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29/03/2014

punk pride


Carine, pour toi. Paul Simonon quite naked! enjoy!

plans for nigel

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podcast

stay-behind (2)

piqué chez l'ami Boréas

"Trotski, Kissinger, Soros, même combat"

"Du point de vue des structures agissantes (derrière la façade), rien n'a changé depuis un siècle"

"Le Mossad a pris le contrôle de l'extrême gauche européenne dans les années 70"

"A la fin des années de plomb, la politique étrangère italienne devient pro-israélienne (alors que toute la classe politique -et l'église- étaient pro-palestinien en 1967) et la banque nationale devient privée, et après ça il n'y a plus de lutte armée" (sous-entendu, les objectifs sont atteints)

"Contre le chaos, c'est la mise en forme, tout part de nous"

"Staline a fait mourir sept millions et demi d'ukrainiens"

"Poutine et Merckel ont décidé un partage (de l'Ukraine) à l'avance"

Une intervenante pertinente dans la salle: "Poutine, c'est le Sarkosy russe!"

27/03/2014

stay-behind?

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"La mort par balles d’Alexandr Muzychko, l’un des chefs de Pravi Sektor, le groupe paramilitaire le plus actif à Kiev, était largement prévisible. Lui-même l’avait anticipée en déclarant dans une vidéo : « Le bureau du Procureur Général et le Ministère de l’Intérieur de l’Ukraine ont pris une décision pour, ou m’éliminer, ou me capturer et me remettre en Russie, et ensuite imputer tout aux Renseignement russes. » (1)

Muzychko a donc été éliminé par le gouvernement putschiste qu’il a contribué à installer, juste au moment où il semblait comprendre que c’était ce gouvernement fantoche au service des Occidentaux qui menaçait sa vie et que la Russie n’était peut-être pas son pire ennemi, finalement. (2) Dans ces conditions, la probabilité pour qu’il retourne sa veste du côté de Moscou étant élevée, il fallait l’éliminer de toute urgence. De manière tout aussi prévisible, le gouvernement putschiste ukrainien, essentiellement composé de membres de Svoboda, parti pro-occidental et sous contrôle de l’axe Washington/Tel Aviv, a commencé à lancer des opérations de purges contre Pravi Sektor : « Sur sa page VKontakte, équivalent russe de Facebook, des membres du mouvement [Pravi Sektor] ont dénoncé l’arrestation de six responsables régionaux de Pravy Sektor à Poltava, dans le nord-est du pays. Selon son communiqué, les six hommes ont été accusés de détenir des armes sans autorisation, alors que selon eux ils n’étaient pas armés. » (3)

« Jeter après usage », telle est la philosophie de la CIA ou du Mossad quand il s’agit de fomenter un coup d’État maquillé en révolution dans un pays en s’appuyant sur les forces locales susceptibles d’un passage à l’acte. Islamistes en Libye ou en Syrie, fascistes et néonazis en Ukraine, séparatistes tibétains en Chine, étudiants écervelés un peu partout, bref, à chaque fois, Washington et Tel Aviv prennent ce qui tombe sous la main. Ce coup d’État à Kiev s’inscrit donc pleinement dans l’industrie du « regime change » de l’axe impérialiste Washington/Tel Aviv, avec la finance occidentale en toile de fond et Pravi Sektor et Svoboda en tant qu’exécutants zélés.

Dans ce grand échiquier géopolitique, comme dirait Brzezinski, les organisations Pravi Sektor et Svoboda ne sont que des pions. Ce que pensent et veulent leurs membres et sympathisants n’a strictement aucune importance et ne joue aucun rôle. En effet, les règles du recrutement dans les services secrets sont assez différentes de celles en vigueur dans le monde du travail conventionnel, puisqu’elles peuvent se passer de l’accord conscient de l’agent recruté. Un service secret peut considérer tout individu comme un agent à son service dès lors qu’il sert ses intérêts. Pour recruter leurs agents anti-russes, la CIA et le Mossad n’ont pas besoin que ces agents en soient conscients. L’application de la grille de lecture du Renseignement révèle ainsi Pravi Sektor, Svoboda et leurs sympathisants comme de simples agents américains et israéliens, donc de simples facteurs d’entropie, de désordre et de chaos dans le cadre d’une stratégie de la tension anti-russe.

