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18/04/2015

zeitgeist

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"En Afrique du Sud, on lynche sans désemparer les étrangers. Que serait il arrivé, là-bas, à un récidiviste, en situation irrégulière qui aurait violé et tué une enfant de 9 ans ? Toute la famille et le quartier l'aurait découpé en morceau. Ils sont, à la limite, plus civilisés que des bureaucrates qui pensent "indemniser", pour un peu d'argent. Le barbare, c'est celui qui ne raisonne qu'en termes d'argent." Patrick Reymond, La chute.

photo: rooo max, tu nous manques!


podcast

16/04/2015

Whatsap?

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" (...) Cette deuxième guerre mondiale  fit 50 millions de morts dont 17 millions de soviétiques et 9 millions d'allemands. la Pologne, les autres pays occupés d'Europe, et aussi les millions de soldats d'Afrique ou d'Asie mobilisés pour cette guerre qui, comme la première, était née de rivalités occidentales, payèrent un lourd tribut de morts. (...)

L'assassinat d'un seul innocent, qu'il soit juif ou qu'il ne le soit pas, constitue déjà un crime contre l'humanité. Mais si le nombre de victimes n'a, à cet égard, aucune importance, pourquoi s'accrocher depuis plus d'un demi-siècle, au chiffre fatidique de six millions, alors qu'on ne considère pas comme intouchable le nombre des victimes non-juives de Katyn, de Dresde, ou Hiroshima et de Nagasaki, pour lesquelles il n'a jamais existé de nombre d'or, alors que le chiffre de six millions a été sacralisé, bien qu'il ait constamment fallu réviser à la baisse ce nombre d'une seule catégorie de victimes dont les injustes souffrances ne sont pas contestables:

Pour le seul camp d'Auschwitz-Birkenau:

-9 millions, disait en 1955, le film d'Alain Resnais "Nuit et Brouillard" par ailleurs fort beau et profondément émouvant,

-8 millions selon les Documents pour servir à l'histoire de la guerre. Camps de concentration Offices français d'édition, 1945, p.7,

-4 millions d’après le rapport soviétique auquel le tribunal de Nuremberg a donné valeur de preuve authentique en vertu de l'article 21 de ses statuts qui stipulaient: "les documents et rapports officiels d'enquête des gouvernements allés ont valeur de preuve authentique". Ce même article 21 proclamait: "Ce tribunal n'exigera pas que la preuve de faits de notoriété publique soit rapportée. Il les tiendra pour acquis."

-2 millions selon l'historien Léon Poliakov dans son Bréviaire de la haine, Calman levy, p. 498,

-1 million deux cent cinquante mille, selon l'historien Raul Hillberg, La destruction des juifs d'Europe, Ed Holmes and Mayer, 1985, p.895,

-950000 à 1.2 million selon François Bedarida, directeur de l'Institut de temps présent au CNRS (source Le Monde 23/07/1990).

L'on en continue pas moins, après avoir officiellement réduit le nombre des victimes à Auschwitz-Birkenau de 4 à 1 million de répéter le chiffre global: 6 millions de juifs exterminés selon l'étrange arithmétique: 6-3=6."

Roger Garaudy, Les mythes fondateurs de la politique israélienne, 1998.

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"Ce livre est à la fois une anatomie et une mise en accusation de l'industrie de l'holocauste. Dans les pages qui suivent, je vais soutenir que "l'holocauste" est une représentation idéologique de l'holocauste nazi. Comme beaucoup d'idéologies, elle a un rapport, si étroit fût-il, avec la réalité. "L'holocauste" est une construction non pas arbitraire mais dotée d'une cohésion interne. Ses dogmes principaux soutiennent des intérêts politiques et sociaux significatifs. En fait, "l'holocauste" s'est avéré une arme idéologique indispensable. Grâce à son déploiement, l'une des puissances militaires les plus formidables du monde, dont les manquements aux droits de l'homme sont considérables, s'est posé en état-"victime" et le groupe ethnique le plus florissant des Etats-Unis a, lui aussi, acquis le statut de victime. Des bénéfices considérables découlent de ce statut injustifié de victime, en particulier, une immunité face à la critique, même la plus justifiée. Ceux qui jouissent de cette immunité, ajouterai-je, n'ont pas échappé à la corruption morale qui va de pair avec elle. De ce point de vue, le rôle d'Élie Wiesel, interprète officiel de l'holocauste, n'est pas un hasard. Il est évident qu'il n'est pas parvenu à cette position par son action humanitaire ou ses talents littéraires. Il joue le premier rôle plutôt parce qu'il articule sans la moindre fausse note les dogmes de l'holocauste, défendant par là même les intérêts qui le sous-tendent."

Norman Finkelstein, L'industrie de l'holocauste, 2000.


15/04/2015

Welcome™

 L'immigration clandestine pour les bobos lecteurs de Télérama et autres activistes clandestinophiles:

et pour les européens en prise avec le réel..


 

Salut à la guerre, donc!*

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"Mr Claude Guéant, a estimé, à Nantes, que l'accroissement du nombre de musulmans en France posait problème." Claude Guéant (source)

Le pauvre Guéant -aujourd'hui inquiété largement dans le financement de la campagne présidentielle du pauvre Sarosy par le pouvoir Lybien- avait évidemment raison mais aura oeuvré méthodiquement sa vie politique durant pour limiter toute réduction de ces populations allogènes: c’est une ordure.

L’afflux continu, non contrôlé, massif de populations allogènes en Europe, en France notamment, est une menace pour la paix civile et sans doute l’existence même des nations européennes, chacun, même les lecteurs de Télérama ou du pitre Fassin peut le comprendre. Mais Guéant était alors évidemment en service commandé pour tenter de sauver la Sarkosie du naufrage électoral en usant de quelque "marqueur" de droite, comme l'ectoplasme hollandais use aujourd'hui de "marqueurs de gauche" pour limiter l'effondrement de son parti dit "socialiste" en cherchant l'adoubement de la pauvre martine du Nord ou de quelques progressistes verts en manque de sinécure.

Le cynisme de ce genre de personnage est donc total : il sait parfaitement la réalité du remplacement démographique à l’œuvre et les perspectives démographiques à court terme (une ou deux générations au plus) qui montrent sans doute dés 2050 un basculement démographique (volontairement occulté par toute une bureaucratie -genre INED, Patrick Weil, etc.) et des populations d’origine européenne minoritaires par rapport aux populations extra-européennes, notamment d’origine africaine ou asiatique. Guéant, comme JF Kahn par exemple ou ses épigones progressistes, le sait, l’a intériorisé mais ne juge pas nécessaire, sauf grand danger électoral, d’en informer ses compatriotes. Ce genre d’assertion –fondée- est extraordinaire dans la bouche d’un cacique du fameux « cercle de raison » du pitre Minc. Extraordinaire car c’est une vérité et qu’elle touche à un domaine tabou et soigneusement démonisé par la classe médiatico-politique régnante afin que le peuple ne puisse s’en saisir.

