31/01/2010
limite psychotiques
" (...) Une observation intéressante est qu'une fois que l'effondrement se produit il devient possible de louer un policier, soit pour une occasion spéciale, ou généralement juste pour suivre quelqu'un. Il est même possible d'embaucher un soldat ou deux, armés de Kalashnikov, pour vous aider à faire diverses courses. Non seulement il est possible de faire de telles choses, mais c'est même souvent une très bonne idée, particulièrement si vous vous trouvez avoir quelque chose de précieux dont vous ne voulez pas vous séparer. Si vous ne pouvez vous offrir leurs services, alors vous devriez essayer d'être ami avec eux, et de les aider de diverses façons. Bien que leurs demandent puissent sembler exorbitantes parfois, c'est quand même une bonne idée de faire tout ce que vous pouvez pour les garder de votre côté. Par exemple, ils pourraient à un certain point insister pour que vous et votre famille déménagent dans le garage afin qu'ils puissent vivre dans votre maison. Cela peut-être agaçant au début, mais est-ce vraiment une si bonne idée pour vous de vivre dans une grande maison tous seuls, avec tant d'hommes armés partout ? Cela peut avoir un sens de stationner certains d'entre eux dans votre maison même, afin qu'ils aient une base d'opération à partir de laquelle maintenir une surveillance et patrouiller dans le voisinage.
Si nous regardons les changements qui sont déjà en train de se produire, le simple et prévisible manque de fonds, comme l'État et le gouvernement tombent tous deux à sec, va transformer la société américaine de façons plutôt prévisibles. Comme les municipalités tombent à cours d'argent, la protection de la police va s'évaporer. Mais la police a quand même besoin de manger, et trouvera des manières de mettre ses compétences à l'ouvrage sur une base indépendante. Similairement, à mesure que les bases militaires autour du monde seront fermées, les soldats vont rentrer dans un pays qui sera incapable de les réintégrer à la vie civile. Les prisonniers libérés sur parole se retrouveront presque dans les mêmes difficultés.
Et donc nous aurons d'anciens soldats, d'anciens policiers, et d'anciens prisonniers : une grande famille heureuse, avec quelques brebis galeuses et des tendances violentes. Le résultat final sera un pays noyé sous diverses catégories d'hommes armés, la plupart d'entre eux inemployés, et beaucoup d'entre eux limite psychotiques. La police aux États-Unis est un groupe tourmenté. Nombre d'entre eux perdent tout contact avec les gens qui ne sont pas dans leur métier et la plupart d'entre eux développent une mentalité eux-contre-nous. Les soldats rentrant de leur période de service souffrent souvent de troubles de stress post-traumatique. Les prisonniers libérés sur parole souffrent également de diverses maladies psychologiques. Tous réaliseront tôt ou tard que leurs problèmes ne sont pas médicaux mais plutôt politiques. Cela rendra impossible pour la société de continuer d'exercer un contrôle sur eux. Tous feront bon usage de leur entraînement aux armes et autres compétences professionnelles pour acquérir quoi que ce soit dont ils auront besoin pour survivre. Et le point vraiment important à se rappeler est qu'ils feront ces choses indépendamment de ce que quiconque trouve légal ce qu'ils font.
Je l'ai déjà dit et je le répéterai : très peu de choses sont bonnes ou mauvaises en soi ; tout doit être considéré dans un contexte. Et, dans le contexte post-effondrement, ne pas avoir à s'inquiéter de ce qu'une chose est légale peut être une très bonne chose. En plein effondrement, nous n'aurons pas le temps de délibérer, de légiférer, d'interpréter, d'établir des précédents et ainsi de suite. Devoir s'inquiéter de plaire à un système juridique complexe et coûteux est la dernière chose dont nous devrions nous inquiéter.