Pour les puissances d’argent occidentales qui ont parrainé les putschistes, l’ennemi n’est donc ni le fascisme, ni le néonazisme, mais la Russie, qui reste la seule et unique cible des événements provoqués. La transitologie est le nom de la discipline appliquée dans certains think-tanks occidentaux pour définir les multiples façons et moyens de faire passer un État souverain à la mise sous tutelle coloniale. Ces multiples façons et moyens se ramènent en définitive à deux grandes méthodes, résumées en 1950 par James Warburg (de la dynastie financière du même nom) quand il affirma que la soumission de tous les peuples à un gouvernement mondial de banquiers était inéluctable, la seule alternative étant… par la paix, ou par la guerre. Explicitons : par la paix, c’est-à-dire par l’infiltration lente des esprits et des structures de pouvoir ; ou par la guerre, c’est-à-dire par la pseudo-révolution financée de l’étranger et aboutissant à des troubles civils (« révolution colorée »). En Ukraine, comme en Syrie et au Venezuela, l’option choisie par Washington/Tel Aviv est donc la guerre et la pseudo-révolution financée de l’étranger.

Proposons une hypothèse sur la stratégie américano-israélienne à l’œuvre en Ukraine. Il semble bien que le véritable objectif du coup d’État soit de relancer une Guerre froide, mais plus dure que la première, qui servirait de prétexte à déclarer une loi martiale permanente dans tous les pays occidentaux et à les remilitariser en raison de la menace que la Russie et ses alliés feraient planer. Le fascisme officieux des banques et des lobbies occidentaux, déjà au pouvoir mais obligé à la retenue par temps de paix, pourrait alors se lâcher complètement et devenir un fascisme officiel, déclaré et ouvert, exprimant tout son potentiel répressif et sécuritaire au motif d’un pied de guerre permanent, accompagné d’un état d’urgence et de lois d’exceptions sur le modèle du « Patriot act » américain. Les conséquences principales pour l’Europe en seraient la requalification de toute opposition politique en « menace pour la démocratie et la sécurité de l’État », qui justifierait l’interdiction totale de critiquer le Pouvoir, donc de manifester contre lui, ainsi que la censure complète d’internet et de l’expression, et surtout la dissolution des partis et des organisations d’opposition, suivie de l’emprisonnement physique des opposants, le tout au nom de la menace que Vladimir Poutine ferait peser sur nos droits et libertés…

Une nouvelle Guerre froide donc, mais avec inversion des zones de « liberté » et de « répression ». En effet, l’oligarchie capitaliste occidentale sait qu’elle a perdu la bataille des idées, et la bataille tout court à terme. Les peuples occidentaux sont en train de lui échapper mentalement et bientôt économiquement, pour se tourner vers les BRICS, les pays non-alignés et un monde multipolaire dans lequel la notion de souveraineté, dans tous les sens du terme, alimentaire, énergétique, économique, politique, n’aurait pas entièrement disparu. Grâce à l’outil internet, des millions de gens à travers le monde se réinforment tous les ans et comprennent la vraie nature des rapports de force : qui est vraiment au pouvoir et que veulent-ils vraiment ? L’oligarchie capitaliste occidentale est donc engagée dans une course de vitesse. Avant qu’il ne soit trop tard, elle doit boucler le système, le refermer complètement sur lui-même, reconstruire un « rideau de fer » et un « mur de Berlin » pour empêcher l’information et les populations de circuler, et surtout les empêcher de comparer et de critiquer.

Si ce projet s’accomplit, nous pourrons remercier les gros bras (et petits cerveaux) qui ont réalisé le coup d’État de Kiev, les fascistes, néonazis, skinheads, hooligans, paramilitaires et autres mercenaires revenus de Tchétchénie ou de Syrie, qui se font manipuler (pour rester poli) avec une facilité déconcertante par Washington/Tel Aviv depuis le début et qui nous entraînent de force dans le capitalisme sans frontières. Précisons, à toutes fins utiles et pour ceux qui n’auraient pas encore compris, que le destin des leaders de ces organisations putschistes est bien évidemment de finir au bord d’une piscine avec des putes et de la coke s’ils restent dociles, ou sinon éliminés les uns après les autres comme Alexandr Muzychko, et bientôt Dmitro Yaroch. Point à la ligne.

