11/09/2011
contrition pride
« C'est Nietzsche qui écrit dans La volonté de puissance que l'Europe malade trouve un soulagement dans la calomnie. Mais il se pourrait bien que le masochisme européen ne soit qu'une ruse de l'orgueil occidental. Blâmer sa propre histoire, fustiger son identité, c'est encore affirmer sa supériorité dans le Bien. Jadis l'occidental assurait sa superbe au nom de son dieu ou au nom du progrès. Aujourd'hui il veut faire honte aux autres de leur fermeture, de leur intégrisme, de leur enracinement coupable et il exhibe sa contrition insolente comme preuve de sa bonne foi. Ce ne serait pas seulement la fatigue d'être soi que trahirait ce nihilisme contempteur mais plus certainement la volonté de demeurer le précepteur de l'humanité en payant d'abord de sa personne. Demeurer toujours exemplaire, s'affirmer comme l'unique producteur des normes, tel est son atavisme. Cette mélodie du métissage qu'il entonne incessamment, ce ne serait pas tant une complainte exténuée qu'un péan héroïque. La preuve ultime de sa supériorité quand, en effet, partout ailleurs, les autres érigent des barrières et renforcent les clôtures. L'occidental, lui, s'ouvre, se mélange, s'hybride dans l'euphorie et en tire l'argument de son règne sur ceux qui restent rivés à l'idolâtrie des origines. Ce ne serait ni par abnégation, ni même par résignation qu'il précipiterait sa propre déchéance mais pour se confondre enfin intégralement avec ce concept d'humanité qui a toujours été le motif privilégié de sa domination... Il y a beaucoup de cabotinage dans cet altruisme dévergondé et dominateur et c'est pourquoi le monde du spectacle y tient le premier rôle... » (Pierre Bérard, entretien avec Julien Freund)
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09/09/2011
black flag
« Une observation intéressante est qu'une fois que l'effondrement se produit il devient possible de louer un policier, soit pour une occasion spéciale, ou généralement juste pour suivre quelqu'un. Il est même possible d'embaucher un soldat ou deux, armés d'AK-4721, pour vous aider à faire diverses courses. Non seulement il est possible de faire de telles choses, mais c'est même souvent une très bonne idée, particulièrement si vous vous trouvez avoir quelque chose de précieux dont vous ne voulez pas vous séparer. Si vous ne pouvez vous offrir leurs services, alors vous devriez essayer d'être ami avec eux, et de les aider de diverses façons. Bien que leurs demandent puissent sembler exorbitantes parfois, c'est quand même une bonne idée de faire tout ce que vous pouvez pour les garder de votre côté. Par exemple, ils pourraient à un certain point insister pour que vous et votre famille déménagent dans le garage afin qu'ils puissent vivre dans votre maison. Cela peut-être agaçant au début, mais est-ce vraiment une si bonne idée pour vous de vivre dans une grande maison tout seuls, avec tant d'hommes armés partout ? Cela peut avoir un sens de stationner certains d'entre eux dans votre maison même, afin qu'ils aient une base d'opération à partir de laquelle maintenir une surveillance et patrouiller le voisinage.
(…) Mais si nous regardons les changements qui sont déjà en train de se produire, le simple et prévisible manque de fonds, comme l'État et le gouvernement tombent tous deux à sec, va transformer la société américaine de façons plutôt prévisibles. Comme les municipalités tombent à cours d'argent, la protection de la police va s'évaporer. Mais la police a quand même besoin de manger, et trouvera des manières de mettre ses compétences à bon usage sur une base indépendante. Similairement, à mesure que les bases militaires autour du monde seront fermées, les soldats vont rentrer dans un pays qui sera incapable de les réintégrer à la vie civile. Les prisonniers libérés sur parole se retrouveront presque dans les mêmes difficultés.
