18/03/2012
un potager?
22:29 | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : delamarche
Merluchon social-traître!
j'aime bien parler comme les léninistes!
Rocard dans ses oeuvres.
19:24 | Lien permanent | Commentaires (13)
17/03/2012
lapins et radicalité
« Nous étions dans un fossé, mais derrière nous s’étendaient cent cinquante mètres de terrain plat, si dénudé qu’un lapin aurait eu du mal à s’y cacher (…). Un homme sauta hors de la tranchée [ennemie] et courut le long du parapet, complètement à découvert. Il était à moitié vêtu et soutenait son pantalon à deux mains tout en courant. Je me retins de lui tirer dessus, en partie à cause de ce détail de pantalon. J’étais venu ici pour tirer sur des « fascistes », mais un homme qui est en train de perdre son pantalon n’est pas un « fasciste », c’est manifestement une créature comme vous et moi, appartenant à la même espèce – et on ne se sent plus la moindre envie de l’abattre. »
G Orwell, Looking back on the spanish war, Œuvres complètes II, p. 254
« C’est cette nécessité de protéger la civilité et le langage traditionnels contre les effets de la domination de classe, qui est, vraisemblablement, à l’origine du besoin si souvent ressenti par Orwell de réhabiliter une certaine quantité de conservatisme. Aucune société décente, en effet, ne peut advenir ni même être imaginée, si nous persistons, dans la tradition apocalyptique ouverte par Saint Jean et Saint Augustin, à célébrer l’avènement de l’homme nouveau et à prêcher la nécessité permanente defaire du passé table rase. En réalité, on ne peut espérerchanger la vie si nous n’acceptons pas de prendre les appuis appropriés sur un vaste héritage anthropologique, moral et linguistique, dont l’oubli et le refus ont toujours conduit les intellectuels révolutionnaires à édifier les systèmes politiques les plus pervers et les plus étouffants qui soient. C’est une autre manière de dire qu’aucune société digne des possibilités modernes de l’espèce humaine n’a la moindre chance de voir le jour si le mouvement radical demeure incapable d’assumer clairement un certain nombre d’exigences conservatrices. Telle est, de ce point de vue, la dernière et la plus fondamentale leçon de 1984 : le sens du passé, qui inclut forcément une certaine aptitude à la nostalgie, est une condition absolument décisive de toute entreprise révolutionnaire qui se propose d’être autre chose qu’une variante supplémentaire des erreurs et des crimes déjà commis.
« - A quoi devons nous boire cette fois [demanda O’Brien] ? A la confusion de la police de la pensée ? A la mort de Big Brother ? A l’humanité ? A l’avenir ?
- Au passé, répondit Winston.
- Le passé est plus important, consentit O’Brien gravement. » »
(Orwell anarchist tory, JC Michéa)
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Lire aussi cet interview de Michéa sur Orwell dans la revue du MAUSS+++
extrait;
"Orwell établit une distinction entre la gauche et le socialisme. Et vous avez fort bien montré comment la gauche, par sa naissance même comme parti du mouvement, était logiquement devenue la meilleure alliée du capitalisme (ce qui signifie d’ailleurs qu’il n’y a plus de grande différence entre elle et la droite et que ces catégories ne sont guère utiles). Êtes vous, avec Orwell, le défenseur d’une gauche non moderne ou d’un socialisme conservateur, bref d’un anarchisme tory ? Ne sont-ce pas des oxymores ?
