13/10/2013
anatomie du chaos (n+1)
09:43 | Lien permanent | Commentaires (6)
10/10/2013
Quitte la ville
"(...) Savez-vous en Tanzanie on tue les albinos parce qu’un bras d’albinos peut-être vendu à plus de 2000 dollars ?
Si un pays a quelques immigrés tanzaniens bien intégrés, il n’y a rien de spécial à faire. Les lois génériques qui protègent la vie humaine suffisent. Par contre, si des masses de gens sont importés de Tanzanie et déversés dans des cités, leur intégration est – par définition – impossible. Dans ce cas, il faudrait passer des lois spécifiques pour protéger les albinos des abus et autres crimes.
Pareil en France mais là il ne s’agit pas de problèmes de Tanzaniens. La France a causé un désastre social et humanitaire dont elle est la première victime. Par un filtrage inversé d’une immigration massive – le pire est accueilli – elle a créé des zones ingérables. Certains commentateurs disent « Marseille c’est Alger ! ». On ne peut plus faux. Si l’immigration avait été aléatoire, Marseille aurait pu être Alger, mais – encore une fois – dans la majorité des cas, c’est les pires qui ont été sélectionnés. Marseille serait plutôt la rue la plus infréquentable d’Alger transformée en ville. C’est-à-dire que les voyous psychopathes ont atteint un volume critique leur permettant de contrôler des villes et les mettre à feu et sang à la moindre contrariété.
En interdisant la burqua, le législateur français a fait un pas dans le bon sens. Il a compris qu’en important des populations aux problèmes spécifiques, il faut des lois spécifiques. Maintenant, cet élan s’est arrêté là. Pourquoi à Trappes ou ailleurs on réagit si brutalement a cette loi ? Ce n’est pas tant pour défendre la burqua que pour terroriser le législateur et éviter qu’il n’aille plus loin avec des lois encore plus précises visant les problèmes de la communauté maghrébine en France. Alors que la burqua si peu répandue a eu sa loi, le phénomène de la hoggra, plus courant encore doit avoir les siennes. La hoggra c’est : je t’agresse gratuitement parce que je peux. C’est l’agression pour humilier. Elle ne sert qu’à donner à l’agresseur une gratification personnelle et un sentiment de supériorité. D’abord, connue sous une forme très marginale dans les sociétés du Maghreb, aujourd’hui elle en est la gangrène. Ces sociétés évoluent avec une religiosité hystérique et expressive de surface, mais le fond est purement matérialiste. Les plus forts écrasent les plus faibles. Au départ pour les spolier de leurs biens et de leurs droits : je te bouscule et je prends ta place dans la file, je construis sur ton terrain et tu n’as pas les moyens de me trainer au tribunal, je dépasse dans un virage et je t’allume les phares pour te pousser de la route : va au platane ! Meurs pour me permettre de rouler comme je veux ; tu veux toucher ta retraite ? Je te prends une partie sinon l’ordinateur est en panne…
La hoggra est souvent utilisée improprement comme une agression dont le but permet l’obtention d’un avantage quantifiable. Mais ce n’est pas sa vocation première : la vraie définition du mot c’est l’agression totalement gratuite.
Avec la structure sociale d’aujourd’hui, les gens qui travaillent et ont une assise familiale équilibrée font – en moyenne – moins d’enfants. En effet, ils ne font que les enfants dont ils peuvent raisonnablement s’occuper et assumer sur tous les plans. On parle ici des plans financiers, affectifs, organisationnels… etc. En même temps, combien d’enfants font des familles pathologiques et totalement déstructurées ? Elles n’ont aucune limite. C’est l’Etat qui prend en charge. Pour l’éducation, les enfants sont jetés à la rue dès le plus bas âge – dès qu’il peut marcher – et y restent jusqu’à tard le soir. D’ailleurs, en France des Préfets se sont rendus compte du phénomène et il y a eu des velléités de couvre-feu pour les ados et les enfants. Mais le fait est que ce sont ces familles dysfonctionnelles qui participent le plus activement à la démographie. Pendant ce temps, les autres familles travaillent et se stérilisent pour financer cette démographie.
