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03/04/2015

dirty harry

31/03/2015

ethnocentrisme

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"Israël Shahak est un des nombreux «rescapés de l'Holocauste». Né à Varsovie en 1933, il passe son enfance au camp de Bergen-Belsen. En 1945, il émigre en Israël et sert dans l'armée juive Tsahal. Militant des droits de l'homme, il collabore au journal Haaretz et s'attaque à l'obscurantisme religieux juif et à son influence dans la vie politique de l'Etat colonial d'Israël. Juif et «israëlien», il est donc ethniquement irréprochable et politiquement correct.

Tout commence en 1965, lorsque Shahak est témoin d'un incident qui le marquera profondément. Dans un quartier de Jérusalem un non-juif (goy) s'effondre brusquement, victime semble-t-il d'une crise cardiaque. Prié de mettre son téléphone à disposition pour appeler une ambulance, un juif religieux refuse, en invoquant la Halakha qui lui interdit de sauver un non-juif le jour du Sabbat. Shahak interroge peu après les membres de la Cour rabbinique de Jérusalem; ces membres sont nommés par l'Etat d'Israël. Ceux-ci répondent que la personne qui a refusé l'usage de son téléphone a agi conformément aux lois religieuses et ils se réfèrent à l'abrégé des lois talmudiques. Finalement les autorités rabbiniques tant en Israël que dans la diaspora n'ont jamais fait machine arrière et ont toujours refusé de modifier ou de supprimer la moindre prescription sabbatique. Il est donc interdit à un juif de profaner le jour du Sabbat pour sauver un non-juif. Par contre la violation du Sabbat est permise pour sauver un juif. Dérouté et scandalisé par cette discrimination raciste, Shahak se met à étudier les lois talmudiques. Il nous livre le fruit de trente ans de recherches et d'un demi-siècle de vie dans la Terre promise. 

De la Déclaration Balfour qui promettait aux sionistes «l'établissement d'un foyer national juif sans porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non-juives établies en Palestine» -- donc un état pluraliste -- on en est arrivé à la consolidation d'un Etat dont les lois et règlements sont fortement imprégnés de l'idéologie des rabbins orthodoxes, expansionniste (le Grand Israël) et pratiquant l'apartheid et la xénophobie. Shahak découvre qu'il y a deux catégories de citoyens: les juifs et les non-juifs (Druzes et Arabes), ces derniers ne jouissant ni du droit de résidence, ni du droit au travail, ni de l'égalité devant la loi. Le lecteur français remarquera que les représentants du peuple élu qui se plaignent d'avoir eu leurs papiers estampillés de la mention «juif» sous Vichy et en Union soviétique imposent à présent en Israël des cartes d'identité où ne figure jamais la nationalité israélienne mais la mention soit «Juif», soit «Arabe», soit «Druze». Le critère est donc racial ou ethnique. «Toutes les requêtes introduites auprès du ministère de l'intérieur en Israël pour supprimer ces mentions discriminatoires et y substituer l'indication de la nationalité israélienne ont été vaines». En Israël, les juifs constituent donc bien une catégorie de citoyens privilégiés et la source de ces dispositions juridiques en est le Talmud, qui imprègne la vie sociale et même les relations diplomatiques. 

Il y a quelques années déjà, Alfred Lilienthal, juif non sioniste, qui partage les mêmes convictions humanistes de Shahak, reprenait les déclarations de la Haute Cour de l'Etat d'Israël de janvier 1972: «Il n'y a pas de nation israélienne distincte du peuple juif résidant en Israël et dans la diaspora». Selon cette loi commentait-il, «un juif peut devenir citoyen d'Israël en une minute dès qu'il a pris pied sur le sol du pays, mais ce statut peut être enlevé à tout moment à un Arabe même s'il est né dans le pays habité par ses ancêtres depuis plus de mille ans». Depuis 1948, les expropriations et expulsions de centaines de milliers de Palestiniens se sont succédé sans relâche. Tsahal fait sauter les maisons et raser les villages pendant que les habitants sont aux champs. Israël n'est donc une démocratie que pour les juifs. Pour les autres, c'est un Etat totalitaire et xénophobe pratiquant l'apartheid. L'écrivain Yoram Bar Porath déclarait en 1972: «Les dirigeants israéliens ont le devoir d'expliquer clairement au public un certain nombre de faits tombés progressivement dans l'oubli: qu'il n'y a ni sionisme, ni installation du peuple juif sans éviction des Arabes et expropriation de leurs terres». 

En 1948 et 1949, Israël a adopté l' «Emergency Defense Regulations» de l'armée britannique qui donnent l'autorisation d'entrer dans n'importe quelle maison quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit; de détruire une maison «suspecte», de confisquer les propriétés privées et d'expulser ses habitants hors du territoire. Ces dispositions sans égales dans les pays civilisés ont permis l'expropriation et la déportation de centaines de milliers d'Arabes qui vivaient chez eux. Pendant ce temps le lobby sioniste aux Etats-Unis faisait croire que les Palestiniens se réjouissaient des bienfaits apportés par la démocratie israélienne qui, soulignons-le, n'aurait jamais subsisté sans les milliards de dollars alloués annuellement par les Etats-Unis sans parler des réparations allemandes.(...)" suite/source

 

photo: Tsahal girl by Rachel Papo.

26/03/2015

some fresh air

25/03/2015

populisme nauséabond

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« Pour ne prendre qu’un seul exemple, il y a bien peu de chances que le mot d’ordre « Volem viure al païs », qui fut, comme on l’a peut-être oublié, l’étendard des paysans du Larzac, soit désormais perçu par un jeune téléspectateur autrement que comme un appel Poujadiste à rejoindre la bête immonde. Pour comprendre comment on a pu en arriver là, il est donc nécessaire de rappeler quelques faits.  C’est en 1983-1984 –comme on le sait- que la Gauche française dut officiellement renoncer  (car, dans la pratique, ce renoncement lui était, depuis longtemps, consubstantiel) à présenter la rupture avec le capitalisme comme l’axe fondamental de son programme politique. C’est donc à la même époque qu’elle se retrouva dans la difficile obligation intellectuelle d’inventer, à l’usage des électeurs, et tout particulièrement de la jeunesse, un idéal de substitution à la fois plausible et compatible avec la mondialisation, maintenant célébrée, du libre-échange. Ce sera, on le sait, la célèbre lutte « contre le racisme, l’intolérance et toutes les formes d’exclusion », lutte nécéssitant, bien sûr, parallèlement à la création sur ordre de diverses organisations antiracistes, la construction méthodique des conditions politiques (par exemple, l’institution, le temps d’un scrutin, du système proportionnel) destinées à permettre l’indispensable installation  d’un « Front National » dans le nouveau paysage politique. C’est donc précisément dans cette période très trouble et très curieuse –pour tout dire très Mitterrandienne- que les médias officiels furent amenés progressivement à donner au mot de populisme- qui appartenait jusque là à une tradition révolutionnaire estimable- le sens qui est désormais le sien sous le règne de la pensée unique. »

(JC Michéa, L’enseignement de l’ignorance, Climats 2000, p.49)

« Elue par la mondialisation, une Nouvelle Classe politique médiatique s'est mise en place, qui associe dans un même élitisme de la richesse et du paraître, dirigeants politiques, hommes d'affaires et représentants des médias, tous intimement liés les uns aux autres (hors caméra, ils se tutoient et s'appellent par leurs prénoms) tous convaincus de la « dangerosité » des aspirations populaires. Alexandre Zinoviev, pour désigner cette Nouvelle Classe parlait de « supra-société ». Confrontée à un peuple qu'elle redoute et qu'elle méprise à la fois, elle constitue une autorité oligarchique qui s'emploie avant tout à préserver ses privilèges et à réserver l'accès du pouvoir à ceux qui émanent de ses rangs. Ce mépris du peuple s'alimente bien entendu de la critique d'un « populisme » assimilé désormais à n'importe quelle forme de démagogie ou d'  « irrationalisme » de masse. Qui parle aujourd'hui du peuple s'expose par là même au reproche de « populisme ». Devenu une injure politique, le populisme est présenté comme une sorte de perpétuelle « maladie infantile » de la démocratie, dans une perspective à la fois péjorative et disqualifiante. Le recours au « populisme » fournit ainsi à la mise à l'écart du peuple une justification théorique, sinon savante. »

(Alain de Benoist, Krisis 2008)

« Il faut toujours rappeler qu'il y a peu de temps encore, le terme de « populisme » était employé de façon tout à fait positive pour désigner certains mouvements révolutionnaires issus des traditions russes et américaines de la deuxième moitié du XIXème siècle. Ce n'est que depuis quelques années que Le Monde et les autres médias officiels se sont employés, avec beaucoup de cynisme, à conférer à ce terme (en lui-même irréprochable pour un démocrate) le sens infâmant qui est maintenant le sien) ; cela à seule fin, bien sûr, de pouvoir diaboliser comme « fasciste » ou « réactionnaire » toute inquiétude ou perplexité du peuple à l'endroit des décisions qui modifient sa vie, et que prend l'oligarchie régnante dans le silence de ses bureaux, après consultation de ses prétendus « experts ».

