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03/05/2015

la couleur de la guerre

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"Achkhoi-Martan est un bourg pratiquement intact, la guerre ne l'a pratiquement pas touché, seules quelques portes d'immeubles ont été mitraillées.

Nous zigzaguons dans les rues. Des yeux brûlant de haine nous scrutent des portes, des fenêtres, des cours. On ne voit aucun homme. Seuls des femmes, des vieillards, des enfants. Tous nous haissent. A notre passage, tous s'arrêtent et nous regardent. A Dieu ne plaise que nous tombions en panne ici.

Assis, les canons de nos P-M dressés, nous sommes prêts à ouvrir le feu au moindre mouvement. Au moindre caillou, à la moindre bouteille lancée sur nous, nous réduirons le bourg en charpie.

Des gosses tchetchenes jouent dans les rues. A la vue de notre colonne, ils lèvent le poing en l'air en criant: "Allah akbar!" Les plus grands se passent le majeur sur le cou."

Arkadi Babchenko, La couleur de la guerre, 2009.

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"(...) L’un des slogans du politiquement correct est qu’il n’y aurait pas de choc des civilisations. Invention de Samuel Huntington, un penseur américain néoconservateur, autant dire : le diable en philosophie… Mais peu importe la politique ou la religion d’un philosophe quand il pense juste. Prétendre qu’il n’y a pas un choc des civilisations entre l’occident localisé et moribond et l’Islam déterritorialisé en pleine santé est une sottise qui empêche de penser ce qui est advenu, ce qui est, et ce qui va advenir.

L’Islam est une civilisation, avec ses textes sacrés, ses héros, ses grands hommes, ses soldats, ses martyrs, ses artistes, ses poètes, ses penseurs, ses architectes, ses philosophes. Il suppose un mode de vie, une façon d’être et de penser qui ignore le libre arbitre augustinien, le sujet cartésien, la séparation kantienne du nouménal et du phénoménal, la raison laïque des Lumières, la philosophie de l’histoire hégélienne, l’athéisme feuerbachien, le positivisme comtien, l’hédonisme freudo-marxiste. Il ignore également l’iconophile et l’iconodulie (goût et défense des images religieuses) pour lui préférer la mathématique et l’algèbre des formes pures (mosaïques, entrelacs, arabesques, calligraphie), ce qu’il faut savoir pour comprendre pourquoi la figuration de Mahomet est un blasphème.

Refuser la réalité du choc des civilisations ne peut se faire que si l’on ignore ce qu’est une civilisation, si l’on méprise l’Islam en lui refusant d’en être une, si l’on déteste la nôtre par haine de soi, si l’on pense l’histoire avec les fadaises du logiciel chrétien et marxiste qui promet la parousie en ignorant les leçons de philosophie données par Hegel : les civilisations naissent, croissent, vivent, culminent, décroissent, s’effondrent, disparaissent pour laisser place à de nouvelles civilisations. Qu’on médite sur l’alignement de Stonehenge, les pyramides du Caire, le Parthénon d’Athènes ou les ruines de Rome comme on méditera plus tard sur les ruines des cathédrales !

Notre occident est en décomposition : les adultes s’achètent des albums à colorier, ils se déplacent en trottinette, ils tétouillent des cigarettes électroniques, la femme à barbe constitue l’horizon indépassable du progrès post-moderne, ils conduisent leurs animaux domestiques chez le psychanalyste, ils marchandisent l’utérus de femmes pauvres pour porter les foetus de riches, ils se ruent sur les soldes comme des bêtes assoiffées sur un point d’eau, mais aucun d’entre eux n’est prêt à mourir pour ces fariboles.

Pendant ce temps, animé par la grande santé nietzschéenne, l’Islam planétaire propose une spiritualité, un sens, une conquête, une guerre pour ses valeurs, il a des soldats, des guerriers, des martyrs qui attendent à la porte du paradis. Refuser qu’il en aille, là, d’une civilisation qui se propose « le paradis à l’ombre de épées », un propos du Prophète, c’est persister dans l’aveuglement. Mais comment pourrait-il en être autrement ? L’aveuglement qui fait dire que le réel n’a pas eu lieu (ou n’a pas lieu) est aussi un signe de nihilisme."

Michel Onfray©

02/05/2015

esprit de mai

 

"La valise ou le cercueil, pour pas mal de migrants venus des côtes libyennes, c’est devenu la valise ET le cercueil. Poussés par la misère, les illusions ou le manque de perspectives, une partie des forces vives de l’Afrique débarque chez nous, mais pas à la manière des Américains sur les côtes normandes en juin 44. Les barges de débarquement sont un peu moins élaborées ; en revanche, les envahisseurs bénéficient de l’absence de tirs de barrages côtiers. Pas de batteries européennes pour les couler. Ceci dit, ils ne sont pas vraiment attendus comme le messie, sauf par quelques Parisiens de la gauche du cœur, antiraciste et internationaliste.

