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13/10/2014

anatomie du chaos n+1

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"Le 16 septembre 2014, en fin d’après-midi. Près de la dalle Kennedy, quartier Villejean, à Rennes, trois policiers de la brigade anticriminalité (Bac) remarquent un homme de 21 ans, avec un sac.

Selon eux, il « semble nerveux » et « presse le pas ». Les policiers décident de contrôler son identité et découvrent, dans son sac, 1,5 kg de cannabis.

L’homme était jugé ce lundi au tribunal correctionnel de Rennes. Son avocat, Me William Pineau, conteste la procédure : « Juridiquement, ce contrôle n’était pas justifié, et toute la procédure qui s’ensuit non plus, par voie de conséquence. »

Le procureur estime le contrôle justifié. Il requiert un an de prison dont 6 mois avec sursis.

Le tribunal accède aux requêtes de l’avocat et annule l’ensemble de la procédure : le prévenu est relaxé." source

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lol!

11/10/2014

what else?

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10/10/2014

friday gun

friday wear

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podcast

08/10/2014

inside job

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"La vérité est que les Américains furent battus par les Américains, du jour où l'opinion aux Etats-Unis se retourna, notamment parce que la conscription ne touchait plus seulement les Noirs et les chômeurs mais les classes aisées, les étudiants des campus. Et ceux qui allaient à pied la nuit gagnèrent. Encore vingt ans plus tard, j'aurai l'occasion d'une nouvelle discussion avec un Américain sur l'Indochine. Henry Kissinger est venu à Paris pour le quinzième anniversaire des accords, invité à un colloque universitaire qui se tient aux lieux mêmes de la conférence USA-Viêt-nam, avenue Kléber. Nous déjeunons ensemble. Il y a du point de vue militaire et diplomatique quelque chose qui m'a toujours surpris: la façon dont les Américains vont lâcher le Sud-Viêt-nam. L'offensive du Viêt-minh (et cette fois pas en poussant des vélos à l'abri de la jungle comme à Diên Bien Phû) déferle par Ban Methuot. De véritables colonnes, blindés et camions, contournent par l'intérieur les positions de l'armée du Sud. (En débordant par la droite, en laissant l'ennemi sur sa gauche, aurait dit le colonel du secteur. Très facile de tirer...) Pourquoi l'Amérique n'a-t-elle pas bougé ?

Kissinger. - Parce que l'Amérique était engagée dans une négociation avec Hanoi pour l'éventuelle libération d'aviateurs capturés lors des bombardements sur le Nord. Nous n'étions même pas sûrs de leur nombre, la presse américaine ne s'intéressait qu'à ce sujet, très émotionnel. La télévision montrait les photos des disparus et de leurs familles sans nouvelles.

- Alors vous n'avez rien fait ?

- Alors nous n'avons rien fait. Il était très facile d'écraser avec l'aviation toutes les colonnes d'assaut du Viêt-minh. Je l'ai proposé au Président. Pour la première fois, la victoire décisive était à notre portée. Cela aurait pris moins de vingt-quatre heures. Et toute la situation basculait en faveur de nous et du Sud-Viêt-nam. Le risque était que Hanoi arrête les conversations sur les aviateurs américains prisonniers, risque que Ford ne voulait pas prendre. J'ai expliqué que le Viêt-minh serait bien obligé de les renouer après sa défaite, et dans des conditions bien meilleures pour nous... Le Président m'a dit avec un soupir :

« On voit bien, Henry, que vous n'êtes pas un élu. » Avant d'arriver avenue Kléber où je l'emmène-en voiture, Henry Kissinger me confie : « Cette conférence anniversaire m'ennuie énormément. Elle est publique, et la salle va être truffée de ces intellectuels de la gauche américaine, pacifistes et prosoviétiques, qui ont inventé l'expression "la sale guerre" et qui vont une fois de plus m'accuser d'être un nazi et un criminel. Ils me fatiguent. » Ce n'est pas ainsi que les choses vont se passer. A la tribune, un éminent représentant de la Sorbonne, historien. Je siège, invité d'honneur, à sa gauche. À sa droite des journalistes français très connus. La salle est bondée. Kissinger parle une petite demi-heure sur la conférence de l'avenue Kléber et son prix Nobel, sans rien apporter de nouveau. Le président de séance demande s'il y a des questions dans la salle. Alors se lève une Vietnamienne dont l'âge est difficile à dire, peut-être 45, 50 ans.

- Je m'appelle Thu-Lin. J'ai 23 ans. Mon père., officier dans l'armée du Sud-Viêt-nam, est mort de faim et de maladie dans un camp de rééducation à régime sévère. Ma mère et mon frère ont été égorgés devant moi et jetés à la mer quand nous avons fui, boat people. J'ai été violée onze fois, et vendue à un réseau de prostitution a Bangkok. Monsieur Kissinger, quand vous vous levez le matin, quand vous vous rasez, est-ce que vous pouvez vous regarder dans la glace? Silence de mort. Le président tousse et suggère :

- Nous allons regrouper les questions, pour permettre au professeur Kissinger clé mieux répondre. Hum, hum. Y a-t-il une autre question ? Alors un Vietnamien, sans âge, se lève.

-je m'appelle NguyenThan. J'ai 60 ans. J'ai été conseiller des troupes américaines. J'ai continué à me battre avec mon unité contre les communistes encore après la chute de Saigon. Pour l'honneur. Les communistes ont tué sur place la moitié d'entre nous. Les autres ont disparu. Parce que j'étais le chef, on ne m'a pas tué, on m'a mis dans une cage comme un animal, et on m'a promené de village en village avec un écriteau « traître au peuple, traître à la patrie ». Les enfants me jetaient de la boue et des excréments. Monsieur Kissinger, prix Nobel de la paix, comment faites-vous pour réussir à dormir.

Toute la salle est pleine de Vietnamiens qui se sont organisés et vont se lever tour à tour pour dénoncer les horreurs de la répression communiste et de la misère du peuple. Le président ne sait plus quoi dire. Face a ces revenants, Kissinger est pâle comme un revenant. C'est le porte-parole de cette gauche intellectuelle et pacifiste américaine, qu'il redoutait, qui va le sauver. Un Américain se lève et dit :

- Je suis le rédacteur en chef de Remparts, revue qui a joué un très grand rôle dans l'arrêt de la guerre du Viêt-nam en mobilisant l'opinion américaine contre elle. Ce n'est pas M. Kissinger qu'il faut attaquer sur les conséquences de la paix. Il n'a pas capitulé devant le Viêt-minh. Il a été battu par nous.

La séance est suspendue."

Jean-francois Deniau "Mémoires de sept vies", 1988.

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« Bien des erreurs furent commises et tout particulièrement l'expédition de Sicile. Pourtant s'il y eut faute dans cette affaire, ce fut moins parce qu'on avait sous-estimé l'adversaire auquel on s'attaquait, que parce que les hommes qui avaient fait partir cette expédition se rendaient mal compte des moyens qu'il fallait mettre à sa disposition. Tout occupés à s'entre déchirer dans la compétition engagée dans la direction du peuple, ils affaiblirent le corps expéditionnaire et provoquèrent dans la cité même les premiers troubles politiques. (...) Athènes ne succomba que lorsqu'elle se fut épuisée dans les discordes intérieures. »

Thucydide, La guerre du Péloponnèse. II, 65, 12-13.

 

anémones

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« Le soir du 22 avril, nous quittâmes Prény et fîmes une marche de plus de trente kilomètres jusqu'au village d'Hattonchâtel, sans avoir un seul éclopé, malgré le poids du barda ; nous campâmes à droite de la fameuse « grande tranchée »*, en plein cœur de la forêt. Tout indiquait que nous allions être mis en ligne le lendemain. On nous distribua des paquets de pansements, une seconde ration de « singe » et des fanions de signalisations, pour l'artillerie.

