"Beaucoup de Chypriotes étaient sous le choc, samedi, après l'annonce d'un accord avec l'Union européenne sur un plan de sauvetage de 10 milliards d'euros comprenant une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires. L'accord a été conclu dans la nuit de vendredi à samedi, et les résidents de l'île méditerranéenne l'ont découvert à leur réveil. Des queues étaient visibles devant les banques, les particuliers tentant de retirer le plus d'argent possible.
Les bailleurs de fonds de Chypre - UE et FMI - ont en effet demandé l'instauration d'une taxe exceptionnelle de 6,75 % sur tous les dépôts bancaires de moins de 100 000 euros et de 9,9 % au-delà de ce seuil, ainsi qu'une retenue à la source sur les intérêts de ces dépôts.
"C'est une catastrophe", a dit un Chypriote de 45 ans venu retirer de l'argent. "Cela va nous donner envie de sortir de l'euro, dit un autre, un retraité. "Je croyais qu'en dessous de 100 000 euros, on n'y toucherait pas", regrette Andri Menelaou, 25 ans. Je n'ai pas grand chose mais je ne vois pas pourquoi je devrais payer pour les erreurs des banques."
"J'aimerais savoir où elle est, cette solidarité européenne. Qu'avons-nous obtenu? Rien", juge Yiannis Pavlou, un mécanicien de 28 ans. Une allusion à la Grèce, l'Irlande, le Portugal ou l'Espagne, qui n'ont pas eu à accepter cette taxe exceptionnelle.
"On essaie tous de retirer un maximum d'argent -- mais cela ne marche pas très bien, on ne sait pas si les comptes sont bloqués ou les distributeurs vides, a dit à l'AFP Joseph, employé de banque chypriote. Personne ne s'attendait à cela -- et les banques n'étaient au courant de rien". Les agences bancaires étaient fermées pour le week-end, et jusqu'à mardi matin, lundi étant férié sur l'île. Ces retraits ne vont toutefois pas empêcher la ponction sur les comptes de toute personne résidant sur l'île. Les montants correspondant à la taxe "sont déjà bloqués et ne peuvent plus être transférés", assure Marios Skandalis, vide-président de l'Institut des comptables publics de Chypre. Cette mesure est censée rapporter 5,8 milliards d'euros au gouvernement.
Le président Nicos Anastasiades a justifié ce plan, qualifié de "douloureux", par le risque "d'effondrement" du système bancaire qui précipiterait une faillite et une éventuelle "sortie de l'euro". "Nous avions le choix entre le scénario catastrophe d'une défaillance non contrôlée, et une gestion douloureuse mais contrôlée de la crise", a-t-il résumé dans un communiqué. M. Anastasiades s'adressera à la nation, dimanche, alors que le Parlement chypriote se prononcera sur le plan.
"La situation est grave mais pas tragique, il n'y a pas de raison de paniquer", a également tenté de rassurer le porte-parole du gouvernement Christos Stylianides, alors que le ministre des finances Michalis Sarris assurait que "Chypre a choisi la moins douloureuse des solutions". Mais Nicolas Papadopoulos, député du parti Diko (centre-droit) dont la direction a soutenu l'élection récente du président Anastasiades, Nicolas Papadopoulos, s'est élevé contre l'accord en le qualifiant de "désastre" pour le système bancaire. "Je veux qu'un représentant du gouvernement m'explique pourquoi cet accord était la meilleure solution". "Cette décision est bien pire que ce à quoi nous nous attendions et contraire à ce que nous affirmait le gouvernement encore pas plus tard que la nuit dernière", a ajouté le président de la commission des finances au Parlement, Nicholas Papadopoulos."
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pendant ce temps, Jaimie Diamond* crache le morceau:
«Nous bénéficions effectivement du ralentissement de l’économie.» En vantant les bénéfices de sa banque devant un parterre d’investisseurs, 21,3 milliards d’euros en 2012, Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, n’a sans doute pas bien mesuré la portée de ses déclarations. Elles ont tout du vendeur de canons contemplant ses caisses remplies par la boucherie d’une guerre des tranchées. Certes, ce ne sont plus les armes, mais la crise qui en Europe comme aux Etats-Unis, emporte les populations. Sur elles pèsent l’explosion du chômage, la baisse de la croissance, et, pire, le transfert de la dette des banques vers les Etats. Quant aux banques, à l’instar de JP Morgan, la vie est belle, elles prospèrent même grâce à la crise dont elles sont elles-mêmes à l’origine." source
mais Warren Buffet l'avait déjà souligné: "Le 25 mai 2005, Warren Buffett déclare sur la chaîne de télévision CNN : « Il y a une guerre des classes, où ma classe gagne de plus en plus, alors qu'elle ne le devrait pas » (It's a class warfare, my class is winning, but they shouldn't be)."
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* « On vient juste de heurter l'iceberg. Il n'y a pas assez de canots pour tout le monde...la musique va continuer à jouer...alors autant que vous repreniez du caviar et du champagne. » Confession de Jaime Dimon, président de la JP Morgan lors d'un dîner, le 13 septembre 2008 à New-York, la veille de la faillite officielle de Lehman Brothers. (Cité par Jovanovic, Blythe Masters, 2010)
17/03/2013
que faire?
«(...) La notion du cours du temps, surtout en cas d'urgence, est très bien ressentie dans les Balkans, une partie de l'Europe qui est constamment sous influences tectoniques majeures. La balkanisation ne signifie pas seulement la dislocation géopolitique ; elle renvoie également à une forme de la dégénérescence d’identité, où se mélangent et se confondent diverses identités politiques, religieuses et raciales qui sont constamment remplacées par de nouvelles identités venues d’ailleurs. Toutefois, compte tenu des catastrophes qui s’approchent à grands pas de l’Europe, toute balkanisation peut servir de leçon pour aiguiser le talent de survie. Ce talent exige de pratiquer la vie en solitaire, et d’être complètement détaché de tous les liens politiques avec le monde d'aujourd'hui. En cas de nécessité, on devrait, comme ce fut habituel chez les chouans vendéens pendant la Révolution française, ou chez les guérilléros espagnols pendant l’occupation napoléonienne, ou bien encore chez les haïdouks balkaniques pendant l’occupation turque du XVIe au XIXe siècle, vivre comme des paysans mais, en cas d'urgence, être prêt à rapidement prendre les armes. Aujourd'hui, cependant, il ya deux formes opposées de la balkanisation. D'un côté, l’Europe orientale continue toujours d’être en proie à la haine interethnique entre ses peuples. D'un autre côté, on observe en Europe occidentale une guerre larvée avec les non-Européens. Or à la lumière des vagues d’immigration en provenance du Tiers-Monde, tous les Européens sont censés devenir de bons Balkaniques : pas forcément dans le sens négatif, mais dans un sens positif qui sous-entend l’esprit de la déterritorialisation locale, et qui est seulement possible dans une Europe d’Empire. Celui qui vit au milieu d'animaux sauvages devrait devenir un animal, et peu importe qu’il habite Paris, Washington ou Francfort. Comme le sociologue italien Vilfredo Pareto a justement prophétisé il y a cent ans: «Celui qui devient l'agneau va se trouver bientôt un loup qui le mangera." (2). Or le talent de vie dans la fin des temps exigera donc des loups européens d’apprendre à revêtir les habits de brebis.
On devrait se rappeler la figure de l’Anarque d’Ernst Jünger dans son roman Eumeswil. Le protagoniste, Martin Venator, vit sa double vie dans une société postmoderne et multiculturelle à coté de la casbah d’Eumeswil. Or l’Anarque n'est ni rebelle, ni dissident, ni anarchiste quoiqu’au moment donné, il puisse revêtir toutes ces trois figures à la fois. D’ailleurs, l’Anarque semble s’être très bien inséré dans le système de la pensée unique et de l’autocensure du Système. Il attend patiemment son moment ; il va frapper seulement quand le moment sera mûr. Ce roman de Jünger peut être considéré comme le Bildungsroman pour la génération actuelle de jeunes Européens dont le rôle didactique peut leur faciliter le choix de la figure du rebelle.
L’arrivée en masse d’immigrés d’une culture et d’une race étrangère à l'Europe exige de tous les Européens de bien réfléchir à quelle figure de comportement choisir, c’est à dire à quelle nouvelle identité jouer. Historiquement, les figures du rebelle nationaliste en Europe centrale et orientale n'ont jamais eu d’effet convergent sur les peuples européens. Elles ont été nuisibles et doivent donc être rejetées. Toutes les formes et figures de la rébellion – que ce soit l’appartenance à sa tribu ou à son Etat aux dépens de son voisin blanc, comme en témoignent les guerres entre la Pologne et l'Allemagne, entre les Serbes et les Croates, entre les Irlandais et les Anglais – semblent devenues dérisoires aujourd’hui. L’Europe balkanisée, avec ses figures rebelles des nationalismes exclusifs, ne fait que donner davantage de légitimité au projet multiracial du Système. Toute figure de dissident au Système, comme fut autrefois la figure de l’anarchiste ou du partisan est désormais vouée à l’échec dans un Système possédant des moyens de surveillance totale. Ce qui reste maintenant aux nouveaux rebelles, c’est le devoir de se définir comme héritiers européens, nonobstant le pays où ils vivent, que ce soit en Australie, en Croatie, au Chili, ou en Bavière. Compte tenu de l'afflux massif d’immigrés non-européens, les Européens ne peuvent plus s’offrir le luxe de l’esprit de clocher. Le danger imminent de leur mort peut les aider à se débarrasser de leur particularisme territorial. En effet, qu’est-ce que cela veut dire aujourd’hui être Allemand, Français, Américain, vu le fait que plus de 10 pour cent d’Allemands et de Français et plus de 30 pour cent des Américains sont d'origine non-blanche?(...) Suite à la Seconde Guerre mondiale, les génocides communistes ont eu une influence catastrophique sur l'évolution culturelle et génétique de toute l’Europe orientale. La classe moyenne ainsi qu’un grand nombre de gens intelligents furent simplement supprimés, ne pouvant transmette leur patrimoine génétique, leur intelligence et leur créativité à leur progéniture. Alors, où sont donc les parallèles avec le monde multiracial d’aujourd’hui en Europe ? Force est de constater que tout ce que les communistes ne pouvaient pas parachever par la terreur en Europe orientale est en train de se faire maintenant d’une manière soft par l'actuelle "super classe" libérale et cela par le truchement de son idéologie de rechange, le « multiculturalisme ». L'afflux constant de non-Européens est en train d’affaiblir le fonds génétique des Européens, menant à leur mort douce où les lignes entre l’ami et l’ennemi s’effacent complètement. On s’aperçoit clairement de l'impact brutal de l'idéologie de l'égalitarisme et de sa nouvelle retombée dans le Système, qui enseigne, aujourd’hui comme autrefois, que tous les hommes doivent être égaux et par conséquent interchangeables à volonté.
Le multiculturalisme est la nouvelle forme du balkanisme, à savoir une idéologie servant aujourd’hui d’ersatz au communisme discrédité. En effet, le multiculturalisme utilise des moyens plus subtils que le communisme quoique leurs effets soient identiques. L’esprit communiste et l’esprit multiculturel sont très populaires auprès des gens du Tiers-Monde, mais également auprès des intellectuels de gauche du Système, toujours à l'affût d’un nouveau romantisme politique. Le communisme a disparu en Europe orientale parce qu'en pratique, il a su beaucoup mieux réaliser ses principes égalitaires en Europe occidentale quoique sous un autre signifiant et sous un autre vocable. Le Système, soit sous son vocable communiste, soit sous son vocable multiculturel, croit que toutes les nations européennes sont remplaçables au sein du Système supra-étatique et supra-européen.Les responsables de la balkanisation de l'Europe et de l'Amérique sont les capitalistes. Il est dans leur intérêt d'obtenir une armée de travailleurs de réserve en provenance du Tiers-Monde. Ils savent pertinemment que les travailleurs non-européens importés en Europe n'appartiennent pas forcément à l'élite intellectuelle de leurs pays d'origine, que leur conscience sociale n'est souvent qu'embryonnaire et qu'ils n'ont généralement aucun sens du destin européen. C'est pourquoi ils sont plus aisément manipulables. Leur marchand n'a pas d'identité, non plus. Un banquier allemand ou un ex-communiste croate devenu spéculateur dans l’immobilier ne se soucie guère de sa résidence ni de la leur - tant qu'il gagne de l'argent. Même le père fondateur du capitalisme, l’infâme Adam Smith a écrit: «Le marchand n'est pas forcément citoyen d’aucun pays" (3). Par conséquent, le nouvel Anarque, à savoir le nouveau rebelle, ne doit pas être choqué par la nouvelle sainte alliance entre le Commissaire et le Commerçant, entre les grandes entreprises et la Gauche caviar. La Gauche est en faveur de l'immigration de masse parce que la figure de l’immigré tient lieu aujourd'hui du prolétaire d’antan. Les capitalistes d’une part, et les « antifas », les pédérastes, les militants des droits de l’homme et les militants chrétiens de l'autre, sont désormais devenus les porte-parole de l'abolition des frontières et les haut-parleurs d’une Europe multiraciale et sans racines. Le capitaliste vise à réduire l'État-providence, car chaque État lui coûte cher. Un antifa veut abolir l'État, parce que tout État, lui rappelle « la bête immonde du fascisme. (...)
