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« Si l’universalisme de la gauche est d’abord l’héritier de celui de la philosophie des Lumières, on ne saurait pour autant oublier ses racines chrétiennes et, notamment, son origine Paulinienne (c’est un point sur lequel Alain Badiou a eu le grand mérite d’exister). ¨Pour Saint Paul, en effet, il n’existera plus, dans le Royaume de Dieu, « ni Juif ni Grec, ni esclave ni maître, ni mâle ni femelle » (Epitre aux Galates, 3-28) parce que alors tous ne feront plus qu’ « un dans le Christ ». Dans cette conception désincarnée (ou transgenre) de l’universel (que l’on retrouverait, de nos jours, aussi bien au principe de la lutte citoyenne « contre toutes les formes de discrimination » qu’à celui de ces royaumes de Dieu modernes que sont la « communauté européenne » ou le Marché mondial), toute détermination particulière –c’est-à-dire tout agencement symbolique concret supposé enfermer un sujet (qu’il soit individuel ou collectif) dans les limites d’un héritage historique ou naturel donné- doit être pensé comme un obstacle majeur à l’avènement d’un ordre juste et, par conséquent, comme une configuration politiquement incorrecte qu’il est indispensable d’éradiquer au plus vite.
Tel est bien, en fin de compte, le sens ultime de la croisade perpétuelle de la gauche et de l’extrême –gauche contemporaines contre tout ce qui pourrait impliquer une forme quelconque de filiation ou d’identité individuelle et collective –y compris sur le plan anatomique et sexuel (Judith Butler –figure emblématique de la gauche américaine moderne- tenant ainsi la drag queen pour le seul sujet politique révolutionnaire capable de remplacer efficacement l’ « ancien » prolétaire de la doctrine marxiste). Si donc la loi du progrès est celle qui doit inexorablement conduire des étouffantes « sociétés closes » à la merveilleuse « société ouverte » -qui oblige, en d’autres termes, l’ensemble des civilisations existantes (du monde islamique aux tribus indiennes d’Amazonie) à renoncer peu à peu à toutes ces limitations « arbitraires » qui fondaient leur identité contingente pour se dissoudre triomphalement dans l’unité post-historique –au sens ou l’entendait Fukuyama- d’une société mondiale uniformisée (unité dont le moteur ne saurait évidement être que le développement coordonné du libre-échange, des « droits de l’homme » et de la culture mainstream)- on comprend alors ce qui fait la cohérence philosophique de la gauche moderne. Pour cette dernière, en effet, c’est forcément une seule et même chose que de refuser le sombre héritage du passé (qui ne saurait appeler, par principe, que des attitudes de « repentance »), de combattre tous les symptômes de la fièvre « identitaire » (c’est-à-dire, en d’autres termes, tous les signes d’une vie collective enracinée dans une culture particulière) et de célébrer à l’infini la transgression de toutes le limites morales et culturelles léguées par les générations antérieures (le règne accompli de l’universel libéral-paulinien devant coïncider, par définition, avec celui de l’indifférenciation et de l’illimitation absolues).
Aux yeux de l’intellectuel de gauche contemporain, il va nécessairement de soi que le respect du passé, la défense de particularismes culturels et le sens des limites ne sont que les trois têtes, également monstrueuses, de la même hydre réactionnaire. »
"Dénaturation du mariage : le président sénégalais tacle Obama. A Dakar, choc des cultures entre Barack Obama et Macky Sall sur l'homosexualité.
Alors que les Sénégalais vivent dans une pauvreté souvent extrême et que le pays est menacé par la vague islamiste venue du Sahel, la première question posée par une journaliste américaine à Barack Obama en visite au Sénégal a porté sur... la décision rendue par la Cour suprême américaine sur le mariage [homosexuel]. Le président américain a salué "une victoire pour la démocratie américaine." Le président sénégalais Macky Sall ne s'est pas laissé faire et a taclé le président américain :
"C'est comme la peine de mort, une question que chaque pays traite [à sa façon]. Nous l'avons abolie depuis longtemps. Dans d'autres pays, elle s'impose parce que la situation l'exige. Nous respectons le choix de chaque Etat."
Le Sénégal l'a abolie depuis 2004." via Salon beige
NB: Clare Daly, qui reproche avec courage au gouvernement irlandais de se prostituer et d'être un des caniches de l'impérialisme américain en Syrie,est une député du parti socialiste Irlandais.