Pourquoi une menace pour la paix civile ? Parce que les musulmans appartiennent à une civilisation dont les valeurs sont essentiellement étrangères à celles de notre civilisation, « helléno-occidentale » comme dit Castoriadis. Parce que tous les outils d'assimilation (travail, armée, école, ascenseur social, corporations, pression indigène) ont été -volontairement- détruits et que -anyway- on n'assimile que des individus, non des peuples entiers. Parce que notre civilisation européenne est singulière par sa mise en question d’elle-même et par sa quête de l’autonomie. Par son code génétique original et son histoire (héritage grec, christianisme médiéval, Réforme, Lumières) qui ont produit cette défiance, cette interrogation permanente à l’égard de toute hétéronomie. Notamment religieuse. Parce qu’accepter la venue, sur un temps historique aussi court et à si grande échelle, de peuples aussi étrangers à nous-mêmes c’est, dans le meilleur des cas, faire le pari (?) que ces populations sauront effectuer cette transformation anthropologique singulière en un délai très court (alors que cela n’a pu se faire en 14 siècles partout ailleurs en terre d’islam), dans le pire des cas accepter la possibilité de nouvelles « guerres de religion » sur le sol européen. A court terme, comme une fatalité.

"Les Français de souche européenne qui naissent aujourd’hui mourront dans une France au profil majoritairement africain et asiatique. La perspective pour l’Europe apparaît désormais de manière claire : à la fin du siècle [XXIème], les européens seront devenus minoritaires sur la partie européenne du continent eurasiatique. Comme ils ne sont pas les Etats-Unis, une nation fondée sur une idéologie puissante capable de fabriquer des américains à partir d’origines ethniques différentes, ils seront incapables d’assimiler les populations extra-européennes à leur civilisation. Les Européens n’ont donc qu’un seul choix pour éviter à leurs enfants un avenir de minorité, semblable à celui des blancs d’Afrique du Sud, repliés sur leurs bantoustans blancs : repasser le film de l’immigration à l’envers et relancer la natalité européenne." (Aymeric Chauprade)

L’étrangeté de la situation contemporaine réside dans le fait que tous les Guéant de ce monde, ces dépositaires de cette civilisation unique, ces héritiers d’Hérodote visitant la méditerranée Orientale et admiratifs des cultures « barbares », ou de ces mémorialistes qui accompagnèrent Alexandre en Asie, ou de Marco Polo parcourant la Chine, se font les pires contempteurs de ce que nous sommes et participent, nolens volens, à l’épuisement de cette culture européenne. Au lieu de simplement la transmettre et la protéger. Mais peut-être cet épuisement nous est-il consubstantiel? Le paradoxe est que ces libéraux-libertaires, ces pygmées « néo-libéraux » (si bien représentés par le pauvre Hollande ou le septuagénaire Juppé), héritiers malgré eux de cette quête d’autonomie et d’émancipation des occidentaux, sont ceux qui travaillent activement à réintroduire dans les sociétés européennes les conditions de nouvelles guerres de religion, de nouveaux massacres, via l’irruption soudaine d’étrangers en grand nombre.

Non pas que d’autres hommes appartenant à d’autres civilisations n’aient jamais eu cette préoccupation anthropologique ou émancipatrice (je pense à Ibn Batouta, grand voyageur, et Ibn Khaldoun, historien et philosophe du XVIème siècle, pour le monde arabo-musulman, ou plusieurs siècles plutôt ces moines bouddhistes chinois dont parle Levy-Strauss qui se rendirent en Inde pour se documenter sur leur religion ou encore ces navigateurs chinois qui découvrirent les côtes orientales de l'Afrique et auraient pu naviguer jusqu'aux Amériques si l'empereur n'avait ordonné la destruction de la flotte chinoise au XVième siècle...) mais ils le firent tous contre l'essence conservatrice et hétéronome de leur civilisation alors que les occidentaux sont les produits de cette curiosité de soi et des autres. De ce décentrement unique du regard.

La distinction ami/ennemi est un des présupposé fondamentaux du politique (avec la distinction commandement/obéissance et privé/public, nous rappellent Freund et Schmitt). Nos modernes festivistes anti-racistes, héritiers des pacifistes d’avant-guerre, qui communient servilement dans la parousie d’un monde « métissé », « pluriel » ou « arc-en-ciel » où la paix règnerait entre des hommes de bonne volonté pourvu qu’ils consomment et jouissent de droits identiques, et refusent de penser le monde autrement qu’en termes économiques ou moraux/compassionnels, se condamnent –et nous avec- à voir resurgir de façon violente des conflits entres des cultures irréductibles. Nos champions de la « diversité » ont oublié ou refusent de voir que la véritable diversité, combien précieuse, réside dans la coexistence, pacifique ou non, de cultures étrangères, parfois proches, parfois irréductibles et que cette irréductibilité potentielle est une menace sans pareille lorsque l’on refuse de la nommer. Avec Freund, il faut comprendre que « la conflictualité est inhérente, consubstantielle à toute société, au même titre que la violence ou la bienveillance. » (Freund, Sociologie du conflit)

« Est nihiliste en politique celui qui croit en une sécurité et en une prospérité absolues, qui nie l’ennemi et, par faiblesse ou imprévoyance, livre une collectivité politique à la discrétion de ses rivales, parce qu’il s’est laissé tromper par le mirage de ses fins dernières. » (Freund, L’essence du politique)

Dans le meilleur des cas... Beaucoup plus souvent de nos jours par lâcheté et soumission à la tyrannie du politiquement correct. 

« Et le paradoxe veut que le projet anthropologique du néo-libéralisme conduise les individus sans repères sans combat ni projet, interdits d’être un peuple ou une nation,  à réveiller les plus anciennes déterminations de leurs origines, que sont la race, la religion ou la terre ! » (Hervé Juvin, Le renversement du monde)

* comme disait Proudhon.