Comment façonner un nouveau type de rebelle blanc ? Le nouvel Anarque doit chercher dans sa culture et sa race ses points de départ. La notion et la réalité de la race ne peuvent être niées, même si le terme de race est aujourd’hui criminalisé à outrance par les medias. L’hérédité est considérée par les scribes académiques du Système avec horreur et dégoût, bien qu’ils sachent tous, surtout lorsque l'état d'urgence sera proclamé, qu’ils vont aller se réfugier du côté de leur propre tribu et de leur propre race. Force est de constater qu’on peut changer sa religion, ses habitudes, ses opinions politiques, son terroir, sa nationalité, voire même son passeport, mais on ne peut jamais échapper à son hérédité. La récente guerre dans les Balkans nous a montré de façon limpide que lors de l’instauration de l’état d’urgence, les anciens apatrides croates et pro-yougoslaves n’avaient pas hésité à devenir des ultras Croates - par défaut. Gare à celui qui oublie ses racines. C’est l’Autre qui va vite les lui rappeler.
(...) Pour restaurer son identité dans les temps d’urgence qui adviennent, l’Anarque doit examiner la doctrine de l'égalitarisme issue du christianisme. Les immigrés non-européens savent fort bien que l’Europe est très imprégnée d’un christianisme qui se reflète aujourd’hui dans les sentiments de culpabilité de l’homme blanc et dans le prêchi-prêcha séculièr sur la religion des droits de l’homme. En revanche, le sentiment de haine de soi n’existe guère chez les immigrés et pas plus au sein de la classe politique de leurs pays d'origine. Les Européens qui ont vécu dans les pays du Tiers-Monde savent fort bien ce que veut dire la discrimination raciale contre sa propre population. Un métis du Mexique habitant au sud de Los Angeles ou un Turc aux traits mongoloïdes habitant à Berlin Kreuzberg savent exactement quel groupe racial et culturel ils peuvent fréquenter. Le second, par exemple, n'a rien à chercher auprès des «Turcs» européens de la classe supérieure qui n’ont aucun scrupule à arborer en permanence leurs origines albanaises ou bosniaques, et qui aiment bien s’en vanter en public. Un hidalgo mexicain servant comme haut-diplomate à Madrid déteste un Cholo habitant le barrio de Los Angeles. En revanche, l'Allemagne, l'Amérique, l’Espagne, la France accordent à ces peuplades du Tiers-Monde des moyens de s’épanouir dont ils ne peuvent que rêver dans leurs pays d’origine. Même s'il semble impossible de parler d’expulsion massive ou de transfert des populations, c’est une idée qu’on ne doit jamais exclure. Plus de 12 millions d'Allemands furent expulsés de leurs foyers en Europe orientale à la fin de l'automne 1944 et au début de 1945 - dans une période de quelques mois seulement. (6). Demain, le même scenario peut encore avoir lieu, suivi par de nouveaux génocides et par la migration massive de millions de personnes en Europe. Pour le rebelle européen reste à savoir qui sera l’architecte de ce nouveau «nettoyage ethnique» et qui en sera la victime.
Dans l’optique optimiste, même un aveugle peut s’apercevoir que le Système est mort. L’expérience avec ses dogmes abstraits de multiculturalisme et de progrès économique a échoué. Tant en Europe qu’aux États-Unis, on voit chaque jour que l'expérience libérale a touché à sa fin il y bien longtemps. Il y a suffisamment de preuves empiriques pour nous démontrer ce fait. On n’a qu’à choisir le plus visible et le plus audible. Il est caractéristique de la classe politique moribonde de vanter la « perfectibilité », « l’éternité », et la « véracité » de son Système – précisément au moment où son Système est en train de s'écrouler. Ces vœux pieux et d’auto-satisfaction, on a pu les observer tant et tant de fois dans l'histoire. Même les notions de la classe dirigeante actuelle portant sur la fin des temps et la «fin de l'Histoire» nous rappellent la mentalité de la classe politique des anciens pays communistes, en l’occurrence la Yougoslavie peu avant son effondrement. En 1990, il y avait encore de grands défilés pro-yougoslaves et procommunistes en Yougoslavie où les politiciens locaux se vantaient de l'indestructibilité du Système yougoslave. Quelques mois plus tard, la guerre commença - et le Système mourut.
Dans l’Union européenne, la classe dirigeante d'aujourd'hui ne sait plus où elle va et ce qu'elle veut faire avec elle-même. Elle est beaucoup plus faible qu'elle ne veut le laisser voir à ses citoyens. Le nouvel Anarque vit de nouveau dans un vide historique et il dépend de sa seule volonté de remplir ce vide avec le contenu de son choix. La charrue peut facilement se muer en épée. »Tomislav Sunic/(merci à Boréas)
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Stauffenberg
« Après 1945, les Européens ont cessé d’être eux-mêmes et sont comme entrés en dormition. Les horreurs des guerres passées, dont ils n’étaient pas seuls responsables, furent ressenties comme une condamnation de leur civilisation, d’autant que les vainqueurs s’ingénièrent à les en convaincre. Sans en avoir toujours conscience, les Européens ont vécu longtemps sous l’ombre portée des puissances victorieuses, se partageant entre soviétophiles et américanophiles.
Peu avant de mettre en œuvre son projet et d’en mourir, le colonel Claus von Stauffenberg, organisateur de l’attentat contre Hitler du 20 juillet 1944, avait consigné par écrit les espérances des conjurés :
« Nous voulons un ordre nouveau qui garantisse le droit et la justice, dans lequel l’état s’appuie sur chacun ; mais nous rejetons la mensongère notion d’égalité et nous nous inclinons devant la hiérarchie naturelle. Nous voulons un peuple qui, enraciné dans la terre de sa patrie, , demeure proche des forces de la nature, un peuple qui, libre et fier, dominant les bas instincts de l’envie et de la jalousie, trouve son bonheur et sa satisfaction dans le cadre établi de son activité. Nous voulons des dirigeants qui, provenant de toutes les couches de la société, et liés aux forces divines, s’imposent par leur sens moral, leur discipline, et leur esprit de sacrifice. »
La philosophie nationale conservatrice de ce programme de la résistance Allemande était aux antipodes de ce que les vainqueurs imposeront à l’Europe déboussolée de l’après guerre : l’anti fascisme et le matérialisme bureaucratique pour les uns, la religion du marché et la version Américaine des droits de l’homme pour les autres. »
Dominique Venner, Le siècle de 1914.
22:18 | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : von stauffenberg, dominique venner
16/03/2013
"It's a class warfare, my class is winning, but they shouldn't be"
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friday wear
00:49 | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : upton, doves
13/03/2013
les mystères de la gauche
Marianne : Vous estimez urgent d'abandonner le nom de «gauche», de changer de signifiant pour désigner les forces politiques qui prendraient à nouveau en compte les intérêts de la classe ouvrière... Un nom ne peut-il pourtant ressusciter par-delà ses blessures historiques, ses échecs, ses encombrements passés ? Le problème est d'ailleurs exactement le même pour le mot «socialisme», qui après avoir qualifié l'entraide ouvrière chez un Pierre Leroux s'est mis, tout à fait a contrario, à désigner dans les années 80 les turlupinades d'un Jack Lang. Ne pourrait-on voir dans ce désir d'abolir un nom de l'histoire comme un écho déplaisant de cet esprit de la table rase que vous dénoncez sans relâche par ailleurs ?
Jean-Claude Michéa : Si j'en suis venu - à la suite, entre autres, de Cornelius Castoriadis et de Christopher Lasch - à remettre en question le fonctionnement, devenu aujourd'hui mystificateur, du vieux clivage gauche-droite, c'est simplement dans la mesure où le compromis historique forgé, au lendemain de l'affaire Dreyfus, entre le mouvement ouvrier socialiste et la gauche libérale et républicaine (ce «parti du mouvement» dont le parti radical et la franc-maçonnerie voltairienne constituaient, à l'époque, l'aile marchante) me semble désormais avoir épuisé toutes ses vertus positives. A l'origine, en effet, il s'agissait seulement de nouer une alliance défensive contre cet ennemi commun qu'incarnait alors la toute-puissante «réaction». Autrement dit, un ensemble hétéroclite de forces essentiellement précapitalistes qui espéraient encore pouvoir restaurer tout ou partie de l'Ancien Régime et, notamment, la domination sans partage de l'Eglise catholique sur les institutions et les âmes. Or cette droite réactionnaire, cléricale et monarchiste a été définitivement balayée en 1945 et ses derniers vestiges en Mai 68 (ce qu'on appelle de nos jours la «droite» ne désigne généralement plus, en effet, que les partisans du libéralisme économique de Friedrich Hayek et de Milton Friedman). Privé de son ennemi constitutif et des cibles précises qu'il incarnait (comme, la famille patriarcale ou l'«alliance du trône et de l'autel») le «parti du mouvement» se trouvait dès lors condamné, s'il voulait conserver son identité initiale, à prolonger indéfiniment son travail de «modernisation» intégrale du monde d'avant (ce qui explique que, de nos jours, «être de gauche» ne signifie plus que la seule aptitude à devancer fièrement tous les mouvements qui travaillent la société capitaliste moderne, qu'ils soient ou non conformes à l'intérêt du peuple, ou même au simple bon sens). Or, si les premiers socialistes partageaient bien avec cette gauche libérale et républicaine le refus de toutes les institutions oppressives et inégalitaires de l'Ancien Régime, ils n'entendaient nullement abolir l'ensemble des solidarités populaires traditionnelles ni donc s'attaquer aux fondements mêmes du «lien social» (car c'est bien ce qui doit inéluctablement arriver lorsqu'on prétend fonder une «société» moderne - dans l'ignorance de toutes les données de l'anthropologie et de la psychologie - sur la seule base de l'accord privé entre des individus supposés «indépendants par nature»). La critique socialiste des effets atomisants et humainement destructeurs de la croyance libérale selon laquelle le marché et le droit ab-strait pourraient constituer, selon les mots de Jean-Baptiste Say, un «ciment social» suffisant (Engels écrivait, dès 1843, que la conséquence ultime de cette logique serait, un jour, de «dissoudre la famille») devenait dès lors clairement incompatible avec ce culte du «mouvement» comme fin en soi, dont Eduard Bernstein avait formulé le principe dès la fin du XIXe siècle en proclamant que «le but final n'est rien» et que «le mouvement est tout». Pour liquider cette alliance désormais privée d'objet avec les partisans du socialisme et récupérer ainsi son indépendance originelle, il ne manquait donc plus à la «nouvelle» gauche que d'imposer médiatiquement l'idée que toute critique de l'économie de marché ou de l'idéologie des droits de l'homme (ce «pompeux catalogue des droits de l'homme» que Marx opposait, dans le Capital, à l'idée d'une modeste «Magna Carta» susceptible de protéger réellement les seules libertés individuelles et collectives fondamentales) devait nécessairement conduire au «goulag» et au «totalitarisme». Mission accomplie dès la fin des années 70 par cette «nouvelle philosophie» devenue, à présent, la théologie officielle de la société du spectacle. Dans ces conditions, je persiste à penser qu'il est devenu aujourd'hui politiquement inefficace, voire dangereux, de continuer à placer un programme de sortie progressive du capitalisme sous le signe exclusif d'un mouvement idéologique dont la mission émancipatrice a pris fin, pour l'essentiel, le jour où la droite réactionnaire, monarchiste et cléricale a définitivement disparu du paysage politique. Le socialisme est, par définition, incompatible avec l'exploitation capitaliste. La gauche, hélas, non. Et si tant de travailleurs - indépendants ou salariés - votent désormais à droite, ou surtout ne votent plus, c'est bien souvent parce qu'ils ont perçu intuitivement cette triste vérité.
