-sol, la Haute finance transnationale, l’hédonisme consumériste, l’absence de sensibilité artistique et de curiosité scientifique, les menaces extérieures de toutes sortes. L’Europe devra toujours avoir à l’esprit qu’elle doit assurer : l’approvisionnement énergétique des peuples en développant les partenariats intra-européens (inter-continentaux faute de mieux), la prospérité en choisissant autant que possible de privilégier les accords économiques entre pays européens (“l’Europe de Reykjavik à Vladivostok”), l’auto-suffisance alimentaire, une agriculture respectueuse des sols et du cycle des saisons, relocalisée et favorisant la réémergence des petites exploitations, une industrie variée et forte et enfin un système de santé gratuit et performant (autant que cela est possible pour la gratuité). L’Europe devra concentrer des efforts particuliers dans le domaine de la Recherche (fondamentale et appliquée), la technologie de pointe, l’aérospatiale, l’aéronautique, la chirurgie de haute précision, le nucléaire de quatrième génération et bien évidemment l’armement (conventionnel ou non).
Européens nous avons du pain sur la planche ! Haut les cœurs ! »
Maurice Gendre/ Enquête et débats.
20:10 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : maurice gendre, urope
30/03/2012
sécession
"(...) Au Montana, l'écrivain Jim Harrison, l'auteur des Légendes d'automne, m'a dit: "La cupidité est devenue la première valeur américaine. L'avidité et l'agressivité aussi. Je sens aujourd'hui un degré d'hostilité incroyable, du jamais vu dans ce pays. Tout le monde se méfie de tout le monde et l'Amérique est devenue ingouvernable. Et pendant ce temps-là, la plupart des gens détestent leur boulot et mènent des vies dénuées de toute substance".
En Arizona, par une chaleur accablante, la romancière et militante écolo Lydia Millet était au bord des larmes en évoquant les ravages du changement climatique sur le sud-ouest des Etats-Unis. "Toute la région, jusqu'à Los Angeles, dépend du Colorado qu'on exploite excessivement. On épuise sa nappe phréatique. Si nous ne parvenons pas à maîtriser rapidement les techniques de désalinisation de l'océan, on court à la catastrophe. La couverture neigeuse des Rocheuses diminue d'année en année. Or c'est elle qui approvisionne en eau le fleuve dont le débit se réduit. Le lac Mead, qui alimente Las Vegas, a 50% de chances d'être à sec dès 2021; le lac Powell -le fournisseur de l'Arizona et de l'Utah- est à moitié vide. Les parcs nationaux sont menacés, les forêts et les poissons de rivière seront décimés, il n'y aura plus de tourisme. Ces vingt prochaines années, la région va connaître de terribles périodes de sécheresse. Les Etats se disputeront les ressources aquifères parce que le Colorado ne pourra plus tous les alimenter et que leurs populations vont encore augmenter".
En Arizona, état criblé de dettes depuis la chute du marché immobilier, l'air sent la poudre. A cause des migrants clandestins mexicains qui sont de plus en plus nombreux à transiter par les plaines arides du désert de Sonora, les tensions se multiplient sur fond de bouleversements démographiques et ethniques inédits : la population latino a triplé en Arizona ces vingt dernières années, elle est jeune et représente 57% des moins de 20 ans alors que les seniors sont blancs à 83%. D'ici 2020, elle sera majoritaire. Globalement, un Américain sur six est désormais d'origine hispanique et en 2042, la population sera majoritairement non blanche. "Beaucoup d'Américains ont le sentiment que leur monde est menacé. Ils ont peur, m'a dit Fareed Zakaria, l'éditorialiste vedette de Time Magazine. Cette nouvelle Amérique désarçonne l'Amérique rouge, les classes moyennes blanches du sud et de l'ouest du pays qui dominent la politique américaine depuis les années 1970 et l'effondrement des vieux bassins industriels du nord".
Il y a quelque chose de pourri et de brisé dans l'Amérique que j'ai sillonnée, une Amérique confuse, incohérente et angoissée dont le passé est trouble, l'avenir incertain et le présent fâcheux. Un grand malaise, un spleen américain."
10:38 | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : amérique, sécession
29/03/2012
populisme vs compassion
« (…) La meilleure façon de comprendre les conflits culturels qui ont bouleversé l’Amérique depuis les années 60 est d’y voir une forme de guerre des classes, dans laquelle une élite éclairée (telle est l’idée qu’elle se fait d’elle-même) entreprend moins d’imposer ses valeurs à la majorité (majorité qu’elle perçoit comme incorrigiblement raciste, sexiste, provinciale et xénophobe), encore moins de persuader la majorité au moyen d’un débat public rationnel, que de créer des institutions parallèles ou « alternatives »dans lesquelles elle ne sera plus du tout obligée d’affronter face à face les masses ignorantes. »
« (…) De nos jours, la croyance est largement répandue, du moins chez les membres de la classe charitable [éprise de l’idéologie de la compassion] que les normes sont, par essence, oppressive, que, bien loin d’être impersonnelles, elles exercent une discrimination contre les femmes, les Noirs et les minorités en général. On nous dit que les normes reflètent l’hégémonie culturelle des DWEM (dead white european males/ hommes européens blancs et morts). La compassion nous oblige à reconnaître l’injustice qu’il y a à les imposer à tous les autres.