 

09/04/2015

populo

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"Les journalistes et la bourgeoisie française (Charles de Gaulle)

Salon doré, 16 janvier 1963

"Le Général me répète, avec encore plus d'énergie, ce qu'il m'a dit déjà plusieurs fois au sujet des journalistes: "Peyrefitte, je vous supplie de ne pas traiter les journalistes avec trop de considération. Quand une difficulté surgit, il faut absolument que cette faune prenne le parti de l'étranger, contre le parti de la nation dont ils se prétendent pourtant les porte-parole. Impossible d'imaginer une pareille bassesse - et en même temps une pareille inconscience de la bassesse.

Vos journalistes ont en commun avec la bourgeoisie française d'avoir perdu tout sentiment de fierté nationale. Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n'importe quel abaissement de la nation. Déjà en 40, elle était derrière Pétain, car il lui permettait de continuer à dîner en ville malgré le désastre national. Quel émerveillement! Pétain était un grand homme. Pas besoin d'austérité ni d'effort! Pétain avait trouvé l'arrangement. Tout allait se combiner à merveille avec les Allemands. Les bonnes affaires allaient reprendre.

Bien sûr, cela représente 5% de la nation, mais 5% qui, jusqu'à moi, ont dominé. La Révolution française n'a pas appelé au pouvoir le peuple français, mais cette classe artificielle qu'est la bourgeoisie. Cette classe qui s'est de plus en plus abâtardie, jusqu'à devenir traîtresse à son propre pays. Bien entendu, le populo ne partage pas du tout ce sentiment. Le populo a des réflexes sains. Le populo sent où est l'intérêt du pays. Il ne s'y trompe pas souvent. En réalité, il y a deux bourgeoisies. La bourgeoisie d'argent, celle qui lit Le Figaro, et la bourgeoisie intellectuelle, qui lit Le Monde. Les deux font la paire. Elles sentendent pour se partager le pouvoir. Cela m'est complètement égal que vos journalistes soient contre moi. Cela m'ennuierait même qu'ils ne le soient pas. J'en serais navré, vous m'entendez! Le jour où Le Figaro et l'Immonde me soutiendraient, je considérerais que c'est une catastrophe nationale!"

Alain Peyrefitte: C'était de Gaulle, Editions de Fallois/Fayard, 1994.

photo: populo orthodoxe:)


podcast

08/04/2015

bagdadpride

perdre Eurydice?

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" (...) De ce point de vue, la récente « affaire » Éric Zemmour est assurément emblématique. Ce journaliste (l'un des rares représentants du « néoconservatisme » à la française autorisé à officier sur la scène médiatique) ayant, en effet, déclaré, lors d'un débat télévisé, que les citoyens français originaires d'Afrique noire et du Maghreb étaient massivement surreprésentés dans l'univers de la délinquance (et notamment dans celui du trafic de drogue), la police de la pensée s'est aussitôt mobilisée pour exiger sa condamnation immédiate – voire, pour les plus intégristes, sa pure et simple interdiction professionnelle (Beruf verboten, disait-on naguère en Allemagne). Je me garderai bien, ici, de me prononcer officiellement sur le bien-fondé de l'affirmation d’Éric Zemmour, et ce pour une raison dont l'évidence devrait sauter aux yeux de tous. Dans ce pays, l'absence de toute « statistique ethnique » (dont l'interdiction est paradoxalement soutenue par ces mêmes policiers de la pensée) rend, en effet, légalement impossible tout débat scientifique sur ces questions (un homme politique, un magistrat ou un sociologue qui prétendrait ainsi établir publiquement que l'affirmation de Zemmour est contraire aux faits – ou, à l'inverse, qu'elle exprime une vérité – ne pourrait le faire qu'en s'appuyant sur des documents illégaux). Il n'est pas encore interdit, toutefois, d'essayer d'envisager toute cette étrange affaire sous l'angle de la pure logique (« en écartant tous les faits », comme disait Rousseau). Considérons, en effet, les deux propositions majeures qui structurent ordinairement le discours de la gauche sur ce sujet.

Première proposition : « la principale cause de la délinquance est le chômage – dont la misère sociale et les désordres familiaux ne sont qu'une conséquence indirecte » (comme on le sait, c'est précisément cette proposition – censée s'appuyer sur des études sociologiques scientifiques – qui autorise l'homme de gauche à considérer tout délinquant comme une victime de la crise économique – au même titre que toutes les autres – et donc à refuser logiquement toute politique dite « sécuritaire » ou « répressive »). Seconde proposition : « les Français originaires d'Afrique noire et du Maghreb sont – du fait de l'existence d'un « racisme d'Etat » particulièrement odieux et impitoyable – les victimes privilégiées de l'exclusion scolaire et de la discrimination sur le marché du travail. C'est pourquoi ils sont infiniment plus exposés au chômage que les Français indigènes ou issus, par exemple, des différentes communautés asiatiques ». (Notons, au passage, que cette dénonciation des effets du « racisme d'Etat » soulève à nouveau le problème des statistiques ethniques mais, par respect pour le principe de charité de Donald Davidson, je laisserai de côté cette objection.)

Si, maintenant, nous demandons à n'importe quel élève de CM2 (du moins si ses instituteurs ont su rester sourds aux oukases pédagogiques de l'inspection libérale) de découvrir la seule conclusion logique qu'il est possible de tirer de ces deux propositions élémentaires, il est évident qu'il retrouvera spontanément l'affirmation qui a précisément valu à Zemmour d'être traîné en justice par les intégristes libéraux (« Le chômage est la principale cause de la délinquance. La communauté A est la principale victime du chômage. Donc, la communauté A est la plus exposée à sombrer dans la délinquance »). Les choses sont donc parfaitement claires. Ou bien la gauche a raison dans son analyse de la délinquance et du racisme d’État, mais nous devons alors admettre qu’Éric Zemmour n'a fait que reprendre publiquement ce qui devrait logiquement être le point de vue de cette dernière chaque fois qu'elle doit se prononcer sur la question. Ou bien on estime que Zemmour a proféré une contrevérité abominable et qu'il doit être à la fois censuré et pénalement sanctionné (« pas de liberté pour les ennemis de la liberté » – pour reprendre la formule par laquelle Saint-Just légitimait l'usage quotidien de la guillotine), mais la logique voudrait cette fois (puisque ce sont justement les prémisses de « gauche » qui conduisent nécessairement à la conclusion de « droite ») que la police de la pensée exige simultanément la révocation immédiate de tous les universitaires chargés d'enseigner la sociologie politiquement correcte (ce qui reviendrait, un peu pour elle, à se tirer une balle dans le pied), ainsi que le licenciement de tous les travailleurs sociaux qui estimeraient encore que la misère sociale est la principale cause de la délinquance ou qu'il existerait un quelconque « racisme d’État » à l'endroit des Africains (au risque de découvrir l'une des bases militantes privilégiées de la pensée correcte).