(Jean Claude Michéa, Les intellectuels, le peuple et le ballon rond, Climats 1998)

«  (…) La meilleure façon de comprendre les conflits culturels qui ont bouleversé l’Amérique depuis les années 60 est d’y voir une forme de guerre des classes, dans laquelle une élite éclairée (telle est l’idée qu’elle se fait d’elle-même) entreprend moins d’imposer ses valeurs à la majorité (majorité qu’elle perçoit comme incorrigiblement raciste, sexiste, provinciale et xénophobe), encore moins de persuader la majorité au moyen d’un débat public rationnel, que de créer des institutions parallèles ou « alternatives »dans lesquelles elle ne sera plus du tout obligée d’affronter face à face les masses ignorantes. »

«  (…) De nos jours, la croyance est largement répandue, du moins chez les membres de la classe charitable [éprise de l’idéologie de la compassion] que les normes sont, par essence, oppressive, que, bien loin d’être impersonnelles, elles exercent une discrimination contre les femmes, les Noirs et les minorités en général. On nous dit que les normes reflètent l’hégémonie culturelle des DWEM (dead white european males/ hommes européens blancs et morts). La compassion nous oblige à reconnaître l’injustice qu’il y a à les imposer à tous les autres. Quand l’idéologie de la compassion mène à ce type d’absurdité, il est temps de la remettre en cause. La compassion est devenue le visage humain du mépris. Autrefois la démocratie sous-entendait l’opposition à toutes formes de normes inégales. Aujourd’hui nous acceptons les normes inégales –comme toujours elles anticipent la citoyenneté à deux vitesses- au nom du souci humanitaire. Comme nous avons renoncé à l’effort d’élever le niveau général de compétence, -ce qui était la signification ancienne de la démocratie- nous nous satisfaisons de l’institutionnalisation de la compétence dans la classe charitable, qui s’arroge la tâche de s’occuper de tous les autres.

Dans l’idée que je m’en fais, le populisme souscrit sans équivoque au principe du respect. C’est entre autres pour cette raison que l’on doit préférer le populisme au communautarisme, trop prompt au compromis avec l’Etat providence et à adhérer à son idéologie de la compassion. Le populisme a toujours rejeté une politique fondée sur la déférence aussi bien que sur la pitié. Il est attaché à des manières simples et à un discours simple et direct. Les titres et autres symboles d’un rang social éminent de l’impressionnent pas, pas plus que les revendications de supériorité morale formulées au nom des opprimés. Il rejette une « option préférentielle pour les pauvres » si cela signifie traiter les pauvres comme les victimes impuissantes des circonstances, les exempter de toute possibilité d’être tenus pour responsables, ou bien excuser leur faiblesse au motif que la pauvreté porte avec elle une présomption d’innocence. Le populisme est la voix authentique de la démocratie. Il postule que les individus ont droit au respect tant qu’ils ne s’en montrent pas indignes, mais ils doivent assumer la responsabilité d’eux-mêmes et de leurs actes. Il est réticent à faire des exceptions ou à suspendre son jugement au motif que « c’est la faute à la société ». Le populisme est enclin aux jugements moraux, ce qui, de nos jours, semble en soi péjoratif, marque suffisante de l’affaiblissement de notre capacité à juger de manière discriminante par le climat moral de « souci » humanitaire. »

Christopher Lasch, La révolte des élites, 1995.


podcast

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"Ouvriers :

49 % des ouvriers ont voté Front National

15 % des ouvriers ont voté Parti Socialiste

13 % des ouvriers ont voté UMP – UDI – Modem

7 % des ouvriers ont voté Front de Gauche

Professions libérales, cadres supérieurs :

33 % des professions libérales, cadres supérieurs ont voté UMP – UDI – Modem

28 % ont voté Parti Socialiste

13 % ont voté Front National

8 % ont voté Divers Gauche."

La chute/ Reymond

22/03/2015

cantonales

du rien et de la tradition

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« Nous ne sommes rien ; en effet, aux horreurs du XXième siècle, nos démocraties ont répondu par la religion de l'humanité, c'est-à-dire par l'universalisation de l'idée du semblable et la condamnation de tout ce qui divise ou sépare les hommes. (...) Cela signifiait que, pour ne plus exclure qui que ce soit, l'Europe devait se défaire d'elle-même, se « désoriginer », ne garder de son héritage que l'universalisme des droits de l'homme. Tel est le secret de l'Europe. Nous ne sommes rien. »

Alain Finkielkraut, entretien au Monde des 11 et 12/11/2007, cité par D Venner dans la NRH de février 2008.

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En septembre 1966, Martin Heidegger accorda un long entretien au Spiegel. Il fut publié dix ans plus tard au lendemain de la mort du philosophe. Alors qu'Heidegger évoquait les rapports entre les hommes et l'« être de la technique », ses interlocuteurs lui demandèrent :

Spiegel : « On pourrait vous opposer tout à fait naïvement ceci : qu'est-ce qu'il s'agit de maîtriser ici ? Car enfin tout fonctionne. On construit toujours davantage de centrales électriques. La production va son train ; Les hommes, dans la partie du monde ou la technique connaît un haut développement, ont leurs besoins bien pourvus. Nous vivons dans l'aisance. Qu'est-ce qu'il manque ici finalement ? »

Martin Heidegger : « Tout fonctionne, c'est bien cela l'inquiétant, que ça fonctionne, et que le fonctionnement entraîne toujours un nouveau fonctionnement, et que la technique arrache toujours davantage d'hommes à la Terre, l'en déracine ; Je ne sais pas si cela vous effraye ; moi, en tous cas, je suis effrayé de voir maintenant les photos envoyées de la lune sur la Terre. Nous n'avons plus besoin de bombe atomique ; Le déracinement de l'homme est déjà là. Nous ne vivons plus que des conditions purement techniques, ce n'est plus une Terre sur laquelle l'homme vit aujourd'hui... »

Spiegel : « Qui sait si c'est la destination de l'homme d'être sur cette Terre ? »

MH : « D'après notre expérience et notre histoire humaines, pour autant que je sois au courant, je sais que toute chose essentielle et grande a pu seulement naître du fait que l'homme avait une patrie et qu'il était enraciné dans une tradition... »

Martin Heidegger, Réponses et questions sur l'histoire et la politique, Mercure de France, 1988.

podcast

18/03/2015

kidboxing

16/03/2015

voir kumkale et mourir

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J'ai déjà parlé ici de ce vieux paysan corrèzien, salopette en drap bleu, casquette, sabots, chemise à carreau et lunettes le soir pour les nouvelles (la gueule de Gicquel au travers des zébrures du poste), chez qui j’allais chercher le lait les soirs d’hiver. Et parfois traire dans l’étable avec son fils, au cul des vaches, dans l’odeur de foin qu’on faisait tomber de l’étage et de bouse fraîche…Un brave homme, simple, une force de la nature, avec lequel j’échangeais quelques banalités, manière de causer (le propre du citadin à la campagne: le silence des paysans est inconfortable, dérangeant). Il était marié à la femme-debout: une femme que je n'ai jamais vue assise avec les hommes. Toujours debout pour servir les hommes à table; pour l'apéro (ratafia et biscuits secs) ou pour le repas des vendanges.

J’imaginais assez bien que cet homme n’avait jamais dépassé les limites du canton et ne connaissait du monde que ce qu’il en lisait dans les journaux ou regardait à la télé. Un soir d’hiver, il y a plus de 20 ans, peu avant qu’il ne meure à l’hospice local, et alors que je partais à l’armée, cet homme m’avait raconté qu’il avait fait la guerre de 14 dans le corps expéditionnaire des Dardanelles, qu’il avait débarqué à Kumkale puis combattu à Gallipoli, avant d’être évacué devant le désastre de la campagne. Ce paysan Corrézien avait vu et vécu des choses incroyables : des centaines d'hommes mourir devant lui, atrocement mutilés, des cuirassiers coulés par les mines, des hommes mourir de dysenterie et mangés par les rats, l’horreur de la guerre, la misère de l’homme qui meurt loin des siens. Puis il avait passé quelques mois prés d’Arras, dans les tranchées, avant d’être blessé et réformé. Retour à la ferme et aux travaux des champs. Une parenthèse extraordinaire et terrifiante. Ce paysan à casquette derrière ses bestiaux s’était métamorphosé définitivement dans mon esprit en soldat de Marmara. Désormais assis prés de la fenêtre, dans son fauteuil contre le radiateur et prés du feu (été comme hiver), charentaises aux pieds, la Dépèche dans les mains, se levant et enlevant sa casquette pour saluer le gamin que j’étais. Il est mort rapidement, 48h après avoir quitté ses vaches, sa ferme, ses champs, les siens, ses chiens, sans doute apaisé, l'ordre des choses, hein?

Je pensais à lui tantôt - à sa mort en fait- en allant voir une malade dans une maison de retraite prés de chez moi: un établissement plutôt réputé mais aux allures de mouroir select...un long couloir avec des dizaines de chambres/ cellules s'ouvrant à droite et à gauche, souvent fermées, parfois ouvertes avec un vieux ou une vieille assis(e) guettant le visiteur improbable ou le soignant, plusieurs alarmes clignotants à droite et à gauche  et auxquelles personne ne semble répondre. Un salon avec la télé ouverte sur une série US des années 80 et quelques débris genre walking dead en fauteuil roulant ou écroulés sur des canapés, hypnotisés littéralement par le spectacle débile. Ma patiente -largement déconnectée depuis des années- gisait en travers de son lit, la sonnette à la main, la couche pleine de merde. Au mur une vieille carte postale de Saint-Malo, une salle de bain dégueulasse et, au sol, des cachets pas pris et qu'on écrase en se frayant un chemin dans ces 10m2 de misère. Voilà, c'est là qu'elle va mourir, seule, abandonnée des siens, de tous en fait. Je l'ai arrangée au mieux, examinée, on a causé un peu, de vieux trucs genre Saint Malo, seuls souvenirs disponibles. Suis allé voir l'IDE de l'étage, tout au bout du couloir, petit bureau avec une pharmacie attenante, un tableau d'alarme où ça clignotait sévère. Calme et pro malgré le chaos ordinaire. J'avais connu cette femme plus jeune, m'ouvrant la porte de son appartement bourgeois pour une soirée de la bonne société locale, j'étais ado avec un costard trop grand, mon frère pareil, ça draguait bien, ça picolait dans les coins, pas plus. Trente ans plus tard, démente et grabataire, seule et misérable.