Quant à « l’identité ukrainienne », elle vit ses dernières heures. L’entrée à marche forcée dans l’Union européenne et l’euro signifiera l’entrée dans l’esclavage économique au moyen de l’ouverture totale des frontières à des flux extra-européens, humains et immigrés, mais aussi produits financiers pourris pour endetter le pays, et surtout l’arrivée en fanfare du pinkwashing israélien et du transhumanisme (lobby LGBT, « mariage homo », gay-pride sur Maïdan, théorie de la confusion des Genres dans les écoles, etc.). Occidentalisation, ultralibéralisme, multiculturalisme, multi-ethnicisme et cosmopolitisme imposés et obligatoires, tout cela grâce à Svoboda, Pravi Sektor et leurs amis à cheveux courts. La structure réelle de la situation apparaît aujourd’hui de façon incontestable et la fiction romantique de la révolution menée par des valeureux guerriers et/ou de braves gens armés de pancartes seuls contre l’impérialisme russe va devenir difficile à maintenir. Il reste maintenant à espérer que le peuple ukrainien inversera dans les urnes et avec des bulletins de vote et la pression du nombre le résultat du putsch occidental mené dans son pays par des officines étrangères et des groupuscules locaux à leur service. Un tour d’horizon des diverses « révolutions colorées » de par le monde montre que c’est le schéma qui a été généralement suivi, d’où quelques raisons d’être optimiste.

Pour finir, reproduisons une « ode funéraire » déclamée à Pravi Sektor par un site syrien qui a tout compris : « Les bonnes nouvelles du jour : un terroriste ukrainien notoire, marionnette de l’OTAN, Alexandr Muzychko, tué par balles. Ils ont fait le travail pour les USA, l’OTAN et le lobby sioniste, et ne sont maintenant plus d’aucune utilité. Merci, ‘camarades’ ukrainiens, vous êtes les plus stupides et ignorants ‘camarades’ de l’Eurasie, vous avez fait le sale boulot pour ZOG, vous n’étiez capables que d’idéaux nuls que vous n’avez jamais compris, et nous espérons que vous serez tous effacés, parce que c’est ce que vous méritez. » (4)"

Lucien Cerise/ Scriptoblog

NB: stay-behind/gladio et ici

25/03/2014

NSDAP in Russia

Envoie nous des photos de tes grandes sœurs et gagne un abonnement d'un 1 an à beauté terminale magazine.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Ioulia Timochenko va mieux. De son hôpital allemand où on la soigne depuis sa sortie de prison, elle semble prête à se lancer dans la campagne pour les présidentielles du 25 mai en Ukraine et semble, plus que jamais, conduite à se manifester comme si elle était promise à devenir la présidente. Puisqu’elle reste ferme dans son statut d’“icône” aux yeux du bloc BAO, et par conséquent de favorite du même bloc pour la présidence, on en déduit que ses deux très récentes sorties nous donnent un excellent avant-goût de ce que devraient être l’ambiance et l'orientation politique de cette campagne.

• La première de ses “sorties” ne l’est pas chronologiquement mais l’est du point de vue du système de la communication, malgré le voile pudique que l’essentiel de la presse-Système a jeté et jettera certainement sur elle. Il s’agit de l’interception d’une communication téléphonique (datant du 18 mars) entre elle-même et le député du Parti des Régions Nestor Shufrych. (Shufrych n’a pas quitté ce parti bien qu’il s’agisse de la formation de Ianoukovitch ; il assure pourtant Timochenko qu’il est complètement de son côté. Ces diverses précisions laissent à penser sur l’état du monde politique ukrainien actuellement.) Il semble logique d’attribuer cette interception à la même “source”, ou à quelque chose d’approchant, qui effectua deux autres interceptions intéressantes, – celle de Victoria Nuland-Fuck (voir le 7 février 2014) et celle de Lady Ashton (voir le 6 mars 2014).