Le fait qu'il ne se soit trouvé à peu près personne – aussi bien dans les rangs de la gauche que dans ceux des défenseurs de droite d’Éric Zemmour – pour relever ces entorses répétées à la logique la plus élémentaire en dit donc très long sur la misère intellectuelle de ces temps libéraux. On en serait presque à regretter, en somme, la glorieuse époque de Staline et de Beria où chaque policier de la pensée disposait encore d'une formation intellectuelle minimale. Dans la long voyage idéologique qui conduit de l'ancienne Tcheka aux ligues de vertu « citoyennes » qui dominent à présent la scène politico-médiatique, il n'est pas sûr que, du point de vue de la stricte intelligence (ou même de celui de la simple moralité) le genre humain y ait vraiment beaucoup gagné. "

Michéa, Le complexe d'Orphée, 2011.

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Les lecteurs de ce blog sont habitués à la prose de Michéa. Je crois vraiment qu'il faut  lire cet homme car sa vision du monde est réellement subversive (ce qui n'est pas un objectif en soi bien sûr) en ces temps de rebellitude en peau de lapin.

Michéa fait le constat que la doctrine libérale (philosphique) repose sur une vision foncièrement pessimiste de l'homme ("incapable de vrai ni de bien" selon Pascal) qui conduisit les penseurs libéraux a s’émanciper volontairement de toute hétéronomie fondatrice (de toute socialité primaire fondée sur la triple obligation du don -donner/rendre/recevoir, de toute valeurs civilisationnelles communes, de toute tradition ou religion normatives) pour échapper aux guerres civiles religieuses qui ravagèrent le monde occidental (l'europe) au 16ème et 17ème siècle.

Id est, en s'émancipant de tout ce qui a toujours fondé la vie en communauté (mais qui est polémogène en soi) et en n'organisant la vie qu'autour du droit procédural et du libre-échange, les libéraux organisent l'autonomie des sociétés et leur auto-institution sur le plus petit dénominateur commun (c'est le sens de son essai intitulé "l'empire du moindre mal"): le moindre mal c'est ce qu'il reste quand on a évacué tout ce qui fait sens dans une communauté et permet de vivre ensemble mais qui devient éminement subjectif et sujet à caution voire à des procédures juridiques sans fin dés lors que l'on a détruit toutes les architectures de sens normatives faisant société...

Le grand truc des libéraux c'est que la liberté des uns doit s'arrèter lorsqu'elle limite celle des autres... le problème est que c'est TOUJOURS le cas! si je veux éouter de la musique à fond toute la nuit, fumer ou il me plait et avoir des relation sexuelles avec des enfants, je suis aujourdhui fondé à revendiquer ces droits! et pourquoi pas? et au nom de quoi me l'interdirait-on dés lors qu'il n'y a pas de norme commune hormis des lois fluctuantes au gré des lobbys et des campagnes d'opinion?

Le code libéral c'est le code de la route: institué par défaut pour éviter un trop grand nombre de conflit mais n'instituant AUCUNE direction commune, aucune architecture de sens partagée, aucun horizon commun hormis celui de consommer et de faire valoir des droits -par nature- extensifs (des "avancées citoyennes" sur les décombres des "derniers tabous" pour parler comme le journaleux progressiste lambda du Monde ou de Libé): sorte d'unification juridico-marchande.

Dire cela ne revient nullement à dire:

1-que Constant ou Hume ou même Adam Smith anticipaient ou espéraient ce genre de monde invivable dans lequel nous vivons mais dire penser que les prémisses de cette pensée ne pouvaient mener qu'au chaos contemporain.
2- qu'il faut jeter ce mouvement d'autonomisation et d'émancipation des sociétés occidentales -totalement singulier dans l'histoire de l'humanité- avec l'eau du bain IKEA ou DOMAC mais qu'il est urgent de déconstruire l'imaginaire progressiste/libéral (cela revient au même) qui est hégémonique aujourd’hui et comprendre qu'il n'y a pas de progrès humain sans une volonté de conservation et sans enracinement dans des valeurs communes, des traditions  fondatrices.

Une babel arc-en-ciel remplie de crétins festifs à roulettes revendicateurs et tirant dans tous les sens ne mène qu'au chaos: nous l'avons sous les yeux.

Michéa se définit parfois comme le faisait Orwell (de façon semi-ironique): un anarchiste conservateur (anarchist tory)! Ou bien un socialiste anarchiste, étant entendu pour lui que "socialisme" et "gauche moderne" n'ont strictement rien en commun tant la "gauche" contemporaine (et la "droite" idem) à définitivement adoubé l'imaginaire juridico-marchand libéral et tant le socialisme ouvrier qu'il exhume de l'histoire était étranger à tout rejet de la tradition, d'un minimum de conservation c'est-à-dire d'un enracinement fort dans une culture et des valeurs culturelles partagées...On est trés loin du nomade attalien avec sa tablette changeant de "job" et de "site" tous les 4 matins...

Aprés Orwell, Lasch ou Clouscard (ou Debord), c'est l'immense mérite de Michéa que de déconstruire l'hubris contemporaine du capitalisme globalisé version économistes de droite ou version sociologues de gauche (faut pas compter sur les Inrocks ou BHL...). Personne n'est obligé de valider cette vision du monde, mais il faut reconnaitre l'originalité de sa pensée et son caractère authentiquement subversif.


podcast

photo: un monde décent

07/04/2015

atmosphere

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"Bis repetita. Avant de jouir d’un bureau luxueux à Radio France, Mathieu Gallet aurait déjà bénéficié d’une grosse enveloppe à l’Institut national de l’audiovisuel. Le PDG de la Maison de la Radio, qui connaîtra mercredi son quatorzième jour de grève consécutif contre le plan social, a dépensé plus d’un million d’euros en frais de conseils et 125.000 euros pour rénover ses bureaux, aux frais de l’INA, selon Le Canard enchaîné dans son édition à paraître mercredi.(…)" RTL

Marrant, les salaries de Radio-France découvrent la lutte des classes!

Le beau Tancrède, alias mathieu Gallet, ci-devant mignon du pauvre frédéric Mitterrand -et de bien d'autres happy fews biens en vue- dépense sans compter pour décorer sa bonbonnière ou agrémenter sa com alors que radiofrance (RF) est dans le collimateur de la cour des comptes pour une gestion opaque et dispendieuse depuis des années et planifie des réductions budgétaires drastiques et quelques charettes de plumitifs et autres parasites bien-pensants mais gay-friendly...