Kumkale puis la Corrèze, c'était pas si mal, finalement.


podcast

sunday morning

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"Je n'ai jamais eu un train de vie compatible avec des revenus de journaliste, fut-il parisien. C'est pourquoi j'ai choisi une deuxième vie, celle de "mercenaire" pour les services secrets (...). Mon initiation a débuté au cours de l'été 1989, à bord d'un yacht rempli de très joli filles, au large de Saint Tropez. Les yachts, c'est toujours plein de jolies filles. J'étais invité à bord par un riche homme d'affaires français (...) Dés cette époque, j'ai noué des rapports très étroits avec Israël. Je m'y rends très souvent car j'y ai un double intérêt. Israël possède des services secrets très efficaces. C'est en outre un appui important dans mon métier (NDA on aimerait comprendre le sens exact de cette phrase) (...) Je n'ai pas été qu'un journaliste, j'ai été rémunéré par les services secrets israéliens (...) J'ai également travaillé pour les français. Les français payaient moins bien que les israéliens." Incroyable aveu qui en dit long sur le degré de pénétration israélien dans les médias français, de Roger Auque, dans Au service secret de la république (Fayard). Faits et Documents, 15-31/03/2015.

NB: "Dans ses Mémoires posthumes entamés quelques mois avant sa mort, Au service secret de la République (chez Fayard), il déclare notamment : « J'ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer des opérations en Syrie, sous couvert de reportage ». Il a également offert ses services à la DGSE française, avant de devenir un objet d'intérêt pour la CIA[17].  Il est le père de Vladimir Auque, né de Rosaria Spika, et de Carla Auque. En 2013, le magazine L'Express révèle qu'il est le père biologique de la députée Marion Maréchal-Le Pen, née en 1989, qu'il a eu avec Yann Le Pen, fille de l'homme politique Jean-Marie Le Pen. Marion a été reconnue après sa naissance par le conjoint de Yann Le Pen, Samuel Maréchal" (Fiche Wikipédia)
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15/03/2015

A million miles away

Hier j'ai revu un de mes patients fétiches. Un de ceux qui me transportent à mille miles de ma routine de bureaucrate en blouse blanche...Celui-là a fait la guerre d'Indochine, la RC4 avec Hélie de Saint Marc puis quatre ans de guerre d'Algérie comme pilote d'hélico. Chaque fois, voyant que je l'écoute, il me livre un peu de son histoire. La dernière fois c'était les Viets/ Hmongs ralliés aux Français abandonnés dans les derniers mois, désarmés et promis à la mort rouge, avec femmes et enfants...Cette fois-ci c'était les missions de récupération de commandos étrillés au sommet de quelque colline, revenir avec la carlingue trouée, le treillis trempé par la peur et l'excitation, les balles traçantes, les cris, l'odeur du sang, les gamins qui meurent en chialant, les fermiers torturés, les représailles, la spirale infernale de la violence...une vie d'homme, quoi.
Aujourdhui, c'est un vieillard qui peine à marcher droit.

Mais qui connait encore l'histoire de la RC4?

Quand je vois le barnum biterrois du moment concernant l'hommage rendu à ce grand homme que fut Hélie Denoix de Saint Marc, j'ai la gerbe, ce pays est mort. Pas de méprise, j'emmerde Ménard et les sections de pieds-noirs qui pleurnichent sur l'Algérie française. On parle d'un homme que les hommes d'aujourd'hui ne peuvent simplement plus comprendre. Ces hordes de cafards gauchistes* du NPA et du FDG qui viennent cracher sur ce mec debout qu'était Denoix de Saint Marc, c'est juste tragique.

Faut regarder en face cette haine et cette incompréhension radicale.

* libéraux-libertaires...
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14/03/2015

what else?

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Pierre S.
 
@FrDesouche
 

Sur BFM on nous parle de "L'écrivain Cesare battisti".... pourquoi pas "le peintre Adolf Hitler" et "le père de famille marc dutroux"

Michel ONFRAY@michelonfray  ·  10 mars

Des nouvelles du bas-empire : Une anglaise de 46 ans accouche de l'enfant de son fils homosexuel de 24 ans après insémination de son sperme.

Michel ONFRAY@michelonfray 9 hil y a 9 heures

Des nouvelles du bas-empire : le Panthéon accueillera deux cercueils vides en mai . A l'ubiquité , la patrie reconnaissante.

Michel ONFRAY@michelonfray  ·  4 mars

Des nouvelles du bas-empire : Julie Gayet invite Joey Starr chez son "fiancé " à l'Elysée.

Michel ONFRAY@michelonfray  ·  20 févr.

Des nouvelles du Bas-Empire : "Une tendance qui cartonne dans l'édition: les livres de coloriage pour adultes".

bon, c'est le week-end..

08/03/2015

aliénation

 

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Sharia4Belgium ouvre un "tribunal islamique" à Anvers

« Belga | 10 Septembre 2011 10h30

L'organisation islamiste Sharia4Belgium est à l'initiative de l'ouverture, à Anvers, d'un "tribunal" chargé de régler, selon la justice islamique, des différends matrimoniaux et des questions d'héritage, rapporte samedi Het Laatste Nieuws samedi.
Selon son site internet, ce "Centre de Services Islamiques" traitera, en accord avec la charia, tous les cas de divorces, d'annulation de mariage, de réconciliation ou de différends conjugaux et remettra un certificat si nécessaire". L'échevine anversoise de la diversité, Monica De Cononck (sp.a), dont les services tiennent à l'oeil Sharia4Belgium, estime que l'initiative n'est pas une mauvaise chose si elle se limite à de la médiation. Il n'est pas question, précise-t-elle, d'un tribunal prononçant et exécutant des peines. (AHO) »

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« Le conseil général de Seine-Saint-Denis étudie très discrètement un projet de référendum pour changer le nom du département, celui-ci étant  « discriminatoire » vis-à-vis des populations musulmanes. » Faits et Documents 1-15/07/2011.

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« Mon analyse de l’effacement du marxisme et du socialisme traditionnel au bénéfice d’une gauche multiculturelle repose sur l’observation de la gauche et de sa pratique aux Etats-Unis et en Europe. Le remplacement des analyses économiques traditionnelles par l’holocaustomanie et le multiculturalisme s’est produit avant la chute de l’URSS. Au cours des années 1960-1970, les marqueurs politiques ont commencé à changer. Les désaccords sur les questions économiques ont cédé la place à des différends sur les questions culturelles et de société. Les deux « establishments », celui de gauche comme celui de droite, ont coopéré au recentrage du débat politique : la gauche s’est débarrassée de ses projets vraiment socialistes et la droite a accepté l’Etat protecteur et l’essentiel des programmes féministes, homosexuels et multiculturalistes.

(…)  La religion civique américaine, comme sa devancière française, repose sur la religion post-chrétienne des droits de l’homme. La droite religieuse américaine est trop stupide pour se rendre compte que cette idéologie des droits de l’homme, ou multiculturaliste, est un parasite de la civilisation chrétienne. L’une remplace l’autre. Le succédané extrait la moelle de la culture la plus ancienne et pourrit sa substance. Aux Etats-Unis, le pays est majoritairement protestant, et la psychologie du multiculturalisme se retrouve dans le courant dominant du protestantisme américain tout au long de la seconde moitié du XXième siècle. Bien sûr, d’autres groupes, et en particulier des intellectuels et des journalistes juifs, ont contribué à cette transformation culturelle, mais ils n’ont pu le faire que parce que le groupe majoritaire acceptait le changement et trouvait des raisons morales de le soutenir. Nietzsche avait raison de décrire les Juifs à demi-assimilés comme la classe sacerdotale qui met à profit le sentiment de culpabilité de la nation hôte. Mais cette stratégie ne peut jouer en faveur des Juifs ou de tout autre outsider que lorsque la majorité se vautre dans la culpabilité.

(…) C’est une hypocrisie scandaleuse, une tartuferie révoltante, que de refuser à d’autres peuples (disons aux Allemands et aux Français) le droit à leur identité historique et ethnique pour ensuite traiter les Juifs comme un cas particulier, parce qu’ils ont connus des souffrances injustes qui les autoriseraient à conserver leurs caractères distinctifs.

(…) Je ne doute pas un instant que si la tendance actuelle se poursuit, les non-blancs ou les anti-chrétiens non occidentaux (musulmans) finiront par occuper les pays d’Occident. Ils remettront en cause les droits de l’homme, l’idéologie multiculturaliste et la mentalité qui les domine aujourd’hui. Les nations-hôtes (qui ne sont d’ailleurs plus des nations) sont de moins en moins capables d’assimiler ce que le romancier Jean Raspail appelle "un déluge d’envahisseurs"). En fait, l’idéologie des droits de l’homme n’impressionne vraiment que les chrétiens égarés, les Juifs et les autres minorités qui ont peur de vivre dans une société traditionnelle. Pour ma part, je doute que l’idéologie ou le patriotisme civique de type allemand puisse plaire au sous-prolétariat musulman qui arrive en Europe. Cette idéologie ne risque pas non plus d’avoir la moindre résonance sur les Latino-Américains illettrés qui se déversent sur les Etats-Unis. Dans le cas où les minorités revendicatrices deviendraient un jour le groupe majoritaire, une fois les immigrés parvenus au pouvoir, il y a bien peu de chances pour qu’ils s’obstinent à imposer les mêmes doctrines multiculturalistes. A quoi leur serviraient-elles ? »

(Paul Gottfried, NRH 09-10/2011, écrivain, professeur de lettres classiques et modernes à l’Elisabeth College, collaborateur d’une trentaine de revues américaines et européennes, né dans une famille juive de Budapest émigrée aux Etats-Unis dans les années 1930, conservateur (et non néo conservateur), proche de Pat Buchanan, candidat malheureux face à Georges Bush père en 1992))

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Voilà le genre de lectures qui m’occupaient l’esprit ce matin en lisant l’édition du jour du quotidien des Rothschild avec en première page cette interrogation très symptomatique du désordre intellectuel de nos modernes :

« Dix ans après les attentats de NY et Washington, le printemps arabe peut-il clore une décennie de guerres et de terrorisme ? »

Clap, clap ! Plus débile on meurt. Il faudrait un Colombani pour venir couiner encore une fois que nous sommes tous des américains. Pour notre malheur.

