23/06/2014

stationpark

imprévu

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"Lundi, j'étais à Radio Temps Égal avec Carl Etnier, sur WDEV, à Waterbury dans le Vermont. L'autre invité était l'optimiste technologique William Halal, auteur de La promesse technologique : expertise de la transformation de l'économie et de la société (1). Halal prétend être capable de prédire l'avenir de la civilisation industrielle en parlant à des experts dans différents domaines technologiques et en rassemblant toutes leurs prédictions sur leur domaine propre en une seule carte des choses à venir.

Ma réaction immédiate a été, dans les grandes lignes : Bien sûr, les experts dans n'importe quel domaine donné aiment penser que leur domaine a un avenir radieux !, et c'est seulement plus tard qu'il m'est venu à l'idée de mettre cela dans le contexte de l'œuvre de Nassim Taleb (2), me permettant de formuler une meilleur réponse.

Taleb est connu pour nous avoir fait découvrir les cygnes noirs (3) (des observations altérant la réalité qui invalident notre sagesse conventionnelle antérieure) mais un autre animal pour lequel il devrait à juste titre être célèbre est la dinde de Noël. Taleb dit que demander à un économiste de prédire l'avenir est comme demander à la dinde de Noël ce qu'il y aura au dîner de Noël : en se basant sur l'expérience de toute sa vie, la dinde s'attend à être nourrie à Noël, non à être mangée. En ce qui concerne la dinde, Noël est un événement de type cygne noir.

Mais hier il m'est apparu que cette analogie s'étend à toutes les professions intellectuelles, et certainement aux technologues et aux scientifiques : quand on les interroge sur l'avenir de, disons, les nanotubes, ou la fusion nucléaire, ou l'ingénierie génétique, ils prédisent qu'il est radieux, et continueront de le dire jusqu'à ce que leurs subventions soient supprimées, leurs postes salariés éliminés, et leurs laboratoires fermés pour des raisons politiques et macro-économiques qu'ils sont bien mal préparés à essayer de comprendre.

C'est précisément ce qui est arrivé lors de la fin de la science soviétique au début des années 1990 : à un moment il y avait une grande institution scientifique qui se prédisait audacieusement un avenir radieux, et l'instant d'après vous aviez des experts en holographie fabriquant des petits hologrammes religieux pour les vendre sur les marchés aux puces en plein air afin d'acheter de la nourriture, des métallurgistes aérospatiaux réinventant le coupe-choux pour obtenir un rasage décent, parce que les rasoirs jetables avaient disparu, des étudiants diplômés abandonnant leurs projets de recherche et partant faire un peu d'argent en faisant des travaux manuels, et la totalité du corps enseignant essayant de trouver un poste d'enseignant associé à l'étranger.

Et donc, il me semble sans risque de conclure que l'avenir de votre domaine scientifique spécifique ou de votre entreprise technologique dépend d'abord et avant tout de votre capacité à continuer de toucher un salaire et de recevoir des fonds, ce qui, à son tour, dépend d'une longue liste de choses, avec la viabilité de votre domaine particulier d'entreprise quelque part vers le bas de cette liste. Lorsqu'on demande à un expert une opinion experte, cet expert est forcé de faire des hypothèses sur une multitude de facteurs qui se trouvent hors de l'étroit domaine d'expertise de l'expert. La plus importante hypothèse étant qu'il y ait une continuité dans le milieu environnant — physique, social et économique : l'hypothèse de la dinde d'être nourrie demain basée sur le fait d'être nourrie tous les jours.

Étant donné ce qui se produit tout autour de nous — que ce soit les contraintes des ressources physiques, le bouleversement climatique, les tendances sociales insoutenables — cette hypothèse est hautement discutable. Cette hypothèse élémentaire étant invalidée, l'expertise d'un expert concernant l'avenir n'est pas plus impressionnante que l'expertise d'une dinde de Noël concernant Noël." Dmitri Orlov, février 2009.