La teneur de la conversation est épique, essentiellement du fait de Timochenko, particulièrement en forme et en verve à la fois. On en trouve présentation et commentaires, par exemple sur Russia Today le 25 mars 2014, et aussi sur le blog de “Kiergaard”, sur Mediapart le 24 mars 2014, avec la transcription en français de la conversation. On fait grand bruit autour d’une phrase où Timochenko menacerait de “nucléariser” les Russes (ceux d’Ukraine, semble-t-il, la Russie elle-même étant promise au sort d’une terre brulée ou quelque chose d’approchant) : «Ils [les Russes d’Ukraine] doivent être détruits avec des armes nucléaires». Il est aussi question, de la part de Timochenko, de mitrailleuses (pour tirer dans le tas, supposons-nous), de “connards”, de “soulèvement du monde entier contre la Russie” et ainsi de suite.

La phrase sur le nucléaire anti-Russes-d’Ukraine a été contestée par Timochenko et aussitôt attribuée par elle à un montage du FSB russe, alors qu’elle confirme le reste de la conversation dans le même tweet : «The conversation took place, but the ‘8 million Russians in Ukraine’ piece is an edit. In fact, I said Russians in Ukraine – are Ukrainians. (Hello FSB.) Sorry for the obscene language.» Shufrych avait, de son côté, démenti que la conversation ait eu lieu ; il faudra qu’il s’informe. On tire de tout cela l’impression, pour employer la langue de Timochenko, d’un joyeux bordel, dans les projets et encore plus dans les esprits, dans tous les cas entre les deux interlocuteurs (Shufrych montrant, lui, beaucoup plus de retenue respectueuse devant celle qui semble être son nouveau patron).

• La seconde “sortie” de Timochenko a fait moins de bruit bien que sa substance reste intéressante ainsi que la vigueur de l’expression. Il s’agit d’une interview, le 20 mars, dans le quotidien Bild, journal à grand tirage, venu de l’anticommunisme absolu de la Guerre froide au soutien non moins catégorique du bloc BAO et de la pensée-Système. WSWS.org en publie une analyse le 24 mars 2014, dans une traduction française. La dialectique est tout aussi emportée, extrême, etc., que dans la conversation interceptée, et sur le thème Poutine égale super-Hitler. La comparaison paraît audacieuse à l’analyste de WSWS.org, Ulrich Rippert, mais on notera qu’après tout Timochenko ne fait que reprendre l’idée d’Hillary Clinton, également adepte de l’analyse Poutine-super-Hitler puisque l’ancien secrétaire d’État a effectivement fait récemment cette comparaison.

«...Quand on lui a demandé ce qu'elle pensait d'un récent discours du président russe Vladimir Poutine, Timoshenko a déclaré que Poutine avait fait des remarques “dont le monde n'a pas entendu de semblables depuis 1938”. Pour elle, Poutine représente “le fascisme pur”, encore plus dangereux que le national-socialisme [d'Hitler] parce qu’“il le dissimule derrière des phrases sur l'amitié entre les peuples”. Elle a dit que Poutine veut «redessiner la carte du monde par la guerre, les meurtres de masse et le sang». Ce serait le “Mein Kampf” de Poutine.

»Le fait que le quotidien d'information le plus vendu en Allemagne, avec près de 2,5 millions d'exemplaires quotidiens et un public de plus de 12 millions de lecteurs, répande une telle propagande en dit long sur la dépravation politique de son équipe éditoriale. Mis à part le quotidien économique Handelsblatt, qui a écrit que les déclarations de Timoshenko soulèvent “des doutes sur son état mental”, personne dans le monde politique allemand et les médias n'a réfuté sa comparaison entre Poutine et Hitler.

»L'opinion générale de l'élite allemande est qu'il est permis de falsifier à volonté le contexte historique et les faits. Aux yeux des propagandistes du militarisme allemand, la véracité des déclarations importe peu tant que leur contenu politique leur convient. C'est cette distorsion sans vergogne de la vérité historique, et non le comportement de Poutine, qui rappelle l'époque où les publications nazies comme la Völkische Beobachte ou le torchon de Goebbels Der Angriff répandaient des mensonges grotesques et des articles enflammés, auxquels personne n'osait s'opposer.»

