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12/01/2014

what else?

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"Des juifs dans la collaboration est paru en 1980. L’auteur, le journaliste devenu historien Maurice Rajsfus, est né en 1928, de parents juifs polonais, morts en déportation à Auschwitz et Maurice Rajsfus fut lui-même raflé au Vel d’Hiv alors qu’il n’était qu’adolescent (il en réchappa par miracle). L’ouvrage est préfacé par Pierre Vidal-Naquet, historien connu notamment pour ses travaux sur le génocide juif et le négationnisme, qui apporte au livre son indispensable crédit. Le livre, épuisé, n’a été ni réédité ni réimprimé depuis sa sortie.

Des Juifs dans la Collaboration démontre notamment que de nombreux juifs ont participé activement à la déportation de leurs coreligionnaires pendant la guerre et rend caduque l’argument (dominant aujourd’hui) selon lequel l’État français est seul responsable de la déportation des juifs. Cette distinction entre d’un côté les juifs de France, et de l’autre l’Etat français (donc les Français non-juifs), distinction créée par Jacques Chirac le 16 juillet 1995 au Vel d’Hiv, n’a donc pas lieu d’être. Elle se révèle être ce qu’elle est : une nouvelle discrimination raciale, 50 ans après les faits, dans ce même Vélodrome d’Hiver. Avec, faut-il l’ajouter, l’assentiment officiel des représentants de la communauté juive, comme en 1942. Aussi insupportable que cela puisse paraître, l’UGIF,  ancêtre du CRIF (les juifs de France n’étaient pas représentés à l’échelon national auparavant), mis en place par Pétain et les nazis (l’UGIF était en relation directe avec la Gestapo), aida à constituer des listes de juifs à rafler et à déporter. Maurice Rajsfus témoigne autant qu’il relate les faits. Dans la préface, Pierre Vidal-Naquet explique très clairement  que c’est parce qu’aucun historien (lui le premier) n’a voulu réaliser ce travail  qu’un journaliste l’a entrepris. Le livre, qui propose une somme impressionnante de documents d’archives, de témoignages et d’analyses, n’a jamais été réédité depuis 1980. Il n’a jamais été débattu dans les médias, par les politiques ou par la communauté juive. Et depuis qu’une bombe a explosé chez l’éditeur, EDI, l’auteur n’a plus jamais parlé de ce livre.

Seuls quelques exemplaires sont encore disponibles à l’achat. J’ai dû débourser la modique somme de 67 euros (plus de 400 francs) pour acquérir cet exemplaire. Cette situation est-elle normale pour un livre d’une telle valeur historique ? Notons par ailleurs qu’au moins deux autres livres sont sortis depuis sur la question, l’un en France en 2003, l’autre aux USA en 1987 (le New York Times en a fait état). Aucun média français n’a jugé utile de chroniquer ces deux publications. Maurice Rajsfus développe dans son livre une analyse marxiste : à ses yeux, ce sont des juifs bourgeois qui ont aidé à faire déporter des juifs pauvres. La plupart des membres de l’UGIF, pour ne pas dire la quasi-totalité, étaient en effet des notables. Son analyse ne résiste cependant pas aux faits, car de nombreux notables juifs ont également été déportés. Sans doute Rajsfus cherchait-il à éviter toute accusation en antisémitisme, même si ce marxisme dogmatique pouvait aussi correspondre à son idéologie (et, dans une large mesure, à celle de Vidal-Naquet). En fait, la distinction est plutôt à faire entre juifs français et juifs étrangers, les responsables de l’UGIF étant tous français et ayant sacrifié les juifs étrangers pour protéger les juifs français.