Ce ne sont des oxymores qu’à l’intérieur du dispositif idéologique légué par les courants dominants de la philosophie des Lumières (il faut donc en exclure cette tradition du républicanisme « néo-romain » dont Orwell – Crick l’a souligné – était souvent assez proche). Pour les élites intellectuelles du XVIIIe siècle, en effet, il s’agissait avant tout de tracer une ligne de démarcation infranchissable entre les partisans du « Progrès » et de la « Raison » (ce qu’on appellerait bientôt la « Modernité ») et les tenants d’un passé ténébreux, que les progressistes les plus radicaux assimilaient en bloc à l’absurde système « féodal » et à son cortège de superstitions populaires, de coutumes ridicules et de préjugés inacceptables. L’ambiguïté d’un tel dispositif – dans lequel Engels voyait le « règne idéalisé de la bourgeoisie » – saute immédiatement aux yeux. D’une part il a conduit à ancrer le libéralisme – moteur principal de la philosophie des Lumières – dans le camp des « forces de progrès » (on sait d’ailleurs que Constant, Bastiat et Tocqueville siégeaient à la gauche, voire à l’extrême gauche, du Parlement). De l’autre, il a contribué à rendre d’avance illisible la critique socialiste originelle puisque celle-ci allait précisément naître d’une révolte contre l’inhumanité de l’industrialisation libérale et l’injustice de son Droit abstrait (ce qui explique, au passage, qu’un Marx – à la différence d’une Marie-George Buffet ou d’un Olivier Besancenot – n’aurait jamais songé à se revendiquer de la Gauche : comme la plupart des socialistes de son temps, il défendait encore la précieuse indépendance du mouvement des travailleurs, tant à l’égard de la droite monarchiste qu’à celui de la gauche libérale, quitte à appuyer parfois cette dernière pour des raisons purement tactiques et provisoires). Pour autant, cette atopie singulière du socialisme naissant ne signifie pas que ses partisans entendaient revenir au monde d’avant la Révolution. Mais leur dénonciation de ce dernier était infiniment plus subtile que celle des idéologues de gauche. Dans leurs critiques de l’Ancien Régime, ils prenaient toujours soin, en effet, de distinguer ce qui relevait du principe hiérarchique (un socialiste est par définition hostile à toute forme d’oligarchie, quand bien même elle se fonderait sur la prétention de certains à être « plus égaux que les autres ») et ce qui relevait du principe « communautaire » (la gemeinwezen de Marx) et de ses conditions morales et culturelles (un socialiste s’oppose par essence à ce qu’Engels appelait « la désagrégation de l’humanité en monades dont chacune a un principe de vie particulier »). Pour les premiers socialistes il était donc clair qu’une société dans laquelle les individus n’auraient plus rien d’autre en commun que leur aptitude rationnelle à conclure des marchés intéressés ne pouvait pas constituer une communauté digne de ce nom (on remarquera, au passage, que la Gauche contemporaine aurait presque fini par nous faire oublier l’étymologie même des mots « communisme » et « socialisme »). Tout cela, naturellement, Orwell le sentait et le vivait de façon viscérale. Et c’est avant tout cet aspect du « passé » (celui qui fonde, en définitive, une grande partie du sens et du charme de l’existence humaine) qu’il désirait protéger et développer, jusqu’à en faire l’horizon nécessaire – ce n’est qu’un paradoxe apparent – de toute vie privée réussie. Et quitte, selon son habitude, à multiplier les provocations philosophiques destinées à éveiller les intellectuels de gauche de leur éternel sommeil dogmatique. C’est ainsi, par exemple, qu’il confia un jour à Kay Ekevall que « ce dont avait besoin l’Angleterre, c’était de suivre le genre de politique prônée par le G.K.’Weekly de Chesterton : une forme d’anticapitalisme et de « joyeuse Angleterre » agraire et médiévale ». C’est à coup sûr dans ce cadre précis qu’il convient d’interpréter sa dernière volonté d’être inhumé selon le rite anglican. Il ne croyait évidemment pas en Dieu mais il n’en pensait pas moins que « le véritable problème était de trouver un moyen de restaurer l’attitude religieuse, tout en considérant que la mort est définitive ». Non qu’à ses yeux le sens moral trouve son fondement réel dans la religion, mais simplement parce qu’il était convaincu – et bien des révoltes populaires lui donnent raison sur ce point – que la religion pouvait aussi fonctionner, à l’occasion, comme l’un des habillages culturels les plus efficaces de la common decency."