Je restais longtemps assis, ce soir-là, dans cet état de songerie prémonitoire dont se souviennent les guerriers de tous les temps, sur une souche autour de laquelle foisonnaient des anémones bleuâtres, avant de regagner ma place sous la tente, en rampant par-dessus mes camarades, et j'eus dans la nuit des rêves confus, où une tête de mort jouait le rôle principal.

Priepke, à qui j'en parlais le lendemain matin, émit l'espoir qu'il se soit agi d'un crâne Français. »

(Ernst Jünger, Orages d'acier, 12 avril 1915)

Je crois que nulle part ailleurs que dans ses carnets de la première guerre mondiale (Orages d'aciers), qu'il traversera de décembre 1914 à août 1918 n'apparaît mieux la singularité de ce jeune homme qui dés les premiers jours, sous le feu, va faire montre à la fois d'un courage physique hors du commun et d'une maturité sans bornes qui éclate dans sa capacité à s'extraire de l'horreur quotidienne et traumatisante du front -en première ligne- pour évoquer Saint Simon ou Tallemant des Réaux, la beauté d'une anémone ou le détail d'un rêve prémonitoire.

On retrouve la même distance contemplative (qui va de pair avec un engagement physique total dans quelques bataillons de choc durant la première guerre mondiale), largement amplifiée par l'âge et l'érudition, dans son Jardins et routes, carnets de la campagne de France qui mêle considérations guerrières, stratégiques, botaniques et oniriques.

Un homme supérieur, à maints égards.

*ou tranchée de Calonne, route forestière courant aux pieds des Hauts de Meuse. Elle constituera l'axe de l'attaque allemande d'avril.

04/10/2014

l'an mille

« Alexandre est sans doute le premier homme d'état a avoir pensé planétairement…Il n’aura pas pour autant réussi à helléniser la vallée du Nil, qui restera copte, la Syrie et la Mésopotamie, qui resteront araméennes, l’Iran, qui restera iranien. Ne nous laissons pas prendre à la parade hellénisante que joueront sur leurs monnaies les dynastes anatoliens ou parthes. De siècle en siècle, nous verrons ce vernis d’hellénisme s’effriter et le fond indigène paraître à nu. Loin de nous de méconnaître les résultats de la conquête macédonienne. Elle a changé la face du monde. Mais parce qu’elle correspond à la première colonisation tentée par un grand empire, elle nous rappelle que toute colonisation, à la longue, épuise son potentiel et que, tôt ou tard,  (les siècles pour le philosophe importent peu), le pays colonisé, après avoir bénéficié largement de l’effort du colonisateur,  se trouve lui-même avec son âme inchangée. » René Grousset, Figures de proue, 1949.

« Que peut-il se passer après la victoire de la contre-colonisation ? Peut-être bien quelque chose de semblable à ce qui s'est s'est passé dans la partie méridionale du monde méditerranéen après la conquête arabe. Dans un premier temps, les conquérants laissent les chrétiens et accessoirement les Juifs s'occuper des tâches créatives ; il en résulte, à l'époque, une apogée civilisationnelle qui ne doit pas grand-chose à l'islam mais qui n'a été possible que grâce à la paix et à l'unité que les conquérants ont restaurées. Puis le réservoir de ces populations actives et créatrices se tarit progressivement à cause des persécutions occasionnelles et surtout des conversions à l'islam permettant d'échapper à la dhimmitude et à la fiscalité qui l'accompagne. La civilisation islamique se fige assez vite et une lente et inexorable décadence commence. L'histoire s'est répétée à partir du XVe siècle dans l'Empire ottoman. Dans les deux cas, ce sont les populations autochtones conquises qui ont été le plus transformées, et de très loin, et ce malgré leur nombre resté longtemps important : Constantinople-Istamboul était encore majoritairement peuplée de chrétiens en 1914. »  Marcel Meyer, gentil lecteur de ce blog.

« Il y a quelque chose qui est la spécificité, la singularité et le lourd privilège de l’Occident : cette séquence social-historique qui commence avec la Grèce et reprend, à partir du XIème siècle, en Europe occidentale, est la seule dans laquelle on voit émerger un projet de liberté, d’autonomie individuelle et collective, de critique et d’autocritique : le discours de dénonciation de l’Occident en est la plus éclatante démonstration. Car on est capable en Occident, du moins certains d’entre nous, de dénoncer le totalitarisme, le colonialisme, la traite des Noirs ou l’extermination des Indiens d’Amérique. Mais je n’ai jamais vu les descendants des Aztèques, les Hindous ou les Chinois faire une autocritique analogue, et je vois encore aujourd’hui les Japonais nier les atrocités qu’ils ont commises pendant la seconde guerre mondiale. Les Arabes dénoncent ans arrêt leur colonisation par les Européens, lui imputant tous les maux dont ils souffrent –la misère, le manque de démocratie, l’arrêt du développement de la culture arable, etc. Mais la colonisation de certains pays arabes a duré, dans le pire des cas, cent trente ans : c’est le cas de l’Algérie de 1830 à 1962. Mais ces mêmes arabes ont été réduits à l’esclavage et colonisés par les Turcs pendant cinq siècles. La domination Turque sur le Proche et le Moyen Orient commence au XVIème siècle et se termine en 1918. Il se trouve que les Turcs étaient musulmans –donc les arabes n’en parlent pas. L’épanouissement de la culture arabe s’est arrêtée vers le XIème, au plus XIIième siècle, huit siècles avant qu’il soit question d’une conquête par l’Occident. Et cette même culture arabe s’était bâtie sur la conquête, l’extermination et/ou la conversion plus ou moins forcée des populations conquises. En Egypte, en 550 de notre ère, il n’y avait pas d’arabes –pas plus qu’el Libye, en Algérie, au Maroc ou en Irak. Ils sont là comme des descendants des conquérants venus coloniser ces pays et convertir, de gré ou de force, les populations locales. Mais je ne vois aucune critique de ces faits dans le cercle civilisationnel arabe. De même, on parle de la traite des Noirs par les Européens à partir du XVIème siècle, mais on ne dit jamais que la traite et la réduction systématique des Noirs en esclavage ont été introduites en Afrique par des marchands arabes à partir du XI-XIIième siècle (avec comme toujours la participation complice des rois et chefs de tribus noirs), que l’esclavage n’a jamais été aboli spontanément en pays islamique et qu’il subsiste toujours dans certains d’entre eux. Je ne dis pas que tout cela efface les crimes commis par les Occidentaux, je dis seulement ceci : que la spécificité de la civilisation Occidentale est cette capacité de se mettre en question et de s’auto-critiquer. Il y a dans l’histoire Occidentale, comme dans toutes les autres, des atrocités et des horreurs, mais il n’y a que l’Occident qui a crée cette capacité de contestation interne, de mise en cause de ses propres institutions et de ses propres idées, au nom d’une discussion raisonnable entre êtres humains qui reste indéfiniment ouverte et ne connaît pas de dogme ultime. » Cornélius Castoriadis, La montée de l’insignifiance, 1996.

« Or, la question majeure de l'époque, c'est bel et bien la plus visible, la plus éclatante, celle dont tout le monde a peur de parler - évidemment - qu'on aborde qu'à demi-mot et à voix basse, c'est-à-dire la colonisation de peuplement que subit l'Europe de la part de peuples maghrébins, africains et asiatiques et qui se double d'une entreprise de conquête du sol européen par l'islam. Ce n'est pas une curiosité politique, c'est un événement historique tonitruant, sans aucun précédent dans l'histoire européenne, aussi loin que porte la mémoire. Il s'agit d'abord d'en prendre acte, d'éveiller les consciences à ce fait capital. Non pas pour l'admettre et “faire avec”. Mais pour le refuser et entamer le débat sur la manière de le combattre et de renverser la vapeur. Ce processus funeste vient bien entendu s'ajouter et se combiner à l'assujettissement culturel et stratégique de l'Europe aux États-Unis d'Amérique. J'essaierai de montrer dans cet essai, en accord complet avec les thèses d'Alexandre del Valle, qu'il est rigoureusement stupide de croire que l'islamisation nous préservera de l'américanisation ; les deux processus de déculturation marchent la main dans la main. De même que le chaos ethnique qui guette l'Europe sert les causes conjointes de l'islamisme et de l'américanisme. Ceux qui s'imaginent, par de subtiles contorsions intel- lectualistes, que l'islam vaut mieux que l'américanisation succombent à ce désordre mental grave qu'on appelle l'oubli de soi, le renoncement à être, l'amnésie historique. Ceux qui embrassent l'islam sous prétexte qu'il porte des valeurs “traditionnelles” et anti-américaines choisissent un ennemi pour un autre, abdiquent leur identité européenne et se montrent impuissants à trouver en eux-mêmes les ressources de la renaissance. Pourquoi aller chercher dans une religion profondément étrangère des ressources morales et des racines alors que, depuis Homère, les nôtres inondent toute la civilisation européenne ? » Guillaume Faye, La colonisation de l'Europe.