Nourriture. Logement. Transport. Sécurité. La sécurité est très importante. Maintenir l'ordre et la sécurité publique requiert de la discipline, et maintenir la discipline, pour beaucoup de gens, requiert la menace de la force. Cela signifie que les gens doivent être prêts à venir à la défense des autres, à prendre la responsabilité des autres, et à faire ce qui est juste. Pour l'instant, la sécurité est fournie par un certain nombre d'institutions bouffies, bureaucratiques et inefficaces, qui inspirent davantage de colère et d'accablement que de discipline, et ne dispensent pas tant de violence que de mauvais traitements. C'est pourquoi nous avons la plus grande population carcérale du monde. Elles sont censées être là pour protéger les gens les uns des autres, mais en réalité leur mission n'est même pas de fournir de la sécurité ; elle est de sauvegarder la propriété, et ceux qui la possède. Une fois que ces institutions seront tombées à cours de ressources, il y aura une période d'agitation, mais à la fin les gens seront forcés d'apprendre à traiter les uns avec les autres face à face, et la justice redeviendra une fois de plus une vertu personnelle plutôt qu'une administration fédérale. (...) " (Dmitry Orlov, 2008)
22:44 | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : dmitri orlov
Te laisse pô faire!
sinon y a l'original et ça vaut le coup d'oeil.
"(...) Même si elle n’est pas prosélyte dans ce disque qui ne s’embarrasse pas d’interdits, Diam’s prend aussi position - ce qu’elle n’avait pas fait jusque-là - contre la loi qui interdit le port de signes religieux ostentatoires dans une école publique, en mettant en scène le mal-être d’une lycéenne, Lili :«Elle n’est pas laïque, cette nation/ Elle craint juste la contagion.» C’est là où ce disque ne se contente plus de répondre à des interrogations, mais en soulève beaucoup, notamment sur sa conception personnelle et traditionnelle des rapports homme-femme : «Parce qu’on ne changera jamais les rôles/ Si mon homme est une Kalachnikov, je suis son épaule !» (Rose de bitume) ou encore «Et si j’ai un mari qui tue, ben j’m’en fous de ta parité»(Peuple d’honneur)." Libé 14/11/09
Yo, sister!
21:12 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : diom's
chat nauséabond
17:32 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : kitlers
Welcome to Brainerd!
14:16 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fargo
30/01/2010
le don des larmes
Voila. Tout à l'heure en montant quelques chaises IKEA de merde, made in China comme il se doit (c'est la mondialisation heureuse, biquet, c'est plus de social et moins de chômage ! ah !ah ! bande de clowns invertébrés), Jo, mon comparse et ami me parla de ce don des larmes qu'évoque Alain Finkielkraut dans son Nous autres modernes, un de mes livres de chevet depuis longtemps, un peu comme les Confessions de Saint Augustin le furent pour l'Occident. Saint Louis suppliait le seigneur de lui donner le don des larmes mais il ne fut pas exaucé...il voulait, en pleurant, gonfler son cœur sec, se remplir de compassion, découvrir en soi une sensibilité hors du commun. Au delà de cette capacité à s'émouvoir, il y a aussi, et je l'avais bien oublié, cette capacité de clairvoyance : « Qui ne pleure pas ne voit pas », dit Victor Hugo (dixit AF). Nos modernes, convaincus qu'Histoire et Raison puissent aller de pair et que la première ait un sens, derrière le spectacle des tragédies humaines bien incompréhensibles au regard superficiel du naïf, n'ont pas le sens de l'irréparable, celui de la mort ou du caractère tragique de l'existence.
Comprendre que l'Histoire n'a pas de sens, que chaque homme, dans son existence unique et sa trajectoire tragique, torpille le projet désastreux Prométhéen de nos modernes vers l'établissement du Bien...
« Là où se lève l'aube du Bien, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule. » fait dire à Ikonnikov, Vassili Grossman dans Vie et destin. A la nécessité de la Raison et à son avenir radieux, il est permis de préférer la contingence et la conscience de l'irréparable.
Les hommes ci-dessous ont ce don des larmes, perdus qu'ils sont dans une conflagration dramatique qui aurait du, en elle-même ruiner l'idée même d'un sens de l'Histoire... Ils savent qu'ils sont condamnés, qu'ils vont mourir dans quelques heures ou dans quelques jours, mais vont être émus jusqu'au sang par la comptine de cette fille. Et pleurer.
(le colonel Dax un peu moins mais un officier ça ne pleure pas, bordel! au moins devant les hommes..)