Le petit-fils d'agriculteurs du sud-ouest immigrés italiens, bien-pensant et homosexuel notoire -donc martyre de la cause progressiste et icone de l'émancipation de l'humanité- se comporte comme le dernier des global leaders à bonus et coke en soumettant aux lois d'airain du capitalisme globalisé la termitière libérale-libertaire de radiofrance.

Les bobos irréprochables de RF découvrent -horresco referens- que MG n'est pas du même monde et préfère la fréquentation des backrooms à celle des rédactions....celle des bernard Arnault, Jean-Bernard Levy, denis Pingaud, Delanoë ou Julliard à celle des des pisse-copies et des trimards de RF qui puent de la gueule et se prennent dans la tronche la botte souveraine du réel en l'occurrence la réalité tangible d'intérêts de classe irréductibles et l'arnaque du front progressiste arc-en-ciel et anti-fasciste. lol!

Des solidarités de classe, oui, de genre, non.

Comble de l'horreur, un sondage récent dévoile que nombre d'auditeurs réguliers de RF préfèrent la play-list de cette même chaine en grêve à la logorrhée ébolesque quotidienne des Jean-Marc Four (ho!), ilhana Moryoussef, Stéphane Leneuf, sonia Bourhan et autres Demorand ou Cohen.

 Il y a parfois des petits bonheurs dans l'existence, c'en est un.

"Ils s'accoudèrent dans l'ombre au bastingage" Archiloque de Paros, Fragments.

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 Hey! FUCK the people!


podcast

03/04/2015

des nouvelles du bas-empire

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"On se demande souvent pourquoi les églises, aujourd'hui, se vident, et en fait pourquoi le christianisme, en Europe, est tout simplement en train de mourir, dit le Visiteur. A cela, bien sûr, plusieurs raisons, mais la moindre, me semble-t-il, n'est pas l'attitude actuelle des églises sur la question de l'…, attitude que résume bien la récente visite du pape à Lampedusa. Comparons la posture du pape actuel à celle de son lointain prédécesseur au XVIe siècle, Pie V, qui en appelait, juste avant Lépante, à la résistance à l'envahisseur. Quel contraste! En ce sens, la désaffection présente à l'égard des églises rejoint celle, manifeste également, à l'égard de l'Etat républicain et de ses institutions bringuebalantes. Dans un cas comme dans l'autre, il y a un sentiment d'abandon, sentiment s'articulant à une constatation hélas objective: celle selon laquelle le berger a trahi sa charge, autrement dit ne protège plus le troupeau confié à ses soins. Et non seulement cela (ne le protège plus), mais a complètement basculé dans l'autre camp: celui du loup. D'où, justement, ladite désaffection, désaffection teintée parfois de mépris. Comment ne pas mépriser le berger qui (par faiblesse, lâcheté, stupidité profonde, vénalité, idéologisme, démagogie: peu importe) trahit la charge qu'on lui a confiée: la trahit pour pactiser avec le prédateur ?"
 
Eric Werner

dirty harry

31/03/2015

ethnocentrisme

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"Israël Shahak est un des nombreux «rescapés de l'Holocauste». Né à Varsovie en 1933, il passe son enfance au camp de Bergen-Belsen. En 1945, il émigre en Israël et sert dans l'armée juive Tsahal. Militant des droits de l'homme, il collabore au journal Haaretz et s'attaque à l'obscurantisme religieux juif et à son influence dans la vie politique de l'Etat colonial d'Israël. Juif et «israëlien», il est donc ethniquement irréprochable et politiquement correct.

Tout commence en 1965, lorsque Shahak est témoin d'un incident qui le marquera profondément. Dans un quartier de Jérusalem un non-juif (goy) s'effondre brusquement, victime semble-t-il d'une crise cardiaque. Prié de mettre son téléphone à disposition pour appeler une ambulance, un juif religieux refuse, en invoquant la Halakha qui lui interdit de sauver un non-juif le jour du Sabbat. Shahak interroge peu après les membres de la Cour rabbinique de Jérusalem; ces membres sont nommés par l'Etat d'Israël. Ceux-ci répondent que la personne qui a refusé l'usage de son téléphone a agi conformément aux lois religieuses et ils se réfèrent à l'abrégé des lois talmudiques. Finalement les autorités rabbiniques tant en Israël que dans la diaspora n'ont jamais fait machine arrière et ont toujours refusé de modifier ou de supprimer la moindre prescription sabbatique. Il est donc interdit à un juif de profaner le jour du Sabbat pour sauver un non-juif. Par contre la violation du Sabbat est permise pour sauver un juif. Dérouté et scandalisé par cette discrimination raciste, Shahak se met à étudier les lois talmudiques. Il nous livre le fruit de trente ans de recherches et d'un demi-siècle de vie dans la Terre promise. 

De la Déclaration Balfour qui promettait aux sionistes «l'établissement d'un foyer national juif sans porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non-juives établies en Palestine» -- donc un état pluraliste -- on en est arrivé à la consolidation d'un Etat dont les lois et règlements sont fortement imprégnés de l'idéologie des rabbins orthodoxes, expansionniste (le Grand Israël) et pratiquant l'apartheid et la xénophobie. Shahak découvre qu'il y a deux catégories de citoyens: les juifs et les non-juifs (Druzes et Arabes), ces derniers ne jouissant ni du droit de résidence, ni du droit au travail, ni de l'égalité devant la loi. Le lecteur français remarquera que les représentants du peuple élu qui se plaignent d'avoir eu leurs papiers estampillés de la mention «juif» sous Vichy et en Union soviétique imposent à présent en Israël des cartes d'identité où ne figure jamais la nationalité israélienne mais la mention soit «Juif», soit «Arabe», soit «Druze». Le critère est donc racial ou ethnique. «Toutes les requêtes introduites auprès du ministère de l'intérieur en Israël pour supprimer ces mentions discriminatoires et y substituer l'indication de la nationalité israélienne ont été vaines». En Israël, les juifs constituent donc bien une catégorie de citoyens privilégiés et la source de ces dispositions juridiques en est le Talmud, qui imprègne la vie sociale et même les relations diplomatiques. 