« Télémaque (car il ne croyait pas encore que ce fut son père) prit de nouveau la parole et lui dit: « Non, tu n'es pas Ulysse, mon père; mais une divinité m'abuse pour que je me lamente et m'afflige encore davantage: car un homme mortel ne saurait opérer ces prodiges par sa volonté, à moins qu'un dieu, survenant en personne, ne le rendit aisément jeune ou vieux à son gré. Tout à l'heure en effet, tu étais un vieillard, couvert de haillons; et maintenant tu ressembles aux dieux qui habitent le vaste ciel ». L'ingénieux Ulysse, prenant la parole à son tour, lui répondit: « Télémaque, il ne convient pas qu'en voyant ton père ici présent, tu sois étonné ni surpris à l'excès; car il ne viendra plus en ces lieux d'autre Ulysse ; c’est bien moi qui, après avoir souffert des maux sans nombre et erré longtemps, suis revenu au bout de vingt ans dans ma patrie. D’ailleurs, ce que tu vois est l’œuvre d’Athéna, amie du butin, qui me rend semblable, quand il lui plait (car elle en a le pouvoir), tantôt à un mendiant, tantôt aussi à un jeune homme dont le corps est couvert de beaux vêtements. Il est facile aux dieux qui habitent le vaste ciel de glorifier et d’abaisser un simple mortel ». Après avoir ainsi parlé, il s’assit ; Télémaque, tenant son noble père embrassé soupirait en versant des larmes ; et tous deux, cédant à l’envie de pleurer poussaient des cris, comme les aigles ou les vautours aux serres crochues, à qui des laboureurs ont dérobé leurs petits avant qu’ils pussent voler. C’est ainsi que des larmes d’attendrissement mouillaient leurs paupières. » L’Odyssée, XVI.

 

Bon WE à tous.

30/09/2014

outing (2)

29/09/2014

Patton

 

General_George_Patton.jpg«Je comprend la situation. Leur système [soviétique] de ravitaillement est inadéquat pour les soutenir dans une action sérieuse telle que je pourrais la déclencher contre eux. Ils ont des poulets dans des cages et du bétail sur pied. Voilà leur système de ravitaillement. Ils pourraient probablement tenir le coup pendant cinq jours dans le type de combat que je pourrais leur livrer. Après cela, les millions d'hommes qu'ils ont ne feraient aucune différence, et si vous vouliez Moscou je pourrais vous la donner. Ils ont vécu sur le pays depuis leur arrivée. Il ne reste pas assez pour les ravitailler pendant le retour. Ne leur donnez pas le temps de construire leur système de ravitaillement. Si nous le leur laissons, alors ... nous aurons battu et désarmé les Allemands, mais nous aurons échoué à libérer l'Europe; nous aurons perdu la guerre!»

«Je n'ai jamais vu dans aucune armée à aucune époque, y compris dans l'Armée Impériale allemande de 1912, une discipline aussi sévère que celle qui existe dans l'armée russe. Les officiers, sauf quelques exceptions, ont l'apparence de bandits mongols récemment civilisés».

«A mon avis, l'armée américaine telle qu'elle existe maintenant pourrait battre les Russes avec une grande facilité, parce que si les Russes ont une bonne infanterie, ils manquent d'artillerie, d'aviation, de chars, et de la connaissance de l'utilisation des armes combinées, alors que nous excellons dans les trois domaines à la fois. S'il était nécessaire de corriger les Russes, le plus tôt sera le mieux».

«Si nous devons les combattre [les soviétiques], c'est le bon moment. A partir de maintenant, nous allons devenir plus faibles et eux plus forts».

«Cela se trouvait être la fête du Yom Kippour, donc ils étaient tous rassemblés dans un grand bâtiment en bois, qu'ils appelaient une synagogue. Le général Eisenhower devait leur faire un discours. Nous entrâmes dans la synagogue, qui était remplie de la grappe humaine la plus puante que j'ai jamais vue. Lorsque nous arrivâmes à peu près au milieu, le rabbin principal, qui portait un chapeau de fourrure similaire à celui que portait Henri VIII d'Angleterre, et un surplis lourdement brodé et très sale, s'approcha et rencontra le général ... L'odeur était si terrible que je faillis m'évanouir et vraiment environ trois heures plus tard j'ai remis mon déjeuner rien qu'en m'en rappelant».

«Aujourd'hui nous avons reçu des ordres ... qui nous disent de donner aux Juifs des logements particuliers. Si on le fait pour les Juifs, pourquoi pas pour les Catholiques, les Mormons, etc? ... Nous livrons aussi aux Français plusieurs centaines de milliers de prisonniers de guerre pour servir au travail forcé en France. Il est amusant de se rappeler que nous avons fait la Révolution pour défendre les droits de l'homme, et la Guerre Civile [la Guerre de Sécession] pour abolir l'esclavage, et que nous sommes maintenant revenus sur ces deux principes».

«Berlin m'a donné le blues. Nous avons détruit ce qui aurait pu être une bonne race, et nous sommes en train de les remplacer par des sauvages mongols. Et toute l'Europe sera communiste. On dit que la première semaine après qu'ils l'aient prise [la ville de Berlin], toutes les femmes qui couraient étaient tuées et celles qui ne couraient pas étaient violées. J'aurais pu la prendre si on m'avait laissé faire».

«Il est en effet malheureux, mon général, que les Anglais et les Américains aient détruit en Europe le seul pays sain -- et je ne parle pas de la France. En conséquence, la route est à présent ouverte au communisme russe».

«Vraiment, les Allemands sont le seul peuple décent qui reste en Europe. C'est un choix entre eux et les Russes. Je préfère les Allemands»

«Je ferai probablement les gros titres avant que vous ne receviez ceci, car la presse essaye de me faire dire que je suis plus intéressé à restaurer l'ordre en Allemagne qu'à attraper des nazis. Je ne peux pas leur dire la vérité qui est que si nous ne restaurons pas l'Allemagne, nous assurerons le succès du communisme en Amérique».

Journal de George Patton et lettres à son épouse, 1945.

27/09/2014

outing

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«Et si à l'école, au lieu de la théorie du genre et de la programmation informatique, on apprenait à lire, écrire, compter, penser?», votre tweet a déclenché la polémique. L'école et plus largement la société sont-elles confrontées à une crise de la transmission des savoirs?

Michel Onfray: L'école se substitue aux familles en matière d'éducation , dès lors, et pour ce faire, elle a renoncé à l'instruction. Demander à l'école qu'elle apprenne à lire, écrire, compter, penser devrait être une demande de bon sens: elle devient désormais une provocation! Apprendre la maitrise de la programmation informatique , apprendre la théorie du genre, sous prétexte de féminisme et de lutte contre les discriminations sexuelles, (un programme auquel au demeurant je souscris...), apprendre à sauver la planète sont des programmes qu'il n'est pas inutile d'envisager, bien sûr , mais une fois que les savoirs élémentaires sont acquis. Or, le sont ils? Si l'on sort des réponses idéologiques, on sait bien que non… J'ai enseigné vingt ans dans un lycée technique, je sais de quoi je parle...