La France doit se rendre compte de cette problématique et s’y attaquer en première priorité. Autrement, elle sera condamnée à voir ses enfants tomber sous des couteaux, ou se faire massacrer à mains nues pour des cigarettes, des regards ou même pour rien du tout.
Collectivement, les Français ont aussi une responsabilité importante. Ils ont pendant plus de 40 ans voté pour des partis qui supportent clairement ce type d’immigration. Ces partis minimisent ces crimes et prennent même des dispositions pour relâcher les agresseurs au plus vite.
Que dire ? La prochaine fois qu’on vous demande une cigarette, donnez-la et quittez la ville."
Photo: je sais, le contraste est rude.
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bail-in junta
"Voici ce que Poutine a déclaré dans une tribune publiée par le New York Times à l’attention du peuple américain : « Le Président Obama a affirmé que « ce qui rend l’Amérique différente. C’est ce qui nous rend exceptionnel ! ». Il est extrêmement dangereux d’encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation. Il y a de grands pays et des petits pays, des riches et des pauvres, ceux qui ont de longues traditions démocratiques et ceux qui en sont encore à chercher leur chemin vers la démocratie. Leurs politiques diffèrent, aussi. Nous sommes tous différents, mais quand nous demanderont la bénédiction du Seigneur, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés égaux. »
Comprendre l’âme américaine, c’est entendre, comme l’a si bien compris et entendu le président russe, cette supériorité à laquelle le peuple américain croit très naïvement, ce qui entraîne quelques incompréhensions lorsque par exemple le peuple irakien ne souhaite pas pour eux-mêmes « l’american way of life ». Comment un tel don peut-il être refusé ? Comprendre la stratégie américaine depuis deux siècles, c’est appréhender cette idée que les Américains se font d’eux-mêmes et de leur façon de vivre, une façon supérieure à tout autre civilisation, une façon de vivre qui doit être imposée avec en objectif ultime : la domination d’un peuple « exceptionnel » sur tous les autres. Vladimir Poutine exprime avec une grande justesse le danger d’une telle croyance et les dérives auxquelles nous assistons depuis les événements du 11 septembre. Si la sagesse c’est d’être fort et la force d’être sage, les Américains ont oublié toute sagesse pour ne se concentrer que sur l’utilisation systématique de la force pour maintenir une domination sans partage. Telle est la stratégie américaine, tels sont les faits tels que nous les voyons depuis 10 ans.
Un leadership menacé de toute part
Il est évident que les Américains sont désormais acculés, pieds au mur. La Chine est en réalité devenu la première puissance économique mondiale si l’on pense, ce qui est du bon sens, à retraiter le PIB chinois et le PIB américain de l’endettement associé. En « net », le PIB chinois est désormais supérieur au PIB américain. Pour un leadership mondial sans partage, vous repasserez. Mais ce n’est pas tout. La Chine est devenue l’usine du monde y compris l’usine américaine, et l’on voit très bien à travers la bataille sans merci entre Apple et Samsung sur les brevets à quel point les USA sont menacés à court terme par leur partenaire chinois qui a, en 10 ans, pillé toutes les technologies utiles, monté en gamme, réussi sa transition vers l’économie socialiste de marché, su associer dictature, parti unique et pourtant relative liberté d’entreprendre. L’économie chinoise est d’une efficacité redoutable. L’Amérique est condamnée à la défaite dans les deux ans sans réaction de sa part. Rien ne peut arrêter la Chine. Rien ou presque rien. Enfin, la retraite américaine en rase campagne sur la Syrie sous l’amicale pression sino-russe a créé un électrochoc au sein des élites américaines qui ont pu ressentir à quel point la perte d’influence de leur pays était grande. Il va donc falloir rétablir la domination des États-Unis d’Amérique et vite de préférence.
Le dollar ? Notre monnaie et votre problème !
C’est comme cela qu’un secrétaire d’État américain avait résumé de manière fort laconique la position américaine sur les problèmes monétaires liés à la fin des accords de Bretton Woods dans les années 70. Il en va exactement de même de la dette américaine pour laquelle les Américains peuvent parfaitement dire : notre dette, mais votre problème. Soyons clair : dans la position actuelle des USA, celui qui a un problème n’est pas l’endetté… mais le prêteur, surtout lorsqu’il est chinois avec presque 1 300 milliards de dollars de bons du Trésor US.