Vous rappelez très bien dans les Mystères de la gauche les nombreux crimes commis par la gauche libérale contre le peuple, et notamment le fait que les deux répressions ouvrières les plus sanglantes du XIXe siècle sont à mettre à son compte. Mais aujourd'hui, tout de même, depuis que l'inventaire critique de la gauche culturelle mitterrandienne s'est banalisé, ne peut-on admettre que les socialistes ont changé ? Un certain nombre de prises de conscience importantes ont eu lieu. Celle, par exemple, du long abandon de la classe ouvrière est récente, mais elle est réelle. Sur les questions de sécurité également, on ne peut pas davantage dire qu'un Manuel Valls incarne une gauche permissive et angéliste. Or on a parfois l'impression à vous lire que la gauche, par principe, ne pourra jamais se réformer... Est-ce votre sentiment définitif ?
J.-C.M. : Ce qui me frappe plutôt, c'est que les choses se passent exactement comme je l'avais prévu. Dès lors, en effet, que la gauche et la droite s'accordent pour considérer l'économie capitaliste comme l'horizon indépassable de notre temps (ce n'est pas un hasard si Christine Lagarde a été nommée à la tête du FMI pour y poursuivre la même politique que DSK), il était inévitable que la gauche - une fois revenue au pouvoir dans le cadre soigneusement verrouillé de l'«alternative unique» - cherche à masquer électoralement cette complicité idéologique sous le rideau fumigène des seules questions «sociétales». De là le désolant spectacle actuel. Alors que le système capitaliste mondial se dirige tranquillement vers l'iceberg, nous assistons à une foire d'empoigne surréaliste entre ceux qui ont pour unique mission de défendre toutes les implications anthropologiques et culturelles de ce système et ceux qui doivent faire semblant de s'y opposer (le postulat philosophique commun à tous ces libéraux étant, bien entendu, le droit absolu pour chacun de faire ce qu'il veut de son corps et de son argent). Mais je n'ai là aucun mérite. C'est Guy Debord qui annonçait, il y a vingt ans déjà, que les développements à venir du capitalisme moderne trouveraient nécessairement leur alibi idéologique majeur dans la lutte contre «le racisme, l'antimodernisme et l'homophobie» (d'où, ajoutait-il, ce «néomoralisme indigné que simulent les actuels moutons de l'intelligentsia»). Quant aux postures martiales d'un Manuel Valls, elles ne constituent qu'un effet de communication. La véritable position de gauche sur ces questions reste bien évidemment celle de cette ancienne groupie de Bernard Tapie et d'Edouard Balladur qu'est Christiane Taubira.
Contrairement à d'autres, ce qui vous tient aujourd'hui encore éloigné de la «gauche de la gauche», des altermondialistes et autres mouvements d'indignés, ce n'est pas l'invocation d'un passé totalitaire dont ces lointains petits cousins des communistes seraient encore comptables... C'est au contraire le fond libéral de ces mouvements : l'individu isolé manifestant pour le droit à rester un individu isolé, c'est ainsi que vous les décrivez. N'y a-t-il cependant aucune de ces luttes, aucun de ces mouvements avec lequel vous vous soyez senti en affinité ces dernières années ?
J.-C.M. : Si l'on admet que le capitalisme est devenu un fait social total - inséparable, à ce titre, d'une culture et d'un mode de vie spécifiques -, il est clair que les critiques les plus lucides et les plus radicales de cette nouvelle civilisation sont à chercher du côté des partisans de la «décroissance». En entendant par là, naturellement, non pas une «croissance négative» ou une austérité généralisée (comme voudraient le faire croire, par exemple, Laurence Parisot ou Najat Vallaud-Belkacem), mais la nécessaire remise en question d'un mode de vie quotidien aliénant, fondé - disait Marx - sur l'unique nécessité de «produire pour produire et d'accumuler pour accumuler». Mode de vie forcément privé de tout sens humain réel, inégalitaire (puisque la logique de l'accumulation du capital conduit inévitablement à concentrer la richesse à un pôle de la société mondiale et l'austérité, voire la misère, à l'autre pôle) et, de toute façon, impossible à universaliser sans contradiction dans un monde dont les ressources naturelles sont, par définition, limitées (on sait, en effet, qu'il faudrait déjà plusieurs planètes pour étendre à l'humanité tout entière le niveau de vie actuel de l'Américain moyen). J'observe avec intérêt que ces idées de bon sens - bien que toujours présentées de façon mensongère et caricaturale par la propagande médiatique et ses économistes à gages - commencent à être comprises par un public toujours plus large. Souhaitons seulement qu'il ne soit pas déjà trop tard. Rien ne garantit, en effet, que l'effondrement, à terme inéluctable, du nouvel Empire romain mondialisé donnera naissance à une société décente plutôt qu'à un monde barbare, policier et mafieux.
Vous réaffirmez dans ce livre votre foi en l'idée que le peuple serait dépositaire d'une common decency [«décence ordinaire», l'expression est de George Orwell] avec lesquelles les «élites» libérales auraient toujours davantage rompu. Mais croyez-vous sincèrement que ce soit aujourd'hui l'attachement aux valeurs morales qui définisse «le petit peuple de droite», ainsi que vous l'écrivez ici ? Le désossage des structures sociales traditionnelles, ajouté à la déchristianisation et à l'impact des flux médiatiques dont vous décrivez ici les effets culturellement catastrophiques, a également touché de plein fouet ces classes-là. N'y a-t-il donc pas là quelque illusion - tout à fait noble, mais bel et bien inopérante - à les envisager ainsi comme le seul vivier possible d'un réarmement moral et politique ?
J.-C.M. : S'il n'y avait pas, parmi les classes populaires qui votent pour les partis de droite, un attachement encore massif à l'idée orwellienne qu'il y a «des choses qui ne se font pas», on ne comprendrait pas pourquoi les dirigeants de ces partis sont en permanence contraints de simuler, voire de surjouer de façon grotesque, leur propre adhésion sans faille aux valeurs de la décence ordinaire. Alors même qu'ils sont intimement convaincus, pour reprendre les propos récents de l'idéologue libéral Philippe Manière, que seul l'«appât du gain» peut soutenir «moralement» la dynamique du capital (sous ce rapport, il est certainement plus dur d'être un politicien de droite qu'un politicien de gauche). C'est d'ailleurs ce qui explique que le petit peuple de droite soit structurellement condamné au désespoir politique (d'où son penchant logique, à partir d'un certain seuil de désillusion, pour le vote d'«extrême droite»). Comme l'écrivait le critique radical américain Thomas Franck, ce petit peuple vote pour le candidat de droite en croyant que lui seul pourra remettre un peu d'ordre et de décence dans cette société sans âme et, au final, il se retrouve toujours avec la seule privatisation de l'électricité ! Cela dit, vous avez raison. La logique de l'individualisme libéral, en sapant continuellement toutes les formes de solidarité populaire encore existantes, détruit forcément du même coup l'ensemble des conditions morales qui rendent possible la révolte anticapitaliste. C'est ce qui explique que le temps joue de plus en plus, à présent, contre la liberté et le bonheur réels des individus et des peuples. Le contraire exact, en somme, de la thèse défendue par les fanatiques de la religion du progrès.
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11/03/2013
divers
Progressisme
"Comme au Parti Républicain aux Etats-Unis (qui pousse désormais en avant noirs et hispaniques), changement de stratégie en vue au Parti conservateur britannique. Andrew Cooper, conseil en stratégie du premier ministre David Cameron et fondateur de l'institut de sondage Populus a recommandé aux responsables Tories d'infléchir leur politique quant à l'immigration et à la "question raciale". Si 37% des blancs (les statistiques raciales sont légales outre-manche) ont voté conservateur en 2010, ils n'ont été que 16% des non-blancs (surtout des Hindous et des Sikhs, les musulmans asiatiques et noirs votant pratiquement tous à gauche, comme en France). En revanche, les non-Blancs ont voté aux 2/3 pour les travaillistes. Selon Cooper, le vote ethnique risque de faire pencher la balance en 2015 dans au moins 80 circonscriptions où le score serra serré (rappelons que les élections législatives se jouent à un seul tour, le candidat arrivant en tête l'emportant). Il recommande donc de choisir des candidats non-Blancs, nombre de membres des minorités ethniques étant de plus en plus en phase avec la politique morale et sociale des conservateurs, y compris en matière d'immigration, mais interprétant comme raciste la rhétorique du parti conservateur." (Faits et documents1-15/03/2013)
Pour mémoire, du côté travailliste
"Andrew Neather, qui rédigeait les discours de Tony Blair, Jack Straw et David Blunkett, a fait une révélation de taille, dans l’émission Question Time de la BBC. Il a en effet dévoilé que l’énorme augmentation de l’immigration durant la dernière décennie était une politique délibérée et organisée par les Travaillistes afin de modifier la constitution ethnique de la Grande Bretagne : « Outre les besoins du marché du travail, il y avait également une motivation « politique » derrière la politique d’immigration. [Les ministres entendaient] mettre le nez des conservateurs dans la diversité ». Cet apparatchik de premier rang a précisé que les dirigeants travaillistes avaient opéré secrètement, craignant que cette politique ne perturbe « la classe ouvrière qui est son vivier électoral ». Les vraies raisons, qui figuraient dans les premières versions du rapport Performance and Innovation Unit, rédigé par Downing street, ont été supprimées dans la version finale du document afin de ne pas révéler cette politique délibérée et organisée. Selon lui, « l’immigration de masse était pour le gouvernement le moyen de rendre le Royaume Uni totalement multiculturel. Cette politique délibérée a duré de 2000 au moins jusqu’au mois de mai 2008, date à laquelle on a mis en place le nouveau système de points.» Ce qui a entraîné l’arrivée, selon le think tank Migration Watch, de plus de trois millions de nouveaux immigrés. " (Faits et documents 15-30/11/09)
Suicide
"La Suède (9 millions d'habitants) ayant décidé en juin 2012 de leur accorder systématiquement l'asile, le ministère suédois des migrations s'inquiète de l'afflux de réfugiés syriens, avec 44 000 demandes d'asile en 2012, soit deux fois plus qu'en 2011. Le nombre explose littéralement: +450% sur les 6 derniers mois de 2012. La Suède est le troisième pays européen le plus couru des supposés réfugiés politiques syriens après l'Allemagne (64500) et la France (61200)." (ibid)
Chutzpah
"A peine propulsée au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), la journaliste Memona Hintermann-Affejee, qui s'est notamment vue confier la présidence du groupe "diversité" (sic!), a annoncé que cette "diversité" était trés largement insuffisante aussi bien dans le milieu journalistique que dans les émissions et fictions télévisuelles." (Ibid)
"Les noirs qui « encrassaient » leurs rues seront bientôt tous en prison ou dans l’avion. "Nous avons dit aux clandestins du Soudan du Sud de se présenter volontairement ; quiconque ne le fait pas, avec l’aide de Dieu nous les aurons tous (...) ils seront mis dans un avion". Cette déclaration du ministre israélien de l’intérieur faîte sur une chaine indépendante signe le début de la campagne de déportation de masse des immigrés présent sur le territoire des sionistes.
Ainsi, trois jours après qu’un tribunal israélien ait autorisé l’expulsion d’environ 1 500 Sud-Soudanais en situation irrégulière, Yishai sur Channel 2 se félicite : "L’opération d’expulsion est en cours. Nous commençons le travail". Selon le Jerusalem Post qui cite l’autorité de l’Immigration, 22 personnes ont déjà été arrêtées dimanche : huit Sud-Soudanais, trois Nigerians, trois Ghanéens, deux Ivoiriens, trois Srilankais et trois Roumains. Plusieurs centaines de migrants africains sont aussitôt descendus dans la rue dans le sud de Tel-Aviv pour protester, certains appelant l’ONU à intervenir, a indiqué la Chaîne 2. "Un Africain est un être humain", ont ils scandé selon des images de la manifestation.