Un migrant de plus, ça mange pas de pain. L’empathie, c’est sympa, mais en l’occurrence, ça sert à rien. Tout le monde sait que l’origine du problème, c’est le sous-développement économique là-bas, et le chômage de masse ici, deux purs produits de l’impérialisme capitalistique, qui se goinfre les richesses du sous-sol pas chères là-bas, et vire les gens trop chers ici. L’idéal, pour le système, serait donc une France peuplée de travailleurs africains pas chers – les Blancs étant au chômage – et une Afrique pas suffisamment forte pour se défendre contre la prédation économique. Finalement, ce bobo n’a pas tort, sauf que dans son émotion humaniste, il ne dispose peut-être pas du plan d’ensemble.

Un qui s’est bien échoué aussi, c’est ce gros cachalot de 15 mètres. L’homme ne s’occupe que de l’homme, et il a tendance à oublier, dans son égoïsme congénital, les autres créatures, avec qui il partage la Terre. Mais les animaux sont comme les Indiens au XIXe siècle : les envahisseurs européens réduisent progressivement leur espace vital. Il reste les grandes réserves africaines, qui subissent la pression du développement agricole, et les zoos européens, qui annoncent la disparition des grands mammifères du quaternaire. Et logiquement, le prochain sur la liste, c’est l’Homme.

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"(...) Justement, pour aller plus vite vers sa fin, l’homme n’a pas renoncé aux ethnocides, génocides et autres massacres interhumains. Il y a 100 ans, les Turcs, en guerre sur tous les fronts, extérieur et intérieur, déclenchaient l’élimination d’un million et demi d’Arméniens, avec l’arrière-pensée de neutraliser les soulèvements nationalistes dans l’Empire ottoman, et de récupérer les territoires arméniens en Asie mineure (Anatolie). Heureusement pour l’État turc un peu crétin, qui nie en bloc malgré les évidences, les Arméniens de la diaspora n’en ont pas rajouté dans la surmédiatisation et l’obtention d’avantages politiques ou pécuniaires.

Ce n’est pas le cas des juifs, qui ne laissent pas passer une occasion, même ridicule, de rappeler le nazisme, la souffrance juive, histoire de passer pour les gentils et faire oublier les exactions du présent. Ici, le procès grotesque d’Oskar Gröning, 93 ans, le comptable d’Auschwitz. Bientôt, on va devoir se taper le procès du boulanger de Treblinka, et du jardinier de Sobibor.

Jusqu’où vont-ils descendre, pardon, remonter ?" E et R

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sans commentaire..

quoique.

"Toute société partielle, quand elle est étroite et bien unie, s'aliène de la grande. Tout patriote est dur aux étrangers: ils ne sont qu'hommes, ils ne sont rien à ses yeux. Cet inconvénient est inévitable mais il est faible. L'essentiel est d'être bon avec les gens avec qui l'ont vit. Au dehors, le Spartiate était ambitieux, avare, inique; mais le désintéressement, l'équité, la concorde, régnaient dans ses murs. Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent d'accomplir autour d'eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins." JJ Rousseau, Œuvres complètes.

on est pas des bourgeois

01/05/2015

best of

Ou la toute puissance médiatique du lobby israélien en France et la stupidité ontologique de l'extrême gauche contemporaine.

rappel: qui est Cukierman?

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podcast

Everloving, Moby

30/04/2015

énergie

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"Un emploi= une machine

L’homme du 21è siècle sera-t-il un mélange croissant de biologie et de silicium, ou de muscles et d’acier ? En fait, contrairement à ce que le débat croissant sur "l’homme augmenté" laisse penser, le fait de suppléer nos faiblesses biologiques par du plastique et du métal est déjà une assez vieille histoire. Il y a un siècle et demi, le mineur a commencé à être "augmenté" par des pompes et des ascenseurs, avant que le marin ne soit "augmenté" par des machines à vapeur.

L’ouvrier du bâtiment est depuis longtemps "augmenté" par des cimenteries, aciéries, grues, camions et marteaux-piqueurs, comme l’agriculteur l’est par des tracteurs, usines d’engrais, entrepôts réfrigérés, camions, et trayeuses électriques. Notre espèce est désormais tellement "augmentée" qu’il n’y a plus un emploi qui ne dépende, directement ou indirectement, d’une machine.

Et alors qu’avec les premières poulies, faucilles ou scies, la machine était un modeste auxiliaire de l’homme, c’est désormais l’homme qui est devenu l’auxiliaire de la machine. C’est bien cette dernière qui transporte les marchandises, emboutit les tôles, polymérise le plastique, ou achemine les informations, et l’homme se contente de lui dicter sa volonté en appuyant sur des boutons, qu’il soit aux commandes d’un bulldozer, d’un porte-container, ou assis dans un bureau.