La stratégie du déraillement
La Chine est aujourd’hui la première économie mondiale (en net et hors dette), mais la Chine est très fragile. Bulle immobilière massive, économie à 70 % exportatrice vers deux grandes zones économiques que sont l’Amérique du Nord et l’Europe, croissance importante de la population, mouvements sociaux maîtrisés uniquement grâce à une économie qui avance, tensions régionales, ethniques et politiques, corruption endémique, endettement important des villes et des entreprises, bref, si la Chine perd ses réserves de change investies en bons du Trésor américain et si la Chine perd ses deux principaux clients, la Chine devrait en toute logique dérailler et connaître une période extrêmement difficile. Il en va de même pour la Russie qui détient pour plus de 250 milliards de dollars de dette US mais qui surtout tire ses revenus de l’exportation de gaz et de pétrole. Or la stratégie américaine, avec la mise en route de l’exploitation des gaz de schiste sur son propre sol, vise l’indépendance nationale. Cela ne va pas durer longtemps et la production d’un puits de gaz de schiste décline très rapidement, bien plus vite qu’un puits de pétrole conventionnel. Mais pour quelques années, les USA sont et seront indépendants de tout fournisseur extérieur.
Une conjonction rare de facteurs favorables à une conflagration géopolitique
Si l’on met tout bout à bout, nous devons nous rendre compte qu’il y a actuellement une conjonction rare de facteurs qui pourraient pousser les États-Unis à utiliser l’arme économique à travers un défaut de paiement ordonné et sélectif afin de faire dérailler la Chine et la Russie, en s’appuyant sur sa toute nouvelle indépendance énergétique rendant momentanément l’importance du dollar moins prégnante, en pouvant compter sur le soutien de ses alliés de l’OTAN et d’une Europe docile et aux ordres prête à fusionner dans une Union Transatlantique. La Chine et la Russie seraient ruinées, l’Europe et les USA affectées certes, mais nous sommes tous condamnés à une lente agonie si nous ne faisons rien avec à la fin une perte de confiance généralisée. À l’issue de cette crise, les dettes seraient apurées. Les dernières lois sociales supprimées. Sous la pression d’émeutes inévitables dans les cas de grandes misères, on peut imaginer la nécessité de pouvoirs forts et coercitifs. Le chômage explosera, la pauvreté aussi, mais à la fin… les États-Unis auront préservé leur leadership, fait dérailler la Chine et changé les règles du jeu en cours de partie… car les Américains sont en train de perdre le match. Or les Américains sont historiquement de très mauvais joueurs… ils ne jouent que pour gagner… pas pour participer. L’esprit de Coubertin, c’est bon pour des Européens ! Alors voilà, nous sommes dans une impasse semble-t-il politique qui pourrait cacher en réalité un plan de communication de haut niveau pour « vendre » et « marketer » le défaut américain qui répondrait à une logique globale, favorable aux intérêts à long termes des États-Unis et masque en réalité une guerre économique sans pitié.
Si tout ce que je viens de vous exposer ne reste qu’une analyse, cette théorie a le mérite de faire coller et de relier entre eux la totalité des éléments. Nous sommes à un moment clef. Le défaut sera d’ailleurs probablement décalé de quelques jours, le Trésor américain nous indiquant qu’il peut poursuivre ses opérations encore quelques jours de plus pour laisser un peu de temps aux politiques pour se mettre d’accord… Ha oui, il y avait une dernière question que je voulais vous poser… quel est le niveau d’activité de Goldman Sachs en Chine pays communiste ? Un indice : cet été, la banque américaine a achevé la vente de sa participation dans une banque chinoise. Voilà pourquoi, paradoxalement, alors que personne ne s’y attend vraiment les États-Unis d’Amérique pourraient avoir intérêt à un défaut de paiement. Mais tout ceci n’est qu’une théorie, et cela ne se produira jamais. C’est impossible." Sannat/source
Photo: paumé mon fichier adriana Lima. fok
21:59 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : sannat
09/10/2013
si vis pacem
A écouter jusqu'au bout+++ passionnant.