1. Technology’s Promise : Expert Knowledge on the Transformation of Business and Society.

2. Nassim Nicholas Taleb est un expert en mathématiques financières connu pour ses travaux sur les événements rares.

3. Le cygne fut un oiseau absolument blanc jusqu'au XVIIIe siècle, lorsqu'on découvrit le cygne noir en Australie. Le cygne noir est ici la métaphore d'un événement imprévu venant contrarier les certitudes les plus fermement établies.


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18/06/2014

navigators

16/06/2014

Miller toujours

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"Le sexe est une des neuf raisons qui plaident en faveur de la réincarnation. Les huit autres sont sans importance."

Henry miller, Sexus 1949.

15/06/2014

Goaaaaaaaaaaal!

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welcome™

 L'immigration clandestine pour les lecteurs de Télérama et autres activistes sans-papieristes*:

et pour les Siciliens en prise avec le réel..

"A la recherche d’un substitut de prolétariat, l’extrême gauche s’est fixé pour but de trouver un sujet historique qui ne soit surtout pas le peuple. Difficile ici de ne pas évoquer le problème de l’immigration. Comme hier le chômage conjoncturel, l’immigration représente en effet d’abord une armée industrielle de réserve du capital, exerçant une pression à la baisse sur les salaires et accroissant d’autant le taux de profit, la prédication « antiraciste » interdisant, parallèlement, que l’on critique les substitutions de population auxquelles procède le capital pour éteindre les traditions révolutionnaires des peuples européens, en exilant le prolétariat indigène de sa propre histoire. Il ne fait aucun doute que l’« antiracisme » contemporain, formulé à partir des années 1980 par des organisations comme SOS-Racisme, a été formulé avant tout pour remplacer l’anticapitalisme et dissimuler l’abandon par la gauche de ses anciens idéaux. Le danger, désormais, c’était « Le Pen », et non plus le capital. Mieux encore, en « combattant Le Pen », on faisait le jeu d’un capitalisme trop content de trouver dans l’immigration un nouveau gisement de main-d’oeuvre à bon marché, malléable, corvéable à merci et ignorant tout des traditions révolutionnaires du prolétariat français. Tout cela n’avait évidemment rien à voir avec la nécessaire lutte contre le racisme. Ceux qui, aujourd’hui, se consacrent à la défense inconditionnelle des clandestins et du « sans-papiérisme » continuent en réalité à « offrir à la classe capitaliste l’armée de réserve soumise à bon marché dont celle-ci a besoin à mesure qu’elle entend se débarrasser des vieilles contestations ouvrières européennes ». Les Besancenot et autres gauchistes, adeptes du néopopulisme incantatoire, qui ne parlent au nom du peuple que pour mieux le faire taire, ne constituent aujourd’hui rien d’autre que l’aile gauche de l’appareil politique du capital**.(...)"

Alain de Benoist, 2009.

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* propriété du groupe Le Monde, détenu depuis 2010 par les hommes d'affaires Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse.

** rappel de la sainte alliance MEDEF-SOS RACISME (

depuis le 7 juillet 2012. Vous pouvez me retrouver aussi sur

"Depuis Guy Effeye, la n'a jamais arrêté son combat contre les expulsions. La place des lycéens est en...

14/06/2014

réconciliation: "now, get in the truck!"

13/06/2014

operation run for your life:)

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"The U.S. Embassy in Baghdad is preparing contingency plans to evacuate its staff since ISIL has taken control over large swaths of Iraq, according to a U.S. State Department official.

The U.S. official also mentioned that the U.S. Embassy, United Nations and other foreign organizations with a presence in Iraq are “preparing contingency plans to evacuate employees.” ISIL has seized control of Mosul, Tikrit and Fallujah and intends to create an Islamic state across the Iraq-Syria border.

Mortar rounds and rockets have hit Baghdad International Airport and Mosul’s airport has been the target of assault. Iraqi Army forces are conducting military operations in Nineveh and Anbar provinces against the insurgent and terrorist organizations that have occupied those territories."

source via De Defensa

photo: Saïgon, 1975..

