"Le 16 septembre 2014, en fin d’après-midi. Près de la dalle Kennedy, quartier Villejean, à Rennes, trois policiers de la brigade anticriminalité (Bac) remarquent un homme de 21 ans, avec un sac.
Selon eux, il « semble nerveux » et « presse le pas ». Les policiers décident de contrôler son identité et découvrent, dans son sac, 1,5 kg de cannabis.
L’homme était jugé ce lundi au tribunal correctionnel de Rennes. Son avocat, Me William Pineau, conteste la procédure : « Juridiquement, ce contrôle n’était pas justifié, et toute la procédure qui s’ensuit non plus, par voie de conséquence. »
Le procureur estime le contrôle justifié. Il requiert un an de prison dont 6 mois avec sursis.
Le tribunal accède aux requêtes de l’avocat et annule l’ensemble de la procédure : le prévenu est relaxé." source
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lol!
17/10/2014
doux commerce

A partir de 1970, un changement majeur se produit, qui devient tout à fait visible dans les années 1980 : les 10 % de riches commencent à s’approprier 80 % de la richesse, et seulement 20 % de celles produites chaque année reviennent aux 90 % restants. Cette période correspond à l’hégémonie du capital financier, ce que David Harvey a appelé l’accumulation par dépossession ou pillage.
Mais quelque chose d’extraordinaire s’est produit à partir de 2001. Non seulement les plus riches raflent tout mais, depuis 2008, s’accaparent également d’une partie des biens des autres (les 90 %), comme leur épargne ou leurs biens. Comment appeler un tel mode d’accumulation ? C’est un système qui n’est plus en mesure de reproduire les rapports capitalistes, car il consiste à voler. Le capitalisme extrait de la plus-value et accumule des richesses (même par dépossession), tout en généralisant les relations capitalistes, et, pour cela, s’appuie sur le travail salarié, et non sur l’esclavagisme (je dois ces réflexions à Gustavo Esteva, qui les a formulées à l’époque de la petite école zapatiste et lors d’échanges ultérieurs).
Il est probable que nous entrons dans un système encore pire que le capitalisme, une sorte d’économie du vol, plus proche du mode de fonctionnement des cartels du narcotrafic que de celui des entreprises que nous avons connues dans la majeure partie du XXe siècle. Il est probable aussi que cela n’avait pas été prévu par la classe dirigeante et que ce n’est que le résultat de la recherche excessive de profit dans l’exercice de l’accumulation par dépossession, ce qui a donné naissance à une génération de vautours/loups incapables de produire quoi que ce soit autre que la mort et la destruction autour d’eux.
18:58 | Lien permanent | Commentaires (7)
16/10/2014
power of punk
22:48 | Lien permanent | Commentaires (3)
14/10/2014
SHTF
" (...) Il est 01:06 du matin ici. Je viens juste de prendre ma douche et ma femme et mon fils sont endormis. Alors que j’étais en train de me shampooiner, réfléchissant à ce que j’allais écrire aujourd’hui dans ce post, je me suis souvenu du moment exact où j’ai réalisé, avec plusieurs autres personnes, non seulement le SHTF (que nous connaissions tous), mais que le monde que nous connaissions n’existait plus, et que ce n’était pas un ouragan mais plutôt une période glaciaire, qui ne partirait pas si facilement.
Nous avons compris cela comme un enfant comprend la photosynthèse : parce qu’un professeur nous l’a froidement expliqué, en utilisant même des graphiques. J’ai dormi 5 heures hier, 2 heures la nuit précédente. Samedi soir je n’ai même pas dormi. Je suis déjà habitué à cela. Les échéances à l’université, les veillées jusqu’à tard dans la nuit, les dessins CAO en 3D, l’attente jusqu’à ce que les corrections soient faites… C’est un monde de compétition ici, et personne ne compatit avec ce que vous faites, ils veulent seulement que vous fassiez ce qu’ils attendent, et le standard est toujours élevé. Cela s’est produit il y a 4 ans, environ un an après la crise de décembre 2001. C’était lors d’un cours d’études sociales, et ce professeur, je ne me souviens pas si c’était un homme ou une femme, était en train de nous expliquer les différentes sortes de pyramides sociales. Seigneur ! Maintenant je me souviens mieux ! Nous avions même un livre plein de ces cruelles et satanées pyramides. La première pyramide décrivait la société de base. Une pyramide avec 2 lignes horizontales, séparant l’élite (la classe de la haute société) du milieu (la classe moyenne) et du bas de la pyramide (les pauvres, le prolétariat). Le professeur nous a expliqué que le milieu de la pyramide, la classe moyenne, agit comme un tampon entre les riches et les pauvres, prenant en charge le stress social. La deuxième pyramide avait une grosse section moyenne : c’était la pyramide représentant les pays développés, pour laquelle le bas est très mince, des flèches montrant qu’il est possible de passer de la classe la plus basse à la classe moyenne, et de la classe moyenne à l’élite. Notre professeur nous a expliqué que c’était la société démocratique capitaliste classique, et que dans les pays européens socialistes la pyramide était très similaires quoique un petit plus plate, signifiant qu’il y a une grosse classe moyenne, une petite élide et une petite classe d’en bas. Il y a peu de différences entre les 3 classes.