• Que penser de ces sorties de Timochenko ? Pourquoi ne pas penser, notamment sur le point de la conversation interceptée, comme pense Orlov, sur son ClubOrlov le 24 mars 2014, dans un commentaire très court surmonté du titre bienvenu de «Ukrainians on the verge of a nervous breakdown». (Orlov prend pour du comptant la phrase sur l’emploi du nucléaire anti-Russes-d’Ukraine, démentie depuis par la Tilmochenko, ce qui ouvre un débat des plus riches mais ne doit en aucun cas nous détourner de l’essentiel qui est l’esprit de la chose, – c’est-à-dire “l’esprit de l’état d’esprit” dont témoigne cette sorte de conversation.) (...)

source/ De Defensa

24/03/2014

anarchiste tory

orwell, michéa,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" (...) Bref, récapitulons ce que nous enseigne la pensée orwellienne, telle qu’exposée à travers cet entretien et ses (très) nombreuses scolies :

-          le Progrès est un mythe, une foi dont les postulats n’ont aucune base réelle mais reposent sur l’amoralité des élites les énonçant. Comme tout dogme, il est totalitaire par essence car ne souffre aucune contestation sérieuse sans aussitôt se montrer répressif ;

-          le Progressiste est un croyant, messianiste suprémaciste et amoral, mais aussi infantile, qui a peur de devenir adulte ; il est atteint d’une pathologie du lien et d’une peur adolescente du sentiment (propos de Michéa). L’humanisme des Lumières dont il se réclame est macabre et machiniste. En ce sens, le Progressiste est inhumain ;

-          seul un Socialisme digne de ce nom, celui des humbles, des travailleurs, de ceux qui restent ancrés dans le réel, est viable. Non parce que le travailleur est à déifier, loin de là, mais parce qu’il conserve des valeurs comme le don agoniste, l’entraide, les fondements qui permettent à toute société humaine d’exister en tant qu’entité collective ;

-          être Socialiste c’est être réactionnaire, refuser la tabula rasa et ses arguments fallacieux. En prenant conscience de cela, et à toutes fins utiles quand nous savons que l’opposition entre les partis au pouvoir est une fausse opposition, il nous appartient de voir en quoi l’opposition entre le nationalisme et le socialisme est aussi une opposition fabriquée par le pouvoir pour faire apparaître antagonistes des tendances en réalité proches et complémentaires, qui devraient faire œuvre commune.

Et à nous, nationalistes, Michéa nous donne quelques pistes de réflexion et de découverte complémentaires : Pierre Leroux, Philippe Buchez, Paul Goodman, Christopher Lasch, George Orwell, Pier Paolo Pasolini, Marcel Mauss, André Prudhommeaux… A la lecture ! Source/Scriptoblog

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Sur la criminalisation de toute critique du Progrès :

« Dans les sciences progressistes de l’indignation, dont les lois sont soigneusement codifiées, la rhétorique du Plus-jamais-ça autorise ainsi, à peu de frais, tous les morceaux de bravoure possibles, tout en procurant, pour un investissement intellectuel minimal, une dose de bonne conscience, pure et d’une qualité sans égale. Le tout, ce qui n’est pas négligeable, pour une absence à peu près totale de danger à encourir personnellement (on songera tout particulièrement, ici, aux merveilleuses processions de pénitents d’avril 2002). »

« La mobilité perpétuelle des individus atomisés est l’aboutissement logique du mode de vie capitaliste, la condition anthropologique ultime sous laquelle sont censés pouvoir se réaliser l’adaptation parfaite de l’offre à la demande et « l’équilibre général » du Marché. Cette conjonction métaphysique d’une prescription religieuse (Lève-toi et marche!) et d’un impératif policier (Circulez, il n’y a rien à voir !), trouve dans l’apologie moderne du « Nomade » son habillage poétique le plus mensonger. On sait bien, en effet, que la vie réelle des tribus nomades que l’Histoire a connues, s’est toujours fondée sur des traditions profondément étrangères à cette passion moderne du déplacement compensatoire dont le tourisme (comme négation définitive du Voyage) est la forme la plus ridicule quoiqu’en même temps, la plus destructrice pour l’humanité. Bouygues et Attali auront beau s’agiter sans fin, leur pauvre univers personnel se situera donc toujours à des années-lumière de celui de Segalen ou de Stevenson. Sénèque avait, du reste, répondu par avance à tous ces agités du Marché : « C’est n’être nulle part que d’être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager finissent par avoir des milliers d’hôtes et pas un seul ami » (Lettres à Lucilius). » Citations tirées de l'ouvrage Orwell éducateur (Michéa).