21:30 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : finkielkraut, paths of glory, les sentiers de la gloire, kubrick, don des larmes
Au creux de ton bras
comme dit l'autre, il avait pas une gueule trés catholique, l'enfoiré!
mais cette chanson m'a fait chialer dans mes vertes années (un coeur de midinette, le Hoplite, bordel!)
je l'écoutais en boucle, la nuit, en roulant vers une greluse qui me tordait bien...ach nostalgie!
bonne nuit les gars (et les rares poulettes qui me font l'honneur de passer)!
00:46 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : mano solo
29/01/2010
fichage citoyen et CHAOS festif
Zont peur de quoi, les poulets?
Qu'est-ce qui leur file la diarrhée verte à ce point?
L'"antiracisme" dogmatique est partout, nowadays, et toute opinion déviante est ipso facto criminalisée, via une bonne vieille reductio ad hitlérum...
Ils maitrisent la quasi totalité de la presse écrite, télévisuelle et radio!
So what?
Précisément, le web reste libre, ie le roi est nu.
Pour combien de temps?
Tout ça est dérisoire: le Spectacle "anti-raciste" dans toute sa cuistrerie.
NB: votre serviteur n'est fiché qu'en tant qu'"identitaire", au milieu de cohortes de sites "racistes", "xénophobes", etc...la relégation, au plus (faut que je relise Chalamov).
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Sinon, des nouvelles du CHAOS, Paul Jorion speaking...
23:46 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mrap, censure, fichage
28/01/2010
un homme en train de perdre son pantalon n'est pas un « fasciste »
« Nous étions dans un fossé, mais derrière nous s'étendaient cent cinquante mètres de terrain plat, si dénudé qu'un lapin aurait eu du mal à s'y cacher (...). Un homme sauta hors de la tranchée [ennemie] et courut le long du parapet, complètement à découvert. Il était à moitié vêtu et soutenait son pantalon à deux mains tout en courant. Je me retins de lui tirer dessus, en partie à cause de ce détail de pantalon. J'étais venu ici pour tirer sur des « fascistes »,mais un homme qui est en train de perdre son pantalon n'est pas un « fasciste », c'est manifestement une créature comme vous et moi, appartenant à la même espèce - et on ne se sent plus la moindre envie de l'abattre. » (G Orwell, Looking back on the spanish war, Œuvres complètes II, p. 254)
Cliché célèbre et emblématique de la guerre d'Espagne (Robert Capa, 1936): mort d'un jeune milicien. Publiée dans le monde entier et reproduite sur des milliers de posters avec la légende "Why?" Ce jeune homme immortalisé par Capa se nommait Federico Borrell Garcia, Fondateur des jeunesses libertaires de la ville d'Alcoy et fut fauché par une mitrailleuse à l'âge de 24 ans, le 5 septembre 1936 sur le front de Cerrio Muriano.
21:28 | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : orwell, guerre d'espagne, capa
27/01/2010
"entrée des femmes"
elle pourra dire ce qu'elle veut, belphégor, l'inscription sur le mur derrière elle ruine ipso facto son beau discours. (notez, au passage, la complaisance veule de la journaliste, zélote efficace parce que stipendiée, du Spectacle médiatique...).
21:27 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : belphégor, intégration, foutage de gueule
la nostalgie camarade
"Lionel Jospin: la nostalgie camarade
En attendant de revenir un jour au pouvoir, les socialistes ont célébré l'action de leur dernier Premier ministre, Lionel Jospin. Mardi 5 janvier, l'ancien locataire de Matignon a donc invité ses amis dans un cinéma parisien pour assister à l'avant-première du documentaire que lui consacre Patrick Rotman. Parmi les présents: Martine Aubry, François Hollande, Pierre Mauroy, Bertrand Delanoë et Jean-Pierre Jouyet (passé du cabinet de Jospin au gouvernement de Sarkozy) apprend-on dans Le Monde, qui raconte cette petite réunion de famille.
Au rang des éloges de l'action du grand homme, celle d'Olivier Ferrand, président de la fondation Terra Nova, pourrait presque faire rougir l'intéressé: «Le jugement de l'histoire sur la législature Jospin sera extrêmement positif, en termes de résultats comme d'éthique». «Lionel Jospin a été, peut-être, le meilleur Premier ministre de la Ve République», a estimé mercredi matin, sur BFM TV, Vincent Peillon. (source)"lionel, je t'aime!