Ce livre lève le véritable tabou qui pèse sur la participation des organisations juives de France à la déportation. L’Histoire n’a pas d’idéologie. Elle se doit d’être une science au service de la vérité, et non une vérité d’État au service d’une dictature intellectuelle. Ce tabou devrait être levé, et ne peut être levé que par les premiers concernés, à savoir le CRIF. Le CRIF compte en effet dans ses rangs, au plus haut niveau depuis de nombreuses années, et encore aujourd’hui, une personnalité qui avait accepté la carte de l’UGIF pour être couvert par cette institution (qu’il réprouvait par ailleurs). Il s’agit d’Henri Bulawko, successivement membre du comité directeur du CRIF, puis vice-président du CRIF et enfin président d’honneur du CRIF. François Mitterrand a reçu la francisque des mains même de Pétain, un fait qui lui a été reproché quand l’information a été rendue publique par Pierre Péan. Dans le même temps, il n’y eut aucune polémique vis-à-vis de M. Bulawko, ni vis-à-vis du CRIF qui préfère mettre en avant sa création en 1943 par des groupes de résistants juifs, ce qui est tout à fait vrai aussi. Il y eut des activités de résistance au sein même de l’UGIF, de même qu’il y en avait à Vichy. Cela n’empêche pas une organisation juive comme Akadem d’écrire ceci : “On peut cependant reprocher [aux dirigeants de l'UGIF] un aveuglement quant à la réalité de la Shoah et de n’avoir pas appelé les Juifs à se défendre et à se cacher. La plus grande tâche de l’histoire de l’Union est constituée par les maisons d’enfants qui n’ont pas été dispersées à temps, et qui ont été raflées en juillet 1944.”

M. Bulawko a pu gravir tous les échelons du CRIF, jusqu’à en devenir le président d’honneur, alors qu’il avait accepté la carte d’un organisme qui a aidé à identifier puis à déporter les juifs de France, sans que cela ne dérange personne, ni au CRIF, ni dans les médias, ni parmi les politiques. Sous l’impulsion de François Mitterrand, ceux-ci ont préféré accepter de participer, année après année, au dîner annuel du CRIF. Pourquoi la France a-t-elle dû autant se repentir devant les représentants de la communauté juive, alors que les anciens membres de l’UGIF  (qui, rappelons-le, cherchaient à éviter d’être déporté) n’ont jamais eu à répondre devant aucune autorité, ni judiciaire, ni politique, et encore moins médiatique ou communautaire ? “Après la Libération, l’affaire sera étouffée et le procès public évité. Un jury d’honneur sera pourtant constitué, mais il se réunira à huis clos et ses conclusions ne seront jamais connues.” peut-on lire sur la 4e de couverture du livre de Maurice Rajsfus. Ajoutons que ce jury était présidé par Léon Meiss, président du CRIF. Le tabou est donc profondément ancré.  Mais loin de permettre de mieux lutter contre l’antisémitisme, il ne fait que l’alimenter."

Source/ Enquête et débats

NB: à tous, je ne fais pas une fixation sur la "question juive" mais en tant que français patriote et européen de souche, je me retrouve régulièrement dans une position défensive sur ce sujet alors que, comme l'immense majorité des français d’aujourd’hui et d'hier, je n'ai rien à me reprocher (idem sur la question de l'esclavage et de la traite triangulaire). Je ne crois pas, contrairement à d'autres, qu'il y ait de responsabilité collective ou héréditaire (je crois en l'histoire et en la révision permanente de celle-ci par les historiens) et je ne supporte plus depuis bien longtemps l'entreprise de culpabilisation et de soumission des peuples européens sur ce genre de question historiques.

Rien à me reprocher donc, quand d'autres (je pense au CRIF ex UGIF en particulier mais aussi à l'essentiel de nos élites politiques et médiatiques qui ne manquent jamais -sur ordre?- de remettre une couche d'ombre sur notre passé) imprécateurs et donneurs de leçons patentés et rabiques, feraient mieux de balayer devant leur porte et de fermer leur claque-merde!

"Et… Et… Et… 50 kilos de patates, un sac de sciure de bois, il te sortait 25 litres de 3 étoiles à l’alambic ; un vrai magicien Jo. Et c’est pour ça que je me permets d’intimer l’ordre à certains salisseurs de mémoire qu’ils feraient mieux de fermer leur claque-merde !" Maître Folace..


10/02/2013

des escrocs


Auschwitz confirme qu'Elie Wiesel n'a pas le... par enquete-debat

Robin est un journaliste sans grand interet sinon qu'il a une dent contre Soral (sais plus pourquoi) et qu'il a un grand-père juif et semble se considérer comme juif. Soral dans un des ses interviews avait mis en cause la légitimité d'Elie Wiesel, célébré partout comme la conscience morale de l'holocauste, au motif qu'il n'aurait simplement jamais été déporté comme il le prétend et qu'il serait donc un escroc, abusant de la souffrance réelle et de la mémoire des juifs européens victimes des exactions nazies.