Le fils d'ouvrier agricole et de femme de ménage que je suis s'en est sorti grâce à une école qui n'existe plus. L'école d'aujourd'hui tue sur place les enfants de pauvres et sélectionne les enfants des classes favorisées qui monnaient dans la vie active non pas ce qu'ils ont appris à l'école, mais ce qu'ils ont appris chez eux. Lire ou relire Bourdieu plus que jamais d'actualité ...Si l'on justifie cela, alors il faut continuer et défendre cette école qui massacre tous les enfants de gueux, dont je fus. Sinon, il faut abolir cette usine à éjecter les enfants de pauvres hors du système.

Une partie de la presse dite de gauche, vous accuse d'être réactionnaire . Que leur répondez-vous?

Il y a bien longtemps que je ne me soucie plus de cette presse qui se dit de gauche alors qu'elle n'a plus aucun souci du peuple qu'elle méprise et renvoie ainsi dans les bras de Marie Le Pen . Ces journaux transforment d'autant plus en diable Marine Le Pen qu'ils préfèrent ignorer, et on les comprend, que ce sont eux qui, pour avoir renoncé à la gauche qui s'occupait du peuple, nourrissent le FN et l'engraissent. Cette presse-là défend le programme économique libéral et européen de l'UMP et du PS. Quand l'UMP est au pouvoir , elle est contre, mais quand le PS l'y remplace , elle est pour. Dès lors , pour laisser croire que droite et gauche ça n'est pas la même chose, la presse dite de gauche s'excite sur des sujets sociétaux en croyant que la gauche est là. Or elle ne s'y trouve que de façon minoritaire.

J'ai créé une Université Populaire en province, à Caen, en 2002, pour lutter contre les idées du FN, j'y travaille avec une vingtaine d'amis bénévolement, gratuitement. Les amphis sont pleins. En douze années, cette presse-là n'a jamais eu aucun mot pour notre façon de penser et d'agir à gauche. Elle n'est l'arbitre des élégances de gauche que pour une poignée de mondains qui ne sont pas de mon monde. Le mien, c'est le peuple - qu'ils méprisent la plupart du temps en traitant de populiste quiconque en a le souci… Sollers m'a un jour traité de «tribun de la plèbe» en croyant m'insulter, il n'imagine pas combien il m'a fait plaisir! Le peuple , c'est celui qui dit non à l'Europe et à qui l'UMP et le PS, soutenus par cette même presse qui se dit de gauche, infligent tout de même l'Europe à laquelle ils avaient dit non. C'est ce peuple là que j'aime." Michel Onfray, 2014

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le constat est juste mais tardif...mieux vaut tard que jamais. 

photo: transmission des savoirs

26/09/2014

Avancez vers l'arrière, s'il vous plait!

kolakowski,finkielkraut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Un jour, dans un tramway de Varsovie, Leszek Kolakowski entendit l'injonction suivante : « Avancez vers l'arrière, s'il vous plait ! » Quelque temps plus tard, en 1978 exactement, il proposa d'en faire « le mot d'ordre d'une puissante internationale qui n'existera jamais », dans un credo publié sous le titre : Comment être socialiste- conservateur- libéral. Il fallait un certain toupet pour retourner ainsi la disjonction en conjonction et mettre un trait d'union entre les trois grandes doctrines politiques de l'âge moderne. Et ce qui inspira à Kolakowski cet audacieux accouplement, c'est l'expérience du XXième siècle.

Le conservateur, c'est l'homme qui accueille le donné comme une grâce et non comme un poids, qui a peur pour ce qui existe et qu'émeut toujours la patine du temps sur les êtres, les objets ou les paysages. Or, en exacerbant la passion révolutionnaire, le XXième siècle a fait du changement le mode privilégié de l'action politique au point d'oublier que toute innovation n'était pas nécessairement un bond en avant et que, quand bien même elle bondirait, « Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais dans la vie des hommes, d'améliorations qui ne soient payées de détériorations et de maux ». Sensibles à ces maux, incapable de tourner la page, le conservateur voit des mondes finir là où d'autres voient s'accomplir la fin de l'histoire. A l'optimisme démocratique de la révolution, il oppose son amour mélancolique du déjà-là et des vieilles traditions chancelantes. Il vit sous le regard des morts, il plaide pour la fidélité, il est celui qui regrette la lenteur quand tout s'accélère et qui trouve constamment trop cher le prix à payer pour ce qu'on appelle le progrès. Le conservateur refuse, en second lieu, d'accorder à la raison une confiance sans réserve. Les Lumières terrassant la superstition : cette intrigue lui parait trop sommaire pour rendre compte des phénomènes humains. Tout ce qui n'est pas rationnellement explicable ne relève pas nécessairement de la bêtise ou de l'obscurantisme. Le conservateur, autrement dit, perçoit comme une menace l'approche technicienne du monde symbolique. « Il croit fermement, écrit Kolakowski, que nous ne savons pas si diverses formes traditionnelles de la vie sociale -comme les rituels familiaux, la nation, les communautés religieuses- sont nécessaires pour rendre la vie ne société tolérable ou même possible. Cependant, il n'y a pas de raison de croire que, en détruisant ces formes, nous augmentons nos chances de bonheur, de paix, de sécurité et de liberté. Nous ne pouvons pas savoir de manière certaine ce qui se passerait si, par exemple, la famille monogamique était supprimée, ou bien si la coutume consacrée par le temps qui nous fait enterrer les morts était remplacée par un recyclage rationnel des cadavres à des fins industrielles. Nous serions bien avisés pourtant d'en attendre le pire ».

La disposition d'âme du conservateur, sa tonalité affective dominante, c'est le pessimisme. Ce n'est pas que, pour lui, l'homme soit plutôt méchant que bon, c'est qu'il se refuse à voir dans le bien et le mal un pur problème social.. A ses yeux, l'imperfection de la vie n'est pas contingente. On peut remédier à certains aspects de la vie humaine, mais une part de notre misère est incurable. La encore, le XXième siècle lui a donné raison en poussant l'immodestie jusqu'à ses plus tragiques conséquences : « Le conservateur croit fermement que l'idée fixe de la philosophie des Lumières- à savoir que l'envie, la vanité, la cupidité et l'instinct d'agression ont toujours pour cause des institutions sociales défectueuses et disparaîtrons lorsque ces institutions auront été réformées- n'est pas seulement tout à fait invraisemblable et contraire à l'expérience mais extrêmement dangereuse. Comment toutes ces institutions ont-elles pu voir le jour si elles étaient totalement contraires à la nature profonde de l'homme ? Nourrir l'espoir que l'on pourra institutionnaliser la fraternité, l'amour, l'altruisme, c'est préparer, à coup sûr, l'avènement du despotisme. » Bref, l'épreuve totalitaire ratifie l'hostilité foncière du conservateur à la tentative de transformer l'approche de la réalité humaine en recherche prometteuse d'une solution définitive du problème humain. »

Alain Finkielkraut, Nous autres, modernes, 2005.

 
podcast

25/09/2014

arnaques, crimes et pétrole (2)

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"A quel jeu de dupes jouent les gouvernements européens recrutés dans la coalition new-look constituée toutes affaires cessantes par Barak Obama contre l’État Islamique (EI)? Après pétrole contre nourriture, l’Irak sera-t-il le théâtre d’une nouvelle saga pétrole contre barbus?

La question n’est pas superflue à en juger par la manière dont on essaie depuis quelques jours de nous convaincre de l’extrême dangerosité de la clique de Abu Bakr al-Baghdadi l’émir à la Rolex (“…Il n’y a pas de temps à perdre face à la menace des djihadistes de Daesh qui a pris le contrôle de larges secteurs de territoires irakien et syrien, multipliant les exactions… » disait encore récemment François Hollande qui est prêt à toutes les aventures internationales pour oublier l’espace d’un instant son lent mais inexorable naufrage domestique). Dangereux sûrement, ne serait ce que par l’appel à l’union sacrée et au soutien des forces de l’émir que viennent de lancer Aqmi (Al Qaida au Maghreb Islamique) et Aqpa (Al Qaida dans la Péninsule Arabique), en réaction à la mobilisation de la coalition occidentale.