Une remarque particulièrement pertinente de Montbrial porte sur le fait que les générations actuelles (notamment les hommes qui dirigent et composent le système judiciaire, les forces de l'ordre -l'armée même?, la police, etc.) n'ont pas connu la violence, la guerre, les situations de combat (contrairement aux générations antérieures qui avaient connu et vécu au moins une guerre sinon plusieurs)...Ils n'ont connu que la paix, les trente glorieuses, la prospérité économique, des sociétés policées et relativement apaisées. Or ces hommes -ces juges en particulier- se retrouvent confrontés à une violence illégitime qui explose depuis 40 ans (pas uniquement à cause de l'immigration de masse comme l'écrit Obertone mais aussi à cause de la transformation des types anthropologiques sous l'emprise libérale et la disparition des types anthropologiques anciens, comme l'écrit Castoriadis -cf. infra) avec un logiciel idéologique inadapté -et meurtrier pour les victimes. Désinhibition d'un côté (malfrats) vis-à-vis de la violence et de l'usage des armes, inhibition de l'autre côté (corps constitués police/gendarmerie)....
« La corruption généralisée que l'on observe dans le système politico-économique contemporain n'est pas périphérique ou anecdotique, elle est devenue un trait structurel, systémique de la société où nous vivons. En vérité, nous touchons là un facteur fondamental, que les grands penseurs politiques du passé connaissaient et que les prétendus « philosophes politiques » d'aujourd'hui, mauvais sociologues et piètres théoriciens, ignorent splendidement : l'intime solidarité entre un régime social et le type anthropologique (ou l'éventail de tels types) nécessaire pour le faire fonctionner. Ces types anthropologiques, pour la plupart, le capitalisme les a hérités des périodes historiques antérieures : le juge incorruptible, le fonctionnaire wébérien, l'enseignant dévoué à sa tâche, l'ouvrier pour qui son travail, malgré tout, était une source de fierté. De tels personnages deviennent inconcevables dans la période contemporaine : on ne voit pas pourquoi ils seraient reproduits, qui les reproduirait, au nom de quoi ils fonctionneraient. Même le type anthropologique qui est une création propre du capitalisme, l'entrepreneur schumpétérien, combinant une inventivité technique, la capacité de réunir des capitaux, d'organiser une entreprise, d'explorer, de pénétrer, de créer des marchés, est en train de disparaître. Il est remplacé par des bureaucraties managériales et par des spéculateurs. Ici encore, tous les facteurs conspirent. Pourquoi s'escrimer pour faire produire et vendre, au moment où un coup réussi sur les taux de change à la bourse de New York ou d'ailleurs, peut vous rapporter en quelques minutes 500 millions de dollar ? Les sommes en jeu dans la spéculation de chaque semaine sont de l'ordre du PNB des Etats-Unis en un an. Il en résulte un « drainage » des éléments les plus entreprenants vers ce type d'activités qui sont tout à fait parasitaires du point de vue du système capitaliste lui-même. » Cornélius Castoriadis, La montée de l'insignifiance, 1993
Il est plus que probable, comme le sous-entend Montbrial, que, sous l'effet de la transformation accélérée de nos sociétés de marché désormais essentiellement peuplées de zeks et de chacals (cf infra/Michea), l'appareil judiciaire doive s'adapater à cet état de fait et à cet ensauvagement (Thérèse Delpech) de notre monde...ne serait-ce que pour permettre à ces troupeaux de zeks de se rendre dans leurs malls climatisés sans se faire systématiquement dépouiller...et pouvoir encore parler de "démocratie" ou d'"Etat de Droit"...Entre la clique des journaleux, sociologues et autres politicards (ces kapos idéologiques/médiatiques, comme dit Three Pigletts) et les hordes de cpf dont Obertone décrit si bien l'action quotidienne (ces kapos physiques), les peuples sont livrés à une violence ordinaire, une barbarie montante sans avoir même la ressource de ce Léviathan, cet état fort dont parlait Hobbes car seul à même de limiter la guerre de tous contre tous.