NB: ce post est une réédition, je garde les commentaires car ils prolongent bien la réflexion. Et je vois là aussi à quel point je fais un mauvais anarque...et un bon libéral, mécontent de tout régime (disait Jünger dans Eumeswill)
Assistanat.
Le seul rôle que la plupart des libéraux consentent à attribuer à l’Etat est de garantir les conditions nécessaires au libre jeu du marché, c’est-à-dire de la rationalité économique à l’œuvre sur le marché. L’Etat ne saurait avoir de finalité qui lui soit propre. Il n’est là que pour garantir les droits individuels, la liberté des échanges et le respect des lois. Un Etat axiologiquement neutre ne disant pas le Bien mais le Juste sur la base de lois éminemment fluctuantes au gré des « nécessaires adaptations » à la vie modernes et du jeu des lobbys et campagnes d’opinions sachant qu’il ne saurait désormais exister de références morales, philosophiques ou religieuses communes (et structurant la vie communautaire) sous peine de réintroduire au sein de la Cité les conditions de nouvelles guerres civiles idéologiques.
Le marché devient ainsi le principal opérateur (et le seul ?) de l’ordre social, et par extension, de tous les faits sociaux (la famille vue comme une petite entreprise, les relations sociales comme un réseau de stratégies concurrentielles intéressées, l'école un sas vers l'entreprise, la vie politique un marché où les électeurs vendent leur vote au plus offrant, l’homme un capital, l’enfant un bien de consommation durable, etc.), toute chose ne valant que ce que vaut sa valeur d’échange, mesurée par son prix.
« Tout l’avilissement du monde moderne, écrivait Péguy, c’est-à-dire toute la mise à bas prix du monde moderne, tout l’abaissement du prix vient de ce que le monde moderne a considéré comme négociables des valeurs que le monde antique et le monde chrétien considéraient comme non négociables. » (Ch Péguy, Note conjointe sur Mr Descartes et la philosophie cartésienne, Gallimard)
Dans la mesure ou il se fonde sur l’individualisme, le libéralisme tend à briser tous les liens sociaux qui vont au-delà de l’individu dans un marché qui requiert, pour son bon fonctionnement, la libre circulation des hommes et des marchandises et l'abolition des frontières, ce qui contribue à la dissolution des structures, des identité et des valeurs partagées (au sein de toute société holiste/traditionnelle). Cela ne signifie pas que des libéraux n’aient jamais pu défendre des identités collectives, cela signifie qu’ils n’ont pu le faire qu’en contradiction avec les principes dont ils se réclament. L’atomisation des communautés que produit la montée de l’individualisme libéral se traduit donc par la destruction des structures d’existence organiques (familles, clans, communautés, corporations, syndicats, partis, etc.), par une érosion généralisée du lien social, livrant des individus seuls (désassociés) à la « lutte de tous contre tous » (Hobbes) qu’est la concurrence généralisée au nom de l’utopie d’un contrat social (Locke) ou de la providence (la fameuse « main invisible du marché » de Smith, censée organiser pacifiquement la société à partir de monades antagonistes). Ce dont parlait Tocqueville lorsqu’il évoquait cet homme moderne « retiré à l’écart, comme étranger à tous les autres ». En passant, Smith admettait la légitimité de l’intervention publique lorsque les seules actions individuelles n’étaient pas suffisantes, ce que contestera plus tard Hayek au nom de la nécessité de n’entraver en rien l’ « ordre spontané » du marché.
J’en viens à l’assistanat, bête noire des libéraux (et parfois à juste titre lorsque on en vient à subventionner des polygames à la Courneuve, des associations haineuses appellant à la destruction de la nation, des intermittents de mes deux, performers sur échasses et autres cracheurs de feu arc-en-ciel, des connards de rappers juste bon à casser des galets), mais dont il faut comprendre qu’il est directement lié à la propagation de l’hubris libérale : les libéraux ne cessent de tonner contre l’Etat-providence sans réaliser que c’est l’extension même du marché qui rend inévitables des interventions étatiques toujours accrues du fait de la vulnérabilité croissante des hommes, privés de toutes les anciennes formes de protection sociales/ communautaires détruites par le développement industriel, la montée de l’individualisme et l’expansion illimitée du marché. Les anciennes solidarités pour l’essentiel héritées reposaient sur un échange de prestations mutuelles et la responsabilité de tous (et la logique du Don), les nouveaux rapports marchands sur la déresponsabilisation générale et l’assistanat.
