06/09/2014
indeed!
"Le gouvernement souhaite renforcer les contrôles douaniers pour endiguer le marché parallèle. Les consommateurs devront désormais justifier que les produits correspondent à leur consommation personnelle.
Une circulaire publiée vendredi abaisse de dix à quatre le nombre de cartouches de cigarettes qu'un particulier peut transporter depuis un pays frontalier sans avoir à se justifier auprès des services douaniers, a indiqué samedi le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert. Le gouvernement souhaite par cette mesure que les douanes renforcent «leur action en matière de lutte contre les achats transfrontaliers illicites de tabac», souligne le secrétaire d'Etat dans un communiqué.
La circulaire abaisse également les seuils applicables pour les autres produits du tabac, qui sont désormais fixés à 200 cigares, 400 cigarillos, 1 kg de tabac à fumer. Les contrevenants s'exposent notamment à une amende pouvant aller jusqu'à 750 euros. «Les importations depuis l'extérieur de l'Union européenne restent soumises à la même limite qu'auparavant, c'est-à-dire l'interdiction d'importer plus d'une cartouche de cigarettes», précise le communiqué." source
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Une urgence, évidemment.
Par contre nous attendrons encore longtemps pour le contrôle des flux financiers vers (ou des) places offshore et le contrôle de l'immigration clandestine.
Le Spectacle as usual. Arnaques et pacotilles multicolores.
Un ex-banquier, brillant certes, qui visite une SCOP et serre des mains calleuses devant les photographes pendant que la BCE mandate l'américain Blackrock, de sinistre mémoire, pour mettre au point son programme de rachat de crédits titrisés...
Les chômeurs sont clairement dans le collimateur des bureaucrates -au moment où le travail disparait partout dans les pays occidentaux*- et assimilés à des fraudeurs par contre un secrétaire d'état au commerce extérieur qui ne paie pas ses impôts et fraude ouvertement le fisc a un "problème de conformité avec les impôts"... Il y a des jours ou le double standard devient pesant, voire difficile à supporter. Surtout quand s"affiche au plus haut niveau de l'Etat cynisme et mépris des gens de peu, ou "sans dents", donc.
* tendance lourde largement amplifiée par les politiques de désindustrialisation continentale et de déflation interne promues par les mêmes bureaucraties politiques managériales communiant sur l'autel de la dérégulation planétaire et de la financiarisation de l'économie.
11:14 | Lien permanent | Commentaires (12)
04/09/2014
jihad pride
"Le terme de jihad m’a, à dire vrai, longtemps posé problème. Trop sexy, trop facile, il ne me semblait pas décrire toute la complexité que l’expression, bien moins séduisante, d’islamisme radical armé contenait. Utilisé par les terroristes eux-mêmes, le mot était comme un chiffon rouge agité sous le nez des autorités religieuses sunnites, qui n’y voyaient, ou ne voulaient y voir, obstinément, que l’utilisation abusive d’un terme religieux, certes guerrier, mais également chargé de valeurs positives.
J’ai évolué, pourtant, aussi bien sous la contrainte des faits qu’en réaction à l’aveuglement volontaire de certains. Alors que les peuples et les Etats attendaient de certains des condamnations sans équivoque de la violence impitoyable qui les visait, le débat se focalisait sur le vocabulaire. Chaque nouveau carnage entrainait des condoléances polies, souvent accompagnées de pitoyables appels à « éviter les amalgames », mais chaque utilisation du mot jihad provoquait la colère des Tartuffes qui refusaient l’évidence, jusqu’à entrainer des réunions entre services de renseignement afin de définir un langage commun. Il y avait sans doute plus urgent à faire, mais il faut savoir écouter en souriant les plus insupportables jérémiades…
C’est à l’occasion d’un de ces improbables mini-sommets que j’eus l’immense honneur d’échanger avec le mufti d’Egypte au sujet des termes que les services occidentaux, à commencer par le mien, utilisaient quotidiennement. A plusieurs reprises, en effet, de hauts responsables égyptiens s’étaient émus de l’emploi généralisé au sein de la communauté européenne du renseignement du mot jihad pour désigner la menace terroriste qui nous ciblait et qui était l’émanation armée d’un islamisme qu’il est bien candide de juger capable de modération.
Les arguments de Son Excellence furent, évidemment, parfaitement rôdés, mettant en avant le blasphème, l’injure, et notre apparente confusion mentale au sujet de l’islam. L’ayant, pour ma part, assuré que je serais bien le dernier, pour de nombreuses raisons, dont certaines étaient personnelles, à m’en prendre à sa religion, je lui fis remarquer que, qu’il le veuille ou non, les terroristes d’Al Qaïda et consorts utilisaient le terme depuis des années, sinon des décennies. Ce choix de leur part, au-delà du vocabulaire, était une indication – une de plus – de la nature de la lutte qu’ils entendaient mener et qu’ils envisageaient donc, d’abord, comme un combat défensif, une véritable résistance contre des oppressions, réelles ou imaginaires. Et, ajoutais-je avec ma perfidie coutumière, l’emploi de ce vocabulaire rappelait que ce terrorisme était, en partie, et quoi qu’on dise, d’inspiration religieuse. Nous avions, en Occident, connu les mêmes excès de la part de radicaux, et aux controverses avait finalement succédé l’évidence. Nous attendions – espérions ? – une prise en compte de notre propre appréciation de la situation, qui ne relevait en rien de l’ignorance ou de l’hostilité.