Il y a quelques années déjà, Alfred Lilienthal, juif non sioniste, qui partage les mêmes convictions humanistes de Shahak, reprenait les déclarations de la Haute Cour de l'Etat d'Israël de janvier 1972: «Il n'y a pas de nation israélienne distincte du peuple juif résidant en Israël et dans la diaspora». Selon cette loi commentait-il, «un juif peut devenir citoyen d'Israël en une minute dès qu'il a pris pied sur le sol du pays, mais ce statut peut être enlevé à tout moment à un Arabe même s'il est né dans le pays habité par ses ancêtres depuis plus de mille ans». Depuis 1948, les expropriations et expulsions de centaines de milliers de Palestiniens se sont succédé sans relâche. Tsahal fait sauter les maisons et raser les villages pendant que les habitants sont aux champs. Israël n'est donc une démocratie que pour les juifs. Pour les autres, c'est un Etat totalitaire et xénophobe pratiquant l'apartheid. L'écrivain Yoram Bar Porath déclarait en 1972: «Les dirigeants israéliens ont le devoir d'expliquer clairement au public un certain nombre de faits tombés progressivement dans l'oubli: qu'il n'y a ni sionisme, ni installation du peuple juif sans éviction des Arabes et expropriation de leurs terres». 

En 1948 et 1949, Israël a adopté l' «Emergency Defense Regulations» de l'armée britannique qui donnent l'autorisation d'entrer dans n'importe quelle maison quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit; de détruire une maison «suspecte», de confisquer les propriétés privées et d'expulser ses habitants hors du territoire. Ces dispositions sans égales dans les pays civilisés ont permis l'expropriation et la déportation de centaines de milliers d'Arabes qui vivaient chez eux. Pendant ce temps le lobby sioniste aux Etats-Unis faisait croire que les Palestiniens se réjouissaient des bienfaits apportés par la démocratie israélienne qui, soulignons-le, n'aurait jamais subsisté sans les milliards de dollars alloués annuellement par les Etats-Unis sans parler des réparations allemandes.(...)" suite/source

 

photo: Tsahal girl by Rachel Papo.

26/03/2015

some fresh air

25/03/2015

populisme nauséabond

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« Pour ne prendre qu’un seul exemple, il y a bien peu de chances que le mot d’ordre « Volem viure al païs », qui fut, comme on l’a peut-être oublié, l’étendard des paysans du Larzac, soit désormais perçu par un jeune téléspectateur autrement que comme un appel Poujadiste à rejoindre la bête immonde. Pour comprendre comment on a pu en arriver là, il est donc nécessaire de rappeler quelques faits.  C’est en 1983-1984 –comme on le sait- que la Gauche française dut officiellement renoncer  (car, dans la pratique, ce renoncement lui était, depuis longtemps, consubstantiel) à présenter la rupture avec le capitalisme comme l’axe fondamental de son programme politique. C’est donc à la même époque qu’elle se retrouva dans la difficile obligation intellectuelle d’inventer, à l’usage des électeurs, et tout particulièrement de la jeunesse, un idéal de substitution à la fois plausible et compatible avec la mondialisation, maintenant célébrée, du libre-échange. Ce sera, on le sait, la célèbre lutte « contre le racisme, l’intolérance et toutes les formes d’exclusion », lutte nécéssitant, bien sûr, parallèlement à la création sur ordre de diverses organisations antiracistes, la construction méthodique des conditions politiques (par exemple, l’institution, le temps d’un scrutin, du système proportionnel) destinées à permettre l’indispensable installation  d’un « Front National » dans le nouveau paysage politique. C’est donc précisément dans cette période très trouble et très curieuse –pour tout dire très Mitterrandienne- que les médias officiels furent amenés progressivement à donner au mot de populisme- qui appartenait jusque là à une tradition révolutionnaire estimable- le sens qui est désormais le sien sous le règne de la pensée unique. »

(JC Michéa, L’enseignement de l’ignorance, Climats 2000, p.49)

« Elue par la mondialisation, une Nouvelle Classe politique médiatique s'est mise en place, qui associe dans un même élitisme de la richesse et du paraître, dirigeants politiques, hommes d'affaires et représentants des médias, tous intimement liés les uns aux autres (hors caméra, ils se tutoient et s'appellent par leurs prénoms) tous convaincus de la « dangerosité » des aspirations populaires. Alexandre Zinoviev, pour désigner cette Nouvelle Classe parlait de « supra-société ». Confrontée à un peuple qu'elle redoute et qu'elle méprise à la fois, elle constitue une autorité oligarchique qui s'emploie avant tout à préserver ses privilèges et à réserver l'accès du pouvoir à ceux qui émanent de ses rangs. Ce mépris du peuple s'alimente bien entendu de la critique d'un « populisme » assimilé désormais à n'importe quelle forme de démagogie ou d'  « irrationalisme » de masse. Qui parle aujourd'hui du peuple s'expose par là même au reproche de « populisme ». Devenu une injure politique, le populisme est présenté comme une sorte de perpétuelle « maladie infantile » de la démocratie, dans une perspective à la fois péjorative et disqualifiante. Le recours au « populisme » fournit ainsi à la mise à l'écart du peuple une justification théorique, sinon savante. »

(Alain de Benoist, Krisis 2008)

« Il faut toujours rappeler qu'il y a peu de temps encore, le terme de « populisme » était employé de façon tout à fait positive pour désigner certains mouvements révolutionnaires issus des traditions russes et américaines de la deuxième moitié du XIXème siècle. Ce n'est que depuis quelques années que Le Monde et les autres médias officiels se sont employés, avec beaucoup de cynisme, à conférer à ce terme (en lui-même irréprochable pour un démocrate) le sens infâmant qui est maintenant le sien) ; cela à seule fin, bien sûr, de pouvoir diaboliser comme « fasciste » ou « réactionnaire » toute inquiétude ou perplexité du peuple à l'endroit des décisions qui modifient sa vie, et que prend l'oligarchie régnante dans le silence de ses bureaux, après consultation de ses prétendus « experts ».

(Jean Claude Michéa, Les intellectuels, le peuple et le ballon rond, Climats 1998)

«  (…) La meilleure façon de comprendre les conflits culturels qui ont bouleversé l’Amérique depuis les années 60 est d’y voir une forme de guerre des classes, dans laquelle une élite éclairée (telle est l’idée qu’elle se fait d’elle-même) entreprend moins d’imposer ses valeurs à la majorité (majorité qu’elle perçoit comme incorrigiblement raciste, sexiste, provinciale et xénophobe), encore moins de persuader la majorité au moyen d’un débat public rationnel, que de créer des institutions parallèles ou « alternatives »dans lesquelles elle ne sera plus du tout obligée d’affronter face à face les masses ignorantes. »

«  (…) De nos jours, la croyance est largement répandue, du moins chez les membres de la classe charitable [éprise de l’idéologie de la compassion] que les normes sont, par essence, oppressive, que, bien loin d’être impersonnelles, elles exercent une discrimination contre les femmes, les Noirs et les minorités en général. On nous dit que les normes reflètent l’hégémonie culturelle des DWEM (dead white european males/ hommes européens blancs et morts). La compassion nous oblige à reconnaître l’injustice qu’il y a à les imposer à tous les autres. Quand l’idéologie de la compassion mène à ce type d’absurdité, il est temps de la remettre en cause. La compassion est devenue le visage humain du mépris. Autrefois la démocratie sous-entendait l’opposition à toutes formes de normes inégales. Aujourd’hui nous acceptons les normes inégales –comme toujours elles anticipent la citoyenneté à deux vitesses- au nom du souci humanitaire. Comme nous avons renoncé à l’effort d’élever le niveau général de compétence, -ce qui était la signification ancienne de la démocratie- nous nous satisfaisons de l’institutionnalisation de la compétence dans la classe charitable, qui s’arroge la tâche de s’occuper de tous les autres.