La common decency selon André Prudhommeaux, cité par Michéa :

« L’anarchisme c’est tout d’abord le contact direct entre l’homme et ses actes ; il y a des choses qu’on ne peut pas faire, quel qu’en soit le prétexte conventionnel : moucharder, dénoncer, frapper un adversaire à terre, marcher au pas de l’oie, tricher avec la parole donnée, rester oisif quand les autres travaillent, humilier un « inférieur » etc. ; il y a aussi des choses qu’on ne peut pas ne pas faire, même s’il en résulte certains risques – fatigues, dépenses, réprobation du milieu, etc. Si l’on veut une définition de base, sans sectarisme ni faux-semblants idéologiques, de l’anarchiste (ou plutôt de celui qui aspire à l’être), c’est en tenant compte de ces attitudes négatives et positives qu’on pourra l’établir, et non point en faisant réciter un credo, ou appliquer un règlement intérieur […] Les rapports entre le comportement (ou le caractère) d’une part, et de l’autre l’idéologie, sont ambivalents et contradictoires. Il y a souvent désaccord profond entre le moi et l’idéal du moi. Tel camarade se pose en adversaire enragé de l’individualisme « égocentrique », de la « propriété » et même de toute « vie privée », qui s’avère un compagnon impossible : persécuteur, calculateur et profiteur en diable : il pense moi, et il prononce nous. » (Texte rédigé en 1956). source/scriptoblog

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Par les temps (d'imposture) qui courent, il est toujours sain de revenir à certaines évidences, en l'occurrence celles figurant dans cet ouvrage de Michéa répondant à la -très progressiste et très salope- Aude Lancelin (du mal-nommé journal Libération...je propose Liquidation).

Le Spectacle promu par nos modernes et leurs organes de propagande estampillés FFI prend soin d'occulter la matrice idéologique commune (rationalisme des Lumières) des deux tendances politiques majoritaires dans ce pays (et partout ailleurs en Occident): la "gauche" progressiste (et libérale) et la "droite" libérale (et non moins progressiste) partagent ce même messianisme du Progrès et cette quête individualiste d'émancipation absolue de tout attachement familial, communautaire, géographique, historique, culturel, religieux ou civilisationnel. Les uns et les autres, comme le décrit joliment Michéa, ne sont que les deux faces du même ruban libéral juridico-marchand de Möbius. En ce sens, le pseudo affrontement politique entre "droite" et "gauche" ne peut que se résumer aux quelques marronniers pour presse people que met en avant le Spectacle et sa nombreuse domesticité à paillettes  ("le vote des étrangers, pour ou contre?", "l'homoparentalité, pour ou contre?", "la dépénalisation des drogues douces, pour ou contre?", "la viande hallal, pour ou contre?", ad lib...) permettant d'occulter aux masses non agissantes gavées de tittytainment, des enjeux moins festifs mais cruciaux: quelle critique du capitalisme globalisé? quelle modèle de société? Quelle communauté? Quel contrat? Quelle identité? Quelle critique sociale? Quel développement? Quelle économie? Quelle place de l'économie? Quelle démocratie? Quelle représentation? Quel pouvoir? Quelle éducation? Quels droits? Quels devoirs? Quelles valeurs communes? Quelles vision du monde ?

Déminons immédiatement la question libérale: je nomme "libéral" ce qui correspond à ce projet de la modernité occidentale basé sur l'individualisme, la marché (les fameuses "lois naturelles de l'économie" censées transformer les vices privés en vertus publiques" selon la fable des abeilles de Mandeville), la raison, l'idéologie de Progrès, l'ideal d'autonomie, d'émancipation de toute hétéronomie (autre que celle du "marché auto-régulé" (cette blague pour trader du Forex..), des "droits de l'homme" et, accessoirement en Europe, celle de la Shoah, au profit de l'unification juridico-marchande de nos sociétés contemporaines ("commercial societies" d'Adam Smith) en rupture avec l'idée de communauté enracinée dans un contexte social-historique, des valeurs communes, un projet commun, en rupture avec toute affiliation ou toute détermination antérieure au Moi...Pour dire que la question libérale est plus pour moi une question de philosophie politique que de place de l'Etat dans la société civile (qui a son importance mais qui me parait secondaire; en ce sens, la France et d'autres pays en Europe issus du « compromis Fordiste » et Keynésien de l'après-guerre reposant sur un équilibre singulier (et nullement spontané) entre exigences sociales et logique marchande, trouve une place à part en raison de l'importance de la place de l'Etat et de la planification dans la société. Mais il n'en demeure pas moins que sur un plan philosophique, nos modernes restent des libéraux. Je fait volontairement l'impasse sur cette autre variété de modernes, les républicains, qui bien que nominalistes (l'homme est par nature un être radicalement indépendant) comme leurs cousins libéraux (qui eux font le pari de l’égoïsme anthropologique comme structure fondatrice) , croient eux en les vertus civiques et militaires et pensent qu'une république ne peut survivre sans ces comportements vertueux.