Les officiels égyptiens dans la salle, tous généraux, et par là-même peu habitués au débat, manquèrent s’étouffer tant le dogme, au Caire, stipulait alors (et stipule encore, plus que jamais) que ce terrorisme n’était nullement lié à une religion mais relevait, simplement, d’une maladie mentale. Nullement démonté par les regards hostiles que je percevais, je suggérai alors de prévoir, le cas échéant, une nouvelle entrée dans le dictionnaire, qui pourrait préciser : « Jihad : terme utilisé par des terroristes et des groupes paramilitaires illégaux se réclamant de l’islamisme radical armé et dont l’emploi est fermement condamné par les plus hautes autorités religieuses musulmanes sunnites ». Il s'agissait là, naturellement, d'un galop d'honneur puisqu'il était parfaitement établi que nous n'avions pas été conviés au Caire pour y progresser ensemble mais bien pour nous rallier sans discuter à la vérité indiscutable du phare de l'islam sunnite. Sauf que ça ne marche pas comme ça, les gars...
A dire vrai, ces autorités condamnaient notre emploi de ce terme, mais elles étaient bien plus prudentes s’agissant des terroristes eux-mêmes, dont elles soutenaient l’éradication avec une fermeté qui faisait frémir même les plus endurcis chez nous. Il y avait décidément là, même au sommet de l’orthodoxie sunnite, une gêne palpable, comme un flottement. C’était à se demander qui était le plus victime de cette fameuse confusion, alors même que nous luttions côte à côte contre les mêmes adversaires et que les services occidentaux n’étaient pas les plus impitoyables acteurs, loin s’en faut, de cette coalition secrète.
Parfois, au cours de ces années passées dans l’ombre, j’entendis, à Alger, à Amman ou au Caire, un homologue me confier, d’une voix fatiguée, que toute cette violence trouvait en partie sa source dans le désespoir. Cette lucidité, certes mêlée à des lieux communs, était cependant réservée à l’intimité, puisqu'elle ne pouvait pas avoir cours dans les bureaux où se décidaient les politiques. Entre déni de réalité, croyance en leurs propres mensonges et souci de préserver le prince, combien de conseillers allaient prendre le risque de dire la vérité ? Et d’ailleurs, comment pourrait-on être désespéré, exaspéré, enragé, dans des paradis socialistes ou de radieuses monarchies, tous et toutes par ailleurs alliées et clientes de la rayonnante république des Lumières ? (...)" suite/aboudjaffar.blog
21:56 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : jihad
03/09/2014
Technique du coup d’Etat
« La Suisse et la Hollande, c’est-à-dire deux des États les plus policés et les mieux organisés d’Europe, chez lesquels l’ordre n’est pas seulement un produit du mécanisme politique et bureaucratique de l’État, mais une caractéristique naturelle du peuple, n’offrent pas, à l’application de la tactique insurrectionnelle communiste, des difficultés plus grandes que la Russie de Kerenski. Quelle considération peut dicter une affirmation aussi paradoxale ? Celle-ci, que le problème du coup d’état moderne est un problème d’ordre technique. L’insurrection est une machine, dit Trotski : il faut des techniciens pour la mettre en mouvement, et seuls des techniciens peuvent l’arrêter. La mise en mouvement de cette machine ne dépend pas des conditions politiques, sociales, économiques du pays. L’insurrection ne se fait pas avec les masses, mais avec une poignée d’hommes prêts à tout, entraînés à la tactique insurrectionnelle, exercés à frapper rapidement, durement, les centres vitaux de l’organisation technique de l’État. Cette troupe d’assaut doit être formée d’équipes d’ouvriers spécialisés, mécaniciens, électriciens, télégraphistes, radio télégraphistes, aux ordres d’ingénieurs, de techniciens connaissant le fonctionnement technique de l’État.
(...) Trotski alla même jusqu'à soutenir la nécessité d'instituer à Moscou une école pour l'instruction technique des communistes destinés à encadrer, dans chaque pays, un corps spécial organisé pour la conquête du pouvoir. Cette idée a été reprise récemment par Hitler, qui est en train d'organiser une école de ce genre à Munich pour l'instruction de ses troupes d'assaut. "Avec un corps spécial d'un millier d'hommes, recrutés parmi les ouvriers Berlinois, et encadrés de communistes Russes, affirmait Trotski, je m'engage à m'emparer de Berlin en vingt quatre heures."»