Pour l’heure, seule l’organisation Human Rights Watch a dénoncé cette situation au combien xénophobe. Concernant cette loi votée en début d’année, qui autorise à détenir 3 ans durant sans qu’ils soient jugés, les immigrants clandestins en Israël, l’organisation Human Rights Watch a appelé dimanche l’entité sioniste à l’amender. Cette loi "punit ceux qui recherchent l’asile en pénétrant illégalement en Israël, en contravention avec les droits fondamentaux" de l’Homme, affirme l’organisation basée à New York dans un communiqué. La loi, qui permet "l’arrestation d’immigrants clandestins et leur détention sans jugement ni la possibilité d’être représentés par un avocat pour une période indéfinie", doit "être immédiatement amendée", insiste HRW." source/ E et R
http://www.prorussia.tv/Voix-de-la-Russie_r7.html
22:28 | Lien permanent | Commentaires (101) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : faits et documents, e et r, diversité
une idée du chaos?
10:21 | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jovanovic
08/03/2013
si vis pacem
A écouter jusqu'au bout+++ passionnant. (merci au Survivaliste)
Une remarque particulièrement pertinente de Montbrial porte sur le fait que les générations actuelles (notamment les hommes qui dirigent et composent le système judiciaire, les forces de l'ordre -l'armée même?, la police, etc.) n'ont pas connu la violence, la guerre, les situations de combat...Ils n'ont connu que la paix, les trentes glorieuses, la prospérité économique, des sociétés policées et relativement apaisées. Or ces hommes -ces juges en particulier- se retrouvent confrontés à une violence illégitime qui explose depuis 40 ans (pas uniquement à cause de l'immigration de masse comme l'écrit Obertone mais aussi à cause de la transformation des types anthropologiques sous l'emprise libérale et la disparition des types anthopologiques anciens, comme l'écrit Castoriadis -cf. infra) avec un logiciel idéologique inadapté -et meurtrier pour les victimes.
« La corruption généralisée que l'on observe dans le système politico-économique contemporain n'est pas périphérique ou anecdotique, elle est devenue un trait structurel, systémique de la société où nous vivons. En vérité, nous touchons là un facteur fondamental, que les grands penseurs politiques du passé connaissaient et que les prétendus « philosophes politiques » d'aujourd'hui, mauvais sociologues et piètres théoriciens, ignorent splendidement : l'intime solidarité entre un régime social et le type anthropologique (ou l'éventail de tels types) nécessaire pour le faire fonctionner. Ces types anthropologiques, pour la plupart, le capitalisme les a hérités des périodes historiques antérieures : le juge incorruptible, le fonctionnaire wébérien, l'enseignant dévoué à sa tâche, l'ouvrier pour qui son travail, malgré tout, était une source de fierté. De tels personnages deviennent inconcevables dans la période contemporaine : on ne voit pas pourquoi ils seraient reproduits, qui les reproduirait, au nom de quoi ils fonctionneraient. Même le type anthropologique qui est une création propre du capitalisme, l'entrepreneur schumpétérien, combinant une inventivité technique, la capacité de réunir des capitaux, d'organiser une entreprise, d'explorer, de pénétrer, de créer des marchés, est en train de disparaître. Il est remplacé par des bureaucraties managériales et par des spéculateurs. Ici encore, tous les facteurs conspirent. Pourquoi s'escrimer pour faire produire et vendre, au moment où un coup réussi sur les taux de change à la bourse de New York ou d'ailleurs, peut vous rapporter en quelques minutes 500 millions de dollar ? Les sommes en jeu dans la spéculation de chaque semaine sont de l'ordre du PNB des Etats-Unis en un an. Il en résulte un « drainage » des éléments les plus entreprenants vers ce type d'activités qui sont tout à fait parasitaires du point de vue du système capitaliste lui-même. » (Cornélius Castoriadis, La montée de l'insignifiance, 1993)
Il est plus que probable, comme le sous-entend Montbrial, que, sous l'effet de la transformation accélérée de nos sociétés de marché désormais essentiellement peuplées de zeks et de chacals (cf infra/Michea), l'appareil judiciaire doive s'adapater à cet état de fait et à cet ensauvagement (Thérèse Delpech) de notre monde...ne serait-ce que pour permettre à ces troupeaux de zeks de se rendre dans leurs malls climatisés sans se faire systématiquement dépouiller...et pouvoir encore parler de "démocratie" ou d'"Etat de Droit"...Entre la clique des journaleux, sociologues et autres politicards (ces kapos idéologiques/médiatiques, comme dit Three Pigletts) et les hordes de cpf dont Obertone décrit si bien l'action quotidienne (ces kapos physiques), les peuples sont livrés à une violence ordinaire, une barbarie montante sans avoir même la resssource de ce Leviathan, cet état fort dont parlait Hobbes car seul à même de limiter la guerre de tous contre tous.
"En assignant à toute activité humaine un objectif unique (la thune), un modèle unique (la transaction violente ou bizness) et un modèle anthropologique unique (être un vrai chacal), la Caillera se contente, en effet de recycler, à l'usage des périphéries du système, la pratique et l'imaginaire qui en définissent le Centre et le Sommet. L'ambition de ses membres n'a, certes, jamais été d'être la négation en acte de l'Économie régnante. Ils n'aspirent, tout au contraire, qu'à devenir les golden boys des bas-fonds. Calcul qui est tout sauf utopique. Comme l'observe J. de Maillard, « sous nos yeux, l'économie du crime est en train d'accomplir la dernière étape du processus : rendre enfin rentable la délinquance des pauvres et des laissés pour compte, qui jadis était la part d'ombre des sociétés modernes, qu'elles conservaient à leurs marges. La délinquance des pauvres, qu'on croyait improductive, est désormais reliée aux réseaux qui produisent le profit. Du dealer de banlieue jusqu'aux banques de Luxembourg, la boucle est bouclée. L'économie criminelle est devenue un sous-produit de l'économie globale, qui intègre à ses circuits la marginalité sociale. »
À la question posée, il convient donc de répondre clairement que si la Caillera est, visiblement, très peu disposée à s'intégrer à la société, c'est dans la mesure exacte où elle est déjà parfaitement intégrée au système qui détruit cette société. C'est évidemment à ce titre qu'elle ne manque pas de fasciner les intellectuels et les cinéastes de la classe dominante, dont la mauvaise conscience constitutive les dispose toujours à espérer qu'il existe une façon romantique d'extorquer la plus-value. Une telle fascination intellectuelle pour la « fièvre généreuse du délinquant » (Foucault) serait, cependant, difficile à légitimer sans le concours bienveillant de la sociologie d'Etat. Cette étrange sociologie, en effet, afin de conférer aux pratiques, légales et illégales, du système qui l'emploie cette couleur « rebelle » qui les rend à la fois politiquement correctes et économiquement rentables, recourt à deux procédés principaux qui, quand on y réfléchit, sont assez peu compatibles.
Tout d'abord, elle s'efforce d'inscrire ce qu'Orwell nommait « le crime moderne » dans la continuité des délits et des crimes d'autrefois. Or ce sont là deux univers très différents. Le bandit d'honneur des sociétés traditionnelles (le cas des pirates est plus complexe) puisait sa force et sa légitimité historique dans son appartenance à une communauté locale déterminée ; et, en général, il s'en prenait d'abord à l'État et aux divers possédants. Le délinquant moderne, au contraire, revendique avec cohérence la froide logique de l'économie pour « dépouiller » et achever de détruire les communautés et les quartiers dont il est issu . Définir sa pratique comme « rebelle », ou encore comme une « révolte morale » (Harlem Désir) voire, pour les plus imaginatifs, comme « un réveil, un appel, une réinvention de l'histoire » (Félix Guattari), revient, par conséquent, à parer du prestige de Robin des Bois les exactions commises par les hommes du Sheriff de Nottingham. Cette activité peu honorable définit, en somme, assez bien le champ d'opérations de la sociologie politiquement correcte.
Quand au second procédé, il consiste à présenter l'apparition du paradigme délinquant moderne - et notamment son rapport très spécifique à la violence et au plaisir qu'elle procure - comme l'effet mécanique de la misère et du chômage et donc, à ce titre, comme une réponse légitime des exclus à leur situation. Or s'il est évident que la misère et le chômage ne peuvent qu'accélérer en retour la généralisation du modèle délinquant moderne, aucun observateur sérieux - ou simplement honnête - ne peut ignorer que ce modèle a d'abord été célébré dans l'ordre culturel, en même temps qu'il trouvait ses bases pratiques dans la prospérité économique des « trente Glorieuses ». En France, par exemple, toutes les statistiques établissent que le décollage des pratiques délinquantes modernes (de même que la constitution des mythologies de la drogue) a lieu vers 1970, tandis qu'en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas il est perceptible dès 1964-1965. Expliquer le développement de la délinquance moderne (développement qui, dans un premier temps - on s'en souvient - avait été tenu par la sociologie officielle pour un pur « fantasme » des classes populaires) comme un effet conjoncturel du chômage est évidemment une procédure gagnante pour le système capitaliste. D'une part, elle conduit à présenter la « reprise économique » - c'est-à-dire l'aide accrue de l'État aux grandes firmes - comme la clé principale du problème ; de l'autre, elle dispense d'interroger ce qui, dans la logique même du capitalisme de consommation, et la culture libérale-libertaire qui lui correspond, détermine les conditions symboliques et imaginaires d'un nouveau rapport des sujets à la Loi."
L'Enseignement de l'ignorance, Jean-Claude Michéa, Éditions Climats.
Si la caillera est aujourdhui le nouveau type anthropologique dominant, qu'elle porte capuche ou cravate, il n'y a donc rien à attendre du système car la corruption de ses mécanismes (notamment la tâche de protéger les citoyens contre les prédateurs de tous ordres en usant de la seule violence légitime) et à cause de ce nouveau rapport à la Loi dont parlent Michea et Castoriadis, n'est pas prête de s'atténuer. Mieux, comme le dit Eric Werner dans un post précédent:
"En attisant les antagonismes et la défiance mutuelle, elle [immigration de masse] paralyse les réactions et défenses de la population. Pour une classe dirigeante corrompue, une société balkanisée est plus facile à contrôler qu’une société homogène. L’insécurité née de l’immigration devient même une arme formidable de gouvernement. En laissant les délinquants agir à sa place, le pouvoir fait d’une pierre deux coups. L’ordre se défait, mais le désarroi même qui en résulte débouche paradoxalement dans une relégitimisation du pouvoir, car le pouvoir apparaît comme l’ultime rempart contre le désordre triomphant . Le pouvoir tire ainsi argument de l’insécurité pour que les citoyens se résignent à l’abandon de leurs droits, comme la légitime défense." Eric Werner, NRH.
Donc: BAD, 9, 12, 22, réseaux, esprit communautaire, éventuellement SIG P226, relire Ferfal, quête d'autonomie, FASS 90, tout faire pour enrayer le système, etc. :) bonne nuit!
21:59 | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : montbrial, légitime défense, castoriadis
05/03/2013
c'est pas gagné
"La scène se passe dans un Noctilien parisien en décembre 2008. Un homme de 19 ans est provoqué, volé, violemment frappé par une bande de voyous. L'agressé parvient à se diriger vers le conducteur du bus, avant d'être à nouveau tabassé. Le bus est bondé, personne n'est capable de le protéger des coups. Au passage, d'autres usagers sont frappés. Grâce à des fuites sur internet, de nombreux français prennent conscience de la réalité d'une agression. Et quand le Figaro (10/04/09) retrouve l'agressé, voilà ce qu'il déclare: "La vidéo de mon agression apparait comme trés stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l'incarnation d'une certaine image sociale qui aurait été prise par des étrangers. Je ne l'ai pas ressenti comme cela (...) Il y a eu un grave amalgame entre la réalité de cette scène et sa représentation. Cette vidéo a circulé sur des sites extrémistes et a été exploitée par des politiques. Or je ne veux pas être instrumentalisé.""Obertone, 2013.
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pauvre mec. se faire lyncher sans se faire "instrumentaliser"..gagné, STRIKE! et une grande admiration pour un pays capable de dresser de jeunes européens à ce genre de comportement suicidaire. Il est mûr pour faire Science-Po, ce connard.