Il faut attendre après plusieurs pages navrantes de commémoration lacrymales des « attentats du 11/09 » pour lire dans le journal d’un écrivain américain, Richard Ford, l’ébauche d’une interrogation au sujet de la comique version de l’administration US sur les attentats du 11/09…sinon rien. Ou plutôt si, tout le barnum néo-con sur la « lutte contre le terrorisme » et l’espoir d’ un « printemps arabe » dont on sait aujourd’hui qu’il était sans doute aussi spontané que les révolutions oranges en Europe de l’Est, subventionnées par l’inquiétant Soros et organisées en sous-main par les satrapes de l’Empire.

Il me semble que les deux premiers paragraphes illustrent assez bien l’aveuglement inouï des européens que décrit Gottfried. Et leur enfermement dramatique dans ces quelques mythes incapacitants dont la sécularisation de l’universalisme chrétien.

Bon WE.


podcast

04/03/2015

before we leave

copeaux

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« De nos jours, la France devrait être prête pour un nouvel Edit de Nantes, cette fois avec les musulmans de France. Car le pays a prouvé dans son histoire que s'il était laïque, il n'avait rien non plus contre l'Etre suprême. Par ailleurs, la réalisation d'un islam modérant sa pureté semble aujourd'hui beaucoup plus probable que celle d'un catholicisme modérant ses impuretés. Pas besoin d'être Freud ou Onfray pour comprendre qu'en cela, la France se voile la face. Paradoxalement, elle le fait au nom des Lumières, dont l'enseigne clignote dans la nuit, même si, à l'évidence, il serait temps d'en changer quelques ampoules. »

Arnaud Viviant est un cuistre, mais on le savait. Je vous engage à lire l'ensemble de son article tellement il abonde en contresens, en contre vérités et en mauvaise conscience pathologique.

Par cet édit qui mit fin aux guerres de religion, le roi de France, Henri IV protestant converti au catholicisme pour accéder au trône, reconnaissait la liberté de culte aux protestants en leur concédant un nombre important de places de sûreté (environ 150) et une indemnité annuelle à verser par les finances royales. La France d'alors était catholique, comme son roi, et, à ce titre, attachée à l'homogénéité religieuse et culturelle du royaume.

Quel rapport avec la situation actuelle ? Vivons nous en guerre ? Non, pas encore. Les musulmans vivant en France sont-ils dépourvus de liberté de culte ? Non. Quel rapport avec la situation des protestants de France à la fin du XVIème siècle et la France d'aujourd'hui ?Aucun.

La France d'aujourd'hui est laïque et tolérante et de culture chrétienne, contrairement à la très grande majorité des pays d'origine des musulmans de France. La France se voile, certes, et ça n'est pas une bonne nouvelle : l'arbre spectaculaire de la burka cachant la forêt de l'islamisation rapide de ce continent qui n'est elle-même que la conséquence d'une immigration de masse voulue et organisée par Bouygues et ses copains idiots utiles de RESF, tous libéraux, tous cons.

Viviant sait tout cela mais fait l'amalgame entre deux populations -musulmans et protestants- n'ayant rien en commun. Le même genre de procédé qu'utilise Colombe Schneck pour assimiler juifs d'hier sous l'occupation et musulmans d'aujourd'hui en France*. C'est évidemment une imposture relativement insignifiante mais révélatrice de ce regard pathologique que portent désormais les occidentaux (les européens) sur eux-mêmes et sur l'Autre; en deux mots, les Européens ne se sentent plus le droit de désigner des ennemis, pensent que l'ennemi n'existe pas dés lors que l'on ne l'a pas désigné comme tel alors que c'est l'ennemi qui vous désigne comme tel (Julien Freund), quelles que soient vos bonnes intentions...La figure de l'Autre, en l'occurrence les musulmans européens, incarnant la figure de l'opprimé, du dominé dans la rhétorique de la domination habituelle de nos modernes qui fait de tout européen un oppresseur, coupable par essence, juste bon à expier ses crimes ; à cet égard la différence de traitement entre islam et catholicisme dans la prose inepte de Viviant est hautement significative : l'islam modère sa pureté et le catholicisme modère ses impuretés ! Très significatif de cet ethno-masochisme de basse intensité qui tient lieu de colonne vertébrale à ces hordes de lemmings progressistes, festifs et multiculturels.

S'il n'y aura pas d'Edit de Nantes parce que les musulmans d'aujourd'hui ne sont pas les protestants d'hier, la probabilité d'une Saint-Barthélemy n'est en revanche pas à exclure.

Ces « fruits de la croissance » dont nos progressistes nous rebattent les oreilles depuis des lustres se sont transformés sous leur férule experte en fruit pourris de la récession et du chaos. Et pour longtemps. La fête est finie et beaucoup ne le savent pas encore. Ce que les occidentaux vont se partager ce sont des montagnes de dettes, une remise à niveau sévère en forme de paupérisation massive dont le gosplan néolibéral Hellène est une belle illustration. « Finies les vacances au Crotois, fini le tiercé ! » comme dit Bernard Blier.

Dans Tout passe, de Vassili Grossman, il y a un dialogue entre deux détenus au goulag. Le premier, bolchevique sincère, veut toujours croire à la révolution malgré son effroyable destin : « Quand on abat la forêt, les copeaux volent mais la vérité du Parti reste la vérité, elle est au dessus de mes malheurs » et, se désignant lui-même, il ajoute : « Je suis un de ces copeaux ».

Viviant est à l'image de ce bolchevique sincère, il reste fidèle, malgré tout, au codex progressiste de l'utopie multiculturelle, mais sans voir qu'il est lui aussi un copeau. Et qu'il va voler.

Ce coup de rabot économique monstrueux dans un contexte de réveil d'identités communautaires -notamment musulmane- allogènes versus cet ethno-masochisme indigène occidental** va déboucher sur un séparatisme à grande échelle basé -entre autres- sur des considérations ethniques et religieuses, dés lors que la dimension nationale -ou continentale- n'est plus/pas opérante. Rien n'exclut le surgissement de conflits intérieurs, de guerres civiles dans un avenir proche. Sortes de saint barthélémy modernes. Nous y sommes.

* « l'affaire Liès Hebbadj , polygame présumé, a rappelé à la journaliste Colombe Schneck l'histoire de ses arrières grands-parents, menacés de dénaturalisation parce qu'ils étaient juifs ».

** "Outre le président PS de la Région Michel Vauzelle, applaudi lorsqu'il s'est dit "fier d'être le président d'une grande région musulmane", plusieurs élus de gauche participaient à la cérémonie, dont le vice-président du conseil régional Patrick Mennucci, le maire d'Istres François Bernardini ou les députés PS Henri Jibrayel et PCF Michel Vaxès."

cool!


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26/02/2015

Essayons d'être de mauvais bourgeois (rediff)

ernst junger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les défenseurs d’abris aménagés en terrain creux sortirent et s’enfuirent. J’en abattis un au moment où il bondissait hors du dernier abri. (…) Mon anglais était étendu devant –un jeune garçon à qui ma balle avait traversé le crâne de part en part. Il gisait là, le visage détendu. Je me contraignis à le regarder dans les yeux. Je suis souvent revenu en pensée à ce mort. Il existe une responsabilité dont l’Etat ne peut nous décharger ; c’est un compte à régler avec nous-mêmes. Elle pénètre jusque dans les profondeurs de nos rêves. » Ernst Jünger, Orages d’aciers, 1920.

Ceux qui lisent Hoplite savent l’importance que j’attache à Jünger. Probablement un des rares fils rouges de ce blog (avec adriana Lima et kate Upton :-)). La lecture de cet homme, notamment ses carnets de guerre, m’a toujours été un baume, en particulier dans les moments difficiles. Tout récemment, une lectrice d’Hoplite m’a dit sa reconnaissance de lui avoir fait découvrir cet homme hors du commun, ce qui m’a conduit à m’interroger sur la raison de cette admiration. Sans doute le figure du guerrier et du philosophe (ou du poète) y est-elle pour quelque chose et explique aussi l’admiration que je porte à un Marc-Aurèle, un Malaparte (ou un Achille…). Sans doute aussi la constance et  la noblesse de cet homme dans son engagement et sa résilience à une vie largement chaotique (deux guerres perdues et l’effondrement de son pays, un fils mort à la guerre, la disparition de mondes –politiques, littéraires, philosophiques, entomologiques, humains- qu’il devait aimer au plus haut point). Sorte d’archétype européen aujourd’hui bien largement disparu (quoique), de figure anthropologique archaïque…

Du jeune Jünger quittant sa famille pour s’engager dans la Légion à 17 ans au vieillard contemplatif et lucide (notamment sur ses vertes années), du théoricien de la révolution conservatrice et contempteur d’une république de Weimar mal née ( et sauvée in extremis de la révolution spartakiste par l’alliance entre le socialiste Noske et les Frei Korps, ces corps francs auxquels Jünger n’appartiendra pas) à l’entomologiste et botaniste de renom qui donnera son nom à un papillon (Trachydora Juengeri) ou à une Cicindèle, la vie de Jünger est éminemment singulière et probablement exemplaire. Je ne sais plus qui (peut-être Hervier ?) l’a qualifié de « sismographe », voulant par là signifier la façon dont Jünger fut le témoin fidèle, le courrier et l’acteur privilégié d’un siècle chaotique.