"En assignant à toute activité humaine un objectif unique (la thune), un modèle unique (la transaction violente ou bizness) et un modèle anthropologique unique (être un vrai chacal), la Caillera se contente, en effet de recycler, à l'usage des périphéries du système, la pratique et l'imaginaire qui en définissent le Centre et le Sommet. L'ambition de ses membres n'a, certes, jamais été d'être la négation en acte de l'Économie régnante. Ils n'aspirent, tout au contraire, qu'à devenir les golden boys des bas-fonds. Calcul qui est tout sauf utopique. Comme l'observe J. de Maillard, « sous nos yeux, l'économie du crime est en train d'accomplir la dernière étape du processus : rendre enfin rentable la délinquance des pauvres et des laissés pour compte, qui jadis était la part d'ombre des sociétés modernes, qu'elles conservaient à leurs marges. La délinquance des pauvres, qu'on croyait improductive, est désormais reliée aux réseaux qui produisent le profit. Du dealer de banlieue jusqu'aux banques de Luxembourg, la boucle est bouclée. L'économie criminelle est devenue un sous-produit de l'économie globale, qui intègre à ses circuits la marginalité sociale. »
À la question posée, il convient donc de répondre clairement que si la Caillera est, visiblement, très peu disposée à s'intégrer à la société, c'est dans la mesure exacte où elle est déjà parfaitement intégrée au système qui détruit cette société. C'est évidemment à ce titre qu'elle ne manque pas de fasciner les intellectuels et les cinéastes de la classe dominante, dont la mauvaise conscience constitutive les dispose toujours à espérer qu'il existe une façon romantique d'extorquer la plus-value. Une telle fascination intellectuelle pour la « fièvre généreuse du délinquant » (Foucault) serait, cependant, difficile à légitimer sans le concours bienveillant de la sociologie d’État. Cette étrange sociologie, en effet, afin de conférer aux pratiques, légales et illégales, du système qui l'emploie cette couleur « rebelle » qui les rend à la fois politiquement correctes et économiquement rentables, recourt à deux procédés principaux qui, quand on y réfléchit, sont assez peu compatibles.
Tout d'abord, elle s'efforce d'inscrire ce qu'Orwell nommait « le crime moderne » dans la continuité des délits et des crimes d'autrefois. Or ce sont là deux univers très différents. Le bandit d'honneur des sociétés traditionnelles (le cas des pirates est plus complexe) puisait sa force et sa légitimité historique dans son appartenance à une communauté locale déterminée ; et, en général, il s'en prenait d'abord à l'État et aux divers possédants. Le délinquant moderne, au contraire, revendique avec cohérence la froide logique de l'économie pour « dépouiller » et achever de détruire les communautés et les quartiers dont il est issu . Définir sa pratique comme « rebelle », ou encore comme une « révolte morale » (Harlem Désir) voire, pour les plus imaginatifs, comme « un réveil, un appel, une réinvention de l'histoire » (Félix Guattari), revient, par conséquent, à parer du prestige de Robin des Bois les exactions commises par les hommes du Sheriff de Nottingham. Cette activité peu honorable définit, en somme, assez bien le champ d'opérations de la sociologie politiquement correcte.
Quand au second procédé, il consiste à présenter l'apparition du paradigme délinquant moderne - et notamment son rapport très spécifique à la violence et au plaisir qu'elle procure - comme l'effet mécanique de la misère et du chômage et donc, à ce titre, comme une réponse légitime des exclus à leur situation. Or s'il est évident que la misère et le chômage ne peuvent qu'accélérer en retour la généralisation du modèle délinquant moderne, aucun observateur sérieux - ou simplement honnête - ne peut ignorer que ce modèle a d'abord été célébré dans l'ordre culturel, en même temps qu'il trouvait ses bases pratiques dans la prospérité économique des « trente Glorieuses ». En France, par exemple, toutes les statistiques établissent que le décollage des pratiques délinquantes modernes (de même que la constitution des mythologies de la drogue) a lieu vers 1970, tandis qu'en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas il est perceptible dès 1964-1965. Expliquer le développement de la délinquance moderne (développement qui, dans un premier temps - on s'en souvient - avait