Robin fait finalement ce que tout journaliste aurait du simpelment faire depuis des lustres, ie appeler le responsable des archives du camp d'Auschwitz pour savoir si Wiesel y fut bien déporté, ce qui ne semble malheureusement être le cas...

Cette affaire fait écho en moi avec la lecture récente de l'ouvrage de Norman Finkelstein, fils de survivants du ghetto de Varsovie et des camps nazis, L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des juifs, publié en 2000 et qui fit grand bruit, à la mesure sans doute de l'importance qu'a pris l'histoire de l'extermination des juifs d'Europe en occident.

Finkesltein déconstruit la "mémoire de la Shoah" et toute une industrie planétaire (organisée en particulier par la maçonnerie juive, le Bnai Brith, organisation mondiale surpuissante qui fut par exemple à l'origine dans les années 80 en France du concept d'"arc républicain" , ie de l'interdit fait à toute formation politique de frayer avec le FN et dont le bras armé, l'Anti Defamation League, se charge de de poursuivre et de persécuter tous ceux qui pourraient -d'une manière ou d'une autre- entraver ce business, mais aussi de promouvoir sans limites des escrocs de la Shoah, comme semble l'être ce Wiesel ou bien comme le fut sans doute Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de nazi...) qui en découle avec froideur et une efficacité clinique redoutable. Finkelstein montre à quel point le génocide juif a servi des intérêts politiques et sociaux considérables. Israël aurait ainsi fait de l’exploitation du malheur juif une arme idéologique puissante, en s’assignant le rôle d’État-victime. Inutile de préciser qu'aucun goyim (pour les raisons décrites plus haut) n'aurait pu écrire et surout vendre pareil livre sans se voir condamné à la mort sociale, voire à la mort tout court.

A lire, donc.

"Ce livre est à la fois une anatomie et une mise en accusation de l'industrie de l'holocauste. Dans les pages qui suivent, je vais soutenir que "l'holocauste" est une représentation idéologique de l'holocauste nazi 1. Comme beaucoup d'idéologies, elle a un rapport, si étroit fût-il, avec la réalité. "L'holocauste" est une construction non pas arbitraire mais dotée d'une cohésion interne. Ses dogmes principaux soutiennent des intérêts politiques et sociaux significatifs. En fait, "l'holocauste" s'est avéré une arme idéologique indispensable. Grâce à son déploiement, l'une des puissances militaires les plus formidables du monde, dont les manquements aux droits de l'homme sont considérables, s'est posé en état-"victime" et le groupe ethnique le plus florissant des Etats-Unis a, lui aussi, acquis le statut de victime. Des bénéfices considérables découlent de ce statut injustifié de victime, en particulier, une immunité face à la critique, même la plus justifiée. Ceux qui jouissent de cette immunité, ajouterai-je, n'ont pas échappé à la corruption morale qui va de pair avec elle. De ce point de vue, le rôle d'Élie Wiesel, interprète officiel de l'holocauste, n'est pas un hasard. Il est évident qu'il n'est pas parvenu à cette position par son action humanitaire ou ses talents littéraires. Il joue le premier rôle plutôt parce qu'il articule sans la moindre fausse note les dogmes de l'holocauste, défendant par là même les intérêts qui le sous-tendent."

Norman Finkelstein, L'industrie de l'holocauste, 2000.

30/01/2012

faire allégeance

"Une forte délégation du CRIF conduite par le président Richard Prasquier a été reçue le 25 janvier 2012 au Q.G. de campagne du candidat socialiste à l’élection présidentielle, avenue de Ségur dans le 7ème arrondissement de Paris.

« François Hollande a souligné que si Israël est l’objet de tant de critiques c’est qu’il constitue une grande démocratie »

Dans une ambiance chaleureuse, conviviale et franche, les sujets les plus divers ont été abordés : le prochain dîner du CRIF, la laïcité, l’école juive, les crèches, l’abattage rituel, les problèmes liés aux signes distinctifs religieux dans l’espace public, l’antisémitisme et l’antisionisme, le boycott d’Israël, les relations judéo-musulmanes ou encore  la montée du Front national.