23:18 | Lien permanent | Commentaires (75) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : noctilien, obertone
04/03/2013
infos
14:22 | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03/03/2013
rip
Il y a eu beaucoup d'autres beaux combats comme celui-ci. Vraiment un grand boxeur cet homme. Et dire que BHL est toujours en vie. Ce monde est mal fait, assurément.
20:47 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dekkers
02/03/2013
what else?
"En 2003, Mourad, déjà condamné à de multiples reprises pour des faits de violences aggravées, a été condamné à 7 ans de prison pour viols et agressions sexuelles. En 2005, soit 2 ans plus tard, alors qu'il est en semi-liberté, il commet à Orly son 3eme viol avec arme et séquestration (Le Parisien, 07/12/09). Ca ne rassurera pas grand monde de savoir qu'à cette occasion, Mourad s'est généreusement livré aux autorités.
En 2010 à Marcq-en-Barœul, Natacha est repérée par un prédateur. Elle est attaquée pendant son jogging, puis violée, étranglée puis frappée à coups de tournevis jusqu'à sa mort. L'assassin avait déjà été condamné en 2006 à dix ans de prison pour viol sous la menace d'une arme. Il avait été placé en liberté conditionnelle après cinq ans d'incarcération. Deux experts psychiatres ont validé cette décision. Comme le précise le magistrat Philippe Bilger, l'un d'entre eux l'a même jugée "excellente". L'individu voyait un psychiatre régulièrement et "remplissait les obligations" de son suivi socio-judicaire. Sa précédente victime (viol sous la menace d'un tournevis) se disait persuadé qu'il recommencerait (Figaro 04/09/2010). Mais les juges n'écoutent que les psychiatres et les psychiatres que les détenus.
En 2011, une fillette de cinq ans est violée à Toulouse. Un homme est rapidement mis en examen et écroué. Il reconnait les faits et raconte d'autres "terrifiants projets" concernant des enfants. Le procureur de Toulouse nous dresse son CV: l'homme a été condamné en 1996 sur viol sur enfant de moins de quinze ans et séquestration. En 2009, il a été condamné pour agression sexuelle sur mineur de moins de quinze ans à une peine de deux ans de prison avec obligation de suivi médical pendant cinq ans. Bien entendu, il suivait régulièrement des consultations psychologiques et psychiatriques dont la dernière remontait...au jour de l'enlèvement de sa dernière victime (La Parisien 18/04/2011).
Dans un communiqué publié en mars 2012, la préfecture de police de Paris nous apprend qu'un cambrioleur a été trahi par son ADN. Cela concerne "une série de cambriolages et tentatives perpétrées entre avril 2008 et aout 2011 dans le Val de Marne et à Paris". Toujours d'après la préfecture, l'homme, âgé de 42 ans, "avait déjà été impliqué dans 55 procédures" et "31 faits pouvaient lui être imputés". Il a été retrouvé à la prison de Fleury-Mérogis ou il purgeait une peine depuis aout 2011 pour de faits similaires. "Entendu le 6 décembre dernier, il reconnaissait avoir commis des vols dans la capitale et dans le Val de Marne et à Paris avec un complice. Les investigations se poursuivaient et grâce à la collaboration de la cellule anti-cambriolage de la sûreté départementale 94, 35 victimes étaient recensées. Le 6 mars, le complice, 45 ans, était arrêté et son comparse, de nouveau extrait de prison. Tous deux ont reconnu 66 cambriolages." Un joli palmarès! On se dit que la justice va cette fois se montrer exemplaire..."Jugé en comparution immédiate, l'homme déjà incarcéré a été condamné à trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis et mise à l'épreuve, son complice a été relaxé et remis en liberté." Nous disions donc: 66 cambriolages commis par un multirécidiviste déjà responsable de 55 délites, ne valent qu'un an de prison ferme, c'est-à-dire rien, puisque les peines de moins de deux ans sont rarement exécutées. Quant à se rendre complice de 66 cambriolages? Voilà qui mérite une relaxe."
La France orange mécanique, Obertone, 2013.
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Finalement, même au fond de ma Tarentaise, je ne résiste pas au plaisir de citer ces quelques lignes du livre d'Obertone. Pour aller vite, je pensais avoir une bonne idée (par la lecture des journaux, la fréquentation de beaucoup de gens ordinaires concernés par cette hyperviolence ordinaire) du chaos ambiant dans ce pays, j'étais loin loin du compte! Obertone fait la démonstration avec des chiffres officiels de l'explosion exponentielle de la criminalité tous azimuts depuis les années 60 et du laxisme stratosphérique des autorités (droite-gauche confondues) et, contrairement à la doxa progressiste, du découplement complet des courbes de la criminalité et des peines d'emprisonnement...(illustration ci-dessus). Coincidence qui n'en est pas une, cet ensauvagement sans égal dans l'histoire de ce pays (rien à voir avec les "apaches" ou les "blousons noirs" que nous ressort toute la sociologie institutionnelle, bien en peine de maquiller le réel) dés qu'une nème fait divers bien sordide passe le filtre médiatique) est évidemment corrélé avec les premières vagues migratoires africaines et maghrébines (Obertone fait le distingo avec la communauté asiatique, largement pacifique, qui se manifesta il y a peu pour dire sa colère à l'encontre de ce lumpen afro-maghrébin hyperviolent).
Une fois le constat fait (et bien fait), on peut lire ce que dit Eric Werner dans le dernier numéro de la NRH:
"Longtemps professeur de philosophie politique à l’université de Genève, Éric Werner s’est fait connaître du grand public par un essai retentissant, L’Avant-guerre civile, publié en 1998. Il faisait entendre une voix d’une lucidité inhabituelle. Il développait la thèse d’une stratégie délibérée par laquelle la nouvelle classe dirigeante européenne, structurée autour du triptyque : libéralisme, américanisation, mondialisme, a établi son pouvoir en favorisant la dislocation des anciens cadres sociaux et en suscitant des antagonismes internes à la limite de la guerre civile. Antagonismes d’âge de sexe, de statut social, de culture, de religion, d’ethnie… Parmi ces antagonismes, l’immigration de masse extra-européenne jouait un rôle décisif.
Éric Werner posait la question : pourquoi cette immigration de masse a-t-elle été voulue et encouragée par les gouvernements et classes dirigeantes européennes alors que ses conséquences nuisibles sont évidentes ? Réponse : s’ils favorisent cette immigration c’est qu’elle leur profite. En attisant les antagonismes et la défiance mutuelle, elle paralyse les réactions et défenses de la population. Pour une classe dirigeante corrompue, une société balkanisée est plus facile à contrôler qu’une société homogène. L’insécurité née de l’immigration devient même une arme formidable de gouvernement.
« En laissant les délinquants agir à sa place, le pouvoir fait d’une pierre deux coups. L’ordre se défait, mais le désarroi même qui en résulte débouche paradoxalement dans une relégitimisation du pouvoir, car le pouvoir apparaît comme l’ultime rempart contre le désordre triomphant ». Le pouvoir tire ainsi argument de l’insécurité pour que les citoyens se résignent à l’abandon de leurs droits, comme la légitime défense."
CQFD.
photo: Obertone à droite avec la casquette.
21:37 | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la france orange mécanique, obertone, werner, nrh
01/03/2013
bella da semana
21:48 | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bella da semana
27/02/2013
low cost
"Contexte : Les USA se dirigent vers un crash économique identique à celui que vous et votre famille avez connu [en Argentine].
Ferfal: J'ai eu peu ou pas de succès en essayant de prévenir mes amis et ma famille qui continuent de croire que leur vie va continuer de cette manière éternellement.
Question : Quels étaient pour vous les besoins/préoccupations les plus important(e)s dans les premiers jours après le crash, et quels conseils auriez-vous à nous donner ?
F: Bien, vos amis ont peut-être raison, peut-être que rien n'arrivera et leurs vies continueront comme si de rien n'était. La plupart des gens savent que parfois la vie vous joue un tour ou deux, chacun à sa propre histoire. Ce que vos amis doivent comprendre, c'est que ce qui est considéré comme la structure sociale "normale" est en fait un système sophistiqué, de ceux qui peuvent supporter quelques soubresauts mais au fur et à mesure les choses deviennent de plus en plus compliquées, parfois il atteint sa limite complètement et là vous vous apercevez à quel point la société moderne actuelle est fragile.
Je parle de longues pannes des centrales électriques (comment récemment à Barcelone, 3 jours sans électricité dans une grande métropole), de la distribution d'eau ou de tout autre service, quel qu'en soit la raison, accidents, sabotage, attaque terroriste, qui cassent cet équilibre délicat et la société souffre. Quelque chose d'aussi simple que la collecte des ordures est absolument essentiel. Une ville sans collecte d' ordures sentira relativement mauvais après quelques jours, les déchets s'amoncelant sur les trottoirs, deux semaines plus tard les rats dissémineront partout des maladies. Je n'invente pas ces chiffres. Une fois, nous n'avons pas eu de collecte des ordures pendant une semaine (grève), l'odeur était terrible dés que vous sortiez et les rats pouvaient être vus en pleine journée. Maintenant, si cela ne concerne que les services, une ville bien organisée résoudra les incidents mineurs en peu de temps, bien sur il y a des exceptions (grand tremblement de terre, tsunami, attaque terroriste NBC) mais même des incidents plus graves ne se soldent que par des problèmes de courte durée. Cela prendra peut être une semaine, un mois ou deux, mais finalement les choses reviendront à la normale. Maintenant, quelque chose comme ce qu'il s'est passé ici, un effondrement économique, cela change votre vie pour toujours.
Je parle d'une nouvelle manière de voir tous les aspects de la vie. Une bonne partie de l'humanité divise l'histoire du monde par rapport à la naissance du christ. Nous aussi, mais les argentins se référent aussi "à l'avant et l'après 2001" ou "avant et après la crise ou 1:1 (quand un peso valait un dollar), ce n'est pas des blagues, ce type de référence est utilisé quotidiennement dans les conversations courantes. Exemple:"Sympa la voiture ! Comment as-tu pu te l'offrir ?"
"Non, je l'ai achetée avant la crise de 2001."
"Es-tu déjà allé à Paris ?"
"Oui, c'est superbe !"
"Sincèrement, mec j'aimerai pouvoir y aller."
"Ouais, mais j'y suis allé avant 1:1"
C'est juste un exemple, qui montre comment ce type d'événement peux tout changer pour nous, à un niveau si terrifiant. L'économie est probablement le maillon le plus faible de notre société moderne. Elle n'est que nombres et données, rien de tangible, et la plupart des gens ignorent que notre système économique est basé sur la confiance.
Vous croyez que ce bout de papier que la banque vous a donné est équivalent aux économies que vous avez eu après des décennies de travail. Objectivement parlant, vous êtes le mec le plus fou de la planète, abandonnant les économies qui auraient pu être transformées en maisons, voitures, vêtements et nourriture, objets tangibles, pour un morceau de papier qui vaut moins de 0,1 cents. Mais c'est la manière de fonctionner de notre monde et nous ne pourrions l'avoir d'une autre manière. Ceci n'est possible que si vous avez une confiance aveugle dans vos institutions.
Hélas, que se passe-t-il quand ces institutions trahissent cette confiance ? Les gens ne croient pas que cela puisse arriver, même si cela c'est déjà produit, plusieurs fois dans l'histoire. Les banques se préoccupent peut être de leurs clients, mais elles se préoccupent d'elles même avant, puis leur clientèle d'"élite", puis du client lambda. Chaque banque dans ce pays, toutes les banques même de renommée mondiale, elles ont toutes volé les économies de leurs clients. Cela peut arriver, et le crime ou l'action légale n'est déterminée que par une signature à la fin d'une résolution mes amis. À période désespérée, mesures désespérées, nos droits constitutionnels à la propriété privée ont été effacés... Au moins jusqu'à ce que les hauts pouvoirs aient décidé que nous puissions les récupérer pour encore un temps.