Ses premiers carnets de guerre (qui donneront Orages d’aciers et d’autres essais) sont stupéfiants de maturité et de profondeur pour un gamin d’une vingtaine d’années noyé dans la boue, le froid, la mort et le chaos d’un conflit qu’il va vivre pendant quatre ans en étant blessé x fois et décoré d’à peu près tout ce qui existe…On songe à Thibaudet et sa « Campagne avec Thucydide » mais Thibaudet avait alors quarante ans…et la maturité qui va avec. On songe aussi au Kaputt de Malaparte ou à l’Iliade... Plus étonnant encore est sa réaction à deux conflits perdus (le premier qu’il vit intensément, le second, contraint : contrairement à un Céline ou un Drieu, Jünger ne cède pas à l’accablement ou au suicide mais transforme ces expériences effroyables en force, en expérience intérieure, et devient un autre…On songe aussi à Mussolini et Hitler ou D’Annunzio qui connurent le même enfer des tranchées et la même expérience fondatrice de fraternité d’armes…avec le destin qu’on leur connaît.

« Je remarquais un peu plus tard que la présence des sept cent Français [prisonniers de la compagnie de Jünger après la campagne éclair de mai 1940] ne m'avait pas inquiété le moins du monde, quoique je ne fusse accompagné que d'une seule sentinelle, plutôt symbolique. Combien plus terrible avait été cet unique Français, au bois Le Prêtre, en 1917, dans le brouillard matinal, qui lançait sur moi sa grenade à main. Cette réflexion me fut un enseignement et me confirma dans ma résolution de ne jamais me rendre, résolution à laquelle j'étais demeuré fidèle pendant l'autre guerre. Toute reddition des armes implique un acte irrévocable qui atteint le combattant à la source même de sa force. Je suis convaincu que la langue elle-même en est atteinte. On s'en rend surtout compte dans la guerre civile, ou la prose du parti battu perd aussitôt de sa vigueur. Je m'en tiens là-dessus au "Qu'on se fasse tuer" de Napoléon. Cela ne vaut naturellement que pour des hommes qui savent quel est notre enjeu sur cette terre. (…) Les compartiments non fumeurs sont toujours moins garnis que les autres : un ascétisme même inférieur procure de l'espace aux hommes. Lorsque nous vivons en saints, l'infini nous tient compagnie. » Ernst Jünger, Jardins et routes, 1942.

Après la guerre, Jünger, avec « Le travailleur » rejoint alors dans cette époque troublée la bien-nommée « Konservative Révolution », ce courant philosophique nationaliste et militariste hostile aussi bien au libéralisme des Lumières qu’au marxisme et largement imprégné de romantisme Allemand et de pensée Nietzschéenne et y croise des hommes comme Schmitt, Mann, Spengler, Sombart ou Von Salomon. Sorte de réaction à la fois à la situation dramatique de son pays et au chaos moderne mais dans une optique révolutionnaire, non réactionnaire. Il est alors clairement nationaliste et pas des plus modérés…

« Nous revendiquons le nom de nationalistes –un nom qui est le fruit de la haine que nous vouent la populace grossière et raffinée, la canaille cultivée, le grouillement des attentistes et des profiteurs.(…) Nous ne revendiquons pas l’universalité. Nous la rejetons, depuis les droits de l’homme et le suffrage universel jusqu’à la culture et aux vérités générales ; nous ne voulons pas l’utile, le pratique ou l’agréable, nous voulons le nécessaire- ce que veut le Destin » Ernst Junger, La guerre comme expérience intérieure, 1934.

On croirait lire Ernst Von Salomon…sorte de manifeste de prussianisme et de haine de l’esprit bourgeois.

« La domination du tiers-état n’a jamais pu toucher en Allemagne à ce noyau le plus intime qui détermine la richesse, la puissance et la plénitude d’une vie. Jetant un regard rétrospectif sur plus d’un siècle d’histoire Allemande, nous pouvons avouer avec fierté que nous avons été de mauvais bourgeois. » Jünger, Le travailleur, 1931

Le « travailleur », ce personnage qui incarne la domination technique et guerrière de l’époque, sorte de Titan, comme dira Jünger lui-même par la suite; comme un symbole du nihilisme et du matérialisme triomphant du monde moderne et de cette première guerre mondiale industrielle. Difficile, bien sûr, de ne pas voir dans cette dénonciation de la démocratie libérale et des valeurs frelatées de la bourgeoisie de Weimar une sorte de proto-fascisme –au sens historique, non polémique du terme. Mais ce Jünger-là va choisir le tournant des années 30 et l’ascension irrésistible du parti nazi et de son chef charismatique, lui aussi héros de la première guerre mondiale, pour prendre ses distances avec l’engagement politique et la radicalité et s’engager dans une voie littéraire singulière marquée par la publication en 1939 de « Sur les falaises de marbres », hymne à l’« élémentaire », ces forces instinctives de la vie étouffées par le rationalisme et l’ordre bourgeois mais aussi fresque au vitriol de l’hubris national-socialiste et de son conducator à moustache, le « grand Forestier »…Prussianisme vs racialisme hitlérien, en un sens. La rupture avec les nationaux-socialistes est alors consommée et seule l’admiration (du combattant pour le combattant) que lui portât toujours Hitler (« On ne touche pas à Junger ! » AHitler cité par D Venner, E Junger, Un autre destin européen)) –et d’autres, notamment dans la Reichswehr- lui permit d’échapper « aux balles dans la nuque ». Un tournant radical, mieux, un exil intérieur.

Plus tard, en septembre 1939, le héros couturé de la première guerre mondiale, l’écrivain reconnu, l’entomologiste et botaniste en herbe, le père de famille remet l’uniforme et reprend le sentier de la guerre; après une drôle de guerre sur la ligne Sigfried où il se signale à nouveau par son courage devant les lignes ennemies, il fait la campagne de France, derrière les blindés de Guderian et les Stuka de Goering et note, jours après jours, ses rencontres entomologiques, minérales, humaines ou littéraires, les heurs et malheurs de ses hommes en guerre mais aussi tout un univers de songes, sensations, vibrations « spectrales », invisibles au plus grand nombre…

C’est le regard décalé de cet homme qui est singulier car, comme celui de l’anarque dont il détaillera plus tard la figure dans Eumeswil, il ne s’attache pas aux apparences ou à l’écume mais à l’essence du monde…Jünger est les trois à la fois : le philosophe, l’artiste et le croyant.

« Le libéral est mécontent de tout régime; l'anarque en traverse la série, si possible sans jamais se cogner, comme il ferait d'une colonnade. C'est la  bonne recette pour qui s'intéresse à l'essence du monde plutôt qu'à ses apparences - le philosophe, l'artiste, le croyant. » Eumeswil, 1977.

Ainsi, dans Jardins et routes (ou même dans Orages d’aciers), peut-il étudier le vol d’un papillon ou la course d'un nuage au bord d’une route encombrée de chars détruits et de cadavres de soldats ou bien revivre ses rêves d’une nuit avant de monter au front. On pense là au rêve de la jument de Malaparte dans la nuit ukrainienne, à ce cadavre qui vient le hanter et lui parler…

« Le soir du 22 avril, nous quittâmes Prény et fîmes une marche de plus de trente kilomètres jusqu'au village d'Hattonchâtel, sans avoir un seul éclopé, malgré le poids du barda ; nous campâmes à droite de la fameuse « grande tranchée »*, en plein cœur de la forêt. Tout indiquait que nous allions être mis en ligne le lendemain. On nous distribua des paquets de pansements, une seconde ration de « singe » et des fanions de signalisations, pour l'artillerie. Je restais longtemps assis, ce soir-là, dans cet état de songerie prémonitoire dont se souviennent les guerriers de tous les temps, sur une souche autour de laquelle foisonnaient des anémones bleuâtres, avant de regagner ma place sous la tente, en rampant par-dessus mes camarades, et j'eus dans la nuit des rêves confus, où une tête de mort jouait le rôle principal. Priepke, à qui j'en parlais le lendemain matin, émit l'espoir qu'il se soit agi d'un crâne Français. » Ernst Jünger, Orages d'acier, 12 avril 1915.

Ou encore :

« Les cathédrales considérées comme des fossiles endormis dans nos villes comme sous des sédiments tardifs. Mais nous sommes fort loin de déduire de ces proportions la vitalité qui se conjuguait avec elles et qui les a formées. Ce qui a vécu sous des apparences multicolores et ce qui les a crées, est plus loin de nous que les ammonites de la période crétacée ; et nous avons moins de peine à nous représenter un saurien d’après un os trouvé dans une carrière schisteuse. On pourrait également dire que les hommes d’aujourd’hui regardent ces œuvres comme un sourd voit les formes de violons ou de trompettes. » Ernst Jünger, Jardins et routes, 1940.

Fin 1944, Junger perd son fils ainé bien aimé, Ernstel. Celui-ci avait du s'engager in extremis dans l'armée alors que, jeune cadet de la marine, il avait critiqué vertement le Fuhrer...Il avait fallu son père en grand uniforme pour le tirer de ce trés mauvais pas mais il avait du s'enrôler dans l'armée sans délai...et y perd la vie en Italie, près de Carrare. Junger franchit un degré supplémentaire, intègre une autre communauté (en pleine expansion..), celle de ceux qui ont perdu des êtres aimés:

"Cher petit, depuis l'enfance il s'appliquait à suivre son père et rêvait de marcher sur ses traces. Et voici que, du premier coup, il fait mieux que lui et le dépasse infiniment." EJ, 13-01-1945.