Richard Prasquier a rappelé que le CRIF est très attaché à la laïcité comme à la loi de 1905 et qu’il n’est pas favorable à l’idée d’Eva Joly d’un jour férié national pour le Yom Kippour. Pour ce qui est de l’antisémitisme, si, globalement, on ne constate pas d’augmentation des actes par rapport à l’an passé, il convient de souligner une multiplication par dix en douze ans.

Sur cette délicate question, le candidat socialiste a assuré le CRIF de son engagement de fermeté contre les actes antisémites et antisionistes. Il compte mener des actions énergiques dans les domaines de l’éducation, de la pédagogie et de l’information. « Je ne laisserai rien passer » a-t-il affirmé.

À propos de l’école juive, François Hollande a assuré que la loi Debré ne serait pas remise en question. Et, pour ce qui est de la violence, il se prononce pour la formation d’éducateurs spécialisés dans la prévention.

Concernant le Proche-Orient, François Hollande a souligné que si Israël est l’objet de tant de critiques c’est qu’il constitue une grande démocratie. C’est sans doute, a-t-il ajouté, au PS que l’on trouve le plus grand nombre d’amis d’Israël et du peuple juif. François Hollande, qui a confirmé la prochaine visite en Israël de Laurent Fabius, a fait part à ses hôtes de l’invitation à visiter Israël de la nouvelle présidente du parti travailliste, Shelly Yachimovitch.

Le président du CRIF était accompagné de Haïm Musicant, directeur général, d’Ariel Goldmann et Meyer Habib, vice-présidents, de Francis Kalifat, trésorier, de Roger Benarrosh, vice-président honoraire, de Nathalie Cohen-Beizerman, Jean-Pierre Allali, Yonathan Arfi, Arié Bensemhoun, Marc Zerbib, membres du bureau exécutif et d’Ariel Amar, conseiller du président.

Pour sa part, François Hollande était entouré de Pierre Moscovici et de Manuel Valls."

source

Ya pas à dire, c'est un métier...sans doute un tour de chauffe avant le repas annuel du CRIF.

Avec des nuances, regardez l'attitude impeccable de Mitterand face au cuistre Elkabach lui sussurant le doux refrain de la repentance..."Ce n'est pas la haine qui doit gouverner la France" dit l'homme à la francisque...

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La bio complète du trés influent Richard Prasquier:

"(...) C’est dans les années 1980 qu’il commence à s’impliquer véritablement dans la communauté juive, en particulier après le décès de son père. A partir de 1993, année où il devient président de l’Association de coopération économique France-Israël, c’est à dire l’organisme français de souscription d’obligations, dites bonds, pour financer le développement économique d’Israël, poste qu’il conservera jusqu’en 1999, il se rend régulièrement en Pologne, en particulier à Auschwitz, entraînant dans son sillage nombre d’évêques et de cardinaux français « plus pour amener les catholiques à toucher du doigt l’aboutissement de deux mille ans d’antisémitisme chrétien que par intérêt pour cette religion » (Libération, op. cit.). Il s’est en effet fait connaître pour son « travail de mémoire », ayant accédé, en 1998, à la présidence du Comité français de Yad Vashem (le mémorial de l’holocauste installé à Jérusalem), dont l’un des rôles est d’établir les listes des « Justes », ces Français ayant sauvé des Juifs durant l’occupation allemande. Il dirige sa Lettre d’information du Comité français pour Yad Vashem.(...) On le retrouve aussi à la direction de l’Association des médecins d’origine polonaise (avec laquelle il effectuera son premier voyage à Auschwitz en 1993) ou encore comme fondateur de l’Association d’aide à l’hôpital Ichilov de Tel-Aviv. En 2001, il orchestre la manifestation sioniste contre la venue à Paris du président syrien Bachar el Assad. Autant de raisons qui l’ont amené à présider la commission de solidarité de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, présidée jusqu’à cette année par Simone Veil. Il est aussi un franc-maçon de haut rang de la Grande Loge de France, son nom apparaissant dans les listes d’ateliers travaillant au 14e degré. Il fréquente notamment la loge parisienne de perfectionnement La Perfection latine. Ce que confirme Le Figaro (15 mai) qui le qualifie d’« humaniste».(...)" suite/Faits et Docs n° 241

06/06/2007

Six jours de désinformation.