Manquerait plus que l’annonce d’une association plus étroite entre le Front Al Nosra, en quelque sorte, la « filiale » syrienne d’Al Qaida, avec EI pour préparer un joli feu d’artifice local au cas où le locataire de la Maison Blanche se serait mis en tête de lancer la guerre d’Irak version III.
Des poils de barbe dans les barils de brut

A moins que la précipitation s’explique par l’urgence de réduire au silence, les courtiers en pétrole de l’inventif émir, au sujet du petit business très lucratif qu’ils ont mis au point avec leurs clients étrangers.

Car l’État Islamique est tout sauf dans la dèche, pour faire un mauvais calembour avec la nouvelle appellation contrôlée dont on l’affuble.

Le pétrole des sites syriens de Deir al-Zour puis de Hasaka, tombés entre de mauvaises mains depuis avril 2013 et de Mossoul qu’il a récupéré à la mi- juin de cette année ainsi qu’une bonne partie de la production de la province septentrionale de Salahuddin, a largement compensé la baisse des allocations que versaient avec enthousiasme l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweit et les Émirats Arabes Unis à l’Armée Libre Syrienne dont une part significative des effectifs auraient rejoints avec armes et bagages les rangs de l’EI à en croire les déclarations de l’un de ses chefs, un certain Abu Yusaf, le mois dernier. (« …Many of the FSA people trained and equipped by the West, are actually joining us…”)

Prix cassé

Les estimations les plus précises de la petite entreprise de l’émir portent aujourd’hui sur une capacité de “production” (de vol serait sans doute plus approprié) de 30 000 barils par jour de pétrole irakien et de 50.000 barils de pétrole syrien, fourgués sur le marché noir de l’or noir aux alentours de 40 dollars le baril, un prix cassé ramenant tout de même dans les caisses de EI, une recette totale journalière de 3,2 millions de dollars.

Si on y ajoute les rançons et les trafics en tous genres d’êtres humains, ça représente un joli matelas qui devrait permettre à l’EI de voir venir les forces – aériennes cela va sans dire – déployées par François Hollande et ses copains. Certes, les coûts de transport de l’émir sont un peu élevés. Le pétrole doit être acheminé par camions vers le terminal pétrolier de Ceyhan en Turquie d’où il est chargé avec des certificats d’origine parfois un peu baroques, sur les tankers qui les livrent à leurs ultimes destinataires.

Cet été on signalait même des tombées de camions citernes d’or noir à l’origine contrôlée et certifiée par le Gouvernement Régional du Kurdistan, arrivées par bateau dans le port israélien d’Ashkelon. Une confirmation de l’information publiée par Reuters en mai selon laquelle des raffineries américaines et israéliennes étaient alimentées en pétrole « kurde » à l’origine douteuse…

Bizarrement, dès que la prise de contrôle des sites syriens de Deir Al-Zour et d’Hasaka a été confirmée, l’Union Européenne s’est empressée de voter un allègement de l’embargo sur le pétrole syrien afin qu’il puisse être vendu sur les marchés internationaux, via la Turquie.

De son côté le ministre du pétrole irakien a indirectement confirmé le trafic au mois d’août lorsqu’il a déclaré que « ..les acheteurs internationaux de pétrole brut et les autres acteurs du marché doivent savoir que toute exportation de pétrole n’ayant pas reçu l’agrément du ministère du Pétrole, pourrait bien contenir du pétrole brut provenant des champs tombés sous le contrôle de l’Etat Islamique ».

Le dernier volet provisoire de l’affaire, c’est la déclaration faite par la charmante Jana Hybàskovà, chef de la délégation de l’Union Européenne en Irak – si, si, ça existe ! – le 2 septembre 2014 lors d’une séance de travail de la Commission des Affaires Étrangères du parlement européen (« échange de vues sur les crises dans le grand voisinage de l’Union ») qui a beaucoup intéressé Michèle Alliot-Marie et selon laquelle des pays de l’Union achetaient du pétrole brut à l’État islamique en provenance de 11 champs pétrolifères du nord de l’Irak et de celui pompé dans la province syrienne de Raqqa.

Pressée de citer des noms, elle a hésité un moment mais s’est finalement abstenue, se bornant à mettre en garde ses interlocuteurs pour le soutien apporté aux groupes séparatistes kurdes, susceptibles selon elle de causer une déstabilisation totale du Moyen Orient.

Chasse au dahu.

Depuis, la chasse au dahu a commencé au Parlement européen où le jeu qui fait actuellement fureur, consiste à identifier le ou les pays de l’Union qui joue(nt) double jeu en appelant à la mobilisation contre l’État Islamique les jours pairs et lui commandent discrètement du pétrole le jour suivant.

Il semble que le précédent Sarko’ versus Kadhafi de « je t’aime, moi-non plus » ait donné d’étranges idées à un certain nombres de parlementaires européens sur l’identité des coupables. D’autant que la petite phrase de Chistophe de Margerie, le PDG de Total en marge des rencontres économiques d’Aix en Provence début juillet (« …il n’y a pas de raison de payer le pétrole uniquement en dollars… ») a fait sensiblement monter la cote de l’Hexagone comme l’un des possibles acquéreurs du pétrole volé par l’émir à la Rolex.

Si tel est le cas, on peut imaginer que nos pilotes de la coalition aérienne refusent de se voir confier la mission de détruire les convois de camions-citerne de l’émir en route pour la Turquie…(...)" source via Fortune

photo: spectacle et confusion

24/09/2014

utopie

libéralisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour sur la "question libérale", suite au dernier post de Reymond, répondant lui-même à un de ses lecteurs:

"Comment peut on parler d'austérité lorsque le déficit est de 80 milliards et qu'aucune réforme n'a été faite concernant les dépenses de l'état ? Comment parler de doxa néo-libérale lorsque l'état représente 60% du PIB ?" source

Courant 2012 Alain Finkielkraut dans son émission "Répliques" avait porté la contradiction à Jean-Claude Michéa qui sortait alors son dernier opus, Le complexe d’Orphée.

La thèse défendue par l’auteur depuis quelques années maintenant (et son premier livre remarqué, L’enseignement de l’ignorance), etant la suivante : le libéralisme culturel et politique (« défini comme l’avancée illimitée des droits et la libéralisation permanente des mœurs ») et le libéralisme économique ne sont que les deux faces complémentaires d’une même médaille, sorte de ruban de Moebius; d’où, selon l’auteur, la farce électorale d’une gauche luttant contre la partie économique du libéralisme tout en validant sans vergogne son versant culturel, à laquelle s’oppose une droite favorable au marché mais hostile à la régularisation massive de tous les comportements. Ces deux versions du libéralisme sont, en réalité, selon Michéa, « l’accomplissement logique (ou la vérité) du projet philosophique libéral, tel qu’il s’est progressivement défini depuis le XVIIIe siècle, et, tout particulièrement, depuis la philosophie des Lumières », projet qui, pour mettre fin aux terribles guerres de religion du XVIe siècle, entendait privatiser les valeurs morales et religieuses et, parallèlement, confier au marché le soin de régler pacifiquement les relations entre les hommes. Ce libéralisme-là serait à l’origine, d’une part, d’un monde de plus en plus éclaté où plus aucune valeur ne pourrait servir de substrat au droit - de quel droit interdirait-on à quelqu’un de se nuire librement? - et, d’autre part, d’un capitalisme débridé qui règnerait en maître.