Et donc nous aurons d'anciens soldats, d'anciens policiers, et d'anciens prisonniers : une grande famille heureuse, avec quelques brebis galeuses et des tendances violentes. Le résultat final sera un pays noyé sous diverses catégories d'hommes armés, la plupart d'entre eux inemployés, et beaucoup d'entre eux limite psychotiques. La police aux États-Unis est un groupe tourmenté. Nombre d'entre eux perdent tout contact avec les gens qui ne sont pas dans la force et la plupart d'entre eux développent une mentalité eux-contre-nous. Les soldats rentrant de leur période de service souffrent souvent de troubles de stress post-traumatique. Les prisonniers libérés sur parole souffrent également de diverses maladies psychologiques. Tous réaliseront tôt ou tard que leurs problèmes ne sont pas médicaux mais plutôt politiques. Cela rendra impossible pour la société de continuer d'exercer un contrôle sur eux. Tous feront bon usage de leur entraînement aux armes et autres compétences professionnelles pour acquérir quoi que ce soit dont ils auront besoin pour survivre. Et le point vraiment important à se rappeler est qu'ils feront ces choses indépendamment de ce que quiconque trouve légal ce qu'ils font.
Je l'ai déjà dit et je le répéterai : très peu de choses sont bonnes ou mauvaises en soi ; tout doit être considéré dans un contexte. Et, dans le contexte post-effondrement, ne pas avoir à s'inquiéter de ce qu'une chose est légale peut être une très bonne chose. En plein effondrement, nous n'aurons pas le temps de délibérer, de légiférer, d'interpréter, d'établir des précédents et ainsi de suite. Devoir s'inquiéter de plaire à un système juridique complexe et coûteux est la dernière chose dont nous devrions nous inquiéter.
(…) Ou peut-être que vous voulez commencer une clinique communautaire, afin de pouvoir apporter un peu de soulagement à des gens qui autrement n'auraient aucun soin. Vous ne prétendez pas être docteur, parce que ces gens se méfient des docteurs, car les docteurs ont toujours essayé de leur voler les économies de toute une vie. Mais supposez que vous ayez une formation médicale obtenue, disons, à Cuba, et que vous soyez tout à fait capable d'effectuer une césarienne ou une appendicectomie, de suturer les plaies, de traiter les infections, de remettre les os et ainsi de suite. Vous voulez aussi distribuer les opiacés que vos amis en Afghanistan vous envoient périodiquement, pour atténuer la douleur de la dure vie post-effondrement. Et bien, passer par les diverses commissions d'autorisation et obtenir les certificats et les permis et l'assurance contre l'erreur médicale est complètement superflu, pourvu que vous vous entouriez de beaucoup d'amis bien armés, bien entraînés et mentalement instables. »
21:23 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : black flag, effondrement, orlov
08/09/2011
procès Chirac, des emplois fictifs en Corrèze?
"Les cinq stades de l'effondrement
Stade 1 : L'effondrement financier ✓
Stade 2 : L'effondrement commercial
Stade 3 : L'effondrement politique
Stade 4 : L'effondrement social
Stade 5 : L'effondrement culturel (...) "
"Une chose qui rend l'effondrement politique particulièrement difficile à repérer est que plus les choses empirent, plus les politiciens émettent de bruit. La rapport substance-bruit dans le discours politique est très bas même dans les bonnes périodes, ce qui rend difficile le repérage de la transition quand il tombe effectivement à zéro. La variable plus facile à surveiller est le niveau de confusion. Par exemple, quand M. Nazdratenko, le gouverneur de la région Russe extrême-orientale de Primorsk, a volé de grandes quantités de charbon, fait de grandes enjambées en direction de l'établissement d'une politique étrangère indépendante envers la Chine, et que pourtant Moscou ne pouvait rien faire pour le mettre au pas, on pouvait être sûr que le système politique de la Russie était à peu près mort. La Reconquista fut la reconquête de la péninsule ibérique par les souverains chrétiens contre les souverains musulmans, du VIIIe au XVe siècle. Le Nord-Ouest Pacifique correspond grossièrement à la portion de la côte ouest du continent nord-américain comprise entre le nord de la Californie, le sud de l'Alaska et les Montagnes Rocheuses.