L’avantage avec Radio France, c’est que l’on est rarement déçu ; le quarantième anniversaire de la guerre des Six jours qui opposa Israël à une coalition de pays arabes fut l’occasion, une fois de plus, d’illustrer le manque d’objectivité, voire la volonté de désinformer de la rédaction de France Inter. (1) « Une guerre qui n’a rien réglé », « une victoire qui n’en est pas une », etc., nous disent Mr Demorand et ses épigones, avant de nous révéler pieusement la déclaration fort irénique de Marouane Barghouti, (leader historique du Fatah condamné à perpétuité par la justice Israélienne pour plusieurs meurtres), sur « son espoir de vivre un jour en paix avec nos voisins ». Chaque intervention du sieur Demorand était sous-tendue par le principe de la culpabilité inconditionnelle d’Israël.

- coupable d’avoir déclenché les opérations militaires. Peu importe si la coalition arabe, bien plus puissante, était à la veille d’envahir l’état juif (la fermeture du détroit de Tiran -ainsi que le retrait des casques bleus et la militarisation du Sinaï - pouvant être considérée comme un acte de guerre, ce qui invalide le concept de « guerre préventive »), lui faisant courir un risque vital.

- coupable d’avoir gagné cette guerre de façon écrasante et inattendue, au regard des forces en présence. Ce qui n’est pas poli. Nulle interrogation sur ce qui serait advenu des israéliens (tout au moins des israéliens juifs) si la coalition arabe l’avait emporté. Il suffit de relire les déclarations des leaders arabes de l’époque pour saisir la menace réelle d’un nouvel holocauste au Proche-Orient. « J'ai demandé à des familles aux Etats-Unis de me montrer les lettres que leur envoyaient à l'époque leurs proches vivant en Israël. J'en ai lu près de 500. Presque toutes, en 1966 et 1967, mentionnent la crainte d'un nouvel holocauste. C'est la grande peur, une panique sincère de la destruction imminente, qui s'infiltre dans tous les recoins de la société. » (2)

- coupable d’avoir occupé les territoires conquis lors de cette guerre, comme s’il n’y avait aucun précédent de cette nature dans l’histoire de l’humanité, et pas seulement au Proche-Orient, comme si nos propres frontières étaient restées immuables depuis deux millénaires, malgré les guerres et les occupations successives…

- coupable finalement d’exister ? Sachant que l’antisionisme militant d’une bonne partie de nos progressistes n’est bien souvent que l’habit neuf d’un bon vieil antisémitisme peu avouable. Le fameux axe rouge-vert-brun décrit par Alexandre Delvalle.

François Furet avait coutume de dire que certaines questions historiques sensibles , la Révolution Française par exemple, nécessitent un permis d’étudier, une sorte de licence délivrée par les gardiens du dogme, sans lesquels il n’est pas question de prendre part au débat. Montrer patte blanche, en quelque sorte. C’est le cas d’Israël et des guerres Israélo-arabes : il n’est d’agresseur qu’ Israël et de victimes que « les palestiniens », dit la doxa. Et pour que les choses soient claires, il faut donc préciser que je ne suis ni juif, ni Israélien, ni sioniste, mais seulement sensible au manque d’objectivité habituel de nos média.

Contexte.