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C'est à Jünger que je pensais tantôt en lisant les délires du fils Hollande dans le dernier numéro de Faits et Docs:

"Dans la parfaie lignée du think tank socialiste Terra Nova, qui a fait d'un côté du bobo et de l'autre l'immigré ou de l'homosexuel les deux facettes de "l'idéal-type" de l'électeur socialiste (avec abandon des ouvriers et employés, trop "français de souche" et trop réactionnaires), Thomas Hollande, Pierre Lenel et Virginie Martin se sont donc réunis pour pondre une note aussi prétentieuse qu'incompréhensible, avec la même propension à l'ethno-masochisme: "La théorie Queer se situe donc au-delà des oppositions entre cultures centrales colonisatrices dominantes et des cultures colonisées dépendantes et marginales. L'approche Queer permet de penser les hybridations culturelles, les appartenances multiples et les loyautés diverses. Dans ces moments d'échanges transnationaux intenses et de mixité des cultures et des altérités, penser l'hybridation -le tranversal dans l'identité- est incontournable." Faits et Documents, 1-15/05/2013.

ou bien cette mise au point d'E Ratier sur le "pauvre" Harlem Désir...

"Le premier secrétaire du parti socialiste n'est qu'un exemple parmi bien d'autres de ces dirigeants socialistes qui prétendent ne disposer que d'un trés modeste patrimoine. Pour l'ancien patron de SOS racisme, c'est "environ 20 000 euros", constitué par un livret d'épargne et une voiture. De quoi s'interroger sur cet étrange député européen depuis 14 ans, qui gagne chaque mois 8000 euros bruts (échappant largement à l'impôt) plus 4300 eurs de frais généraux qui ne sont pas à justifier, sans parler des voitures de fnction, des voyages gratuits, etc. La quasi-totalité des déclarations de patrimoine paraissent suspectes en rasion des oublis délibérés (patrimoine des conjoints notamment) et surtout des avantages en nature et cotisations retraites ultra-favorables." ibid.


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essayons d'être de mauvais bourgeois :-)

photo: Junger à Majorque en 1931 avec son fils ainé, Ernstel, mort au combat en 44.

24/02/2015

anatomie du chaos, n+1

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"Le docteur Paul Craig Roberts est extrêmement méticuleux quant à l’examen des problèmes auxquels font face l’Amérique et les économies développées aujourd’hui. Vous pourrez être en désaccord avec ce qu’il dit mais en tant qu’ancien sous-secrétaire au trésor, professeur académique et éditeur au Wall Street Journal, il sait de quoi il parle…

La répression financière: elle est menée sur plusieurs fronts et conduite par différentes personnes qui suivent leurs propres agendas bien qu’elles semblent toutes s’entraider.

1 La financiarisation de l’économie par les grandes banques :

« Cela signifie concrètement qu’elles convertissent tous les surplus économiques dans le paiement des intérêts de la dette. Elles siphonnent toute la vitalité de l’économie. Il ne reste plus rien pour alimenter la demande des consommateurs, l’investissement, et les systèmes de retraite. La financiarisation exproprie le surplus économique, qui est créé à travers le maintien du niveau de vie actuel, au profit des intérêts de la dette. »

2 La délocalisation des emplois de la classe moyenne par les multinationales et Wall Street.

« C’est ce que les multinationales et Wall Street ont réussi à accomplir en délocalisant le travail manufacturier et les compétences professionnelles, comme dans le secteur de la programmation informatique et des technologies de l’information. En délocalisant ces emplois, elles ont recréé les conditions du marché du travail et de l’exploitation qui avaient cours au 19ème siècle. »

3 La manipulation des marchés de l’or par les banques sur les marchés à terme.

« Il n’y a plus de mécanismes de libre-marché sur les marchés à terme, ils sont entièrement manipulés. »

La collusion entre les participants

« Je pense que la collusion est gigantesque. Par exemple, le gouvernement a collaboré avec les grandes banques au niveau de la dérégulation du système financier. Ils ont révoqué le Glass-Steagel Act. Ils ont affirmé cette idée absurde que les marchés financiers étaient auto-régulés. Ils ont transformé le système financier en un gigantesque casino où les paris sont couverts par les contribuables et les banques centrales. »

Le cancer qui a pris naissance dans le système financier US a contaminé l’ensemble des économies. Les métastases de ce cancer ont été les grandes banques internationales.

La réponse de Washington à Wall Street

La répression financière passe également par la collusion du gouvernement qui sert les intérêts financiers. Wall Street est en effet un important bailleur de fonds électoral qui place les politiciens dans une situation de dépendance pour être réélus. Ils répondent donc de préférence aux intérêts de leurs donateurs par rapport à l’intérêt public qui lui ne rapporte rien. Ils répondent principalement aux intérêts :

- de Wall Street

- du complexe militaro-industriel

- de l’agro-business, comme Monsanto

- des industries extractives

Ce sont les groupes d’intérêt les plus puissants qui utilisent le gouvernement à leur profit.

Il n’y a plus de contre-pouvoirs à Washington

Avec la destruction des emplois manufacturiers aux USA du fait des délocalisations, le pouvoir des syndicats est devenu très réduit, ainsi que les sources de financement indépendantes du parti Démocrate. « Vous avez maintenant deux parties avec la même tête et qui répondent aux mêmes maîtres. Il n’y a plus de contre-pouvoir. »

L’opposition traditionnelle entre les démocrates soutenant les travailleurs contre les républicains pro-business n’existe plus. Les deux parties représentent les intérêts financiers. C’est la raison pour laquelle vous ne pouvez rien faire contre la répression financière !

Le contrôle néo-conservateur de la politique étrangère

6 billions de dollars de dette de guerre. Cela fait 14 ans que nous sommes en guerre et nous avons ajouté 6 billions de nouvelles dettes à la dette nationale afin de financer ces guerres « sans dépenser 5 cents d’investissements pour le pays.

« Les néo-conservateurs sont à l’origine de la confrontation avec la Russie (qui est insensée ), avec la Chine (ce qui est également insensé). Les états-unis n’ont pas la puissance nécessaire pour dominer la Russie et la Chine. Particulièrement depuis que les deux pays ont noué une alliance stratégique.

La majeure partie du monde se détourne des états-unis à cause des abus de Washington :

abus dans la gestion du dollar comme monnaie de réserve mondiale

abus dans la gestion du système de paiement en dollars

l’utilisation de sanctions unilatérales comme moyen de guerre économique

l’instrumentalisation du mécanisme d’apurement des dettes comme moyen de pression

les BRICS mettent ainsi en place leur propre substitut au FMI

le scandale du système de surveillance massif de la NSA qui conduit certains à vouloir construire leur propre réseau Internet

Tout ceci n’affectera pas seulement le business mais le pouvoir mondial américain. Ce dernier va commencer à péricliter. Si vous mettez en parallèle la volonté des néo-conservateurs de dominer le monde avec le déclin de la puissance américaine, vous ne savez pas où cela peut conduire ! C’est une situation très dangereuse. Je suis surpris que les autres nations aient mis si longtemps à réaliser à quel point les états-unis étaient une menace pour le reste du monde. Le système de paiement international basé sur le dollar est destiné au pillage des autres économies. Le dollar, la globalisation et le néo-libéralisme, sont les outils de l’impérialisme économique américain. Certains pays ont commencé à en prendre conscience. Le pillage des nations par l’impérialisme économique américain à atteint un point où ce dernier devient contre-productif et se retourne contre lui-même – la Grèce en est un bon exemple. »"

Traduction Guillaume Borel/ Source : Zero Hedge

22/02/2015

Watsap?

Je viens de lire le dernier billet de Maurice Gendre sur Scriptoblog du 15/01/15 et je ne vois pas comment on peut être en desaccord avec lui.

Que pèsent les faits et les quelques sites de reinformation et de vision critique du monde tel qu'il ne va pas face à la tres grande efficacité du barnum systémique qui a réussi a faire descendre dans la rue des millions de mes compatriotes derrière Hollande, Netanyahou et Sarkosy?

Ben rien.

De quoi être pessimiste donc. Le chaos s'installe partout mais rien ou presque ne bouge et des millions de cretins decendent dans la rue a l'appel de malfaisants diplômes et reconnus comme tels et, pire encore, pour défendre une liberté d'expression qui n'existe pas et quelques cretins de dessinateurs qui crachaient a la gueule des gens ordinaires depuis des décennies...pas rancuniers les cefrans...

De quoi être optimiste aussi. Plus le chaos s'installe, plus nombreux sont ceux qui ouvrent les yeux sur les ravages du capitalisme globalise et la malfaisance absolue d'une petite oligarchie arrogante ubiquitaire. Tous les jours je croise le chemin a la fois des insiders qui votent UMPSMODEM, écoutent elie Cohen et lisent le Monde et pour qui tout va encore bien hormis la célèbre menace fasciste/populiste qu'il faut combattre, et le chemin d'une foule de gens ordinaires (par mon job) dont j'observe la radicalisation depuis quelques années sous le poids de la bien connue désormais "botte souveraine de la realite" et qui, chômage aidant, anomie aidante, déclassement et misere sociale aidant, violence et criminalité aidant, mise à nu du spectacle pseudodemocratique et médiatique aidant, ouvrent les yeux sur l'horizon chaotique qui leur est promis.