« Un marchand n’est nécessairement citoyen d’aucun pays en particulier. Il lui est, en grande partie, indifférent en quel lieu il tienne son commerce, et il ne faut que le plus léger dégoût pour qu’il se décide à emporter son capital d’un pays dans un autre, et avec lui toute l’industrie que ce capital mettait en œuvre. »
Adam Smith, (premier internationaliste conséquent), Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations, 1776.
photo: rien à voir, j'aime bien les vieux journaux.
un concentré de modernité, ce long travelling hospitalier...me rappelle les urgences de la clinique of the black forest, les grands jours!
du même Arcand, ne manquez pas cette scène inoubliable du Déclin de l'empire américain.."excusez-moi, je vais jouir!" ("manuel c'est 25, buccal, c'est 40", lol)
"De l’autre coté de la route, les pentes dégringolent, la forêt se déploie. On traverse la salle de bar où circulent les tournées de pastis. Des visages allumés se tournent vers les nouveaux venus. On serre quelques mains, on passe dans la salle de restaurant, on s’assoit, et ça commence, les crudités et le jambon servent d’amusement. On passe aux choses sérieuses avec la terrine de sanglier que Levert dépose sur la table. Il en cuit régulièrement des kilos. On s’en sert de vastes tranches, on y revient, on renonce à se raisonner. Après quoi, le principal, du roboratif, côtes de veau aux trompettes de la mort, bœuf aux morilles, coq au vin, lapin. Ce sont des bêtes que l’on a parfois bien connues, qu’on appelait par leur petit nom. Ou bien on connaît l’ex-propriétaire du lapin ou du veau, il est au bar, on le félicite. Le plat de truffade qui accompagne, il est rare que l’on puisse en venir à bout ; Chacun fait son devoir, les fromages circulent, le clafoutis, l’alcool, Levert a l’air content.
Il donne la version moderne de ces bistrots d’antan tenus par des dames austères. On arrivait à l’improviste. Du fond de la salle noire, elles vous regardaient d’un air farouche. On en trouvait un parfait exemplaire dans un gros village, à dix-sept kilomètres dans la vallée. Sur la place de l’église, une devanture en bois peint, des vitrines agrémentées de rideau au crochet et de plantes vertes : le bar-hôtel-restaurant de Marie Croze. Il a du rester en activité jusqu’à la mort de la patronne, au début des années quatre-vingt-dix.L’hôtel n’accueillait guère de voyageurs. Il logeait plutôt, plusieurs mois de l’année, en meublé, les bergers et les valets de ferme. Marie Croze faisait à manger à midi pour les ouvriers de la minoterie, les maçons et les cantonniers. Guère plus d’une table ou deux de travailleurs silencieux, s’appliquant à grands coups de fourchettes à leur ouvrage. On entrait dans la grande salle au parquet clair impeccablement récuré. De l’ombre, de la fraîcheur. Une atmosphère recueillie. L’horloge recomptait les mouches. Deux ou trois visages se levaient un instant au dessus l’assiette, se retournaient, par acquit de conscience, vers les nouveaux venus, sans leur accorder sourire ni salut, pour se pencher à nouveau très vite sur la besogne. Le pain faisait peu de bruit qui épongeait les sauces. Quelques tables de bois, anciennes, recouvertes de toile cirée vichy, des cendriers Cinzano. Au fond, le bar, au coin duquel un étroit passage donnait sur la cuisine. Là, sans hâte, la patronne faisait son apparition.
Marie Croze était une petite femme trapue à l’allure sévère. Pâle, les yeux clairs, les cheveux blancs, toujours dans la même blouse noire. Elle avait dû être assez belle. Elle ne souriait jamais au client, le considérait d’abord de loin, sans indulgence apparente, comme un supérieur de Chartreux accueillerait le candidat à la retraite. Un temps se passait avant qu’elle parle, ou réponde à la demande, comme si la présence de l’impétrant avait quelque chose d’incongru. Déjeuner ? Il était bien tard. Enfin, on pouvait encore. Pas grand-chose d’extraordinaire, il fallait le savoir. Ca irait quand même ? Qu’on s’installe là-bas, dans le coin, par exemple.Presque aussitôt, la table se chargeait d’un pichet d’eau, d’un panier de pain, d’un litre de vin à capsule plastique, dont on pouvait, cela allait sans dire, redemander à volonté, et d’un plat de crudités diverses, carottes râpées, chou rouge, œuf dur, tomates. On avait à peine eu le temps de s’en apercevoir. Une petite servante basanée, toute habillée de noir, trapue, sans âge déterminable, à peu prés muette, avait glissé le tout avec promptitude, sans plus sourire que la patronne, qui la surveillait du fond de la salle, l’œil grave. Pas de choix, pas d’ordres à donner, le repas tenait dans son déroulement des agapes merveilleuses des légendes médiévales.La suite se déroulait inexorablement. Entraient en scène, dans l’ordre, le plat de charcuterie (jambon, saucissons divers), le plat de poisson, le rôti de veau accompagné de sa purée, la salade, un bout de fromage, une corbeille de fruits. Dans le mouvement, on se laissait parfois aller à reprendre un litre étoilé."