Dans les années précédant la guerre la situation du jeune état juif est difficile : régression économique et solde migratoire négatif. L’âge d’or d’Israël, après deux guerres victorieuses (1948 et 1956), et une période marquée par le dynamisme démographique, scientifique et économique, est bien terminé. Du coté arabe, l’existence même d’Israël est un casus belli permanent depuis 1948 et la totalité des dirigeants des pays arabes ne font pas mystère de leur volonté (déjà) de rayer Israël de la carte ; pas de meilleur exemple du sentiment général de la rue arabe et des dirigeants arabes que cette déclaration faite à Radio Damas, le 28 mai 1967 : « L’existence d’Israël est une erreur qu’il faut rectifier ; Voici enfin l’occasion d’effacer la honte qui s’est abattue sur nous depuis 1948 : notre objectif est clair :rayer Israël de la carte » (3) Même la suave chanteuse égyptienne Oum Kalsoum chauffait alors les masses du Caire avec un hymne dont le refrain était « Adbah » (« égorge ! »). Ou encore le président égyptien Nasser : « notre objectif sera la destruction d'Israël. Le peuple arabe veut se battre. » 

La guerre des six jours est le résultat d’une succession d’erreurs de la part des grandes puissances, de fausses rumeurs entretenues par les Soviétiques, de leur menace d’intervention directe contre Israël, de l’abandon d’Israël par la France qui imposa un embargo sur les armes au moment le plus critique pour lui, des tergiversations craintives des Européens et de l'ONU ainsi que des déclarations génocidaires d’une multitude de dirigeants du monde arabe. Les Soviétiques, en faisant accroire aux Syriens de la réalité d’une concentration de troupes israéliennes à leurs frontières, précipitent la mobilisation de l’Egypte, allié des Syriens, qui obtient du secrétaire général de l’ ONU, U Thant, le retrait des casques bleus de la frontière avec Israël. "La diplomatie française commit la même erreur que celle de la Yougoslavie et de l'Inde: les délégués de ces deux pays aux Nations Unies poussèrent U Thant à donner le plus vite possible satisfaction au président Nasser, c'est-à-dire à retirer les casques bleus et, du même coup, à mettre en mouvement la machine infernale." (4) 

La remilitarisation du Sinaï et le retrait de la force d'interposition de l'ONU contreviennent directement aux arrangements prévus lors du réglement de la crise de Suez en 1956.

Mais c’est bien la fermeture du détroit de Tiran (accès au seul port israélien sur la mer Rouge –Eilat- duquel dépendait l’approvisionnement en pétrole d’Israël), donc la fin de la liberté de circulation dans le golfe d'Aqaba, qui constitue le casus belli en contrevenant au droit international en vigueur. Dans cette stratégie de tension, volontairement entretenue par l’URSS, pour renforcer sa position anti-impérialiste acquise auprès des pays arabes après l’affaire de Suez en 1956, Israël fait donc face à une coalition arabe regroupant l’Egypte, la Syrie, le Liban, l’Algérie, le Maroc, le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Jordanie, le Soudan et l’Irak, qui, tous, proposent d’envoyer des troupes et du matériel militaire. Pour certains (5), ce sont les installations nucléaires israëliennes de Dimona (et la possibilité pour l'Etat juif de disposer de l'arme nucléaire) qui seraient à l'origine de cette guerre, l'URSS ayant maneuvré pour provoquer un conflit entre Israël, l'Egypte et la Syrie à l'occasion duquel l'aviation russe aurait détruit le potentiel nucléaire israëlien.

Les armées de cent millions d’arabes contre un état de trois millions d’habitants.

Les forces en présence sont les suivantes : 840 avions arabes contre 280 israéliens, 1650 blindés contre 800, 285.000 hommes (plus 120.000 réservistes) contre 71.000 hommes (et 275.000 réservistes). C’est à ce moment là que la France et l’Angleterre (après la défection de l’ONU et la réserve des USA engagés en Asie) choisissent pour faire savoir aux israéliens qu’ils considèrent comme caduque la déclaration franco anglo-américaine de 1950 garantissant le statut frontalier au Proche-Orient…