Technique du coup d’État, Curzio Malaparte, 1931.
22:30 | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : curzio malaparte
01/09/2014
great depression
23:10 | Lien permanent | Commentaires (9)
sahib, sahib!
« On oublie trop que le monde moderne, sous une autre face, est le monde bourgeois, le monde capitaliste. C’est même un spectacle amusant que de voir comment nos socialistes antichrétiens, particulièrement anticatholiques, insoucieux de la contradiction, encensent le même monde sous le nom de moderne et le flétrissent, le même, sous le nom de bourgeois et de capitaliste. »
Péguy, Textes choisis, Gallimard, 1973, p.50.
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« C’est cette nécessité de protéger la civilité et le langage traditionnels contre les effets de la domination de classe, qui est, vraisemblablement, à l’origine du besoin si souvent ressenti par Orwell de réhabiliter une certaine quantité de conservatisme. Aucune société décente, en effet, ne peut advenir ni même être imaginée, si nous persistons, dans la tradition apocalyptique ouverte par Saint Jean et Saint Augustin, à célébrer l’avènement de l’homme nouveau et à prêcher la nécessité permanente de faire du passé table rase. En réalité, on ne peut espérer changer la vie si nous n’acceptons pas de prendre les appuis appropriés sur un vaste héritage anthropologique, moral et linguistique, dont l’oubli et le refus ont toujours conduit les intellectuels révolutionnaires à édifier les systèmes politiques les plus pervers et les plus étouffants qui soient. C’est une autre manière de dire qu’aucune société digne des possibilités modernes de l’espèce humaine n’a la moindre chance de voir le jour si le mouvement radical demeure incapable d’assumer clairement un certain nombre d’exigences conservatrices. Telle est, de ce point de vue, la dernière et la plus fondamentale leçon de 1984 : le sens du passé, qui inclut forcément une certaine aptitude à la nostalgie, est une condition absolument décisive de toute entreprise révolutionnaire qui se propose d’être autre chose qu’une variante supplémentaire des erreurs et des crimes déjà commis.
« - A quoi devons nous boire cette fois [demanda O’Brien] ? A la confusion de la police de la pensée ? A la mort de Big Brother ? A l’humanité ? A l’avenir ?
- Au passé, répondit Winston.
- Le passé est plus important, consentit O’Brien gravement. » »
Orwell anarchist tory, JC Michéa, Climats, p 134.
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“Si quelqu’un laisse tomber une bombe sur votre mère, laissez tomber deux bombes sur la sienne. Il n’y a pas d’autre alternative : ou bien vous pulvérisez des maisons d’habitation, vous faites sauter les tripes des gens, vous brûlez des enfants – ou bien vous vous laissez réduire en esclavage par un adversaire qui est encore plus disposé que vous à commettre ce genre de choses. Jusqu’à présent, personne n’a encore suggéré de solution concrète pour échapper à ce dilemme. »
George Orwell, Œuvres complètes I, p 296.
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« Ecoutez maintenant une histoire vraie : c’est aux Indes que j’ai tué pour la première fois une femme…Oui oui, une femme…J’étais parti pour chasser le tigre quand en traversant la nuit un village perdu dans la jungle, un vieil indigène m’arrête :
- Sahib, sahib, un ours !
Et il me fait voir dans l’arbre une masse noire qui bougeait. J’épaule vivement, je tire, la masse s’abat dans un bruit de branches cassées, et je trouve une vieille femme que j’avais démolie pendant qu’elle cueillait des fruits. Un autre vieux moricaud, le mari, m’accable d’injures ; on va chercher le policeman indigène. Je dus indemniser la famille : cela me coûta des sommes folles, au moins deux livres.
L’histoire fut vite connue à vingt milles à la ronde. Et pendant plusieurs semaines, je ne pus traverser un village sans que deux ou trois vieux se précipitent :
- Sahib, sahib, un ours dans l’arbre !
Je n’ai pas besoin de vous dire qu’ils venaient d’y faire monter leurs femmes. »
Les silences du colonel Bramble, André Maurois.
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« De nombreux militants de gauche s’insurgent encore contre la famille autoritaire, le moralisme anti sexuel, la censure littéraire, la morale du travail et autres piliers de l’ordre bourgeois, alors que ceux-ci ont déjà été sapés ou détruits par le capitalisme avancé. Ces radicaux ne voient pas que la personnalité autoritaire n’est plus le prototype de l’homme économique. Ce dernier a lui-même cédé la place à l’homme psychologique de notre temps -dernier avatar de l’individualisme bourgeois. »
(C. Lasch, La culture du narcissisme, éd climats, 2000, p 24)
22:20 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : peguy, michéa, orwell, les silences du colonel bramble
mais qu'est-ce que c'est que cet établissement?
21:55 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : miou-miou, dewaere