Dans l’idée que je m’en fais, le populisme souscrit sans équivoque au principe du respect. C’est entre autres pour cette raison que l’on doit préférer le populisme au communautarisme, trop prompt au compromis avec l’Etat providence et à adhérer à son idéologie de la compassion. Le populisme a toujours rejeté une politique fondée sur la déférence aussi bien que sur la pitié. Il est attaché à des manières simples et à un discours simple et direct. Les titres et autres symboles d’un rang social éminent de l’impressionnent pas, pas plus que les revendications de supériorité morale formulées au nom des opprimés. Il rejette une « option préférentielle pour les pauvres » si cela signifie traiter les pauvres comme les victimes impuissantes des circonstances, les exempter de toute possibilité d’être tenus pour responsables, ou bien excuser leur faiblesse au motif que la pauvreté porte avec elle une présomption d’innocence. Le populisme est la voix authentique de la démocratie. Il postule que les individus ont droit au respect tant qu’ils ne s’en montrent pas indignes, mais ils doivent assumer la responsabilité d’eux-mêmes et de leurs actes. Il est réticent à faire des exceptions ou à suspendre son jugement au motif que « c’est la faute à la société ». Le populisme est enclin aux jugements moraux, ce qui, de nos jours, semble en soi péjoratif, marque suffisante de l’affaiblissement de notre capacité à juger de manière discriminante par le climat moral de « souci » humanitaire. »

Christopher Lasch, La révolte des élites, 1995.


podcast

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"Ouvriers :

49 % des ouvriers ont voté Front National

15 % des ouvriers ont voté Parti Socialiste

13 % des ouvriers ont voté UMP – UDI – Modem

7 % des ouvriers ont voté Front de Gauche

Professions libérales, cadres supérieurs :

33 % des professions libérales, cadres supérieurs ont voté UMP – UDI – Modem

28 % ont voté Parti Socialiste

13 % ont voté Front National

8 % ont voté Divers Gauche."

La chute/ Reymond

22/03/2015

cantonales

du rien et de la tradition

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« Nous ne sommes rien ; en effet, aux horreurs du XXième siècle, nos démocraties ont répondu par la religion de l'humanité, c'est-à-dire par l'universalisation de l'idée du semblable et la condamnation de tout ce qui divise ou sépare les hommes. (...) Cela signifiait que, pour ne plus exclure qui que ce soit, l'Europe devait se défaire d'elle-même, se « désoriginer », ne garder de son héritage que l'universalisme des droits de l'homme. Tel est le secret de l'Europe. Nous ne sommes rien. »

Alain Finkielkraut, entretien au Monde des 11 et 12/11/2007, cité par D Venner dans la NRH de février 2008.

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En septembre 1966, Martin Heidegger accorda un long entretien au Spiegel. Il fut publié dix ans plus tard au lendemain de la mort du philosophe. Alors qu'Heidegger évoquait les rapports entre les hommes et l'« être de la technique », ses interlocuteurs lui demandèrent :

Spiegel : « On pourrait vous opposer tout à fait naïvement ceci : qu'est-ce qu'il s'agit de maîtriser ici ? Car enfin tout fonctionne. On construit toujours davantage de centrales électriques. La production va son train ; Les hommes, dans la partie du monde ou la technique connaît un haut développement, ont leurs besoins bien pourvus. Nous vivons dans l'aisance. Qu'est-ce qu'il manque ici finalement ? »

Martin Heidegger : « Tout fonctionne, c'est bien cela l'inquiétant, que ça fonctionne, et que le fonctionnement entraîne toujours un nouveau fonctionnement, et que la technique arrache toujours davantage d'hommes à la Terre, l'en déracine ; Je ne sais pas si cela vous effraye ; moi, en tous cas, je suis effrayé de voir maintenant les photos envoyées de la lune sur la Terre. Nous n'avons plus besoin de bombe atomique ; Le déracinement de l'homme est déjà là. Nous ne vivons plus que des conditions purement techniques, ce n'est plus une Terre sur laquelle l'homme vit aujourd'hui... »

Spiegel : « Qui sait si c'est la destination de l'homme d'être sur cette Terre ? »

MH : « D'après notre expérience et notre histoire humaines, pour autant que je sois au courant, je sais que toute chose essentielle et grande a pu seulement naître du fait que l'homme avait une patrie et qu'il était enraciné dans une tradition... »

Martin Heidegger, Réponses et questions sur l'histoire et la politique, Mercure de France, 1988.

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18/03/2015

kidboxing

16/03/2015

voir kumkale et mourir

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J'ai déjà parlé ici de ce vieux paysan corrèzien, salopette en drap bleu, casquette, sabots, chemise à carreau et lunettes le soir pour les nouvelles (la gueule de Gicquel au travers des zébrures du poste), chez qui j’allais chercher le lait les soirs d’hiver. Et parfois traire dans l’étable avec son fils, au cul des vaches, dans l’odeur de foin qu’on faisait tomber de l’étage et de bouse fraîche…Un brave homme, simple, une force de la nature, avec lequel j’échangeais quelques banalités, manière de causer (le propre du citadin à la campagne: le silence des paysans est inconfortable, dérangeant). Il était marié à la femme-debout: une femme que je n'ai jamais vue assise avec les hommes. Toujours debout pour servir les hommes à table; pour l'apéro (ratafia et biscuits secs) ou pour le repas des vendanges.