Finkielkraut ne manque pas pourtant de faire remarquer à Michéa que les premiers libéraux avaient tout de même le sens des limites et de la vertu et qu’ils auraient sans doute été horrifiés devant le spectacle dérisoire d’un progressisme moral effréné (il suffit d’ouvrir n’importe quel torchon progressiste genre Libé ou Inrock pour en avoir un aperçu) couplé à la guerre judiciaire de tous contre tous (cette « envie du pénal » théorisée par le regretté Muray) et aux ravages planétaires des règles d'airain du capitalisme globalisé (industriel et surtout financier). Peu importe, répond en substance Michéa, une logique est à l’œuvre, qui explique que la machine ait pu se retourner contre les intentions initiales de ses fondateurs. Bien que ces derniers tinssent pour chose évidente « qu’un homme n’est pas une femme, qu’un enfant n’est pas un adulte, qu’un fou n’est pas une personne saine d’esprit » (14,48), l’impossibilité de faire référence à quelque modèle de vie bonne que ce soit était de nature à engendrer la remise en cause de toutes les valeurs partagées, forcément coupables de porter atteinte à la liberté d’autrui.

L’analyse de Michéa prête cependant le flanc à la critique libérale. Celle-ci concerne surtout le diagnostic d’un marché tout puissant qui aurait littéralement broyé l’État. En effet, s’il n’est pas douteux que nous vivions sous la férule d’un progressisme moral débridé, est-il si sûr que nous soyons les acteurs ou témoins du « monde sans âme du capitalisme contemporain » ? Comme le remarque judicieusement Finkielkraut, l’État-providence, au moins dans nos contrées, n’a pas disparu. Mais c’est sans doute pour cette raison (la persistance d’un filet social) que l’on vit mieux, encore, en France ou en Espagne qu’au Royaume-Uni ou qu’à Chicago où ce filet social n’existe pas ou si peu. On pourra aussi remarquer, pour conjurer l’idée d’un libéralisme sauvage, que les prélèvements obligatoires et leur corollaire, les politiques de redistribution, n’ont jamais été aussi importants. Pour constater aussitôt que ces politiques de redistribution, héritage du compromis historique établi après-guerre entre logique marchande et exigences sociales, sont l’objet au moins depuis les années 90 (et les politiques de déréglementation menées en GB et aux USA par Thatcher et Reagan) d’attaques permanentes visant à les remettre en cause totalement. Lordon, dans un de ses articles explique très bien comment la seule solution pour garder une demande solvable en Occident, dans un contexte de déflation salariale secondaire à la libre-concurrence et à l'exigence de rentabilité actionnariale, fut, non pas d’augmenter des salaires, mais d’encourager le surendettement des ménages (capitalisme de basse pression salariale visant à aligner l'Occident sur les standards du Bangladesh..), quitte à fourguer des emprunts à des personnes d’emblée non solvables (sub-primes).

Ainsi ce filet social, cet Etat-providence, cette redistribution tant décriés par les apôtres du libéralisme peut-il être considéré à la fois comme un vestige d’une époque révolue (?) ou le corps social avait encore la possibilité de peser dans la balance et d’imposer au Politique certaines exigences sociales, mais aussi et surtout (et paradoxalement) le produit de l’hégémonie de ce  relativisme moral et de la jungle marchande inhérents à la structuration libérale de nos sociétés modernes: ie c’est précisément parce que les communautés d’hommes regroupées autour de valeurs partagées autres que le marché et le droit ont graduellement disparues au profit de « commercial societys » composées de monades (et de nomades...) uniquement préoccupées par leur seul intérêt bien compris et l’obsession de faire valoir toujours plus de droits, que l’Etat veilleur de nuit des libéraux est amené à prendre en charge des domaines de plus en plus conséquents de la vie en communauté d’individus « retirés à l’écart et comme étrangers à tous les autres » (Tocqueville) jusqu’alors résolus par les structures d’existence organiques des sociétés holistes, l’entraide et les solidarités naturelles de toute vie en communauté.

Soit une vision contractuelle (Locke) de la société (avec un contrat désormais basé sur le seul marché « auto-régulé » et sur une palanquée de droits naturels et positifs dés lors que toute valeur morale, philosophique et religieuse est bannie de l’espace public car susceptible de réintroduire les conditions de ces fameuses guerres civiles de religion, terreur des penseurs libéraux. A juste titre). Sans évoquer la providentielle « main invisible » de Smith ou l’idée d’un « ordre spontané non subordonné à un quelconque dessein » d’Hayek. Contre une vision communautaire de la société organisée autour d’un certain nombre de « valeurs civilisationnelles communes » (Aristote) censées dire le Bien ou le Vrai. Le vieux débat communautariens vs libéraux. L’ennui est qu’à force de vouloir bannir (« privatiser ») tous les liens, toutes les formes d’appartenances et affiliations diverses des hommes, on risque de voir resurgir des formes identitaires archaïques et violentes comme l’ethnique, le religieux ou le sang…

Sur le fond, le lecteur de Reymond n'a pas compris/saisi le fait que cette philosophie libérale, comme le capitalisme, est un fait social total, imprégnant tous les champs d'activité et de réflexion anthropologiques, délégitimant toute autre forme de vision du monde que cette vision juridico-marchande qui est la nôtre: nous autres modernes, quels que soient notre façon d'être ou d'agir ou de penser, pensont en modernes et rien d'autre.

« Même si nous en avions la tentation, beaucoup de considérations puissantes nous en empêcheraient. Tout d’abord et surtout, les images et les statues des Dieux ont été brûlées et réduites en pièces : cela mérite vengeance, de toutes nos forces. Il n’est pas question de s’entendre avec celui qui a perpétré de tels forfaits. Deuxièmement, la race Grecque est du même sang, parle la même langue, partage les mêmes temples et les mêmes sacrifices ; nos coutumes sont voisines. Trahir tout cela serait un crime pour les Athéniens. » (Hérodote, The Persians wars)*

Une belle utopie, finalement.

 

* Ainsi parle Hérodote, nommant les éléments culturels clés qui définissent une civilisation pour  les Athéniens, et voulant rassurer les Spartiates sur le fait qu’ils ne les trahiraient pas en faveur des Perses. Le sang, la langue, la religion, la manière de vivre : voila ce que les Grecs avaient en commun et ce qui les distinguait des Perses et des autres non Grecs. Quelle est notre religion aujourdhui, pour nous autres modernes?

23/09/2014

symptômes

cormac mccarthy,no country for old men

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Voici quelque temps j'ai lu dans le journal que des enseignants sont tombés sur un questionnaire qui avait été envoyé dans les années trente à un certain nombre d'établissements scolaires de tout le pays. Donc ils ont eu entre les mains ce questionnaire sur les problèmes rencontrés par les enseignants dans leur travail. Et ils ont retrouvé les formulaires qui avaient été remplis et renvoyés par des établissements de tout le pays en réponse au questionnaire. Et les plus gros problèmes signalés c'étaient des trucs comme parler en classe et courir dans les couloirs. Mâcher du chewing-gum. Copier en classe. Des trucs du même tabac. Alors les enseignants en question ont pris un formulaire vierge et en ont imprimé un paquet et ont envoyé les mêmes formulaires aux mêmes établissements. Quarante ans plus tard. Voici quelques-unes des réponses. Les viols, les incendies volontaires, les meurtres. La drogue. Les suicides. Alors ça m'a fait réfléchir. Parce que la plupart du temps chaque fois que je dis quelque chose sur le monde qui part à vau-l'eau on me regarde avec un sourire en coin et on me dit que je vieillis. Que c'est un des symptômes. Mais ce que je pense à ce sujet c'est que quelqu'un qui ne peut pas voir la différence entre violer et assassiner des gens et mâcher du chewing-gum a un problème autrement plus grave que le problème que j'ai moi. C'est pas tellement long non plus quarante ans. Peut-être que les quarante prochaines années sortiront certains de leur anesthésie. Si c'est pas trop tard. »

Cormac McCarthy, No Country for old men

tuesday wear

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22/09/2014

blingpride

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"8 millions de téléspectateurs pour le retour de Sarkozy sur France 2" source

consternant. y en a vraiment qui n'ont rien à foutre. et rien dans la tronche. gloomy monday:(

20/09/2014

arnaques, crimes et pétrole

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Comme le dit le fasciste (juif) Zemmour, "mais c'est l'Arabie saoudite qu'il faut bombarder, Nicolas!" et pas la Mésopotamie, déjà ravagée par l'hubris des anglo-saxons (et dans une moindre mesure par les conflits inter-ethniques et intra-confessionnels religieux). Le fasciste juif Zemmour a raison, comme souvent: si on veut -absolument-  détruire le pouvoir de nuisance de ces sunnites radicaux, et bien il faut bombarder ceux qui les financent et les arment, ie, les vertueuses pétromonarchies sunnites du golfe et les chancelleries occidentales qui, il y a peu, nous expliquaient qu'il "fallait tuer le méchant Bachar" ou le "machant Saddam" (variante) quitte à armer tout et n'importe qui -notamment ceux que nos 2 rafales bombardent depuis quelques jours- en Mésopotamie...