été tenu par la sociologie officielle pour un pur « fantasme » des classes populaires) comme un effet conjoncturel du chômage est évidemment une procédure gagnante pour le système capitaliste. D'une part, elle conduit à présenter la « reprise économique » - c'est-à-dire l'aide accrue de l'État aux grandes firmes - comme la clé principale du problème ; de l'autre, elle dispense d'interroger ce qui, dans la logique même du capitalisme de consommation, et la culture libérale-libertaire qui lui correspond, détermine les conditions symboliques et imaginaires d'un nouveau rapport des sujets à la Loi." L'Enseignement de l'ignorance, Jean-Claude Michéa, Éditions Climats
Si la caillera est aujourdhui le nouveau type anthropologique dominant, qu'elle porte capuche ou cravate, il n'y a donc rien à attendre du système car la corruption de ses mécanismes (notamment la tâche de protéger les citoyens contre les prédateurs de tous ordres en usant de la seule violence légitime) et à cause de ce nouveau rapport à la Loi dont parlent Michea et Castoriadis, n'est pas prête de s'atténuer. Mieux, comme le dit Eric Werner:
"En attisant les antagonismes et la défiance mutuelle, elle [immigration de masse] paralyse les réactions et défenses de la population. Pour une classe dirigeante corrompue, une société balkanisée est plus facile à contrôler qu’une société homogène. L’insécurité née de l’immigration devient même une arme formidable de gouvernement. En laissant les délinquants agir à sa place, le pouvoir fait d’une pierre deux coups. L’ordre se défait, mais le désarroi même qui en résulte débouche paradoxalement dans une relégitimisation du pouvoir, car le pouvoir apparaît comme l’ultime rempart contre le désordre triomphant . Le pouvoir tire ainsi argument de l’insécurité pour que les citoyens se résignent à l’abandon de leurs droits, comme la légitime défense." Eric Werner, NRH
11:55 | Lien permanent | Commentaires (65) | Tags : montbrial, légitime défense, castoriadis
08/10/2013
fragilité ordinaire
Mention spéciale pour les deux jeunes européens/FDS présents dans la pharmacie et qui ne bougeront pas une oreille pour défendre une jeune femme qui vient de se prendre un coup de pied dans le ventre de la part d'un CPF...
Peut-être Ozon a-t-il des choses à dire là-dessus. (merci C2):
"Il faudrait probablement un livre pour analyser la situation sociale des jeunes hommes européens et plus particulièrement la question de la fragilité d’une partie d’entre eux dans l’environnement violent de la société multiculturelle. Certes, il faut le rappeler, ce phénomène est encore minoritaire mais pourtant bien visible et suscite des réactions agacées, indignées mais osons le dire « impuissantes » ou incantatoires. Il n’est donc peut-être pas inutile de tenter d’analyser rapidement ce phénomène et d’y apporter des réponses. Un article plutôt inhabituel pour moi mais qui m’est dicté par l’impression de n’avoir rien lu de clair et pratique sur ce sujet.
Tout d’abord, comment se manifeste cette fragilité ? Elle est à la fois physique mais aussi mentale (difficultés à faire face au conflit ou au recours à la force). Elle s’exprime justement dans les situations conflictuelles où l’affrontement physique avec des jeunes issus d’autres « populations » est imminent. « Adversaires » d’autant plus belliqueux que les jeunes hommes européens ne savent pas l’être assez. Au-delà des réactions de moquerie que ce comportement peut engendrer, elle est problématique pour l’idée qu’un jeune européen se fera de lui-même (complexes et refoulements) et néfaste à sa construction, comme homme puis ultérieurement comme père ou comme membre d’une communauté de destin. Il y aurait des livres à écrire pour analyser les impacts « idéologiques » de ces frustrations.
Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que cette fragilité est toute relative et se perçoit principalement en environnement multiethnique. En clair, du fait des causes de ce problème de « fragilité », nous verrons qu’il est perceptible surtout dans la confrontation relationnelle avec d’autres groupes de population et pas n’importe lesquels. Ce paramètre n’est pas, lui non plus, sans impact sur la façon quasi pathologique avec lesquelles les questions d’immigration sont traitées dans l’espace social et politique lorsqu’il s’agit de certaines populations.