A la lumière de cette "forme d’anticapitalisme et de « joyeuse Angleterre agraire et médiévale »" pronée par Orwell, (!!excellent!), on mesure le chemin parcouru par nos progressistes contemporains de "gauche" (Moscovici?) ou "de "droite" (Coppé?)...sans parler des Mélenchon, DSK, Dray ou Lamy...(je sais, on dirait la liste de Schindler)
22:13 | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : orwell
14/03/2012
reprise
"(...) Ce plan des réseaux décisionnels occidentaux [remodelage du Proche-Orient] n’est pas inconnu de Vladimir Poutine, représentant du bloc de commandement russe. Poutine connaît en effet précisément le scénario que les banquiers internationaux entendent faire exécuter aux marionnettes siégeant à Washington, ainsi qu’à leurs complices, à la tête des Etats vassaux. Dans le précédent numéro, nous avons vu que Poutine jugeait urgent d’envoyer des messages plus clairs aux dirigeants occidentaux. Il faut rappeler que Poutine a personnellement vécu la chute de la RDA. En décembre 1989, tandis qu’une foule vitupérait devant l’état-major du KGB, à Dresde, il brûlait des documents compromettants. Il a ensuite vu le destin réservé à ses collègues de la Stasi.Poutine appartient à cette génération où le perdant perd tout ce qu’il a constitué durant des années. Et il connaît son ennemi. Depuis quelques semaines, le leader russe explique que la principale menace militaire pour la Russie n’est pas la Syrie ou l’Iran, mais l’OTAN. Au cours de plusieurs interventions médiatiques récentes, Poutine a dit qu’il n’a « désormais plus aucun doute sur le fait qu’une guerre est quasiment inévitable et que nous devons y être préparés ». Comme l’exprimait récemment un proche de Poutine à l’intention de Dmitri Medvedev : « Il a compris qu’il a affaire à une bête féroce, cynique, impitoyable, prête, pour résoudre ses problèmes financiers domestiques, à commettre n’importe quel crime en n’importe quel coin du globe ». Maintenant, la Russie va chercher à établir son leadership militaire et stratégique en Asie centrale et dans le Caucase. Il est très probable que Moscou contribue officieusement à chasser les Occidentaux d’Afghanistan.
Il y a quelques mois, un diplomate occidental confiait : au moment où l’Occident, et tout particulièrement l’Europe de l’Ouest, s’approche du gouffre, Poutine promet un développement extensif, par l’investissement de nouveaux marchés, et surtout la progression de la présence russe. Poutine compte profiter de l’évident affaiblissement de l’Union européenne pour lancer une contre-offensive expansionniste, afin de restaurer une certaine forme d’Empire. Le projet d’union eurasienne est la seconde tentative d’intégration, après l’instauration de la CEI, depuis l’éclatement de l’URSS. Face à cela, le plan des Occidentaux ressemble à une fuite en avant. Les militaires du bloc de commandement de l’Ouest, confiants dans leur haute technologie, semblent assurés du triomphe. Ils ont cependant oublié le facteur humain et quelques points clés, fort bien connus des anciens maîtres du KGB… et donc de Poutine. L’opposition des Russes aux événements syriens n’est absolument pas quelque chose d’anodin. Elle intervient à un moment stratégique où l’Occident est en déclin prononcé et il va s’accélérer au fil des mois pour l’Europe de l’Ouest. D’un autre côté, il devient urgent de trouver un compromis entre les blocs pour éviter un dérapage au Moyen-Orient.