21:08 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jospin, nostalgie
4m2
"Ils sont 12 millions dans le salariat français. Et on fait tout pour qu'ils disparaissent. On n'en parle plus ! la gauche "bobo" dit même qu'ils n'existent plus. La discrimination, eux , ils la subissent : leurs luttes, les "Conti" les Caterpillar etc. qui se battent contre les délocalisations et les "plans " dits sociaux ( le chômage ) ils les mènent souvent seuls. Ce sont eux qui habitent dans ces cités HLM qui subissent la loi des intégristes et des mafieux.
Beaucoup ont quitté ces banlieues devenues invivables. sauf ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter ou de louer ailleurs. Les vieux retraités qui n'ont pas pu partir subissent injures : " sales français, vieilles putes, et 4 m2 " Vous ne savez pas ce que signifie ce 4m2 ? C'est la tombe, ils réduisent ces vieux travailleurs à la tombe ! Avec les crachats ciblés, près de leurs chaussures, avec les places, dans le bus, que l'on offre ostensiblement à une musulmane voilée plus jeune qu'eux. Au marché, c'est la musulmane que l'on sert d'abord, ostensiblement et l'on fait attendre les "francés", les marchands sont "arabes". Les boucheries sont presque toutes halal et les retraités doivent prendre un bus ou le métro pour s'approvisionner en viande non halal. Je les connais, je les écoute dans leur club de retraités).
L'école ? Les islamistes sont à la porte et font pression sur les pauvres enseignants... pas de piscine pour les filles, pas d'éducation "sexuelle " ( Nous, on a la religion on n'a pas besoin de ça , on ne parle pas de ça ) . Biologie , histoire , les enseignants craquent souvent, partagés entre la peur et le désir de "tirer" ces gosses vers l'émancipation, vers le savoir . Je le sais bien, ça se passe dans ma famille, et ça se termine par dépression et infarctus .
Alors, j'en ai assez de lire partout ( sur Marianne aussi ) la grande peur des musulmans discriminés. Alors qu'intégristes et mafieux font régner "leur" loi dans les "territoires perdus de la République)."
courage, mireille, c'est que le début..
08:00 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : vivrensemble
26/01/2010
bureaucratie écossaise et geste citoyen
« La corruption généralisée que l'on observe dans le système politico-économique contemporain n'est pas périphérique ou anecdotique, elle est devenue un trait structurel, systémique de la société où nous vivons. En vérité, nous touchons là un facteur fondamental, que les grands penseurs politiques du passé connaissaient et que les prétendus « philosophes politiques » d'aujourd'hui, mauvais sociologues et piètres théoriciens, ignorent splendidement : l'intime solidarité entre un régime social et le type anthropologique (ou l'éventail de tels types) nécessaire pour le faire fonctionner. Ces types anthropologiques, pour la plupart, le capitalisme les a hérités des périodes historiques antérieures : le juge incorruptible, le fonctionnaire wébérien, l'enseignant dévoué à sa tâche, l'ouvrier pour qui son travail, malgré tout, était une source de fierté. De tels personnages deviennent inconcevables dans la période contemporaine : on ne voit pas pourquoi ils seraient reproduits, qui les reproduirait, au nom de quoi ils fonctionneraient. Même le type anthropologique qui est une création propre du capitalisme, l'entrepreneur schumpétérien, combinant une inventivité technique, la capacité de réunir des capitaux, d'organiser une entreprise, d'explorer, de pénétrer, de créer des marchés, est en train de disparaître. Il est remplacé par des bureaucraties managériales et par des spéculateurs. Ici encore, tous les facteurs conspirent. Pourquoi s'escrimer pour faire produire et vendre, au moment où un coup réussi sur les taux de change à la bourse de New York ou d'ailleurs, peut vous rapporter en quelques minutes 500 millions de dollar ? Les sommes en jeu dans la spéculation de chaque semaine sont de l'ordre du PNB des Etats-Unis en un an. Il en résulte un « drainage » des éléments les plus entreprenants vers ce type d'activités qui sont tout à fait parasitaires du point de vue du système capitaliste lui-même. » (Cornélius Castoriadis, La montée de l'insignifiance, 1993)