Si la production de bien et services est pour l’essentiel le fait de machines, nous avons alors besoin d’autant d’emplois qu’il y a de machines à commander. Il y a autant de chauffeurs routiers que de camions, autant d’employés de bureau ou de programmeurs que d’ordinateurs, autant de caissières que de caisses, autant de serveurs de restaurant que de fours, plaques de cuisson, et frigos, et autant de pêcheurs que de bateaux aptes à naviguer.

Mais ce qui met la machine en mouvement n’est pas juste notre volonté : il lui faut sa nourriture à elle, qui s’appelle l’énergie. Et voici pourquoi, dans les pays de l’OCDE, l’emploi répond avant tout à l’énergie disponible : cette dernière commande directement le nombre de machines qui peuvent fonctionner, et donc le nombre d’hommes qui peuvent être occupés à leur dire quoi faire. Avec cette grille de lecture, la décrue subie de l’approvisionnement énergétique supprime des machines au travail, et donc tue l’emploi. C’est exactement ce qui se passe en Europe depuis 2007, année où le continent est passé par son maximum d’approvisionnement en hydrocarbures, et du coup en énergie tout court." Jancovici

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28/04/2015

no end

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"L'autre jour, sur France Inter*, ils présentaient leur nouvelle loi sur le renseignement, dit l'Avocate. Au nombre des intervenants, un ex-membre des services spéciaux, qui entretemps s'est reconverti dans la "magistrature". Je ne sais plus si c'est lui ou un autre, mais à un moment donné quelqu'un a dit qu'il ne fallait pas accorder trop d'importance à cette loi, car ce qu'elle autorise**, à vrai dire justifie et même encourage, existe en fait déjà: c'est déjà une réalité. Au-delà du cynisme du propos (il faudrait y revenir), cet apparatchik recadre utilement le débat. Certains, citant Orwell (1984), tirent aujourd'hui la sonnette d'alarme en disant que le régime français serait en train de basculer dans le totalitarisme. En réalité, le basculement a déjà eu lieu. Il y a belle lurette que la police secrète française, à l'instar de son homologue américaine, s'est outillée pour intercepter l'ensemble des communications électroniques en France, et ensuite les stocker dans des bases de données. Tout le monde, aujourd'hui, est sur écoute, et tout le monde le sait. Le Monde lui-même, il y a quelques années, avait consacré plusieurs articles à ce sujets (non démentis)***. Bref, en la matière, les dirigeants ont toujours fait ce qu'ils voulaient. Sauf que, jusqu'ici, ils étaient dans l'illégalité, alors que, maintenant, ils peuvent se revendiquer de l'état de droit. La loi s'étant alignée sur la pratique, tout ce qui jusqu'ici était illégal devient par là même légal. Mais c'est la seule nouveauté, il n'y en a pas d'autre. L'occasion ici de rappeler, ce qu'on oublie souvent, que le totalitarisme est parfaitement compatible avec l'état de droit. Le régime stalinien en est un exemple (relisez Soljénitsyne), mais aussi le régime nazi (relisez Hannah Arendt)."

Eric Werner, l'Avant-blog

* 18 mars 2015.
** Détails dans le Figaro, 17 mars 2015 (p. 2-3).
*** 5 juillet 2013, 21 mars 2014, 22 mars 2014, etc.

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"C'est un processus à moyen terme, processus dont, pour une part au moins, l'avancée est fonction de ce qu'on estime être les capacités d'acceptation des populations, dit le Colonel. Les dirigeants partent de l'idée que les gens sont aujourd'hui prêts à tout accepter: tout. Mais en même temps qu'il faut y aller doucement, sans trop forcer le rythme. On peut tout leur faire accepter, mais pas tout à la fois. Ainsi, en 2013, nous avons eu la loi de programmation militaire, qui en son article 20 permet à la police de se livrer à des opérations d'espionnage intérieur en dehors de tout cadre juridique (ce qu'elle faisait, il est vrai, depuis longtemps déjà: mais pas ouvertement*), puis en 2014 de nouvelles lois sur le terrorisme, enfin en 2015 la loi dont le Parlement est actuellement saisi en procédure accélérée, celle sur le renseignement. C'est la tactique, aujourd'hui bien rodée, du salami. On ne sait pas encore ce qu'il y aura en 2016, mais forcément il y aura quelque chose, car il ne faut pas casser le rythme. De temps à autre, en contrepoint, il se commet un attentat. Mais ce n'est pas nécessairement  antinomique. D'une manière générale, on peut le dire, les dirigeants maîtrisent bien la situation."

Ibid


* Voir "Etat de droit", 21 mars 2015.


podcast

27/04/2015

land of plenty (the Wire saison II:))