Pour faire simple, je pense qu’il existe quatre grands facteurs qui peuvent expliquer la « fragilité » de nombreux jeunes européens et leur « vulnérabilité » dans les environnements multi-agressifs dans lesquels ils sont plongés :
1. Le premier facteur relève de mauvaises pratiques dans la construction identitaire de l’enfant
2. Le deuxième d’une influence trop incapacitante (castratrice même) des pratiques pédagogiques qui dévalorisent le conflit, la bagarre ou prétendent obliger l’enfant à s’en remettre toujours à quelqu’un d’autre (les institutions notamment) pour le protéger.
3. Le troisième point relève de choix d’hygiène de vie (sport, alimentation et bonnes pratiques qui sont importantes à l’heure des pollutions agrochimiques systématiques)
4. Et enfin, le dernier facteur est une qualité que les spécialistes nomment « néoténie » ou persistance juvénile, qui est liée à notre biologie. Elle présente de nombreux inconvénients dans un contexte social multiethnique et multiculturel, mais est, à tout prendre, une qualité dont nous pouvons nous féliciter et dont il faut compenser les effets par les trois catégories de solutions précédentes. (...) Source
NB: pas sans rappeler l'affaire du Noctilien...
21:32 | Lien permanent | Commentaires (48) | Tags : ozon, cpf, fds
07/10/2013
Fukushima mon amour
23:33 | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : fukushima, jean pierre petit
suicide
"Il n'y a pas que les militaires qui sont en colère. Les policiers aussi, d'autant qu'ils voient leurs avantages sauter les uns après les autres."Le ras-le-bol des policiers du Nord face au manque de moyens" nous dit Metro ici. J'ai vu les affichettes qui circulent. Un lecteur policier nous dit: "Après les policiers grecs, espagnols, et les militaires français, les policiers français sont aujourd'hui dans le collimateur... Voici une information passée sous silence dans les médias de masse télé. Pour faire suite au budget 2014, le gouvernement a prévu de faire passer l'ISSP (Indemnité de Sujetion Spéciale Police) des élèves gardiens de la paix, élèves commissaires et élèves sous-officiers de gendarmerie de 26% à 12%! Cette prime équivaut notamment à la prime de risque inhérent à la profession".
En clair, le PS fait les poches des flics pendant qu'ils sont en intervention, voyez ce qu'en dit La Dépêche: "les syndicats de police se sont déclarés "stupéfaits" de la diminution de l'indemnité spéciale de risque pour les élèves policiers et gendarmes prévue dans le budget 2014 du ministère de l'Intérieur dans un souci d'économie. Selon Bercy, "la diminution de ISSP des élèves en école" doit permettre une économie de 12 millions d'euros en 2014. Cette ISSP, sorte de prime de risque pour les forces de l'ordre, est très ancienne. Selon les sources syndicales, elle peut représenter pour certains fonctionnaires "100 à 200 euros" par mois. Pour Bercy, cette "diminution" permet "d'adapter l'indemnité à la réalité de sujétions des élèves" commissaires de police, gardiens de la paix ou sous-officiers de gendarmerie, qui ne sont pas sur le terrain durant leur scolarité. François Hollande, grand ennemi bien connu de la finance, s'attaque au porte-monnaie des poulets. Il ne faut jamais s'attaquer à la police. Mieux: regardez ces enfoirés de Bercy "cette "diminution" permet d'adapter l'indemnité à la réalité". Vous comprenez la phrase? Non. C'est normal, c'est sorti de la tête d'un énarque." lire ici la Dépêche. source/Jovanovic.com
Nos progressistes français sont vraiment des amateurs...voici comment l'oligarchie US s'assure, elle, du concours des corps constitués (dernier rempart avant les fourches du peuple en colère..) US:
"JPMorgan Chase a récemment fait don d'une somme, sans précédent de 4,6 millions à la Fondation de la Police de la ville de New York. Le don a été le plus important dans l'histoire de la fondation et permettra à la ville de New York, Département de la police, de renforcer la sécurité dans la grosse pomme. L'argent va payer 1000 nouveaux ordinateurs portables dans les voitures de patrouille, ainsi que les logiciels de contrôle de sécurité dans la base de données principale du Département de police de New York." (et peut-être éviter à quelques oligarques de connaitre un destin à la Sadam Hussein ou à la Kadafi..) Source: http://www.jpmorganchase.com/corporate/Home/article/ny-13.htm
09:32 | Lien permanent | Commentaires (10)