Fait important, ces actions belliqueuses furent entreprises alors qu’Israël n’occupe encore aucun territoire appelé aujourd’hui occupé: ni au Golan (Syrien), ni en Cisjordanie (Jordanienne), ni au Sinaï (Egyptien), ni à Gaza (Egyptien), ni à Jérusalem Est (Jordanien) : le conflit ne pris donc pas naissance à cause d’une quelconque occupation, mais bien d’un rejet de l’idée même de l’existence d’un état juif au Proche-Orient. Il faut donc insister sur le fait qu’avant 1967, l’Egypte ne pensait nullement rendre Gaza qu’elle occupait et dont nul « peuple palestinien » ne pensait alors à revendiquer la possession, de même que la Jordanie ne pensait pas davantage à rendre la Cisjordanie que personne curieusement ne qualifiait « d’occupée ». Ces terres devenaient palestiniennes du seul fait d’être passées entre des mains israéliennes. Le monde arabo-musulman faisant ainsi de « la cause palestinienne » le fer de lance ou l’emblème de son refus d’Israël, en tant que souveraineté juive. Autrement dit, une terre devenue islamique (par conquête) peut elle supporter de retrouver (par conquête) sa souveraineté juive antérieure ? Ecoutons Raymond Aron dans le Figaro du 4 juin 1967 : « Que le président Nasser veuille détruire ouvertement un Etat membre des Nations Unies ne trouble pas la conscience délicate de madame Nehru.(…) Si les grandes puissances, selon le calcul froid de leurs intérêts, laissent détruire ce petit état qui n’est pas le mien, ce crime, modeste à l’échelle du nombre, m’enlèverais la force de vivre et je crois que des millions et des millions d’hommes auraient honte de l’humanité. »

Blietzkrieg.

La suite, on la connaît ; le 4 juin 1967, les pleins pouvoirs furent attribués à Moshé Dayan, alias le diable borgne, qui déclencha l’offensive le 5 juin au matin, anéantissant en quelques heures toutes les armées arabes qui encerclaient Israël, occupant le Sinaï jusqu’au canal de Suez, Charm el Cheikh, la bande de Gaza, les hauteurs du Golan et la Cisjordanie avec Jérusalem Est. La guerre dura six jours, fit 275 morts et 800 blessés israëliens contre plus de 10.000 morts pour la seule armée égyptienne. On retrouve un différentiel de pertes proche des chiffres affichés par les historiens de l'antiquité à propos des guerres médiques (Salamine en particulier). (6)

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Remarques.

- la victoire écrasante d’Israël transforma son image de petit état vulnérable face à une gigantesque coalition en celle d’une armée invincible, et corollairement fit jouer aux arabes le rôle de David, auparavant dévolu à l’état juif. Cette victoire éclair, mettant de facto un million d’arabes sous l’administration du vainqueur, suscita un sentiment d’unité nationale qui n’existait pas auparavant et qui permit à Yasser Arafat, leader du Fatah, la principale faction de l’OLP, de lancer une guerre de libération nationale sous forme d’une campagne terroriste. Ce que la plupart des gens présument être la cause du conflit israélo-arabe, soit l’occupation israélienne du Golan, de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem Est, est en fait la conséquence de ce bref et intense conflit.

- terrorisme et colonisation.

Les Arabes Palestiniens ont été les témoins privilégiés du terrorisme juif, lorsque les sionistes de l’Irgoun firent sauter le 22 juillet 1946 à Jérusalem une aile entière de l’hôpital du roi David dans laquelle était installée le quartier général des forces Britanniques et faisant 110 victimes Anglaises. Ou lorsque les sionistes du groupe Stern assassinèrent le 17 septembre 1948 le comte Folke Bernadotte, médiateur de l’ONU, et l’un de ses collaborateurs, le Français André Sérot. Camions piégés, bombes camouflées sur un marché ou à un arrêt d’autobus : les terroristes juifs avaient déjà tout inventé, sauf l’attentat suicide qui sera, à partir du milieu des années 1990, une innovation et une exclusivité islamiste.

Dés le lendemain de la guerre, en septembre 1967, les Israéliens implantent leurs premières colonies sur les territoires conquis: la Cisjordanie, le Golan, la bande de Gaza et Jérusalem Est. Commencée pour des raisons avant tout sécuritaires, la colonisation s'intensifie en 1977 avec l'arrivée au pouvoir de la droite, le Likoud. Elle est alors légitimée par une interprétation religieuse du sionisme, notamment en Cisjordanie, désignée comme la Judée-Samarie biblique. Malgré la signature des accords d'Oslo en 1993 (qui prévoyaient le gel de nouvelles implantations), la colonisation de cesse de s'intensifier: entre 1993 et 200, le nombre de colons passe de 248.000 à 390.000 dans les territoires "palestiniens". Toutefois le désengagement décidé par Sharon en 2005 à liquidé la présence Juive dans la bande de Gaza.