J'aime bien Jourde, il raconte bien la campagne et les paysans. Me souvenir de ces hommes et de ces pays perdus m'est un refuge quand la saloperie du monde devient difficile à supporter. souvenirs d'hoplite..
"Hiver. Tous les soirs on allait à la ferme de mon grand-père, à pieds, pour chercher le lait pour le lendemain matin. On savait que c’était l’heure en entendant les vaches rentrer à l’étable, leurs cloches, parfois un bruit de galop quand les chiens étaient pressants, parfois les appels du fermier, rarement en fait. L’odeur de l’étable, cette odeur de merde partout, de fumier, que j’aime retrouver et que déteste mon fils aîné. Ces vaches brunes alignées pour la traite, cette chaleur animale, cette odeur de lait frais dans le pot en alu, la proximité de ces animaux énormes pour lesquels on faisait descendre quelques bottes de paille. Souvent quand on arrivait pour les vacances ou que l’on repartait, on picolait. Scénario immuable : après la traite, cuisine de la ferme, pièce assombrie par la fumée sur les murs, un feu qui couve, été comme hiver, l’horloge, le vieux entre la fenêtre et le radiateur en salopette bleue et charentaises qui te donne du monsieur alors que tu as douze ans, la toile cirée unique élimée, les bancs en bois qu’on tire, les verres duralex, la boite de biscuit, la bouteille de ratafia (alcool de prune peu alcoolisé, mais à jeun ça change la vie), les chiens qui suivent leur maître et se couchent sous la table. On parle parce qu’il faut parler –on vient de la ville- mais on sent bien que c’est pas leur habitude. On ne serait pas là, ils ne diraient pas trois mots. Puis avec la deuxième bouteille (hop hop, pas plus haut que le verre !), on parle de tout. Du temps, des travaux, des ruches, du cochon, des voisins, des derniers potins. Parfois les parents venaient et c’était moins bien parce que guindé. Ca rigolait moins. Puis on rentrait, il faisait nuit et froid, même bourrés."
"Dimanche matin, petite visite à ma voisine des champs : jeannette G habite la ferme G depuis son mariage avec paul, son mari, décédé l’an passé. Jeannette est née en 1930, n’a jamais voyagé, a sans doute rarement dépassé les limites du canton, ne connaît pas Pierre Marcelle, n’a jamais lu les pages Rebonds de Libé (le quotidien des Rotschild), doit penser que BHL est une enseigne d’électro-ménager (c’est d’ailleurs pas très loin) et possède un solide bon sens (des « préjugés inacceptables ») que ne pourront jamais approcher , même de loin, tous les doctorants en sciences sociales de l’EHESS, sauf miracle. On mesure l’archaïsme.
Jeannette vit quasiment en autarcie : des poules, des lapins, un potager plus que sérieux (pas un truc de bobos avec des tomates cerises, un vrai qui fait manger une famille), des conserves pour dix ans, un cochon qu’on tue l’hiver, une source captée, des ruches, un abonnement EDF « basse tension » c’est-à-dire moins cher mais limité dans les heures de grande consommation nationale, le marché de temps en temps et le quincaillier du village. Son fils, a repris l’exploitation a mi-temps et fait le forestier à mi temps. Chauffage et cuisine au bois toute l’année, même l’été, en plein mois d’août, où couvent toujours quelques braises sous la cendre. Jeannette connaît les étoiles, les nuages et les fleurs, les animaux de la ferme et les abeilles, les nuisibles aussi, les travaux des champs, et sans avoir lu Hésiode.