Mais les pauvres niais qui ont cru une seconde qu'Obama et Hollande voulaient "sauver les chrétiens d'Orient" ne comprennent plus pourquoi, d'un coup, il faut sauver les puits d'Erbil et pas autre chose...pauvres guignols (je ne parle pas du sayan BHL, bien sûr).

Les chrétiens d'Orient sont le nième alibi de guerres pétrolières dans le croissant fertile. Finalement un esprit mal tourné pourrait se demander si les nervis de l'armée islamique au Levant et en Irak (monstre oh combien protéiforme) n'ont pas juste été mandatés par les puissants du moment pour détruire quelques sanctuaires chrétiens au moment ou l'ex-Irak sombre dans le chaos inter ethnique et la guerre civile comme prévu depuis la première intervention des missionnaires Yankees et de la vertueuse madeleine Albright, alias "500 thousands".

De la même façon, la décapitation opportune de quelques idiots utiles occidentaux par des méchants barbares tombe à pic pour légitimer l'agitation meurtrière de pitres invertébrés comme Obama ou Hollande, totalement incapables de gérer l'effondrement de leur propres nations mais prompts à saisir une occasion aussi spectaculaire de se montrer résolus et agissants...

Au fond,il est bien dans la nature de l'Islam de persécuter ou de convertir les chrétiens en terre d'islam à peu prés depuis 14 siècles... Cela pourrait être ennuyeux, voire constituer un casus belli, en dehors de leur aire civilisationnelle, mais cela n'est pas le cas en l'occurrence.

Nihil novi sub sole..comme dit Georgia:)

photo: soldat occidental en mauvaise posture


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17/09/2014

saboteur

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"Aucun de nous n'était enchanté d'aller combattre dans une zone comptant deux mille ennemis. On savait comment ça s'était terminé pour les autres et on espérait ne pas être victimes, nous aussi, d'une erreur stratégique de notre commandement. Chaque fois qu'on se retrouvait derrière la ligne, sur le territoire contrôlé par l'ennemi, on avait l'impression de jouer à la roulette russe. Les préparatifs étaient toujours les mêmes: contrôler nos armes, ajuster nos gilets pare-balles et remplir nos poches de munitions. D'ordinaire, chacun de nous avait sur lui seize chargeurs longs, quatre ou cinq grenades à main, et un pistolet avec quelques chargeurs de réserve. On n'attachait jamais notre pistolet à la ceinture, comme on le fait normalement; on le glissait sous notre gilet pare-balles, à hauteur du ventre ou de la poitrine où on avait une poche spéciale cousue à la main. Avant de partir, on sautillait sur place ou bien on exécutait quelques mouvements brusques, pour s'assurer que tout était bien fixé et pour ne pas risquer de faire du bruit au mauvais moment. Nos fusils aussi étaient modifiés pour les rendre les plus silencieux possibles durant nos déplacements: la première chose qu'un saboteur devait faire avec sa kalachnikov, c'était de scier les grenadières dans lesquelles on insérait la bretelle. D'ordinaire, les parties métalliques se heurtaient continuellement en faisant un boucan d'enfer: la nuit surtout avec l'humidité, ce bruit pouvait se propager jusqu'à une dizaine de mètres de distance. On utilisait la bretelle classique de la kalachnikov -ou éventuellement une corde d'alpinisme, celle de dix millimètres de diamètre- et on la fixait avec plusieurs tours de ruban adhésif pour électricien directement sur la crosse pliante et sur la poignée, en plastique sur les modèles récents et en bois sur les modèles plus anciens. Dans les combats en ville où on devait rester libres de nos mouvements tout en ayant le fusil à portée de main, on attachait notre kalachnikov avec le ruban à hauteur de poitrine, contre le gilet pare-balles. Moi, je portais mon gilet pare-balles toujours et partout: c'était un peu comme un sous-vêtement. J'allais même aux toilettes avec. "

"(...)D'habitude, dans les opérations en ville, on était armés que de kalachnikovs, on en avait toujours deux ou trois sur nous. Moi, j'avais mes deux fusils: le VSS que je portais en bandoulière dans le dos avec cinq chargeurs pour un total de cinquante balles, tandis que, dans les mains, je serrais mon fidèle AKSM, le fusil d'assaut des paras, un modèle à canon court, avec un compensateur renforcé, une crosse pliante et un viseur dioptrique, celui avec le point rouge, qu'on appelait pour rigoler "l'ampoule de Lénine". Cette fois, cependant, l'opération était particulièrement dangereuse, et Nossov avait également pris un lance-grenades chargé, plus un sac à dos avec trois autres grenades. Deux de nos hommes avaient des mitrailleuses légères calibre 7.62. On portait des gilets pare-balles légers et, en dessous, un survêtement, on était en baskets et on n'avait pas de casques, juste des bonnets normaux. Le mien était gris avec un pompon au sommet. Les gars des autres unités se moquaient de nous. Ils nous appelaient les "clodos" parce qu'on s'habillait avec ce qui nous tombait sous la main. En réalité, ils n'aimaient pas porter l'uniforme, ils auraient préféré faire comme nous qui, quand il faisait chaud, portions des shorts. Aucun de nous ne se rasait; on avait tous un bouc ou au minimum une barbe de quelques jours et on avait souvent les cheveux longs. On ressemblait davantage à un groupe de terroristes qu'à une unité de l'armée russe. C'était voulu, bien sûr, parce qu'on se retrouvait souvent derrière la ligne où il fallait se confondre avec l'ennemi; n'empêche que, de temps à autre, il arrivait que les nôtres nous tirent dessus, nous prenant pour des Arabes."

"(...) Les éclaireurs étaient harnachés à la manière des vétérans de la guerre en Afghanistan: ils n'attachaient pas de gourde à leur ceinture mais gardaient quelques bouteilles d'eau dans leur sac banane; les munitions, ils les glissaient dans les poches de leur gilet pare-balles, raccourcis sur le devant, comme les nôtres. Ils portaient leur couteau à la ceinture, à l'horizontale. Eux aussi avaient des sacoches latérales faites à la main: tous étaient armés d'un fusil de parachutiste muni d'un double chargeur; certains avaient une lunette optique ou dioptrique. L'un d'eux possédait un fusil de précision comme le mien, un Modèle VSS équipé d'un silencieux intégré; comme moi, il transportait sa lunette de visée dans son sac à dos, enveloppée dans un linge souple pour qu'elle ne s'abime pas. Ils ne semblaient pas angoissés. Leur visage était celui des gens qui vivent en temps de guerre: des yeux cernés, des rides profondes, la peau desséchée, ravinée par le vent, le froid et la faim. Mais dans leur regard, il y avait ce mélange d'humilité et de sagesse que seul possède celui qui est habitué à mourir et à ressusciter plusieurs fois par jour. C'étaient des hommes capables d'assister leurs amis à l'agonie avec la tendresse d'une mère aimante qui, le soir venu, emmène ses enfants se coucher avec la certitude d'aller les réveiller le lendemain matin..."