Quand l’idéologie de la compassion mène à ce type d’absurdité, il est temps de la remettre en cause. La compassion est devenue le visage humain du mépris. Autrefois la démocratie sous-entendait l’opposition à toutes formes de normes inégales. Aujourd’hui nous acceptons les normes inégales –comme toujours elles anticipent la citoyenneté à deux vitesses- au nom du souci humanitaire. Comme nous avons renoncé à l’effort d’élever le niveau général de compétence, -ce qui était la signification ancienne de la démocratie- nous nous satisfaisons de l’institutionnalisation de la compétence dans la classe charitable, qui s’arroge la tâche de s’occuper de tous les autres.
Dans l’idée que je m’en fais, le populisme souscrit sans équivoque au principe du respect. C’est entre autres pour cette raison que l’on doit préférer le populisme au communautarisme, trop prompt au compromis avec l’Etat providence et à adhérer à son idéologie de la compassion. Le populisme a toujours rejeté une politique fondée sur la déférence aussi bien que sur la pitié. Il est attaché à des manières simples et à un discours simple et direct. Les titres et autres symboles d’un rang social éminent de l’impressionnent pas, pas plus que les revendications de supériorité morale formulées au nom des opprimés. Il rejette une « option préférentielle pour les pauvres » si cela signifie traiter les pauvres comme les victimes impuissantes des circonstances, les exempter de toute possibilité d’être tenus pour responsables, ou bien excuser leur faiblesse au motif que la pauvreté porte avec elle une présomption d’innocence. Le populisme est la voix authentique de la démocratie. Il postule que les individus ont droit au respect tant qu’ils ne s’en montrent pas indignes, mais ils doivent assumer la responsabilité d’eux-mêmes et de leurs actes. Il est réticent à faire des exceptions ou à suspendre son jugement au motif que « c’est la faute à la société ». Le populisme est enclin aux jugements moraux, ce qui, de nos jours, semble en soi péjoratif, marque suffisante de l’affaiblissement de notre capacité à juger de manière discriminante par le climat moral de « souci » humanitaire. »
Christopher Lasch, La révolte des élites, 1995.
Lire aussi ce billet de Drac, bien éclairant:
"(...) Commençons par rappeler que l’Union Européenne n’est ni unie, ni européenne. Elle n’est pas unie, et les tensions récentes entre ses membres ont bien montré que c’était plus un conglomérat d’intérêts cherchant péniblement à se coordonner qu’une union en bonne et due forme. Et elle n’est pas européenne, puisque ses instances dirigeantes sont, en pratique, conditionnées par une infernale industrie du lobbying dans laquelle excellent les principaux concurrents géostratégiques de l’Europe, c’est-à-dire les anglo-saxons.
En pratique, l’Union Européenne n’est, pour l’instant, que la courroie de transmission du mondialisme sous dominance anglo-saxonne. La mise sous tutelle des budgets nationaux signifierait concrètement que le Pouvoir, dans la sphère économique, achève d’échapper au suffrage populaire, et qu’il se concentre entièrement entre les mains des grandes multinationales, et principalement, en dernière analyse, entre les mains des acteurs les plus puissants de la haute finance occidentale. En gros, c’est la dictature des banques.
La solution réside dans la révolte des peuples. J’espère, pour notre avenir à tous, que cette révolte sera européenne, et pas simplement française. Mon analyse est que la clef de l’histoire se trouve en Allemagne : combien de temps les Allemands accepteront-ils, en gens trop disciplinés qu’ils sont, de marcher au pas vers l’anéantissement programmé de leur propre nation, et avec elle, de tout le continent européen ? Dans quelle mesure les élites allemandes sont-elles devenues incapables de penser un destin autonome face à leur conquérant anglo-saxon ? Voilà les questions que je me pose avant tout. Je l’avoue, je pense que si nous devons avoir une chance de changer le cours de l’histoire, en Europe, cela partira de France, de la révolte française… mais si cette révolte ne passe pas le Rhin, elle échouera. Voilà mon analyse.