La troisième pyramide montrait la société communiste. Où les flèches partant du bas et de la classe moyenne essayaient d’attendre le haut mais étaient limitées par la ligne de séparation. Une petite élite et une grosse société d’en bas, séparées par une section de classe moyenne minimale de la pyramide. Ensuite nous avons tourné la page et avons vu la damnée quatrième pyramide. Celle-là avait des flèches partant de la classe moyenne et pointant vers la classe d’en bas, la classe des pauvres.
« Qu’est-ce ? » a demandé l’un de nous. Le professeur nous a regardé : « c’est nous ».
« C’est le pays en faillite, un pays qui redevient un pays du tiers monde, comme le montre la pyramide cinq où il n’y a plus de classe moyenne à proprement parler, une énorme classe populaire pauvre, et une très petite et très riche élite. »
« Quelles sont ces flèches qui partent du milieu vers le bas de la pyramide ? » demanda quelqu’un.
Vous auriez pu entendre une mouche voler. « C’est la classe moyenne en train de s’appauvrir. »
Je ne mentirai pas : personne n’a pleuré, bien que tout le monde ait fermé son visage, se soit pris la tête dans les main en retenant sa respiration.
Personne n’a pleuré, mais nous savions tous à ce moment que tout ce que nous pensions, tout ce que nous tenions comme acquis, ne se produirait jamais.
« Vous le voyez, les revenus de la classe moyenne ne sont pas suffisants pour permettre le fonctionnement de la classe moyenne. Certains en haut de la classe moyenne tombe dans la classe moyenne, mais une large majorité de la classe moyenne devient pauvre » dit le professeur.
Je ne sais pas combien de personnes dans cette pièce ont soudainement pris conscience qu’ils étaient pauvres.
Le professeur continua « Vous voyez, nous avons une classe moyenne qui devient subitement pauvre, créant une société de gens pauvres à la base, et il n’y a plus de classe moyenne pour amortir les tensions. Les gens de la classe moyenne découvrent soudainement qu’ils sont sur-qualifiés pour les emplois qu’ils peuvent trouver, et doivent se contenter de ce qu’ils peuvent obtenir, le taux de chômage atteint des sommets, trop d’offre, trop peu de demande. Vous voyez ils se préparent, étudient pour un emploi qu’ils n’obtiendront jamais. Vous les enfants, vous étudiez l’architecture parce que vous voulez simplement le faire. Seuls 3 ou 4 pour cents parmi vous trouveront en fait un emploi en relation avec l’architecture. »
Nous étions tous assis là, nous imbibant de tout cela. Après quelques mois, tout cela s’avéra vrai. Même Le nombre d’étudiants ayant quitté l’université a augmenté de 50%. Soit ils n’avaient plus d’intérêt à étudier quelque chose qui ne ferait aucune différence sur leur futur salaire, soit ils n’avaient plus d’argent pour rester à l’université, soit ils devaient travailler et soutenir leur famille." (...) FerFal, 2005, source
16:42 | Lien permanent | Commentaires (13)
une autre idée du bonheur*
(...) Une grande cassure économique française arrive. Son origine n’est pas d’ordre économique, mais bien provoqué par l’incapacité des dirigeants politiques à repenser les institutions et l’organisation économique et administrative.
Les finances publiques sont dans le rouge. La plongée de la croissance simplifie les calculs : la moitié des gains de la croissance est dédiée à la protection sociale. Si la croissance diminue comme cela est prévu à 0,4 % on a le choix de maintenir le taux des dépenses sociales au taux actuel ce qui aura pour conséquence d’accroître et de faire exploser les déficits. Dans cette situation, la France ne pourra jamais résorber son déficit et mon estimation est que la dette doublera en 25 ans.