Un autre signe révélateur de l'effondrement politique est la désintégration effective, quand des régions déclarent leur indépendance. En Russie, ce fut le cas de la Tchétchénie, et cela a mené à un conflit sanglant prolongé. Ici, nous pourrions avoir une Reconquista, là où les anciens territoires mexicains deviennent toujours plus mexicains, le Sud pourrait se lever à nouveau. La Nouvelle-Angleterre, la Californie et le Nord-Ouest Pacifique pourraient décider de suivre leur chemin séparément. Une fois que le système d'autoroutes inter-États ne sera plus viable et que les lignes aériennes domestiques restantes auront disparu, il n'y aura plus grand chose pour maintenir les deux côtes ensembles. Ce qui a uni le pays autrefois fut la construction du chemin de fer continental, mais les chemins de fer ont été trop négligés pour le maintenir uni à présent. Un pays consistant en deux moitiés reliées par le canal du Panama est, de fait, au moins deux pays.
Une autre chose encore à surveiller est l'intrusion étrangère dans la politique intérieure. Quand les consultants politiques étrangers commencent à diriger les élections, comme il est arrivé avec la campagne de réélection d'Eltsine, on peut être sûr que le pays n'est plus aux commandes de son propre système politique. Aux États-Unis, il y a un abandon graduel de la souveraineté, à mesure que les fonds souverains achètent davantage d'actifs américains. Ce genre de choses était autrefois considéré comme proche d'un acte de guerre, mais c'est une période désespérée, et on leur permet de le faire sans même un commentaire méchant. Finalement, ils pourraient commencer à faire des demandes politiques, pour extraire le plus de valeur de leurs investissements. Par exemple, ils pourraient commencer à contrôler les candidats aux fonctions publiques, pour s'assurer que ceux-ci demeurent amicaux envers leurs intérêts."
10:41 | Lien permanent | Commentaires (22)
07/09/2011
vers un nouveau 11/09?
21:37 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : 1109
05/09/2011
derniers jours à Festiland
Ne manquez pas la revue de presse du sieur Jovanovic ce matin:
« Vendredi, Wall Street ne parlait que du dernier rapport confidentiel de la Goldman Sachs de la mi août, tellement sombre pour le futur financier, qu'un seul conseil est vraiment donné, profiter de la débâcle au maximum... Point central de l'analyse: "il faut 1000 milliards pour recapitaliser les banques européennes"... Comme il n'y aura pas de recapitalisation, le système va partir dans une spirale, infernale par définition... Lire le Wall Street Journal. »
« Pendant que tout va presque bien en Europe, Ambrose Evans Pritchard nous apprend dans le Telegraph que les banques comme des institutions européennes "ont parqué des sommes record sur les comptes de la Fed, pour sauvegarde, montrant clairement une perte de confiance dans les banques commerciales". Donc nous sommes repartis clairement comme en 2008... "Central banks are worried about the security of their deposits so they are placing the money with the Fed...". Il semble donc que les banques espagnoles, portugaises, italiennes et françaises ont maintenant du mal à obtenir des lignes de crédit... »
« Les choses n'ont jamais été aussi mauvaises sur les marchés financiers depuis 2008. Si quelqu'un n'arrive pas sur un cheval blanc avec des trilliards de dollars ou euros de crédit facile, alors nous allons droit vers un credit crunch massif.Ce que nous avons vu en 2008 a été absolument horrible ... mais aucun des problèmes de 2008 n'a été fixé... but in the end it is inevitable that the house of cards is going to come crashing down ». Lire ici.
"L'ancien conseiller économique de Reagan, Laurence Kotlikoff, a calculé que la vraie dette des US est de 211.000 milliards de dollars, et pas 14.000 comme l'a laissé penser le cirque de cet été, soit 15 fois plus. Lire ici, ou écouter, le NPR.com. Dans l'ensemble, je ne sais si cela change quelque chose."
Mais heureusement qu'on a des pointures en Europe (oups, il est out pour le moment, dommage)..
« Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a estimé jeudi 15 mai 2008, que le pire de la crise financière née aux Etats-Unis était "derrière nous", mais que ses effets sur l'économie allaient continuer à se faire sentir pendant plusieurs trimestres.
"Il y a de bonnes raisons de penser que les institutions financières ont révélé l'essentiel (des dégâts), surtout aux Etats-Unis (...) Les pires nouvelles sont donc derrière nous", a déclaré Dominique Strauss-Kahn devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen à Bruxelles. »
ha ha, heureusement qu'au PS et à l'UMP, on a pris la mesure du problème.
faut chercher ailleurs.
20:39 | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : crise, dsk, jovanovic, chaos