Quant au protectionnisme, c’est évidemment nécessaire. Encore faut-il que cela soit fait autant que possible à la bonne échelle, qui est à mon avis européenne, et intelligemment, c’est-à-dire de manière coordonnée avec une Chine qui, au demeurant, est en train de développer, à présent, son marché intérieur. D’une manière générale, l’espoir aujourd’hui vient de l’Est. Le temps est passé, où l’Amérique était pour nous une solution, et l’Est une menace. Tout s’est inversé. Et tout restera inversé, à moins que le peuple américain ne parvienne à se débarrasser de la bande de dingues, de corrompus et de traîtres qui lui sert présentement de classe dirigeante."
*****************************************************************************Invitation Printemps des bloggeurs.pdf
^^ on lit Hoplite à LCI...mais comme disait Debord:« Nous ne pouvons construire que sur les ruines du spectacle »...pas le moment d'y participer.
22:06 | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : christopher lasch, michel drac, populisme
riding the dragon
cette scène du bar/starbuck avec MJ Croze en junkie m'a hanté pendant des années. exceptionnellement belle. c'est comme ça. riding the dragon..
14:54 | Lien permanent | Commentaires (6)
28/03/2012
we don't pay mooks!
I'm not paying, because this guy's a mook!! ha ha! quelle époque.
22:26 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mean streest
no mercy
"La gauche caviar/kérozène prend ses précautions. Selon le site d'informations financières Wansquare, Elisaberth Badinter, qui est la fille du fondateur de Publicis, Marcel Bleustein-Blanchet, a cédé "il y a quelques jours sur le marché, à l'occasion de deux transactions différentes, un peu plus de 450 000 actions (NDA: soit 0.25% du capital) du groupe Publicis, pour un montant total de 18,43 millions d'euros". C'est-à-dire avant l'instauration de la nouvelle tranche de 75% d'imposition au dessus de 1 million de revenus annuels annoncée par François Hollande." Faits et documents 15-31/03/2012.
"Grand écart. La "chasseuse de nazis" Beate Klarsfeld, fille d'un soldat de la Wehrmacht et épouse de l'avocat Serge Klarsfeld, figure plus qu'éminente de la communuaté juive en France, sera la candidate, le 18 mars, de Die Linke (en gros l'ancien parti communiste et l'extrême gauche) à l'élection du nouveau président de l'Allemagne (à la suite de la démission forcée de Christian Wulff le 17 février). En France, elle, et son mari et fils, le vibrionnant Arno Klarsfeld, ont pourtant officiellement fait savoir qu'ils soutenaient Nicolas Sarkosy et non François Hollande, et encore moins Jean-luc Mélenchon du Front de Gauche, véritable homologue français de Die Linke." Ibid.
21:58 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : mafia klarsfeld, badinter
lumpen progressiste
"Ecoutez, dans une affaire comme celle-là, la détresse du père, on peut peut-être la comprendre aussi." Pour lui, "il faut comprendre comment un jeune homme comme ça, de la banlieue toulousaine, peut s'engager dans une telle dérive criminelle, après avoir croisé dans son parcours, plusieurs fois, la police et la justice". Pierre Laurent, secrétaire général du PCF
As usual, pas un mot pour les familles des victimes du franco-algérien (et informateur de la DCRI?) Merah et compassion à peine voilée pour le père* d'un tueur de petite fille (photo la petite myriam, coursée dans la cour de son école et abattue à bout portant)...réaction trés symptomatique de l'imaginaire progressiste de nos modernes à plusieurs titres:
-Laurent, comme d'autres enflures Strausskahninnes de Terra Nova, a compris que le socle électoral du PCF, du PS, et globalement des partis progressistes "de gauche" n'a plus grand-chose à voir avec celui de l'aprés-guerre et des 30 glorieuses: les milieux ouvriers et populaires et les classes moyennes d'origine européenne ne votent plus que marginalement à gauche et ont reporté leur vote sur l'UMP, l'abstention et surtout le FN. PS et PC ont parfaitement analysé cette évolution et ont compris que la seule façon de reconstituer un réservoir électoral stable était d'essayer de capter le vote "jeune", le vote "féminin" et le vote "immigré". Hors de question, donc, de perdre une occasion de récupérer l'électorat muzz (ce nouveau prolétariat) au moment ou la trés grande majorité de la clique politique montre sa réprobation de l'intégrisme musulman, à bon droit.