(...) Tandis que certains Etats arabes (tout particulièrement l’Arabie saoudite et le Qatar), alliés aux sionistes, cherchent à liquider le pouvoir syrien en finançant des mercenaires issus des milieux extrémistes sunnites, une importante délégation russe a foulé le sol syrien le 7 février 2012. Cette délégation était surtout composée de spécialistes du renseignement russe, lesquels ont discuté avec d’autres experts de services secrets de différents gouvernements régionaux. « Au palais présidentiel, la délégation russe a rejoint des délégations d’autres Etats, notamment de la Turquie, de l’Iran et du Liban. Une série d’accords a été conclue pour le retour à la paix. La Syrie a restitué 49 instructeurs militaires (turcs) faits prisonniers par l’armée syrienne. La Turquie est intervenue pour faire libérer les ingénieurs et les pèlerins iraniens enlevés... La Turquie a cessé tout soutien à l’Armée syrienne libre et a livré son chef, le colonel Riad el-Assad. La Russie, qui s’est portée garante des accords, a été autorisée à réactiver l’ancienne base soviétique d’interception du Mont Qassioum. Le lendemain, le département d’Etat des Etats-Unis a informé l’opposition syrienne en exil qu’elle ne devait plus compter sur une aide militaire américaine ». Dans le même temps, les prix du pétrole ont commencé à léviter vers le haut, pulvérisant des niveaux jugés importants par un trader talentueux. Or, aucun événement géopolitique connu ne justifie ces mouvements ! Les Russes pourront en profiter… et la facture énergétique sera plus lourde pour l’Europe de l’Ouest. Par la suite, les services secrets syriens ont arrêté une brigade française de transmission, composée de 120 militaires, à Zabadani. Craignant que cette affaire ne soit ébruitée et devienne un scandale en pleine période électorale, Alain Juppé aurait été chargé par le président Sarkozy de négocier avec son homologue russe, S. Lavrov, pour trouver une solution de sortie honorable ! (Source : Irib)
18:55 | Lien permanent | Commentaires (19)
13/03/2012
festivus contre l'ordre moral
« De nombreux militants de gauche s’insurgent encore contre la famille autoritaire, le moralisme anti sexuel, la censure littéraire, la morale du travail et autres piliers de l’ordre bourgeois, alors que ceux-ci ont déjà été sapés ou détruits par le capitalisme avancé. Ces radicaux ne voient pas que la personnalité autoritaire n’est plus le prototype de l’homme économique. Ce dernier a lui-même cédé la place à l’homme psychologique de notre temps -dernier avatar de l’individualisme bourgeois. » (C. Lasch, La culture du narcissisme, éd climats, 2000, p 24)
Suis souvent surpris par le grand écart idéologique (qu'incarne à merveille ce pauvre Hazan et ses clônes modernes) que font les plus fervents promoteurs des théories pédagogistes et novatrices au sein de l’Education Nationale –nos amis du désastre scolaire que Brighelli dans son blog épingle si bien, en patient entomologiste du monde scolaire qu’il est.
Je dis grand écart idéologique car, sur le fond, il me semble que la plupart des bonnes consciences progressistes –de gauche comme de droite- ne voient pas la contradiction fondamentale qu’il y a à vomir quotidiennement le libéralisme économique d’un côté tout en adoubant, de l’autre, des théories éducatives et des principes anthropologiques qui ressortent directement de l’individualisme le plus libéral ("leulibéralisme culturel" pour notre ami Marchenoir)
Je m’explique. Le contraste entre les moyens énormes mis au service de l’institution scolaire et les résultats dramatiques de la même institution montent assez bien à quel point –et contrairement à la rhétorique pavlovienne des syndicats d’enseignants ("de gauche" c'est-à-dire les plus acharnés à saper les piliers de l'institution au nom du Progrès et de la célèbre "lutte contre toutes les formes de discriminations") sur le manque de postes et de moyens- il s’agit plus d’une crise civilisationnelle que d’une simple histoire de budget.
Au sens ou si l’école a changé, en mal, sous les coups des Lang, Meirieu, Langevin, Freinet, Bayrou et autres Bourdieu, adeptes de l’élitisme pour tous et de la massification de la culture, la société aussi.
La famille moyenne qui envoyait ses gamins les yeux fermés à l’école publique du quartier dans les années 50 ou 60 pour y acquérir, non pas une éducation qui était assurée par les parents, mais une instruction, n’est plus la famille d’aujourd’hui qui se décharge largement de son rôle éducatif sur l’institution qui, parallèlement, est de moins en moins à même d’assurer son devoir d’instruction.
Quels parents envoient aujourd’hui les yeux fermés leurs gamins à l’école du quartier ? Une minorité sans doute par aveuglement ou culte du métissage social…La majorité des parents n’ont plus confiance dans l’institution. Perte de légitimité et contestation du bien fondé de principes éducatifs impersonnels qui, jusqu’alors, paraissaient évidents à presque tous. Remise en cause du contenu et des méthodes. Pourquoi apprendre ? Quels savoirs ? Pour qui ? Les mêmes pour tous ? Ne faut il pas individualiser l’enseignement, mettre l’enfant au cœur du système ? L’aider à construire lui-même son savoir ? Respecter ses droits ? Rendre le savoir attractif ? Aller vers l’enfant ? Cesser de demander aux enfants de faire l’effort d’acquérir ce savoir ?