Une seule banque sur la totalité du pays a rendu l'argent à ceux qui le voulait. Une petite banque de Patagonie (Santa Cruz, je crois) resta proche de ses clients, malgré que certains fermèrent leurs comptes, la plupart des clients décidèrent de laisser leur argent dans cette banque qui a prouvée qu'elle était digne de cette confiance ! C'est étrange mais c'est ce qu'il s'est passé. Bien sur cela ne se passe pas ainsi avec les grandes banques. Il y a toujours des spéculateurs et des gens puissants qui seront informés et partiront avec des sacs pleins d'argent, alors que le citoyen normal perdra tout (en fait, pas tout, approximativement 2/3 de l'argent fut détournée quelques temps plus tard, en convertissant les comptes du dollars en pesos, qui vaut 3 fois moins que le dollar). Donc j'ai dit que la chose la plus importante que vous devez savoir, avant et après la crise ; c'est comprendre que le gouvernement et les institutions privées n'en ont rien à faire de vous ou de votre famille, ils se préoccupent d'eux, gardant leur profit le plus élevé à n'importe quel coût, et les gouvernements en restant en place le plus longtemps possible pour continuer de se remplir les poches.
Même un gouvernement bienveillant (il y en a peu ces temps ci) vous sacrifiera ainsi que votre famille s'il estime que cela en vaut le coup. Il est difficile de définir un jour précis, à propos des "quelques jours après le SHTF (Shit Hit The Fan)". Il y eu un point de cassure lorsque le président a fait un discours odieux, les manifestants (“cacerolazo”)ont protesté devant le bâtiment du gouvernement et il a démissionné après cela. C'est plus un plus ou moins rapide glissement qu'un jour précis, cependant les événements peuvent plus tard être la cause de manifestations ou de pillages qui seront finalement considérés comme le début de la crise. Observez les signes de problèmes, degrés variés d'arrestations sociales, manque de réaction du gouvernement. De manière générale, observez les signes de ras le bol générale du citoyen lambda, personne symbolique de la classe moyenne. Personne n'est capable de prédire quand la crise va arriver, mais il peut observer les alarmes qui retentissent à droite et à gauche.Très souvent les hauts personnages du gouvernement cachent certaines informations au public par peur de créer une agitation sociale, la même chose se pratique dans les grandes sociétés. Écoutez vos amis qui travaillent dans ces endroits, collectez les rumeurs, les informations (attention, la majeure partie des grands médias sont censurés ou achetés par les pouvoirs en place) et dessinez vos propre conclusions. Pour répondre à la question:
"Quel fut votre plus important besoin ou souci dans les premiers jours après le SHTF, et quels conseils pouvez vous nous donner en rapport à votre réponse?
Primo, soyez sûr d'avoir assez de provisions (eau et nourriture) pour durer au moins deux semaines. Sinon, ruez-vous dans un supermarché et achetez-en en utilisant votre carte de crédit s'ils l'acceptent encore. Si vous avez assez de nourriture, restez à domicile et observez les événements par le biais de la télé. Ne sortez pas juste pour glander. Dans notre cas, la loi martiale et un couvre-feu à 20h00 furent instaurés, les gens ne pouvaient se rencontrer en groupe de plus de 2 à 3 personnes, donc être dehors n'était pas sûr. Néanmoins, peu obéissaient à ces régles, malgré tout elles restaient en vigueur, ainsi vous saviez ce que vous risquiez si vous étiez pris par la police.
Le besoin le plus indispensable lorsque les pillages commencèrent, fut le moyen de vous défendre. Peut être est ce pour cela que j'encourage tout le monde à inclure les armes dans leurs kits de préparatifs de base, au même titre que la nourriture, l'eau, l'argent, et les médicaments. Nous observions quotidiennement l'extension des pillages, et lorsque les foules de personnes en détresse se mirent à piller les maisons autant que les supermarchés et les magasins, alors les choses devinrent vraiment effrayante. J'ai observé une de ces foules passer à moins de 15 mètres de ma maison. Dans un premier temps, je n'ai entendu que les tambours (utilisés pendant les manifs) mais ces manifestants là faisaient aussi du pillage sur leur chemin. Le nombre de manifestant était énorme, couvrait l'intégralité de la rue et du trottoir, aussi loin que je puisse voir, longue d'au moins un pâté de maison. Donc, avoir les moyens de vous défendre est très important dans les premiers jours de même qu'après, une fois que le voile de la peur du "jugement pour crime" est enlevé de la société.
Les personnes qui semblent normales en temps "normal", relâchent l'animal qu'ils muselaient auparavant. Le mal parmi les gens normaux m'a surpris. Le citoyen lambda profite de la possibilité de piller sans risquer d'être puni pour cela dès qu'il en a la chance.. Putain, rien de ce que fera un être humain ne pourra me surprendre à présent. Puis, vint la nécessité de trouver du cash, qui avait disparu en quelques heures des distributeurs quand les banques fermèrent. Les panneaux "nous n'acceptons pas la CB" se multiplièrent. Seulement du cash. Et le cash devenait très dur à trouver. Beaucoup de supermarchés fermèrent leurs portes, craignant les pillages, et ceux qui restèrent ouverts, vinrent à manquer rapidement des ressources de base.Comme conseil je peux vous dire :
- gardez en permanence un montant suffisant d'argent liquide à la maison. Les métaux précieux sont aussi intéressants, mais vous aurez besoin de cash jusqu'à ce que les banques réouvrent et soient prêtes à vous les payer au prix juste. Vendre votre or à un prêteur sur gage sera une mauvaise affaire, il est fort probable qu'il cherchera à profiter de votre situation. En tout cas, ne le vendez pas tant que le marché n'est pas rétabli et qu'ils se remettent à payer le métal à sa vraie valeur, mais cela va prendre du temps.
- ayez une arme pour votre défense, et apprenez à l'utiliser. Si vous n'avez qu'une arme, faites en sorte que ce soit une arme de poing et une boite ou deux boîtes de munitions de qualité. Pourquoi une arme de poing et pas une arme longue ? Parce que ce sera très dangereux dehors et vous aurez besoin de protection, même en sortant le chien, en allant chercher le courrier, ou pour aller à la boutique du coin, vous ne pouvez faire cela avec une arme longue, et ce sera les moments où vous aurez le plus besoin d'être armé.
- ayez au moins un ou deux mois minimum de nourriture, d'eau, de médicaments (prescriptions de médicaments en rapport avec votre état), tout ce que vous utilisez chez vous, comme le savon, le shampoing, les pastilles du lave-vaisselle et le matériel de nettoyage. Une fois que vous avez cela, dirigez vous vers 6 ou 12 mois de stocks, surtout pour la nourriture. Pourquoi pas 2 à 3 ans ? Oui, pourquoi pas mais si vous voyez la période de crise s'étendre aussi longtemps, vous feriez mieux de déménager.
- ayez comme objectif une sécurité financière. De l'argent dans des comptes dans 2 ou 3 pays, de l'investissement immobilier, un portefeuille d'actions. Essayez de placer vos œufs dans différents paniers parce que comme j'ai dit précédemment vous ne pouvez pas vraiment avoir confiance en eux. L'immobilier est certainement la forme la plus sûre et facile d'investissement, cela a marché très bien pour ma famille, même durant la crise. Nous avons toujours nos bouts de terre avec les bâtiments dessus. Cela a perdu de la valeur mais cela s'ajustera au fil du temps à la réalité du pays, cela redeviendra une source de revenus.
- ayez des plans de secours pour tout. Des alternatives pour les moyens d'éclairage, les transports, combustible (pétrole ?), moyens de cuisson, mais plus que tout, ayez un autre endroit pour vous réfugier s'il n'est plus possible de rester dans le pays ou la région où vous êtes. C'est mon cas et je suis très content d'avoir des alternatives pour quitter mon pays. Je ne parle pas d'une cabane quelque part ou d'une retraite, quand les choses vont mal à ce point, vous feriez mieux de bouger et de vous installer ailleurs, une autre région voir même un autre pays. Vous n'êtes pas en mesure de vivre normalement lorsque le crime devient incontrôlable, comme tout le reste. Ayez vos papiers prêts (passeport, certificats de naissance,...)
- sachez qu'en période de troubles une maison, une retraite ou une cabane n'est d'aucune utilité tant qu'elle est habitée. En cas de réel caca, aucun bâtiment vide ne le reste longtemps, vous le retrouvez un jour avec une ou plusieurs familles déjà installées, et cela vous prendra longtemps pour expulser ces personnes par la voie légale.
- gardez profil bas. Exposer de l'argent et des vêtements de luxe, des belles voitures ou des bijoux sont de bons moyens pour devenir la cible des criminels.
- comprenez qu'en l'espace de quelques semaines les crimes commencent à augmenter de manière exponentielle lorsque une catastrophe de type effondrement économique arrive. Ce genre de situation met des années à s'inverser, ou parfois ne revient jamais à ce que c'était.
À 20 ans j'ai vécu dans un des premiers pays du monde, 8 ans après c'est un mélange de sites touristiques low-cost du tiers monde , un peu de l'architecture 1900 de bon goût, tout s'est transformé en enfer en moins d'une année à la louche. Le changement était étonnant pour n'importe qui s'en souciait. Des bibliothèques, églises, théâtres de ville, tous fermés et plus tard rouverts et remplacés par des bars, coffee house, boutique tout à 2 dollars, Bingos, casinos, les églises auto-proclamées beaucoup en lien avec les rituels Brésiliens d'Umbanda. Un exemple parfait du déclin dans notre société ces dernières années.
En espérant que cela vous aidera."
21:40 | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ferfal
Combien de temps?
"L'analyste financier Pierre Laurent résume parfaitement [notre] situation lorsqu'il dit: "Aujourd'hui, la seule stratégie permettant de préserver la valeur du patrimoine consiste à investir dans l'or et l'argent physiques, les matières premières, l'énergie, les terres agricoles et tous les actifs tangibles décorrelés du dollar et basés hors des Etats-Unis."
J'ajoute que dans un futur proche, les investisseurs vont fuir les marchés pour des valeurs réelles et nous pourrons voir à tout moment un mouvement de panique vers l'or, qui reste la meilleure défense contre l'inflation. Surtout évitez les Etats-Unis et les obligations d'Etat. La finance est une industrie très bien adaptée aux périodes de création maximale de crédit et de dette qui bénéficient aux marchés d'actions, d'obligations et de l'immobilier.. Ce seront désormais les actifs réels qui seront recherchés et non plus les actifs ayant pour contrepartie toute sorte de débiteurs douteux. Evitez donc les actions en général, et celle s des banques en particulier. Evitez aussi les fonds d'investissements, les hedge funds et tout ce qui est non liquide -vous devez pouvoir sortir rapidement votre fortune si nécessaire. Je vous déconseille également les liquidités sous forme d'argent papier ou sur une compte qui pourrait être perdu lorsque la banque fera faillite. Voici quelques moyens de constituer un patrimoine sain en prévision d'un temps de crise:
-faites un maximum d'économies et remboursez vos dettes. Ne contractez pas de nouvelles dettes. Réduisez vos couts, surtout les couts fixes et essayez chaque mois de mettre le maximum de côté,
-placez vos liquidités en or physique (...),
-achetez régulièrement des pièces d'argent avec le surplus de liquidités de vos revenus. Ces pièces seront comme l'or, non seulement une protection contre l'inflation, mais pourront servir de monnaie d'échange plus facilement qu'un lingot d'or,
-vendez votre maison secondaire ou de vacances si elle ne peut pas vous servir de BAD, et ce avant que son prix ne vaille plus rien à cause de la démographie (populations vieillissantes), de la crise et bientôt de l'impossibilité de prendre des vols low-cost pour vous y rendre,
-si vous pensez déménager dans deux ou trois ans, vendez maintenant et louez en attendant (...),
-développez une compétence qui ne deviendra jamais obsolète (médecine, jardinage, plomberie, électricité, etc.),
-pensez à développer un deuxième travail depuis chez vous ou à côté de votre travail principal. Ne voyez pas forcément grand, même si on ne sait jamais, mais une source de revenus additionnels peut être très utile,
-posez-vous la question: qu'est-ce que vous savez faire? En quoi êtes vous bon? Quelles compétences et connaissances avez-vous que l'on peut utiliser? Attention, il faut dix ans au moins pour devenir bon dans un métier. Envisagez des formations pour devenir installateur de panneaux solaires, de pompes, d'éoliennes, et reprenez des études de médecine ou de vétérinaire. Pensez aux métiers qui ne demandent pas de fournisseurs lointains et n'ont pas besoin de transports ni d'électricité, comme la plupart des métiers du XIXème siècle."
Piero San Giorgio, Survivre à l'effondrement, 2011.