Je pèse mes mots. Nombreux sont ceux qui comprennent que les classes moyennes et populaires occidentales sont appelées a rejoindre une sorte de sous prolétariat européen, jusqu'alors largement allogene et dont l'utilité en terme de deflation salariale, de deconstruction ethno culturelle des nations européennes et de faisant fonction de kapo vis a vis des gens ordinaires n'est plus à demontrer. Il suffit pour s'en convaincre d'observer l'ascension reguliere du vote FN dans ce pays et ce malgré les errements idéologiques et l'amateurisme de ses cadres. Il représente quoiqu'on en pense la fraction croissante de gens ordinaires éveillés et hostiles au monde tel qu'il ne va plus, ie hostiles à la dépossession croissante de toute possibilité de maitriser le moins du monde leur destin, destin désormais entre les mains criminelles de cette oligarchie financière, médiatique et politique nationale et transnationale globalisée. Une guerre a mort entre les loosers des villages de là France périphérique de Guilluy et les winners insiders hors sols des métropoles eclairees, "entre les partisans et les victimes de la mondialisation, les profiteurs et les sinistrés du progrès, le peuple et les élites, les classes populaires et la Nouvelle Classe, les gens ordinaires et les nomades de la jet set, les périphériques et les urbains, les connectés et les non connectés, bref les gagnants et les perdants de la modernité" (1)...

La dissidence est une minorité. Nombreux sont donc les gens ordinaires capables d'ouvrir les yeux, notamment parmi ceux confrontés au reel contrairement aux insiders hypocrites, mais peu nombreux seront ceux capables de franchir le pas et d'adhérer a un projet global de contre modèle, de contre société dont Drac a theorise le modèle. 

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J'ai bien aimé le pauvre Hollande en visite de propagande au salon de l'agriculture mais faisant ejecter Manu militari le porte parole de la confédération paysanne, quel symbole! Mais combien de ruraux vont-ils continuer à voter PS? Ben oui, beaucoup. J'ai adoré le come-back mediatique des ordures Juppé et Sarkosy co responsables du chaos libyen qui s'étend désormais a tous le Maghreb et tout le Machrek et la menace de l'EIIL d'envoyer 500 000 africains en Europe...ah ah, bravo. Ils ont parfaitement compris les enjeux. Mais combien d'insiders vont ils encore voter et suivre deux encules pareils? Ben oui, beaucoup.

Bon dimanche a tous.

(1) éléments n 154.

13/02/2015

Chaospride

 

Excellent reportage car il illustre parfaitement plusieurs choses:

- le credo multiculturaliste de nos modernes selon lequel une société multiculturelle et multiethnique est l'horizon indépassable de nos démocraties, hôtel Babel...

- la tolérance et la mansuétude sans bornes des Suèdois qui donnent TOUT à des étrangers sans contrepartie évidente autre que de devenir des Suédois, ce qui n'a rien d'évident manifestement,

-toujours la même rationalité economique (l'"armée de réserve industrielle du capital" selon Marx, à même d'induire partout la meme déflation salariale) assumee par le PDG de Scania pour légitimer çette immigration allogene de masse, a l'encontre des intérêts légitimes des peuples autochtones, 

- l'attitude non équivoque de ces nouveaux Suèdois qui restent des musulmans en terre Nordique (dar al harb, le territoire de la guerre, faut-il le rappeller), avec leurs langues (arabe, turc), leur religion, leurs codes culturels et qui n'entendent nullement devenir autre chose (par exemple des occidentaux adoubant les totems modernes comme -précisément- le multiculturalisme, les gays prides, la laïcité, l'égalité des sexes, tout le barnum festif et vivrensembloïde, etc.),

-le parti-pris idéologique du journaliste progressiste: l'intolérance n'est le fait que de méchants vikings à petite moustache et bras levé versus la tolérance progressiste de jeunes femmes voilées et de jeunes hommes stigmatisant les suèdois car n'ayant jamais été en contact avec des musulmans (c'est-à-dire à même d'aprécier cette religion d'amour de tolérance et de paix qu'est l'Islam depuis 14 siècles),

-l'aveuglement sans borne de ces modernes qui, construisant jour aprés jour cette société arc-en-ciel censée être apaisée (nouvelle parousie), ne voient pas la sécession ethnique, religieuse, culturelle à l'oeuvre et l'avenir en forme de guerre civile qui leur est promis, illustrant parfaitement le fait que nous sommes face à des croyants, c'est-à-dire des personnes sur qui la praxis, la botte souveraine de la réalité (je l'aime bien celle-là, ha ha!), bref toute rationalité n'ont aucune prise. Un peu comme les pacifistes avant-guerre et les staliniens qui jusqu-au dernier moment (et même parfois bien aprés, genre Badiou) nient l'évidence -en l'occurence de la sécession à l'oeuvre et de la menace réelle de balkanisation de tous les pays européens accueillant de forte populations musulmanes- au nom de leur croyance.

-ce qui signifie aussi que nos modernes, étrangers à toute dimension politique (éthique de responsabilité) car saturés de moralisme et d'économisme (éthique de VRP en boulons et de croyants) iront jusqu'au bout de leur logique droitdelhomiste, jusqu'à l'absurde, pénétrés de l'idée que dés lors qu'ils ne se désignent pas d'ennemis, nos sociétés n'en ont pas, ce qui est évidement une absurdité. Comme ceux qui gardent les yeux ouverts s'en apercoivent tous les jours.

-la balkanisation de nos nations européennes est déjà une realite, ces sociétés multi-culturelles ou multi ethniques  sont des poudrieres. Tout le monde le sait. Aucune chance que les tendances lourdes qui ont présidé a l'établissement de ces enclaves allogènes changent à court terme pour les raisons que j'avance dans ce post. Il faut donc se préparer au pire, ie l'effondrement economique et social double d'une guerre inter-ethnique partout ou ces populations allogènes sont implantées en nombre.

A la fin des années cinquante, Max Frisch écrivit une pièce de théatre intitulée Biedermann et les incendiaires. Cette fable montrait comment monsieur Biedermann, un homme tout à fait ordinaire issu de la classe moyenne avait fermé les yeux sur la montée en puissance de forces destructrices, totalitaires. Dans tous les pays européens aujourdhui, nos élites progressistes réagissent comme Biedermann devant les incendiaires: aveuglement, conformisme et peur.

bon WE!

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renoncements

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INFO LEPOINT.FR GRENOBLE – Un contrat sur les policiers de la BAC

Denis est policier à la Brigade anticriminalité (BAC). Il fait partie des hommes envoyés en renfort à Grenoble où des policiers sont menacés de mort par des caïds de cité. Il a accepté de témoigner pour Le Point.fr sous couvert d’anonymat. Édifiant.

« ON SE COUCHE DEVANT LES CAÏDS »« Nos collègues de Grenoble ont leur nom et prénom tagués sur les murs du quartier de la Villeneuve. Et la seule réponse du ministère, c’est de les mettre au repos ou de les muter. Je suis dans la BAC depuis 10 ans. Aujourd’hui, je suis écoeuré. Une fois encore, on se couche devant les caïds. On nous a donné l’ordre de ne plus patrouiller en civil, de remettre nos uniformes pour ne pas être identifiés comme un flic de la BAC. C’est désastreux pour l’image. Les petits caïds se disent dans leur tête que les flics ont peur, qu’ils reculent. Parmi les policiers exfiltrés, il y a un major à deux mois de la retraite avec 15 ans de BAC derrière lui. C’est la honte. »

« DE LA CHAIR À CANON »« On se fout de la gueule des flics, on nous prend pour de la chair à canon. Quand on pense que Sarko avait promis de karcheriser les cités ! La hiérarchie fait tout pour minimiser la gravité de la situation. Personne ne sait ce qu’est devenu l’agent de sécurité qui a failli prendre une balle. C’est l’omerta. Heureusement, l’info circule entre nous, via les portables. »

« GILETS PARE-BALLES PÉRIMÉS »« Le 22 juillet, je me suis pointé au travail à midi. J’ai appris qu’à 16 heures je devais être à Grenoble pour une mission de neuf jours. Si tu refuses, t’es muté dans un service de merde. Alors, tu pars risquer ta peau pour 1.800 euros par mois. Mon métier, c’est de protéger les biens et les personnes. Pas de me faire tirer comme un lapin par un crevard de cité. Notre véhicule affiche plus de 100.000 kilomètres au compteur, à l’intérieur, le chauffage est bloqué. Voilà l’état de la police aujourd’hui, en tout cas de la sécurité publique, dont je fais partie. Rien ne fonctionne normalement, ni les voitures, ni les ordinateurs. Certains ont des gilets pare-balles périmés. Même nos brassards de police sont usés jusqu’à la corde, j’ai un collègue qui a été obligé de repasser au marqueur la lettre P du mot police. »

« CE N’EST PAS LES CAÏDS QUI VONT FAIRE LA LOI »« J’entends certains dire il faut envoyer l’armée. Qu’on nous laisse agir, et ça ira très vite. Ce n’est pas une vingtaine de petits caïds qui vont faire la loi. Ces derniers jours, avec les renforts qui ont débarqué, les types se tiennent à carreau. Hormis quelques marioles qu’il faut savoir calmer. Hier, on est tombé sur un crevard de ce genre. Le type était au téléphone quand on s’est approché pour le contrôler. Je m’adresse à lui en le vouvoyant pour lui demander de mettre fin à sa conversation téléphonique, il me répond en me tutoyant : « Tu es qui toi pour me demander de m’arrêter de téléphoner. Personne ne me contrôle ici. » Il a pris direct deux pièces de cinq francs (des gifles). Après, il nous disait : « Bonjour, merci et au revoir. » Bien sûr que je me mets hors clous en agissant ainsi. Mais pourquoi devrait-on baisser la tête ? Si tous les flics agissaient ainsi, les problèmes seraient vite réglés. Pour moi, ça, ce n’est pas une bavure, c’est une démarche citoyenne. Il faut arrêter de verbaliser le citoyen lambda et s’attaquer aux caïds, aux dealers, aux braqueurs. Quand un jeune de 20 ans roule dans une X6 qui coûte 120.000 euros et qu’il ne travaille pas, c’est à lui qu’il faut confisquer la voiture sur le bord de la route. »