J’imaginais assez bien que cet homme n’avait jamais dépassé les limites du canton et ne connaissait du monde que ce qu’il en lisait dans les journaux ou regardait à la télé. Un soir d’hiver, il y a plus de 20 ans, peu avant qu’il ne meure à l’hospice local, et alors que je partais à l’armée, cet homme m’avait raconté qu’il avait fait la guerre de 14 dans le corps expéditionnaire des Dardanelles, qu’il avait débarqué à Kumkale puis combattu à Gallipoli, avant d’être évacué devant le désastre de la campagne. Ce paysan Corrézien avait vu et vécu des choses incroyables : des centaines d'hommes mourir devant lui, atrocement mutilés, des cuirassiers coulés par les mines, des hommes mourir de dysenterie et mangés par les rats, l’horreur de la guerre, la misère de l’homme qui meurt loin des siens. Puis il avait passé quelques mois prés d’Arras, dans les tranchées, avant d’être blessé et réformé. Retour à la ferme et aux travaux des champs. Une parenthèse extraordinaire et terrifiante. Ce paysan à casquette derrière ses bestiaux s’était métamorphosé définitivement dans mon esprit en soldat de Marmara. Désormais assis prés de la fenêtre, dans son fauteuil contre le radiateur et prés du feu (été comme hiver), charentaises aux pieds, la Dépèche dans les mains, se levant et enlevant sa casquette pour saluer le gamin que j’étais. Il est mort rapidement, 48h après avoir quitté ses vaches, sa ferme, ses champs, les siens, ses chiens, sans doute apaisé, l'ordre des choses, hein?

Je pensais à lui tantôt - à sa mort en fait- en allant voir une malade dans une maison de retraite prés de chez moi: un établissement plutôt réputé mais aux allures de mouroir select...un long couloir avec des dizaines de chambres/ cellules s'ouvrant à droite et à gauche, souvent fermées, parfois ouvertes avec un vieux ou une vieille assis(e) guettant le visiteur improbable ou le soignant, plusieurs alarmes clignotants à droite et à gauche  et auxquelles personne ne semble répondre. Un salon avec la télé ouverte sur une série US des années 80 et quelques débris genre walking dead en fauteuil roulant ou écroulés sur des canapés, hypnotisés littéralement par le spectacle débile. Ma patiente -largement déconnectée depuis des années- gisait en travers de son lit, la sonnette à la main, la couche pleine de merde. Au mur une vieille carte postale de Saint-Malo, une salle de bain dégueulasse et, au sol, des cachets pas pris et qu'on écrase en se frayant un chemin dans ces 10m2 de misère. Voilà, c'est là qu'elle va mourir, seule, abandonnée des siens, de tous en fait. Je l'ai arrangée au mieux, examinée, on a causé un peu, de vieux trucs genre Saint Malo, seuls souvenirs disponibles. Suis allé voir l'IDE de l'étage, tout au bout du couloir, petit bureau avec une pharmacie attenante, un tableau d'alarme où ça clignotait sévère. Calme et pro malgré le chaos ordinaire. J'avais connu cette femme plus jeune, m'ouvrant la porte de son appartement bourgeois pour une soirée de la bonne société locale, j'étais ado avec un costard trop grand, mon frère pareil, ça draguait bien, ça picolait dans les coins, pas plus. Trente ans plus tard, démente et grabataire, seule et misérable.

Kumkale puis la Corrèze, c'était pas si mal, finalement.


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sunday morning

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"Je n'ai jamais eu un train de vie compatible avec des revenus de journaliste, fut-il parisien. C'est pourquoi j'ai choisi une deuxième vie, celle de "mercenaire" pour les services secrets (...). Mon initiation a débuté au cours de l'été 1989, à bord d'un yacht rempli de très joli filles, au large de Saint Tropez. Les yachts, c'est toujours plein de jolies filles. J'étais invité à bord par un riche homme d'affaires français (...) Dés cette époque, j'ai noué des rapports très étroits avec Israël. Je m'y rends très souvent car j'y ai un double intérêt. Israël possède des services secrets très efficaces. C'est en outre un appui important dans mon métier (NDA on aimerait comprendre le sens exact de cette phrase) (...) Je n'ai pas été qu'un journaliste, j'ai été rémunéré par les services secrets israéliens (...) J'ai également travaillé pour les français. Les français payaient moins bien que les israéliens." Incroyable aveu qui en dit long sur le degré de pénétration israélien dans les médias français, de Roger Auque, dans Au service secret de la république (Fayard). Faits et Documents, 15-31/03/2015.

NB: "Dans ses Mémoires posthumes entamés quelques mois avant sa mort, Au service secret de la République (chez Fayard), il déclare notamment : « J'ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer des opérations en Syrie, sous couvert de reportage ». Il a également offert ses services à la DGSE française, avant de devenir un objet d'intérêt pour la CIA[17].  Il est le père de Vladimir Auque, né de Rosaria Spika, et de Carla Auque. En 2013, le magazine L'Express révèle qu'il est le père biologique de la députée Marion Maréchal-Le Pen, née en 1989, qu'il a eu avec Yann Le Pen, fille de l'homme politique Jean-Marie Le Pen. Marion a été reconnue après sa naissance par le conjoint de Yann Le Pen, Samuel Maréchal" (Fiche Wikipédia)
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15/03/2015

A million miles away

Hier j'ai revu un de mes patients fétiches. Un de ceux qui me transportent à mille miles de ma routine de bureaucrate en blouse blanche...Celui-là a fait la guerre d'Indochine, la RC4 avec Hélie de Saint Marc puis quatre ans de guerre d'Algérie comme pilote d'hélico. Chaque fois, voyant que je l'écoute, il me livre un peu de son histoire. La dernière fois c'était les Viets/ Hmongs ralliés aux Français abandonnés dans les derniers mois, désarmés et promis à la mort rouge, avec femmes et enfants...Cette fois-ci c'était les missions de récupération de commandos étrillés au sommet de quelque colline, revenir avec la carlingue trouée, le treillis trempé par la peur et l'excitation, les balles traçantes, les cris, l'odeur du sang, les gamins qui meurent en chialant, les fermiers torturés, les représailles, la spirale infernale de la violence...une vie d'homme, quoi.
Aujourdhui, c'est un vieillard qui peine à marcher droit.

Mais qui connait encore l'histoire de la RC4?

Quand je vois le barnum biterrois du moment concernant l'hommage rendu à ce grand homme que fut Hélie Denoix de Saint Marc, j'ai la gerbe, ce pays est mort. Pas de méprise, j'emmerde Ménard et les sections de pieds-noirs qui pleurnichent sur l'Algérie française. On parle d'un homme que les hommes d'aujourd'hui ne peuvent simplement plus comprendre. Ces hordes de cafards gauchistes* du NPA et du FDG qui viennent cracher sur ce mec debout qu'était Denoix de Saint Marc, c'est juste tragique.

Faut regarder en face cette haine et cette incompréhension radicale.

* libéraux-libertaires...
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