-le pauvre Laurent est comme ses épigones progressistes, consciemment ou non, littéralement fasciné par la racaille, ses figures de légendes (de Tony Montana à Merah en passant par "Un prophète"), ses codes de petites frapes analphabètes, ses pseudo-valeurs de mafieux ("respect msieu!"), son imaginaire dérisoire ("faire de la thune"), son vocabulaire appauvri de sous ghetto noir, son aptitude innée à transgresser les règles et les lois et à se comporter comme le dernier des chacals, autant de choses qui font écho (en bien) chez tout progressiste conséquent à cette injonction permanente faite à chacun de dépasser ses limites (et celle de la société) et de transgresser tout ce qui peut, à un moment donné, avoir une valeur normative quelconque ("faire tomber les derniers tabous", "dépoussierer les vieux montages normatifs", etc.). Marx avait eu quelques phrases définitives sur ce lumpenprolétariat** composé des êtres les plus vils car capables de s'attaquer aux classes populaires et d'être instrumentalisés par l'oligarchie bourgeoise,
-sur le fond, cela illustre parfaitement la trés grande confusion de nos modernes progressistes (de droite comme de gauche, tous ralliés à l'imaginaire du capitalisme globalisé et tétanisés par tout regard en arrière), bien incapables (si tant est qu'ils le veuillent) de s'appuyer sur quelques valeurs normatives que ce soit pour condamner ces actes criminels. Sur quoi, en effet (sur quelles valeurs morales, philosophiques ou religieuses par essence étrangères à l'univers juridico-marchand de nos modernes) pourraient-ils s'appuyer pour condamner de tels actes? Sade, figure emblématique de cette "gauche" acquise à cet imaginaire de nomade transgenre subventionné par Bouygues et Motorola, gauche qui, de fait, a renonçé, consciemment ou pas, à toute critique sociale et à toute défense des gens ordinaires et d'un certain conservatisme ("empêcher que le monde ne se défasse" ,Camus, Discours de Suède), symbolise comme l'explique trés bien Michéa dans sa préface à l'ouvrage de Lasch (La culture du narcissisme), cette hubris moderne de destruction de tout ce qui pourrait d'une manière ou d'une autre, limiter cette injonction à l'émancipation de toute contrainte et à la satisfaction de tous les désirs:
"Naturellement, à partir du moment où l’on reconnaît que le système capitaliste porte en lui — comme la nuée l’orage — le bouleversement perpétuel des conditions existantes, un certain nombre de conséquences indésirables ou iconoclastes ne peuvent manquer de se présenter. Sous ce rapport, l’un des passages les plus dérangeants de La Culture du narcissisme demeure, de toute évidence, celui où Lasch développe l’idée que le génie spécifique de Sade — l’une des vaches sacrées de l’intelligentsia de gauche — serait d’être parvenu, « d’une manière étrange », à anticiper dès la fin du XVIIIe siècle toutes les implications morales et culturelles de l’hypothèse capitaliste, telle qu’elle avait été formulée pour la première fois par Adam Smith, il est vrai dans un tout autre esprit. « Sade — écrit ainsi Lasch — imaginait une utopie sexuelle où chacun avait le droit de posséder n’importe qui ; des êtres humains, réduits à leurs organes sexuels, deviennent alors rigoureusement anonymes et interchangeables. Sa société idéale réaffirmait ainsi le principe capitaliste selon lequel hommes et femmes ne sont, en dernière analyse, que des objets d’échange. Elle incorporait également et poussait jusqu’à une surprenante et nouvelle conclusion la découverte de Hobbes, qui affirmait que la destruction du paternalisme et la subordination de toutes les relations sociales aux lois du marché avaient balayé les dernières restrictions à la guerre de tous contre tous, ainsi que les illusions apaisantes qui masquaient celle-ci. Dans l’état d’anarchie qui en résultait, le plaisir devenait la seule activité vitale, comme Sade fut le premier à le comprendre — un plaisir qui se confond avec le viol, le meurtre et l’agression sans freins. Dans une société qui réduirait la raison à un simple calcul, celle-ci ne saurait imposer aucune limite à la poursuite du plaisir, ni à la satisfaction immédiate de n’importe quel désir, aussi pervers, fou, criminel ou simplement immoral qu’il fût. En effet, comment condamner le crime ou la cruauté, sinon à partir de normes ou de critères qui trouvent leurs origines dans la religion, la compassion ou dans une conception de la raison qui rejette des pratiques purement instrumentales ? Or, aucune de ces formes de pensée ou de sentiment n’a de place logique dans une société fondée sur la production de marchandises. »
source (Michéa, préface à La culture du narcissisme de C Lasch)
* repris de justice notoire lui aussi (condamné en 2000 et 2001 à 5 ans de prison ferme en France pour trafic de stupéfiants et subornation de témoins).
**"Le lumpenprolétariat, dans toutes les grandes villes, constitue une masse nettement disctincte du prolétariat industriel; pépinière de voleurs et de criminels de toute espèce, vivant des déchets de la société, individus sans métiers avoués, , rodeurs, gens sans aveu et sans feu différents selon le degré de culture de la nation à laquelle ils appartiennent, ne démentant jamais le caractère de Lazaroni, (...) cabales des actes de banditisme les plus crapuleux et de la vénalité la plus infâme" (Les luttes des classes en France, 1850).
14:29 | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : lumpenprolétariat, marx, laurent, michéa, racailles, bourgeoisie
26/03/2012
belladasemana
Ca change de Michéa, je vous sens fatigués^^
09:46 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : belladasemana