Les cheveux courts, la même blouse de paysanne reprisée, depuis des années, toujours affairée sauf lorsqu’on passe la voir et qu’elle peut causer, une aubaine : elle sort trois verres Duralex, une boite de biscuits, une bouteille de ratafia et on parle de tout et de rien. Cet été on a volé plusieurs hausses à ses ruches juste avant la récolte (les hausses sont des sortes d’étages dans lesquels sont fixés verticalement des cadres en bois où les abeilles produisent le miel dans des alvéoles en cire). On n’avait jamais vu ça dans le pays. Pas des « noïs » cette fois, forcément un apiculteur, faut savoir s’y prendre. Et la semaine dernière, ce sont quatre lapins qu’on lui a volés dans la nuit ! Le temps pour son fils de descendre avec le fusil, plus personne. Et enfin, il y a un mois, c’est un tas de fumier qu’on lui a piqué ! Faut dire qu’elle habite au bord de la route Jeannette, ça lui a coûté pas mal de poules, d’ailleurs.
En juin 1944, Jeannette a vu passer sur cette même route vollaillicide les maudits de la division Das Reich qui rejoignaient le front de Normandie et dont les instructions étaient –également- de détruire les maquis de cette région. On savait ce qui s’était passé à Figeac ou Latronquière, des hommes fusillés, les maisons brûlées, les déportations…autant dire qu’en dehors de quelques « maquisards » (en général la lie du pays affublée d’un brassard FTP-MOI ou FFI) qui ne faisaient guère le poids contre ces vétérans du front Russe (et de la bataille de Koursk, en particulier) et quelques « malgré nous », valait mieux pas se montrer ce jour-là. Jeannette et sa mère virent passer ces half-tracks hérissés d’hommes armés tirant au hasard dans les fourrés et les maisons. Jeannette a croisé, ce jour-là, le regard d’un de ces SS qui arrosait le bord de la route. Autant dire que le pitch de fear-factor ne la met pas en émoi."
"Ce matin je me suis levé avec le visage d’un homme mort depuis plus de 15 ans : celui d’un vieux paysan, salopette en drap bleu, casquette, sabots, chemise à carreau et lunettes le soir pour les nouvelles, chez qui j’allais chercher le lait les soirs d’hiver. Et parfois traire dans l’étable avec son fils, au cul des vaches, dans l’odeur de foin qu’on faisait tomber de l’étage et de bouse fraîche…Un brave homme, simple, une force de la nature, avec lequel j’échangeais quelques banalités, manière de causer (le propre du citadin à la campagne: le silence des paysans est inconfortable, dérangeant). Il était marié à la femme-debout: une femme que je n'ai jamais vue assise avec les hommes. Toujours debout pour servir les hommes à table; pour l'apéro (ratafia et biscuits secs) ou pour le repas des vendanges.
J’imaginais assez bien que cet homme n’avait jamais dépassé les limites du canton et ne connaissait du monde que ce qu’il en lisait dans les journaux ou regardait à la télé (les "nouvelles"). Un soir d’hiver, il y a plus de 20 ans, peu avant qu’il ne meure à l’hospice local, et alors que je partais à l’armée, cet homme m’avait raconté qu’il avait fait la guerre de 14 dans le corps expéditionnaire des Dardanelles, qu’il avait débarqué à Kumkale puis combattu à Gallipoli, avant d’être évacué devant le désastre de la campagne. Ce paysan Corrézien avait vu et vécu des choses incroyables : des centaines d'hommes mourir devant lui, atrocement mutilés, des cuirassiers coulés par les mines, des hommes mourir de dysenterie et mangés par les rats, l’horreur de la guerre, la misère de l’homme qui meurt loin des siens. Puis il avait passé quelques mois prés d’Arras, dans les tranchées, avant d’être blessé et réformé. Retour à la ferme et aux travaux des champs. Une parenthèse extraordinaire et terrifiante. Ce paysan à casquette derrière ses bestiaux s’était métamorphosé définitivement dans mon esprit en soldat de Marmara. Désormais assis prés de la fenêtre, dans son fauteuil contre le radiateur et prés du feu (été comme hiver), charentaises aux pieds, la Dépèche dans les mains, se levant et enlevant sa casquette pour saluer le gamin que j’étais."
J’ai découvert grâce à un ami votre site Égalité et Réconciliation et vous-même il y a quelques mois. J’ai tout de suite accroché et me suis senti concerné par vos idées, votre ligne globale que je trouve très cohérente et pragmatique.
Ayant moi-même des origines algériennes, mes grands-parents ayant été des harkis durant la guerre d’Algérie, arrivés en France en 1962, j’ai eu la chance de grandir et vivre à la campagne et non en cité. Je n’ai jamais eu de problèmes particuliers avec la France, aucune haine ni rancune ou quoi que ce soit, donc le fait de regarder vos vidéos, lire vos bouquins a eu pour effet positif de renforcer mon patriotisme envers ce pays, me donnant envie d’enrichir mon logos, mon vocabulaire donc, m’intéresser à la culture, l’histoire de ce pays, etc.