« Il faut que la population sache que les policiers n’ont pas peur d’entrer dans les cités. Si nous n’y allons pas, c’est que nous avons ordre de ne pas y aller. Aujourd’hui, la hantise des autorités, c’est la bavure, l’émeute, l’embrasement. Mais à force de reculer, de renoncer, on arrive à des situations comme aujourd’hui. Un jour, on se réveille, c’est trop tard, c’est l’effet boomerang. Je ne crois pas que les conseillers de Sarko lui disent la vérité sur ce qui se passe. Il faudrait que tous ces délégués à la sécurité, préfets ou autres viennent tourner une nuit avec la BAC pour voir l’étendue des dégâts. On dit ici qu’un flic du Raid a eu dans la jumelle de son fusil un voyou perché sur un toit avec un lance-roquettes. Et qu’il n’aurait pas reçu l’ordre de tirer. Si j’avais été à sa place, j’aurais appuyé sur la détente. Et cela ne m’aurait pas empêché d’aller manger une pizza après. Est-ce qu’on attend qu’il pulvérise un fourgon de flics ? »

« LA PAROLE D’UN FLIC NE VAUT RIEN »« Les flics vont se mettre à tirer. S’ils ne l’ont pas encore fait, c’est parce que la peur de perdre leur boulot est plus forte. Mais les flics en ont ras le bol. Après 15 ans de police, sans le moindre problème, je me suis retrouvé du jour au lendemain mis en garde à vue, perquisitionné à mon domicile parce qu’un crevard de cité, multirécidiviste, m’avait accusé de l’avoir agressé. Ce qui était faux. Mon service de nuit à peine terminé, je me suis retrouvé en garde à vue, puis mis en examen par le doyen des juges d’instruction. Pourtant, je suis un des flics les plus décorés de ma génération. Le doyen en question qui n’avait jamais mis les pieds dans un commissariat, ni même dans une voiture de flic m’expliquait comment il fallait que j’intervienne sur la voie publique. J’ai été suspendu durant neuf mois, privé de salaire. Je vivais avec 300 euros par mois. Si je ne suis pas mis une bastos dans la tête, c’est parce que mes proches m’ont soutenu. Au bout du compte, j’ai été relaxé par le tribunal. La parole d’un flic aujourd’hui ne vaut rien. Ni devant un jeune de cité, ni devant un juge, ni devant un élu. Le flic est un sous-citoyen. »

Source : Publié le 28/07/2010 à 14 :17 – Modifié le 28/07/2010 à 21 :42 Le Point.fr 402

Un peu long pour le format blog mais à lire jusqu'au bout car édifiant+++

A l'entraînement* et dans le boulot, je croise souvent des flics de terrain (BAC en particulier, CRS) et TOUS racontent ce genre de choses. La démission, le "pas de vagues", les consignes pour ne pas intervenir dans les « quartiers sensibles », ie les quartiers africains de nos villes, les rapports en 12 ex qu’ils sortent à la moindre embrouille avec une racaille multirécidiviste choppée en flag dans son R8 au milieu d’une meute hurlante de coreligionnaires…

Aujourd’hui, je vois un sous-officier, chef de poste dans un gros village de l’Hérault, à un an de la retraite. Trente ans d’armée puis de gendarmerie, engagé volontaire au Tchad (« on tirait à l’arme lourde sur les rebelles pendant des heures, docteur ! ») puis au Liban au moment de l’attentat du Drakkar (1983) et de l’assassinat de louis Delamarre (1981), ambassadeur de France, par les services secrets Syriens…Puis 15 ans de BAC dans la banlieue Lyonnaise…(« Grenoble à côté, c’est du pipeau ! ») Des choses qu’on oublie pas…et qui permettent de relativiser l’arrogance dérisoire de ce lumpen prolétariat maghrébin et sub-saharien encensé par la clique Woltoneuse. Dégoûté, le gars ! Impuissance totale à tous les niveaux, des supérieurs carriéristes et poltrons, des recrues qui sortent les bouteilles à 14heures pour l’apéro et qui couinent à la discrimination au moindre rappel à l’ordre…Le gars a compris qu’il pouvait causer tranquille : « Docteur, j’ai connu le Liban pendant la guerre et c’était pas beau ! c’est devant nous, à force de renoncements. »

Un peu cassé, l’hoplite, par des nuits sans sommeil mais je le regardais en me disant que je préférais mille fois sa compagnie éclairée et ses souvenirs martiaux de vieux soldat acoolo que la clique d’autruches progressistes et « padamalgamesque » qui m’entoure. C’est comme ça. J’aimerais bien théoriser sur l’abolition de ce principe d’autorité dans nos sociétés modernes –occidentales, sur cette montée de l’insignifiance dont parle Castoriadis, sur cette indifférenciation galopante, ce relativisme total qui fait dire à un cloporte : « Tu es qui toi pour me demander de m’arrêter de téléphoner. Personne ne me contrôle ici. », sur cette anomie marchande et violente qui nous tend les bras…

Il y a quelques siècles, le moindre de ces gueux aurait été pendu à la façade du palais de Laurent de Médicis, à titre d’exemple ou demembre sans procès dans un sentiment d’évidence partage par tous les gens ordniaises...(un peu comme la pub de Ménard sur le fait d'armer sa police municipale contre les malfrats, une évidence sauf pour l'hyperclasse et ses relais mediatiques et sociologiques).

Pas le courage ni les épaules ce soir. Tant pis. Libre à vous.

« Dans l’histoire de l’Occident, il y a une accumulation d’horreurs –contre les autres tout autant que contre lui-même. Ce n’est pas là le privilège de l’Occident : qu’il s’agisse de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique avant la colonisation ou des Aztèques, les accumulations d’horreurs sont partout. L’histoire de l’humanité n’est pas l’histoire de la lutte des classes, c’est l’histoire des horreurs bien qu’elle ne soit pas que cela. Il y a , il est vrai, une question à débattre, celle du totalitarisme : est-ce, comme je le pense, l’aboutissement de cette folie de la maîtrise dans une civilisation qui fournissait les moyens d’extermination et d’endoctrinement à une échelle jamais auparavant connue dans l’histoire, est-ce un destin pervers immanent à la modernité comme telle avec toutes les ambiguïtés dont elle est porteuse, est-ce encore autre chose ? (…) Il y a quelque chose qui est la spécificité, la singularité et le lourd privilège de l’Occident : cette séquence social-historique qui commence avec la Grèce et reprend, à partir du XIème siècle, en Europe occidentale, est la seule dans laquelle on voit émerger un projet de liberté, d’autonomie individuelle et collective, de critique et d’autocritique : le discours de dénonciation de l’Occident en est la plus éclatante démonstration. Car on est capable en Occident, du moins certains d’entre nous, de dénoncer le totalitarisme, le colonialisme, la traite des Noirs ou l’extermination des Indiens d’Amérique. Mais je n’ai jamais vu les descendants des Aztèques, les Hindous ou les Chinois faire une autocritique analogue, et je vois encore aujourd’hui les Japonais nier les atrocités qu’ils ont commises pendant la seconde guerre mondiale. Les Arabes dénoncent ans arrêt leur colonisation par les Européens, lui imputant tous les maux dont ils souffrent –la misère, le manque de démocratie, l’arrêt du développement de la culture arable, etc. Mais la colonisation de certains pays arabes a duré, dans le pire des cas, cent trente ans : c’est le cas de l’Algérie de 1830 à 1962. Mais ces mêmes arabes ont été réduits à l’esclavage et colonisés par les Turcs pendant cinq siècles. La domination Turque sur le Proche et le Moyen Orient commence au XVIème siècle et se termine en 1918. Il se trouve que les Turcs étaient musulmans –donc les arabes n’en parlent pas. L’épanouissement de la culture arabe s’est arrêtée vers le XIème, au plus XIIième siècle, huit siècles avant qu’il soit question d’une conquête par l’Occident. Et cette même culture arabe s’était bâtie sur la conquête, l’extermination et/ou la conversion plus ou moins forcée des populations conquises. En Egypte, en 550 de notre ère, il n’y avait pas d’arabes –pas plus qu’el Libye, en Algérie, au Maroc ou en Irak. Ils sont là comme des descendants des conquérants venus coloniser ces pays et convertir, de gré ou de force, les populations locales. Mais je ne vois aucune critique de ces faits dans le cercle civilisationnel arabe. De même, on parle de la traite des Noirs par les Européens à partir du XVIème siècle, mais on ne dit jamais que la traite et la réduction systématique des Noirs en esclavage ont été introduites en Afrique par des marchands arabes à partir du XI-XIIième siècle (avec comme toujours la participation complice des rois et chefs de tribus noirs), que l’esclavage n’a jamais été aboli spontanément en pays islamique et qu’il subsiste toujours dans certains d’entre eux. Je ne dis pas que tout cela efface les crimes commis par les Occidentaux, je dis seulement ceci : que la spécificité de la civilisation Occidentale est cette capacité de se mettre en question et de s’auto-critiquer. Il y a dans l’histoire Occidentale, comme dans toutes les autres, des atrocités et des horreurs, mais il n’y a que l’Occident qui a crée cette capacité de contestation interne, de mise en cause de ses propres institutions et de ses propres idées, au nom d’une discussion raisonnable entre êtres humains qui reste indéfiniment ouverte et ne connaît pas de dogme ultime. »

Cornélius Castoriadis, La montée de l’insignifiance, 1996.


podcast

* Quand je faisais du krav...maintenant a mon fight club c'est beaucoup plus divers...ce post est de 2010.