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Post de décembre 2004 – Compte-rendu de situation sur la faillite de l’Argentine
OK, c’est parti, j’espère que cela aidera. Nous désignons souvent les gens non préparés - la masse – sous le terme de moutons. Mouton les décrit particulièrement bien. Ils font ce que les autres font, ne se battent pas pour leurs droits, acceptent presque tout et ainsi de suite. Mais que ce passe-t-il quand les moutons sont désespérés ? Eh bien, ce qui s’est passé ici.
Après des années de fermetures d’usines et de destruction de notre industrie nationale, de salaires extrêmement bas, les gens en ont eu assez. Cette économie destructive menée par Menem, notre ancien président, un des présidents les plus corrompus de l’histoire (il était impliqué dans l’attentat de l’ambassade israélienne et gérait le marché de la drogue dans le pays, juste pour cité quelques exemples) associée à la stupidité du président suivant, De La Rúa, était la formule du désastre.
Un jour le Ministre de l’Economie a déclaré que personne ne pourrait obtenir plus de 100 dollars par jour de l’ATM (NDT : Automatic Teller Machine = Distributeur de billets) ni clôturer des comptes bancaires. Vous pouviez juste retirer 100 dollars par jour à la banque. C’était tout. Alors vint la dévaluation. Avant qu’elle n’arrive, un dollar US valait un peso argentin. Soudainement le ratio est passé à un dollar US pour 2 pesos, puis 2,5 et même 4. Aujourd’hui un dollar US vaut 3 pesos. Les banques conservent l’argent du peuple, leurs dépôts en dollars US inclus. Si vous aviez 1000 dollars US à la banque de Boston par exemple, elles les ont remplacés par 1000 pesos, équivalents à 333 dollars US. Elles vont ont donc volé 666 dollars US ! Les prix ont augmenté de 200 à 300%, parfois plus. Imaginez un instant à quoi ressemblerait votre vie si demain vous vous rendez au supermarché et constatez que tout à augmenté de 200%. Comment survivriez-vous avec votre chèque de paie ?
Les moutons sont devenus désespérés. Tout d’abord parce qu’ils avaient été spoliés par les banques et ne reverraient jamais leur argent. Ensuite parce que les classes sociales bénéficiant des revenus les plus bas ont découvert que leur salaire ne suffirait jamais à s’acheter le minimum vital. Le pays a alors protesté en demandant la démission du président. Lequel a dû quitter le palais présidentiel en hélicoptère… Les banques ont été saccagées par le peuple voulant récupérer son argent durement gagné. Les supermarchés et magasins ont été pillés, ainsi que les maisons. Cela a duré environ un mois, le chaos, concentré dans les grandes villes, s’étendant à tout le pays.
Je me souviens m’être retrouvé dans un supermarché en train de négocier avec le manager, alors que les émeutiers se trouvaient dehors. Parfois, ils ne détruisaient pas l’endroit si le supermarché leur laissait les biens pacifiquement. La nourriture est devenue rare. Je veux dire par là que vous ne pouviez acheter qu’une certaine quantité de lait ou d’eau, 4 bouteilles par exemple. Et la plupart des produits d’importation ont disparu. Les produits électroniques comme les TV, les lecteurs vidéos et les réfrigérateurs ont conservé leur prix en dollars, devenant inaccessibles pour beaucoup de gens. La même chose s’est produite avec l’immobilier, les voitures et les produits de luxe. Aujourd’hui tout cela semble bien lointain. Non parce que la situation s’est améliorée, mais simplement parce que nous humains avons cette damnées capacité à nous adapter. Combien nos vies ont-elles changé ? Je ne suis même pas capable de l’expliquer… Tout a changé ! Les rues sont plus dangereuses que jamais, grâce à la pauvreté généralisée.
En raison de cela l’éducation a également souffert, les enfants devant travailler ou voler au lieu d’aller à l’école. Comment pourrais-je vous l’expliquer ? Par exemple les outils sont devenus vraiment chers, vu que la majorité est importée. N’oubliez pas que notre industrie a été vendue ou détruite. Des trucs comme les MRE (NDT : Meal Ready to Eat) ou les barres énergétiques de survie sont impossibles à se procurer. Plus personne ne les importe (j’ai payé 10 dollars pour une MRE qu’un gars avait). Les armes et les munitions sont vraiment chères et sont vendues en petites quantités. Oubliez l’idée d’acheter une caisse de munitions ! Oubliez cela ! Je sais que c’est difficile pour certains d’entre vous d’imaginer cela, mais vous ne pouvez plus acheter une caisse de quoi que ce soit. Un grand magasin pourra avoir 10 ou 15 boîtes de chacune 20 balles de 308. Les petits magasins en auront 10 ou moins. Seules les munitions courantes sont disponibles, comme les calibres .22, .38, .357, 9mm, quelques 40 S&W, 12, 308 et un peu de .223. C’est à peu près tout. Les munitions pour mon 357 SIG sont difficiles à obtenir. J’achète une boîte de munitions chaque fois que je le peux… et c’est extrêmement cher.
PASSAGE CENSURE - NON CONFORME A LA CHARTE OLDUVAI SUR LES ARMES
Les chaussures et les vêtements sont également chers, même en dollars US. La main d’œuvre est bon marché : vous pouvez avoir un domestique et un jardinier pour 300 dollars. Il n’y a pas d’emploi sûr. Avec 20% de chômage, ils vous paient ce qu’ils veulent et si vous ne voulez pas du travail il y a 100 personnes prêtes à le faire. Posséder un magasin est difficile. Vous devez prendre en compte les attaques à main armée (certains sont attaqués 10 fois par mois) et vous devez également payer la police pour votre protection (contre eux-mêmes). J’espère que cela aidera, au moins vous aurez une idée de ce que sera votre monde si cela arrive à votre pays, en espérant que vous n’aurez jamais à expérimenter cela… Si vous avez une question n’hésitez pas à demander. J’espère vous être utile.
14:16 | Lien permanent | Commentaires (39) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : piero san giorgio
25/02/2013
real politik
" (...) Au lendemain de son élection, Barack Obama a débuté la grande purge. La première victime fut le général David Petraeus, concepteur de la guerre secrète en Syrie. Tombé dans un piège sexuel tendu par une agente du Renseignement militaire, le directeur de la CIA fut contraint à la démission. Puis, une douzaine de hauts gradés furent mis sous enquête pour corruption. Parmi eux, le suprême commandeur de l’OTAN (amiral James G. Stravidis) et son successeur désigné (le général John R. Allen), ainsi que le commandant de la Missile Défense Agency —c’est-à-dire du « Bouclier anti-missiles »— ¬(général Patrick J. O’Reilly). Enfin, Susan Rice et Hillary Clinton faisaient l’objet de vives attaques pour avoir caché au Congrès des éléments sur la mort de l’ambassadeur Chris Stevens, assassiné à Benghazi par un groupe islamiste probablement commandité par le Mossad.
Ses différentes oppositions internes étant pulvérisées ou paralysées, Barack Obama a annoncé un renouvellement en profondeur de son équipe. D’abord, John Kerry au département d’État. L’homme est partisan déclaré d’une collaboration avec Moscou sur les sujets d’intérêt commun. Il est aussi un ami personnel de Bachar el-Assad. Puis, Chuck Hagel au département de la Défense. C’est un des piliers de l’OTAN, mais un réaliste. Il a toujours dénoncé la mégalomanie des néo-conservateurs et leur rêve d’impérialisme global. C’est un nostalgique de la Guerre froide, ce temps béni où Washington et Moscou se partageaient le monde à moindre frais. Avec son ami Kerry, Hagel avait organisé en 2008 une tentative de négociation pour la restitution par Israël du plateau du Golan à la Syrie. Enfin John Brennan à la CIA. Ce tueur de sang-froid est convaincu que la première faiblesse des États-Unis, c’est d’avoir créé et développé le jihadisme international. Son obsession est d’éliminer le salafisme et l’Arabie saoudite, ce qui en définitive soulagerait la Russie au Nord-Caucasse.
Simultanément, la Maison-Blanche a poursuivi ses tractations avec le Kremlin. Ce qui devait être une simple solution pour la Syrie est devenu un projet bien plus vaste de réorganisation et de partage du Proche-Orient. On se souvient qu’en 1916, à l’issue de 8 mois de négociations, le Royaume-Uni et la France se partagèrent en secret le Proche-Orient (Accords Sykes-Picot). Le contenu de ces accords avait été révélé au monde par les Bolcheviks dès leur arrivée au pouvoir. Il s’est poursuivi durant près d’un siècle. Ce que l’administration Obama envisage, c’est un remodelage du Proche-Orient pour le XXIe siècle, sous l’égide des USA et de la Russie.
Aux États-Unis, bien qu’Obama se succède à lui-même, il ne peut dans la période actuelle qu’expédier les affaires courantes. Il ne reprendra ses attributions complètes que lors de sa prestation de serment, le 21 janvier. Dans les jours qui suivront, le Sénat auditionnera Hillary Clinton sur le mystère de l’assassinat de l’ambassadeur en Libye (23 janvier), puis il auditionnera John Kerry pour confirmer sa nomination (24 janvier). Immédiatement après, les 5 membres permanents du Conseil de sécurité se réuniront à New York pour examiner les propositions Lavrov-Burns sur la Syrie.
Celles-ci prévoient la condamnation de toute ingérence extérieure, le déploiement d’observateurs et d’une force de paix des Nations Unies, un appel aux différents protagonistes pour qu’ils forment un gouvernement d’union nationale et planifient des élections. La France devrait s’y opposer sans pour autant menacer d’utiliser son veto contre son suzerain US. L’originalité du plan, c’est que la force des Nations Unies serait principalement composée par des soldats de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC). Le président Bachar el-Assad resterait au pouvoir. Il négocierait rapidement une Charte nationale avec des leaders de l’opposition non-armée sélectionnés avec l’approbation de Moscou et Washington, et ferait valider cette charte par référendum sous contrôle des observateurs.
Ce coup de théâtre a été préparé de longue date par les généraux Hassan Tourekmani (assassiné le 18 juillet 2012) et Nikolay Bordyuzha. Une position commune des ministres des Affaires étrangères de l’OTSC a été conclue le 28 septembre et un Protocole a été signé entre le département onusien de maintien de la paix et l’OTSC. Celle-ci dispose maintenant des mêmes prérogatives que l’OTAN. Des manœuvres communes ONU/OTSC de simulation ont été organisées au Kazakhstan sous le titre « Fraternité inviolable » (8 au 17 octobre). Enfin, un plan de déploiement de « chapkas bleues » a été discuté au sein du Comité militaire de l’ONU (8 décembre).
Une fois la Syrie stabilisée, une conférence internationale devrait se tenir à Moscou pour une paix globale entre Israël et ses voisins. Les États-Unis considèrent qu’il n’est pas possible de négocier une paix séparée entre Israël et la Syrie, car les Syriens exigent d’abord une solution pour la Palestine au nom de l’arabisme. Mais il n’est pas possible non plus de négocier une paix avec les Palestiniens, car ceux-ci sont extrêmement divisés, à moins que la Syrie ne soit chargée de les contraindre à respecter un accord majoritaire. Par conséquent, toute négociation doit être globale sur le modèle de la conférence de Madrid (1991). Dans cette hypothèse, Israël se retirerait autant que faire se peut sur ses frontières de 1967. Les Territoires palestiniens et la Jordanie fusionneraient pour former l’État palestinien définitif. Son gouvernement serait confié aux Frères musulmans ce qui rendrait la solution acceptable aux yeux des gouvernements arabes actuels. Puis, le plateau du Golan serait restitué aux Syriens en échange de l’abandon du lac de Tibériade, selon le schéma envisagé jadis aux négociations de Shepherdstown (1999). La Syrie deviendrait garante du respect des traités par la partie jordano-palestinienne.
Comme dans un jeu de domino, on en viendrait alors à la question kurde. L’Irak serait démantelée pour donner naissance à un Kurdistan indépendant et la Turquie serait appelée à devenir un État fédéral accordant une autonomie à sa région kurde.