"(...) Nossov a fait signe aux autres de se tenir sur le qui-vive, puis il m'a murmuré à l'oreille un ordre précis: "Feu!" J'ai respiré à pleins poumons et j'ai retenu mon souffle: le corps immobile comme une souche, j'ai pressé sur la détente. Comme je l'ai dit, mon fusil était un modèle très silencieux: un fois tirée, la balle fendait l'air, telle une flèche décochée d'un arc. D'ailleurs, les militaires russes appellent souvent le VSS "la flèche noire". J'ai tiré quatre autres balles en une fois, en visant toujours à hauteur du cou: aucun d'eux n'a eu le temps de se lever du tronc, ils sont tombés à terre l'un après l'autre. Les balles n'étaient pas très puissantes, elles tuaient, un point c'est tout. Elles fracassaient la tête de l'ennemi sans provoquer dans son corps ces violents soubresaut qui risquaient d'alerter ses voisins. C'était, pour ainsi dire, une mort paisible: dans ma lunette, la victime semblait encore vivante; si la balle l'atteignait à la tête, on la voyait esquisser un geste rapide de la main, comme si elle repoussait une mèche de cheveux sur son front, puis elle s'immobilisait et, aussitôt après, elle s'écroulait, telle une marionnette dont on a brutalement coupé les fils."

Nicolaï Lilin, Vie d'un soldat en Tchétchénie, 2012.

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musik: lube kombat

cohérence ethnique et double ethique

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« Au CRIF, la thématique du « vivre ensemble » est une préoccupation de chaque instant »

Propos recueillis par Katja Epelbaum, interview de Marc Knobel, Directeur des Études du CRIF, publiée dans Hamodia le 17 septembre 2014

"Comment cette thématique s’est-elle imposée à vous ?

Au CRIF, la thématique du « vivre ensemble » est une préoccupation de chaque instant, à travers l’action et les échanges avec l’ensemble des corps constitués de la société civile. Nous avons toujours voulu exprimer notre opinion à différents interlocuteurs quelque soit le sujet, nous avons toujours cherché à expliquer, notamment quand la situation devenait conflictuelle ou menaçait la communauté juive, afin d’instaurer un dialogue et de pacifier.(...)" source/CRIF

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bla bla bla, Knobel est bien le clone de son coreligionnaire Meyer Habib, spécialiste du double standard, comme l'écrivait fort bien Deschamps sur Scriptoblog:

" (...) Si l'on résume donc la position d'un homme comme Meyer Habib, nous sommes obligés de dire qu'en France, en tant que vice-président du CRIF, il défend une société multiculturelle (où les Juifs de la Diaspora sont comme des poissons dans l'eau), tandis qu'en Israël, il fait campagne pour Netanyahou sur une ligne "dure" (Israël, état unitaire juif, dans une vision compatible avec celle de Lieberman). Derrière ce paradoxe, on discerne deux caractéristiques qui suffisent au fond à circonscrire le paradigme à l'intérieur duquel le CRIF évolue :

a) Total soutien à Israël, droit pour l'Etat juif de défendre bec et ongle une identité cohérente, donc une véritable doctrine identitaire juive,

b) Refus absolu d'accorder aux peuples non-juifs un droit similaire à revendiquer la cohérence de leur identité propre, afin de maintenir la possibilité, pour les Juifs de la Diaspora, de se réclamer de deux identités simultanément.

On constatera donc en premier lieu que le CRIF, tiraillé entre les intérêts de la Diaspora en France et ceux de l'Etat d'Israël, tient deux discours parce qu'il y est contraint. Ceci implique d'une part que les membres du CRIF parlent du seul point de vue de leurs intérêts (ils ne sont pas les seuls, évidemment), d'autre part que leurs intérêts les rattachent en partie à une puissance étrangère (ce qui pose clairement le problème de la double allégeance). Cependant, au-delà de ces constats somme toute universellement admis désormais, la capacité des membres du CRIF à assumer leurs contradictions dit quelque chose sur leur formule de pensée.

Ce paradigme contradictoire ne l'est  en effet que si l'on admet, comme la plupart des gens, que toutes les identités ont le droit d'être, séparément mais au même niveau, parce qu'on admet qu'elles sont toutes de même nature. La contradiction interne est cependant résolue si l'on admet que l'identité juive est vue par les membres du CRIF comme supérieure par essence aux autres identités. Et puisqu'il est évident que ces gens ne peuvent assumer leur pensée qu'en dépassant les contradictions internes, il faut forcément conclure qu'à leurs yeux, l'identité juive est bel et bien d'ordre supérieur. C'est pourquoi, à leurs yeux, il est normal qu'un droit accordé aux Juifs ne le soit pas aux non-juifs. Une inégalité des droits qui fonde bel et bien une vision raciste, ou en tout cas (si l'on considère que la judéité n'est pas un fait racial), un différencialisme de domination.

Dans ces conditions, on comprendra que les "leçons de morale" prodiguées chaque année par les membres du CRIF aux dirigeants du peuple français (et à travers eux à tous les Français) n'ont qu'une portée limitée. Ou pour le dire plus brutalement : nous devons considérer que la relation avec les milieux pro-israéliens incarnés dans le CRIF est un pur rapport de forces, qui doit être géré comme tel, sans considération aucune pour des valeurs d'égalité, de fraternité, d'universalité, qui sont totalement étrangères à l'univers mental de notre vis-à-vis. Souhaitons que cette conclusion débouche sur une voie de négociation raisonnable, et pas sur la généralisation aux "Juifs de France" des jurisprudence qu'ils établissent eux-mêmes, en Israël/Palestine."

source/ Scriptoblog/ Maurice Deschamps


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"Le nouveau ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, réussit l'exploit de ne pas payer l'ISF alors même qu'il est marié à une femme (de 56 ans) héritière d'une des grandes familles bourgeoises d'Amiens, , qu'il détient une villa huppée au Touquet (résidence secondaire ne bénéficiant pas d'un abattement de 30% pour résidence principale), qu'il a été payé durant ses études à l'ENA, qu'il est inspecteur des Finances depuis 2004,  (revenu minimal 12000 euros/mois) et a été secrétaire général adjoint de l'Elysée de 2012 à 2014  (14910 euros par mois plus tous les avantages évidents qui en découlent, ayant entretemps rejoint la banque d'affaires Rothschild et Cie en 2008, successivement comme banquier d'affaires (2008-2011) puis associé gérant (2011-2012). A ce titre, il a reconnu avoir touché deux millions d'euros brut, soit au moins un million net, pour la seule période allant de décembre 2010 à mai 2012 (Question: comment faire confiance  à un ministre de l'Economie, sans enfants, fils de deux médecins, marié à l'héritière d'une grande famille bourgeoise provinciale, membre du groupe de Bilderberg, Young leader de la French American Foundation, disposant d'énormes avantages professionnels, qui n'a pas réussit, en dix ans,  à accumuler 1.3 million d'euros tout en gagnant chaque année entre 200.000 et un million d'euros bruts?)." Faits et documents, 15-30/09/2014.

"Thomas Thevenoud: le 26 aout 2014, ce proche d'Arnaud Montebourg était nommé secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des français de l'étranger dans le gouvernement Valls II en remplacement de Fleur Pellerin. Il démissionnera le 04 septembre, soit neuf jours plus tard, en indiquant dans un premier temps que cette démission intervenait "à sa demande pour des raisons personnelles". On apprendra un peu plus tard, d'une source gouvernementale qu'il s'agissait d'un "problème de conformité avec les impôts". Selon Mediapart, Thomas Thevenoud ne déclarait pas ses impôts depuis plusieurs années et avait fait l'objet d'une mesure de recouvrement forcé. Ironie de l'histoire, il était vice président de la mission d'information sur la fraude fiscale depuis mars 2013 et avait membre de la commission d'enquête parlementaire lors de l'affaire Cahuzac. (...) Pour l'heure, nul ne s'est intéressé à son épouse, Sandra Thevenoud, militante PS elle aussi, ancienne assistante parlementaire de Pierre Moscovici et actuel chef de cabinet  du président du Sénat, Pierre Bel." Ibid.

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"Alors qu'il a déjà versé plusieurs centaines de milliards, le gouvernement allemand va offrir gracieusement  3000 euros à 75.000 juifs allemands nés à partir du premier janvier 1928, y compris ceux qui n'ont jamais été détenus, pour le "traumatisme psychologique et médical causé durant l'enfance" Ibid.