Il existe une règle de base en économie qui explique qu’on ne sait pas gérer démocratiquement à moyen et court terme un pays sans croissance. La croissance est le moteur fondamental qui permet de supporter l’état social d’une nation. Notre situation annonce une nouvelle hausse des impôts en France malgré la limite supérieure de la courbe d’impôts déjà atteinte, c’est-à-dire la limite où le rendement est décroissant.
En ce mois de septembre 2 014, la France est devant un choix de civilisation. Le choix est le suivant : les Français acceptent de renoncer à une augmentation de leur pouvoir d’achat individuel pour redistribuer à la dépense collective (santé, protection sociale…) ou les Français refusent et les dirigeants continueront à motiver les citoyens en soutenant les augmentations de salaire. Dans ce cas, il faudra remettre en cause les grandes dépenses collectives.
Les projections pour la fin de l’année en terme de croissance économique et de déficit sont très pessimistes. Non seulement il n’y aura pas de réduction significative du déficit, mais la France ne sera pas loin du déficit de l’année dernière. Soit une année pour rien. 2 015 s’engagera avec un acquis de croissance faible et le défi à relever en terme d’économie visée sera non seulement considérable, mais dramatiquement infaisable.
La certitude est qu’il y aura davantage d’économies et moins de réductions de déficit que prévu. L’insuffisance de la demande agrégée au niveau européen fait prendre conscience aux gouvernements européens et plus particulièrement au gouvernement français de l’immense gravité de la situation.
La fin d’année 2014 sera dramatique pour la France, car de la crise sociale brûlante qui s’échafaude en ce moment naîtra une crise institutionnelle qui pousse à lancer un véritable cri d’alarme. Depuis 40 ans la France expérimente la même politique qui se résume à faire de la relance par la demande, mais cette politique creuse le déficit, augmente les impôts, concentre surtout les augmentations de l’impôt sur les entreprises accélérant la dégradation de la compétitivité donc de l’investissement et de l’emploi.
La situation est extrêmement grave. Le risque réel d’implosion fin 2014 du système économique français est sérieux. L’implosion annoncée pourrait entraîner un conflit sociétal humain source de violences physiques dans les zones urbaines où résident les Français aux ressources faibles et les classes moyennes inférieures.
Le danger est réel. Le danger est imminent. Les indicateurs sont dans le rouge. L’alarme s’est déclenchée. La fin de l’année 2 014 pourrait vraisemblablement être la fin d’une période économique et institutionnelle. " JL Ginder, Les Echos, 09/2014
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Ginder reste un économiste mainstream, libéral, dont la vision économisante et horizontale -apolitique- du monde est naturelle. Il y a bien sûr d'autres choix politiques que ceux qui nous condamnent à la faillite ou à l'alignement sur le standard Bengali -ou aux deux- mais Ginder ne peut y songer car cela le conduirait à remettre en cause les quelques totems du moment (ceux dont parlait le pauvre Attali chez Taddei, ie, mondialisation, dérégulation, nomadisme, monnaie unique, abandon des diverses formes de souveraineté, expertocratie, séparatisme élitaire, déclassement des classes moyennes, paupérisation générale, etc.) qui luiservent de colonne vertébrale...
La disparition du travail en Occident et ailleurs, le vieillissement des populations occidentales et l'explosion démographique planétaire ailleurs, la faillite générale des systèmes sociaux, la disparition du welfare state, la "libanisation ethnique" (Julliard) générale, l'anomie générale et violente, la disparition (Zemmour dirait "deconstruction") des dernières structures de sens inhérentes à l'ancien monde (pré-capitaliste) sous les lois d'airain du tsunami libéral juridico-marchand contemporain vont nous obliger à faire des choix, effectivement, mais pas ceux qu'évoquent Ginder: le choix entre la soumission des peuples à cette globalisation prédatrice et violente et la révolte. Le plus tôt sera le mieux.
Finalement, souhaitons que Ginder voie juste, ce climat d'effondrement au ralenti devient pesant. bon dimanche!
Pour le fun, faut écouter Attali vs Zemmour, c'est énorme! Quand j'y repense, je me dis deux choses: la logorrhée bien-pensante du curé attali constitue le degré zéro de la réflexion politique (le discours de Homais lors des comices agricoles dans Mme Bovary est mille fois plus chargé de sens par exemple:)) or attali est TOUT sauf un con; conclusion, Attali prend les gens pour des débiles profonds!
*j'emprunte le titre du post à inénarrable Marc Levy dont chacun des titre d'ouvrage me met en joie:)
photo: une autre idée du bonheur, pour de vrai..
NB: l'historien Alain Michel donne raison à Zemmour..
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13/10/2014
anatomie du chaos n+1
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