- qui croire?

Sur les origines du conflit, le travailliste Ytzhak Rabin, à l'époque chef d'état-major de l'armée, a démenti la version officielle de l'armée: "Je ne pense pas, a-t-il dit, que Nasser voulait la guerre; Les deux divisions qu'il envoya dans le Sinaï, le 14 mai, n'auraient pas suffi pour lancer une offensive contre Israël. Il le savait et nous le savions." Même son de cloche de la part dugénéral Matiyahou Peled: "La thèse selon laquelle le génocide était suspendu sur nos têtes en juin 1967, et qu'Israël combattait pour son existence physique, n'était qu'un bluff!" Enfin, de la bouche même du premier ministre d'alors, Lévi Eshkol: "Le déploiement militaire Egyptien dans le Sinaï, à la veille de la guerre, était d'ordre défensif." (2)

- fin du panarabisme et essor du radicalisme islamique.

Nombre d’historiens considèrent pourtant que cette guerre était inévitable, Israël étant trop vulnérable pour ne pas attaquer « préventivement » . L’erreur fut sans doute, après avoir vaincu le danger principal (l’Egypte et son aviation en particulier), d’envahir et d’occuper durablement la rive ouest du Jourdain et Jérusalem-Est, alors même que le roi Hussein de Jordanie semblait prêt à une paix durable contre la rétrocession de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Au quatrième jour de guerre, l’Egypte, la Jordanie et la Syrie acceptèrent un cessez-le-feu, qu’Israël rejeta, dans l’euphorie de la victoire, envahissant le Golan Syrien. Et ce malgré l’opposition de Moshé Dayan qui craignait une intervention militaire de l’URSS. Cette victoire, par le sentiment de toute puissance qui anime alors le pays, offre sans doute un second souffle au sionisme ; Et longtemps, jusqu’à la grande claque de la guerre du Kippour (octobre 1973), les israéliens se répétaient cette boutade : « Qu’est-ce qu’on fait à midi ?- On envahit le Caire !- D’accord, mais qu’est-ce qu’on fait dans l’après-midi ? » (8) Paradoxalement, la guerre des Six jours à contribué à l’isolement de ce pays, à substituer aux racines européennes (notamment Françaises) et à l’ouverture antérieure au monde un lien exclusif avec les USA.

L'islamisme est l'autre vainqueur de la guerre ses Six Jours : le conflit de juin 1967 n'a pas seulement été marqué par la victoire de l'armée israélienne sur les forces militaires égypto syro jordaniennes. Il a provoqué la chute de l'arabisme au profit de l'islamisme au Proche-Orient. Ce nationalisme arabe était fondé sur l'idée de nation, l'unité de langue et de civilisation étant le ciment de l'union des peuples arabes, remplaçant ainsi l'unité de religion. Pour le monde arabe, la défaite de juin 1967 a ainsi signifié la fin du Nassérisme, c'est-à-dire de l'alliance du nationalisme panarabe et du progressisme tiers-mondiste pro-soviétique, la fin de ce courant nationaliste laïc et modernisateur. Le seul projet unificateur de l'oumma est désormais l'islam radical. Ainsi discrédité, l'arabisme sombre avec les armées arabes ; bientôt, l'islamisme, le pétrole et la résistance palestinienne seront le moteur du monde arabe.

(1) http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septneuftrente/index.php?id=56535

(2) Tom Segev, Six jours qui ont changé le monde, Denoël 2007, p 25.

(3) David Kimche, Dan Bowly, Israel face aux arabes. Hier, demain, aujourd'hui, Artaud 1968, p56.

(4) Raymond Aron, De Gaulle, Israel et les Juifs, Plon 1968, p.44.

(5) http://fr.danielpipes.org/article/4595

(6) Lire en particulier le récit de cette blitzkrieg par Pierre Hazan:  La guerre des Six jours, la victoire empoisonnée; Editions complexe, 1989.

(7) Jacques Derogy, Israel, la mort en face, Robert Laffont 1975, p.191.

(8) Gilles William Goldnadel, Le nouveau bréviaire de la haine, Ramsay 2001.