A bien considérer les choses, ce primat de l’individu –de l’élève- par rapport à la communauté, cette survalorisation de droits individuels ( apprendre, à construire son savoir, à bénéficier d’un enseignement individualisé et attractif, récusation de l’autorité, etc.) au détriment des devoirs de l'enfant (respect de l’autorité, de la figure du professeur, du savoir, humilité et reconnaissance devant ce travail d’individuation et de civilisation nécessaire voulu et organisé par la communauté), cette auto régulation des comportements (qui rappelle l'auto-régulation des marchés, la célèbre main invisible d'Adam Smith), ne sont que les manifestations les plus évidentes de cet individualisme libéral qui est aujourd’hui le credo de nos sociétés occidentales. Pour le meilleur, comme pour le pire.
Au delà de cette contradiction –féconde pour ceux qui veulent bien s’y arrêter- entre la lecture d’Alternatives économiques et le devoir de vigilance citoyen à l’égard des droits de l’élève dans l’institution scolaire, tout cela me semble traduire une confusion générale sur la nature de l’école et sur les rapports entre l’individu –enfant- et la société en tant que communauté.
Christopher Lasch dans les années soixante dix, se posant la question de la compatibilité d’une éducation de masse et du maintien d’un enseignement de qualité, avait démystifié ce chaos moderne en montrant la convergence de vue entre conservateurs partisans d’un enseignement élitiste et jugeant préjudiciable au maintien d’une excellence scolaire l’ouverture de l’école au plus grand nombre et radicaux qui justifient l’abaissement du niveau d’enseignement au nom de l’émancipation culturelle des opprimés.
Pour autant, Lasch faisait le constat d’un abaissement du niveau éducatif dans les lieux mêmes d’excellence (Yale, Princeton, Harvard), assez réfractaires par nature, au dogmes égalitaristes. Et faisait l’hypothèse que cette évolution inquiétante était propre aux sociétés industrielles avancées, celle-ci n’ayant plus nécessairement besoin d’individus brillants autonomes et critiques, mais plutôt de sujets moyens, relativement abrutis, capables d’effectuer un travail moyennement qualifié et de se comporter en bons consommateurs…Connivence des acteurs économiques et politiques pour laisser filer l’enseignement de la littérature, de l’histoire, des sciences politiques et da philosophie, peu nécessaires à l’accomplissement consumériste et festif de l’homme moderne.
Avec pour résultat que l’éducation de masse, qui se promettait de démocratiser la culture, jadis réservée aux classes privilégiées, avait fini par abrutir les privilégiés eux mêmes. On retrouve ce type d’analyse chez Renaud Camus lorsqu’il parle de la prolétarisation des classes moyennes et du corps professoral.
Ainsi, contrairement à l’esprit de l’institution qui était de former des citoyens éclairés capables de se diriger eux-mêmes, il semble que le système ne soit plus capable –hors quelques filières d’excellence soigneusement épargnées à dessein- que de produire des générations d’abrutis incultes et pour beaucoup analphabètes, tout juste aptes à obéir servilement aux campagnes promotionnelles, à opiner aux sommations d'une expertocratie auto proclamée et omni présente, et à célébrer comme il se doit l’avènement de cette société du Spectacle de masse dont parlait Debord.
Pourquoi, en effet, dans la perspective utilitariste d’efficacité et de rendement ou de retour sur investissement de nos modernes élites, perdre du temps et de l’argent à enseigner l’histoire ou la littérature à des individus massivement destinés à des emplois peu qualifiés et peu exigeants intellectuellement ? Pourquoi former de bons citoyens éclairés et autonomes lorsque des abrutis grégaires et festifs feront tourner la machine aussi bien –sinon mieux- et ferons de bons consommateurs ?
Et à cette prolétarisation globale des sociétés industrielles, la bureaucratie éducative progressiste à front de taureau répond en produisant à jet continu de nouveaux programmes scolaires revus à la baisse, peu exigeants, axés sur la socialisation des enfants, les activités transversales ou extra scolaires destinées, non plus à les instruire, mais à les occuper.