Mais les uns comme les autres, parce que modernes, font délibérément l'impasse sur les conditions anthropologiques de toute vie en communauté, l'obligation réciproque, l'intersubjectivité, le cycle du don et du contre-don (qui structure encore largement les rapports humains dés que l'on quitte les palais lambrissés, les couloirs de Libération ou les coulisses de la Star'ac...) théorisé par Mauss mais présent intuitivement en chacun de nous (cette "common decency" Orwellienne qui ndique simplement que certaines choses se font et d'autres pas).

Par ailleurs et concernant cette intervention étatique toujours excessive aux yeux d’un libéral conséquent (ou d'un républicain, donc), il est important de comprendre que celle-ci est directement corrélée à la disparition des protections, corporations et solidarités multiples, réciproques et naturelles des sociétés traditionnelles et communautaires. En ce sens, en s’émancipant de tout et de tous, nos modernes séparés et désaffiliés ne peuvent plus guère trouver assistance et protection que dans des politiques étatiques toujours plus coûteuses et envahissantes…Si l’on ajoute à cela la récente et très radicale remise en question de cet Etat-Providence sur l’autel des « nécessaires ajustements de rigueur » destinés à « rassurer les marchés », on peut avoir une idée assez juste du monde à venir tel que le concevait le penseur libéral Hobbes (la « guerre de tous contre tous »), ce monde profondément pessimiste et sombre auquel ce penseur de la modernité n’envisageait, pour éviter la guerre civile, qu’un état fort, voire tyrannique (mais non totalitaire), le Léviathan, seul à même de faire régner l’ordre et d’éviter le chaos. Ainsi, émancipation et Etat thérapeutique avec pseudopodes festifs et panopticoïdes avancent ensemble. C’est donc parce que festivus-festivus, cet homoncule hors-sol à tablette prôné par Attali et Carglass, existe et devient la nouvelle figure de la modernité que la bureaucratie étatique si décriée par tous les Marchenoir (parfois à juste titre d’ailleurs mais sans en comprendre la génèse) devient la trame de nos commercial societies…

Un dernier mot sur l'impossibilité pour un libéral conséquent de défendre des identités collectives: le libéralisme est une anthropologie individualiste radicale niant la dimension sociale première de tout homme (chacun de nous vient au monde enraciné dans un contexte social historique, dans une langue, une culture, une communauté culturele sinon ethnique, des paysages, une religion, bref une civilisation); cela ne signifie pas que des libéraux ne puissent pas défendre des identités collectives mais qu'ils le font en contradiction avec les principes dont ils se prévalent. Plus que « réactionnaire », il est aujourd’hui –plus que jamais- nécessaire d’être rebelle au monde tel qu’il ne va plus, sinon révolutionnaire, c'est-à-dire conservateur (refuser le postulat des Lumières selon lequel l'homme est radicalement seul et la société un simple conglomerat de monades vertueuses ou pas selon son inclinaison de moderne, libéral ou républicain). Et socialiste (au sens orwellien du terme…pas au sens strausskahnien). Sorte de sonderweg entre le prussianisme d’un Jünger et l’anarchisme conservateur d’un Orwell.

Bref, de mauvais bourgeois, comme disait Jünger:

« La domination du tiers-état n’a jamais pu toucher en Allemagne à ce noyau le plus intime qui détermine la richesse, la puissance et la plénitude d’une vie. Jetant un regard rétrospectif sur plus d’un siècle d’histoire Allemande, nous pouvons avouer avec fierté que nous avons été de mauvais bourgeois. » Jünger, Le travailleur, 1931