Je n’ai donc aucun problème avec le fait d’être un musulman patriote d’origine maghrébine et d’exprimer un véritable amour pour la France, mais je n’ai pas vraiment l’impression qu’à l’échelle nationale ce soit la même chose... J’essaye de relayer le message, d’en parler autour de moi en tentant de faire preuve de pédagogie, mais c’est réellement très difficile. Beaucoup sont éduqués à détester la France, ou tentent encore d’exalter leurs différences et donc leurs racines, d’autres tout simplement par pure bêtise. Beaucoup d’imbéciles et de crétins souffrent d’un manque de culture évident, obnubilés par une mondialisation américaine via le rap notamment, qui véhicule des idées que je trouve nauséabondes et néfastes pour notre but de convergence nationale.
De plus, l’immigration massive incontrôlée, constante, n’arrange rien, les nouveaux immigrés foutant en l’air tout le travail d’assimilation effectué par les anciens, qui sont là depuis plusieurs générations déjà... Cette immigration est une arme fondamentale du système pour nous conduire à une guerre civile, au conflit de civilisation que vous dénoncez très souvent, avec beaucoup de justesse et de pertinence d’ailleurs. Cette immigration fournit des délinquants, accroît l’insécurité, toujours plus d’islamo-racailles parqués dans des ghettos à détruire le travail complexe et essentiel des musulmans patriotes essayant, eux, de s’assimiler parfaitement et d’incarner un islam enraciné et de prouver qu’on peut être un Français à part entière même en ayant des origines extra-européennes.
La crise n’aidant pas, le peuple originel de France – présent avant toute cette immigration extra-europénne – se sentant profondément menacé par ce qu’on appelle « le grand remplacement de population », des colères et des craintes que je trouve à titre personnel totalement légitimes, il faut aussi écouter et comprendre ces gens-là... Je ne leur demande pas de devenir islamophiles ; je leur demande un dialogue honnête et constructif qui à pour objectif une réconciliation nationale forte et unie, plutôt que de prôner la division avec des groupes identitaires et communautaristes qui n’apportent rien de bon, aucune solution. Dans le réel, ils sont impuissants et complétement inefficaces...
Malheureusement, je suis très pessimiste pour la suite des événements. Les circonstances ne jouent pas en notre faveur et je pense de plus en plus avec le temps que cette réconciliation nationale ne marchera jamais. Cependant, j’y adhère parfaitement et je vous soutiendrai jusqu’au bout de votre combat.
Ne lâchez-rien, le peuple a besoin de grands penseurs comme vous. Bon courage pour la suite."
Les exposants ont vu à peine 150 visiteurs. L'organisatrice met en cause les «homophobes».
Ils avaient prévu champagne, jus de fruits et des montagnes de petits fours… ils ont fini par «liquider tout ça» eux-mêmes. En deux jours, la soixantaine d'exposants présents au premier Salon du mariage pour tous a croisé à peine 150 visiteurs, dont… quelques «figurants», selon eux. «Remboursez!, Remboursez!», criaient-ils dimanche en début d'après-midi, tout en commençant à démonter leurs stands.
Allées désertes, hôtesses désœuvrées, agents de sécurité apathiques, en fin de matinée, Le Figaro n'avait pu rencontrer que trois clients. «Les gays se lèvent tard…», avait hasardé l'attachée de presse. Mais quelques heures plus tard, «il n'y a toujours pas un chat, s'énerve le bijoutier du Comptoir La Fayette. En quarante ans de métier, je n'ai jamais vu ça. J'ai investi 30.000 euros et je n'ai vendu qu'une seule paire d'alliances… à des hétéros!»
À côté, Johanna, qui vient de créer sa société organisatrice d'événements Eden Day, n'a signé aucun contrat. «C'est juste une catastrophe!, se désole la jeune femme. C'est mon premier salon, je comptais dessus pour démarrer. J'ai vu en tout et pour tout cinq personnes, et en parlant avec les autres, on a compris qu'on avait tous vu les cinq mêmes…» Pire, «aux questions qu'ils posaient, j'ai bien vu qu'ils n'étaient pas là pour se marier, raconte le bijoutier. On a tous remarqué que des gamins de 20 ans avaient passé toute la journée de samedi ici, pour faire semblant devant les journalistes». Figaro