« Il fut un temps où ce qui était supposé menacer l'ordre social et les traditions civilisatrices de la culture occidentale, c'était la révolte des masses. De nos jours, cependant, il semble bien que la principale menace provienne non des masses, mais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie. Dans une mesure inquiétante, les classes privilégiées -les 20% les plus riches de la population, pour prendre une définition large- ont su se rendre indépendantes non seulement des grandes villes industrielles en pleine déconfiture mais des services publics en général. Elles envoient leurs enfants dans des écoles privées, elles s'assurent contre les problèmes de santé en adhérant à des plans financés par les entreprises où elles travaillent et elles embauchent des vigiles privés pour se protéger contre la violence croissante qui s'en prend à elles. Elles se sont effectivement sorties de la vie commune.Les mêmes tendances sont à l'oeuvre dans le monde entier. En europe, les référendums qui se sont tenus sur la question de l'unification ont révélé une faille profonde et qui va en s'élargissant entre le monde politique et les membres plus humbles de la société qui redoutent que la CEE ne soit dominée par des bureaucrates et des techniciens dépourvus de tout sentiment d'identité ou d'appartenance nationale. Une Europe gouvernée de Bruxelles sera de leur point de vue de moins en moins sensible au contrôle des peuples. Le langage international de l'argent parlera plus fort que les dialectes locaux. Ce sont ces peurs qui sont sous-jacentes à la résurgence des particularités ethniques en Europe, tandis que le déclin de l'Etat-nation affaiblit la seule autorité capable de maintenir le couvercle sur les rivalités ethniques. Par réaction, la renaissance du tribalisme renforce le cosmopolitisme chez les élites. » (Cristopher Lasch, La révolte des élites, 1996)
« En septembre 1995, 500 hommes politiques et dirigeants économiques de premier plan s’étaient réunis à San Francisco sous l’égide de la Fondation Gorbatchev pour confronter leurs vues sur le monde futur. La plupart tombèrent d’accord pour affirmer que les sociétés occidentales étaient en passe de devenir ingérables et qu’il fallait trouver un moyen de maintenir par des procédés nouveaux leur sujétion à la domination du Capital. La solution retenue fut celle proposée par Zbigniew Brzezinski sous le nom de tittytainment. Par ce terme plaisant, il fallait entendre un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettant de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. » (Alain de Benoist (6 juillet 2009)
"Johnny a dit à Adeline: "Ah que c'est chouette!""
22:26 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : education, lasch, brighelli, orwell
12/03/2012
la cuvette est pleine de bouillon
22:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le poulpe
faut pas vieillir..
"Ainsi, Gérard Depardieu, poids lourd du cinéma français qui ne passe jamais inaperçu, a fait une véritable déclaration d'amour à Nicolas Sarkozy, un homme "franc et honnête" : "Merci de m'applaudir (...) mes nouveaux amis, bien que je n'en aie pas tellement. Depuis que cet ami Nicolas Sarkozy, avec Carla Bruni, est au pouvoir, je n'entends que du mal de cet homme qui ne fait que du bien."
D'autres soutiens de la première heure étaient également présents, comme Enrico Macias, qui n'avait pas hésité à prendre le micro lors de la victoire en 2007. "J'ai toujours été d'accord avec sa politique car ça a été le seul qui a pu endiguer la crise mondiale qui nous frappe", a déclaré un Enrico Macias, très enthousiaste. "J'aime Nicolas Sarkozy parce que c'est un homme de parole, a-t-il poursuivi. Vous pouvez avoir confiance en lui, il ne vous décevra jamais, comme il n'a pas déçu les rapatriés d'Algérie, comme il n'a pas déçu les harkis. Et moi, je suis toujours son ami et je le soutiendrai dans toues les circonstances."
En descendant de son estrade, le président a ainsi salué les nombreuses personnalités présentes : les acteurs Christian Clavier et Jean Reno, Jean d'Ormesson, Didier Barbelivien, Emmanuelle Seigner, la navigatrice Maud Fontenoy, Orlando, Igor Bogdanov, Marie Drucker ou encore le réalisateur Alain Terzian, producteur du film Le Président en 2006... Un bon présage pour l'avenir ?" source
non faut pas vieillir. je le préférais dans un autre registre, le gros: celui des Valseuses ou de Cyrano par exemple..mais bon, faut bien bouffer.