Côté US, on souhaiterait prolonger le remodelage jusqu’à sacrifier l’Arabie saoudite devenue inutile. Le pays serait divisé en trois, tandis que certaines provinces seraient rattachées soit à la fédération jordano-palestinienne, soit à l’Irak chiite, conformément à un vieux plan du Pentagone ("Taking Saudi out of Arabia", 10 juillet 2002). Cette option permettrait à Washington de laisser un vaste champ d’influence à Moscou sans avoir à sacrifier une partie de sa propre influence. Le même comportement avait été observé au FMI lorsque Washington a accepté d’augmenter le droit de vote des BRICS. Les États-Unis n’ont rien cédé de leur pouvoir et ont contraint les Européens à renoncer à une partie de leurs votes pour faire de la place aux BRICS.
Cet accord politico-militaire se double d’un accord économico-énergétique, le véritable enjeu de la guerre contre la Syrie étant pour la plupart des protagonistes la conquête de ses réserves de gaz. De vastes gisements ont en effet été découverts au Sud de la Méditerranée et en Syrie. En positionnant ses troupes dans le pays, Moscou s’assurerait un plus large contrôle sur le marché du gaz dans les années à venir. Le cadeau de la nouvelle administration Obama à Vladimir Poutine se double de plusieurs calculs. Non seulement détourner la Russie de l’Extrême-Orient, mais aussi l’utiliser pour neutraliser Israël. Si un million d’Israéliens ont la double nationalité états-unienne, un autre million est russophone. Installées en Syrie, les troupes russes dissuaderaient les Israéliens d’attaquer les Arabes et les Arabes d’attaquer Israël. Par conséquent, les États-Unis ne seraient plus obligés de dépenser des sommes phénoménales pour la sécurité de la colonie juive.
La nouvelle donne obligerait les États-Unis à reconnaître enfin le rôle régional de l’Iran. Cependant Washington souhaiterait obtenir des garanties que Téhéran se retire d’Amérique latine où il a tissé de nombreux liens, notamment avec le Venezuela. On ignore la réaction iranienne à cet aspect du dispositif, mais Mahmoud Ahmadinejad s’est d’ores et déjà empressé de faire savoir à Barack Obama qu’il ferait tout ce qui est en son possible pour l’aider à prendre ses distances avec Tel-Aviv.
Ce projet a des perdants. D’abord la France et le Royaume-Uni dont l’influence s’efface. Puis Israël, privé de son influence aux États-Unis et ramené à sa juste proportion de petit État. Enfin L’Irak, démantelé. Et peut-être l’Arabie saoudite qui se débat depuis quelques semaines pour se réconcilier avec les uns et les autres afin d’échapper au sort qui lui est promis. Il a aussi ses gagnants. D’abord Bachar el-Assad, hier traité de criminel contre l’humanité par les Occidentaux, et demain glorifié comme vainqueur des islamistes. Et surtout Vladimir Poutine qui, par sa ténacité tout au long du conflit, parvient à faire sortir la Russie de son « containment », à lui rouvrir la Méditerranée et le Proche-Orient et à faire reconnaître sa prééminence sur le marché du gaz."
passionnant ce Meyssan! ça change de Clinton et de Fabius!
22:32 | Lien permanent | Commentaires (97) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : meyssan
subversion
22:32 | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pierre hillard
21/02/2013
faillite radicale
« À partir du moment où l’on refuse de fonder son jugement sur une critique de la marchandisation du corps (puisqu’il s’agit d’une philosophie particulière et, qui plus est, anticapitaliste) il est difficile de ne pas suivre le juriste libéral Daniel Borillo lorsqu’il en vient à conclure : « L’État n’a pas à promouvoir une morale sexuelle spécifique sous peine de devenir lui-même immoral. La personne adulte est la seule capable de déterminer ce qui lui convient (...). De quel droit l’État interdirait-il à une personne la faculté d’avoir des relations sexuelles moyennant rétribution et de faire de cela sa profession habituelle ? » Cette analyse juridique imparable, du moins si l’on tient les dogmes fondateurs du libéralisme pour sacrés, offre ainsi une assise idéologique blindée à la position des « féministes » libérales, lorsqu’elles proclament sous la plume de Marcela Iacub et de Catherine Millet : « En tant que femmes et féministes nous nous opposons à ceux qui prétendent dire aux femmes ce qu’elles doivent faire de leur corps et de leur sexualité. Nous nous opposons à ceux qui s’acharnent à réprimer l’activité prostitutionnelle au lieu de chercher à la déstigmatiser, afin que celles qui ont choisi ce qu’elles considèrent comme un authentique métier, puissent l’exercer dans les meilleures conditions possibles ». Ce schéma argumentatif assez rustique peut, naturellement, être étendu à toutes les revendications concevables, y compris les plus contraires au bon sens ou à la common decency, comme l’exemple des États-Unis en offre la démonstration quotidienne. Il suffit, pour cela, de savoir manier, même de façon très approximative, ces techniques de la « déconstruction », que leur heureuse simplicité conceptuelle met désormais à la portée de n’importe qui (même d’un lecteur de « Libération ») et qui permettent, sans trop d’efforts intellectuels, de transformer tous les scrupules éthiques possibles en autant de tabous arbitraires et historiquement déterminés. » Michea, L'empire du moindre mal, 2010.
« La gauche a trop souvent servi de refuge à ceux que terrifiait la vie intérieure. Paul Zweig a déclaré qu’il était devenu communiste à la fin des années 1950, parce que le Parti le délivrait « des chambres défaites et des vases brisés d’une vie qui n’était que privée ». Tant que ceux qui cherchent à noyer le sentiment de leur faillite personnelle dans l’action collective — comme si cette dernière empêchait que l’on portât une attention rigoureuse à la qualité de sa vie personnelle — seront absorbés par les mouvements politiques, ceux-ci auront peu à dire sur la dimension personnelle de la crise sociale. Le besoin de chercher à tout prix une explication purement sociologique à l’ensemble des comportements humains (qu’il s’agisse de la délinquance, du rapport à l’école ou de sa propre vie personnelle) trouve, sans doute, dans cette analyse une grande partie de ses raisons véritables. » Christopher Lasch Le Seul et Vrai Paradis 1991.
21:43 | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michea, lasch, iacub
18/02/2013
Kein sonderweg?
"(...) Après tout, ce que nous allons vivre dans les vingt ans qui viennent, c’est la fin d’un monde. Alors profitons-en pour dessiner, dès à présent, ce que nous espérons pour le monde d’après.
Entendons-nous bien : cette formule, « la fin d’un monde », n’est pas une « manière de parler ». C’est l’exacte réalité, nous vivons, tous ici, depuis notre naissance, dans un monde : le monde de la consommation, de la confiance en l’avenir et du crédit. Nous allons, dans les deux décennies qui viennent, basculer dans un autre monde : le monde de la rareté, de la méfiance devant l’avenir et de la menace.
Nous sommes à la veille de constater la faillite du monde anglo-saxon. La dernière fois que ça s’est produit, c’était en 1343, sous le règne d’Edouard III. Cela a entraîné la chute du capitalisme médiéval, conditionné la prolongation de la guerre dite de Cent Ans, et contribué à la division par deux de la population de notre continent. Oyez, oyez, bonnes gens, grand spectacle en perspective ! On ne voit pas ça tous les jours !
Sur le plan financier, la situation actuelle de l’Occident est facile à résumer : c’est la faillite à peu près complète d’à peu près tout le monde. Il y a, dans le système et avant de prendre en compte les produits dérivés, trois ou quatre fois plus de dettes que ce qui est soutenable au regard des taux de croissance actuels. Les évaluations des actifs monétaires sont totalement déconnectées du réel et ne renvoient plus qu’à un immense schéma de Ponzi. Les actifs immobiliers sont estimés sur la base de ce que les baby-boomers étaient prêts à payer pour préparer leur retraite, on va bientôt voir ce qu’ils vaudront quand ces mêmes baby-boomers devront les revendre aux classes démographiques creuses. Les actifs productifs eux-mêmes sont largement surévalués, puisqu’apparemment, personne n’a provisionné les implications des crises énergétiques et écologiques à venir.
En fait, tout l’Occident, c’est ENRON. Tous les occidentaux sont des salariés d’ENRON : ils croient qu’ils ont un boulot, mais en fait, ils n’ont qu’une ligne de crédit sur un compte déjà dans le rouge.
En 2008, les USA et l’Europe se sont offert un répit en sauvant leur système bancaire par les comptes publics. Mais l’Etat salvateur est lui-même totalement démuni. A court terme, la faillite de certains Etats occidentaux devra forcément être constatée, d’une manière ou d’une autre. Va-t-on sauver l’Etat par la Banque, après que la Banque a été sauvée par l’Etat ? Si oui, cela passera par les super-souverains, FMI, BCE. Et après ? Et après, rien. On n’aura fait que reculer pour mieux sauter.
Dans notre situation et à l'intérieur du cadre imposé par la haute finance actuellement au pouvoir, dans l'Etat profond, aux USA et en Europe, il n’y a que trois solutions : admettre qu’on ne peut pas rembourser les dettes, ce qui implique la déflation, puisque les faillites détruisent des revenus ; faire semblant de rembourser en imprimant de la monnaie à tour de bras, ce qui finit toujours par provoquer une inflation, par exemple via les prix des matières premières ou des denrées alimentaires ; ou bien gérer au fil des évènements, une politique de stop and go, pour fabriquer autant que possible une stagflation ou quelque chose qui s’en rapproche.
C’est cette dernière solution que nos élites vont probablement suivre ; tout l’indique à ce stade, en tout cas. Dans les années 1970, cela avait permis de gérer l’abandon de l’étalon-or et les chocs pétroliers ; mais cette fois, la situation est bien plus grave : une stagflation étalée sur dix ans, qui se traduira probablement par une inflation réelle de l’ordre de 10/15 % par an, avec dans le même temps des salaires qui stagneront ou progresseront peu en monnaie courante, voilà le programme. La soupe à la grimace, et il y en aura pour tout le monde ; le tout venant impacter des sociétés ravagées par trente ans de dérive inégalitaire et d’appauvrissement des jeunes au profit des vieux.
Première rupture : c’est la fin de l’ère de la consommation, c’est le début d’une ère de rareté relative. Voire, si certains mécanismes s’emballent, de rareté tout court.
Circonstance aggravante dans ce contexte pour le moins tendu, le système financier international est par terre. Pour l’instant, on a l’impression qu’il est toujours debout parce que tout le monde fait semblant de ne pas voir qu’il est par terre, mais il est bel et bien par terre.
La zone euro sera évidemment à brève échéance contrainte à un réaménagement drastique ; ce sera peut-être une explosion pure et simple entre une zone mark et une zone franc, peut-être le passage à un euro monnaie commune mais pas unique, peut-être une assez improbable sortie de crise par l’inflation, une inflation orchestrée par la BCE – une issue assez improbable vu les positions allemandes sur la question.
Mais en tout cas, ce qui est certain, c’est que la zone euro telle que nous la connaissions, c'est fini. Ça ne pouvait pas durer, de toute manière. En gros, c’était : « empruntez comme des Américains si vous êtes espagnols ou irlandais, négociez vos salaires comme des Français si vous êtes français, et profitez cependant des avantages d’une monnaie forte, à l’Allemande, si vous êtes riches. » Ce genre d’incohérence ne peut pas durer très longtemps. Surtout quand ça crée un système où il n’y a plus aucun outil de contrôle au sein d’un espace allant de Naples à Paris…
Le dollar, lui, n’est plus appuyé sur rien, à part la trouille bleue que le monde entier éprouve devant l’US Army. A ce sujet, pour ceux qui se demanderaient ce que les armées occidentales vont faire en Lybie : non, il ne s’agit pas de défendre les droits de l’homme parce que BHL a prophétisé son oracle. Il s’agit d’implanter une présence militaire euro-américaine pour empêcher par les armes la progression jusque là irrésistible de la Chinafrique, et ainsi conserver les matières premières sous contrôle – la seule raison qu’il reste au monde de vouloir du dollar, c’est en effet qu’on en a besoin pour acheter du pétrole et des matières premières.
Conclusion : le système que l’Occident est en train de mettre en place, en gros, c’est le durcissement de la structure de classes en interne, et l’impérialisme à l’extérieur, pour défendre le pouvoir de la haute finance, principalement anglo-saxonne, en confisquant les matières premières et les énergies. Soit l’impérialisme pour sauver l’hypercentralisme du capital privé.(...)" Michel Drac/Scriptoblog
photo: effondrement rose
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17/02/2013
des pistes
merci dimezzano.
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