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« Un marchand, comme on l'a très bien dit, n'est nécessairement citoyen d'aucun pays en particulier ; il lui est, en grande partie, indifférent en quel lieu il tient commerce, et il ne faut que le plus léger dégoût pour qu'il se décide à emporter son capital d'un pays dans un autre, et, avec lui, toute l'industrie que ce capital mettait en activité. »
« Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu'ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité mais à leur égoïsme. » (Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776)
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« Quand la classe dominante prend la peine d'inventer un mot (« citoyen » employé comme adjectif), et d'imposer son usage, alors même qu'il existe, dans le langage courant, un terme parfaitement synonyme (« civique ») et dont le sens est tout à fait clair, quiconque a lu Orwell comprend immédiatement que le mot nouveau devra, dans la pratique, signifier l'exact contraire du précédent. Par exemple, aider une vieille dame à traverser la rue était, jusqu'ici, un acte civique élémentaire. Il se pourrait, à présent, que le fait de la frapper pour lui voler son sac représente avant tout (avec, il est vrai, un peu de bonne volonté sociologique) une forme, encore un peu naïve, de protestation contre l'exclusion et l'injustice sociale, et constitue, à ce titre, l'amorce d'un geste citoyen. » (JC Michéa, L'enseignement de l'ignorance, 1999)
21:45 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : castoriadis, adam smith, michéa
verrouillage pelvien?
21:08 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : them crooked vultures
25/01/2010
tom joad
En regardant ces fameux « Camps Obama », ces camps de tentes misérables peuplés d'américains chassés de chez eux, survivant dans le froid, la pluie, la boue, avec leurs enfants et leurs vieux, mangeant grâce à quelques bons d'alimentation (ils seraient plus de six millions actuellement), j'ai pensé au livre de Steinbeck, « Les raisins de la colère », superbement illustré par John Ford et Henri Fonda en 1940. Steinbeck peint la fresque de ces fermiers misérables de l'Oklahoma chassés de leurs terres par quelques banquiers (sans doute déjà Goldman et Sachs), et quittant tout avec animaux et vieux pour la Californie, l'Eldorado...Steinbeck illustre la misère de ces hommes et de ces femmes courageux plongés dans la grande dépression des années 30 et l'exil comme Chaplin, dans les Temps modernes, illustrera celle des citadins confrontés à la modernité et à ses lois d'airain.
Difficile de ne pas reconnaître le visage des fermiers de Steinbeck pleurant leurs terres et leurs maisons dévastées par les caterpillars, les Joad, dans celui de ces millions d'américains misérables de 2009 dont les maisons, désormais invendables, sont détruites par quartiers entiers depuis des mois. L'ironie abjecte est que les mêmes qui ont TOUT perdu en quelques mois pour vivre dans leur voiture avec leurs gamins, comme aux pires moments de la grande dépression, votèrent sans doute largement pour le candidat démocrate, saint métis Obama, pantin dérisoire pour qui veut bien ouvrir les yeux, entre les mains d'une ploutocratie de politiciens corrompus et de banquiers sans scrupules, qui tiennent les rênes de cette nation depuis des décades.
Il y a dans cette dénonciation de la misère et de la fin d'un monde fait de famille unies (la famille Joad va progressivement se désagréger au cours du voyage...) et de traditions séculaires quelque chose de profondément touchant et douloureux. Une Amérique que l'on aime, celle de Steinbeck et de John Ford, donc, mais aussi celle d'Henry Miller, d'Edgar Poe, de Faulkner, de Lasch, de Kerouac ou d'Hemingway, la peinture de cette humanité souffrante de ces hommes libres, de ces communautés broyées par la marche irréductible du Progrès ripoliné et de l'argent-roi...
Il faut souhaiter que survive cette Amérique peuplée d'hommes aux sourires innocents et aux regards purs, à l'instar de Tom Joad, alias Henry Fonda, dans le chef-d'œuvre de Ford, ou de femmes comme Florence Thompson, jeune veuve au visage émacié et entourée de ses deux petits, qui incarnera pour des millions d'américains en 1936 le visage dramatique de la Grande Dépression...
Et que crève l'Amérique d'Obama, de Bush, de Clinton, de Bernanke, de Goldman et Sachs ou de Geithner...
22:30 | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : les raisins de la colère, tom joad, florence thompson, obama