21:23 | Lien permanent | Commentaires (6)
what else?
« Selon l’AFP, le président Obama a promis des fournitures d’armes et des ravitailleurs pour Israël en échange d’une attaque de l’Iran après les élections présidentielles américaines.
Dans le même temps, Vitaly Churkin (l’ambassadeur russe à l’Onu) a demandé que les responsables de l’OTAN présentent des excuses aux victimes civiles lors du soulèvement en Libye, l’année dernière. Au nom du Kremlin, il a aussi accusé l’actuel gouvernement libyen de soutenir un centre de formation pour les rebelles syriens, ce qui a provoqué une vive réaction des Etats-Unis et du Premier ministre libyen. Vitaly Churkin a directement mis en cause les autorités gouvernementales libyennes, les accusant de soutenir les rebelles syriens et de mettre en péril la stabilité de la région du Moyen-Orient. Face à ces attaques, l’ambassadeur américain Susan Rice a défendu les actions de l’OTAN en Libye et critiqué la Russie. Elle a fait référence à une commission d’enquête internationale sur la Libye, qui a conclu que l’OTAN “a mené une campagne très précise avec la détermination manifeste d’éviter des victimes civiles”. Vitaly Churkin a relevé que ladite commission mettait bien en cause la responsabilité de l’Otan vis-à-vis des victimes civiles, d’où sa demande d’une “réparation appropriée”. » source/LIESI
« En plus de l’or noir, les multinationales européennes et étasuniennes visent l’or blanc libyen : l’immense réserve d’eau fossile de la nappe nubienne (estimée à 150mille km3), qui s’étend sous la Libye, l’Egypte, le Soudan et le Tchad. Les possibilités de développement qu’elle offre ont été démontrées par la Libye, qui a construit un réseau d’aqueducs de 4mille Kms de long (qui a coûté 25 milliards de dollars) pour transporter l’eau, extraite en profondeur par 1.300 puits dans le désert, jusqu’aux villes côtières (Benghazi ayant été une des premières servies) et à l’oasis de Khufrah, en fertilisant les terres désertiques. Ce n’est pas un hasard si, en juillet, l’OTAN a bombardé l’aqueduc et détruit la fabrique, près de Brega, qui produisait les conduites nécessaires aux réparations. C’est sur ces réserves hydriques, en perspective plus précieuses encore que les pétrolifères, que veulent mettre la main -à travers les privatisations promues par le FMI- les multinationales de l’eau, surtout françaises (Suez, Veolia et autres) qui contrôlent presque la moitié du marché mondial de l’eau privatisée. Et pour réparer l’aqueduc et les infrastructures, les multinationales étasuniennes comme Kellogg Brown & Root, spécialisées dans la reconstruction de ce que les bombes USA/OTAN détruisent, sont prêtes à s’en occuper : en Irak et Afghanistan elles ont reçu en deux années des contrats d’un montant d’environ 10 milliards de dollars. » source
« Le Prix Nobel de la Paix Obama envoie un nouveau porte-avions en Mer d’Oman rejoindre les portesavions US présents CVN 72 Lincoln et CVN 70 Vinson, ainsi que les LHD 8 Makin Island. Certainement un message de paix et d’amitié au peuple iranien. » source/Zerohedge
« Cela se confirme: l'Iran n'a plus d'autres choix que de payer tous ses achats de nourriture en or depuis que la décision de l'éliminer du circuit Swift... Al Arabia, via Reuters: "Iran to accept payment in gold from trading partners". Donc, si vous voulez exporter en Iran, seuls des lingots d'or vous attendent :-)... « Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2012
« L'Occident voit se profiler des sociétés dystopiques où ne subsisteront que deux catégories d'acteurs économiques : d'un côté, des actionnaires et dirigeants riches à millions ; de l'autre, un petit personnel destiné à les servir (coiffeurs, femmes de ménage, masseurs, aide à la personne, gardiens, guides...). Quelques milliers de riches paieront pour s'offrir des services et entretenir des chômeurs. Voici venir une société de millionnaires et d'infirmières, cernés par des bataillons de sans-emploi ! » source
21:23 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : libye, us, zerohedge