10/06/2014

clint's dead

06/06/2014

ciel de Corée

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"Fuck'n jews".

J’avais dix-neuf ans et je passais un été aux USA. Précisément à Hoboken, prés de NY, au bord de l'Hudson (Bardamu débarquant à Ellis Island…). Je vivais dans une famille juive non pratiquante dont une des premières interrogations fut : « Es-tu jamais allé à Yad Vashem ? » A l’époque, j’avais la conscience politique d’un bulot et je dus répondre –au hasard- mon dégoût du tourisme de masse. Tronche de la taulière qui a fait une croix sur moi le premier soir mais sourire du boss, Josh. Heureusement, l’incident fut vite oublié et mon hôte, fervent membre de l’Américan Légion, m’amenait régulièrement écluser quelques Coors light ou Buds à son rade habituel, à la grande fureur de la mère juive de la maison qui pensait que je n’avais rien à y faire…et que je ferais mieux d'aller visiter le parc Sinatra, haut lieu de la bourgade, et aller à la fac au lieu de disparaitre de façon récurrente avec la fille de la maison.

C'était l'été 88 ou 89, faisait chaud et humide dans le New Jersey, barbec tous les soirs chez mon hôte avec ses voisins et ses potes, Josh, la soixantaine bedonnante, des avant-bras comme mes cuisses et des tatouages à tête d'indien et d'autres plus mystérieux qu'il avait chopé en Corée avec son pote Mac Arthur. Miller's light, Bud ligt et pas light, ça picolait le soir chez Josh autour de la piscine ("Nice pool, Josh! que je lui ai dit le premier soir puis tous les soirs vu que c'était le seul truc que j'étais capable d'articuler au bout de 6 cannettes. "Damn pool, F..!" qu'il me disait.

Josh était un vétéran de la guerre de Corée et n'en parlait jamais sauf les soirs de beuverie avec ses potes de l'AL au 308 sd street, sous l'aigle américain. Autant de récits qui se mélangeaient dans mon esprit avec les aventures de Buck Danny, Sonny Tuckson et Tumbler chez les faces de citron. Il m’aimait bien, Josh. Parce que je l’écoutais, je crois. Faut dire, ses histoires de MIG ou de B29, de T34 ou de napalm, c'était un peu nouveau pour moi. Contrairement à sa meuf qui lui cachait ses packs de Coors et à ses potes qui connaissaient ses histoires par cœur. J’ai pensé à Josh dernièrement en lisant un interview de Barnavi et Debray à propos de la Palestine : « La shoah s’est hissée au rang de religion civile en Occident. » dit Barnavi. Comme à chaque fois que je lis Atzmon.

Pourquoi "Fuck'n jews"? Parce qu'un des jurons favoris de Josh était "Fuck'n jews". Josh, juif et fervent sioniste après guerre, avait lentement tourné le dos à Israel devant l'ineptie suicidaire des politiques de cette enclave juive proche-orientale notamment l'épuration ethnique qui suivit sa création et la violence meurtrière des milices juives. Josh avait compris que le projet sioniste kibboutznik socialiste était mort et que se mettait en place en Palestine tout autre chose qui avait beaucoup plus à voir avec la prédation des terres et la dépossession d'un peuple autochtone (peut-être finalement plus juif que les cohortes ashkénazes d'Europe centrale ou séfarades maghrébines importées) qu'avec l'établissement idyllique d'un foyer juif. Fuck'n jews. J'ai mis un peu de temps à comprendre.

Josh avait une nièce qui vivait à la maison, sorte de bombasse brune gothique de 17 ans, hailey, qui m'emmenait le matin à la fac locale dans son impala pourrie pour des cours de littérature anglaise avant de m'amener ailleurs vu ce qu'on avait envie de faire. ha ha. ben ouais.

Quant au parc Sinatra, bof, si, on voit bien le WTC, no more. Fuck'n jews. un parc Johnny Cash plutôt.

The danger of drinking too much.
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05/06/2014

réussir son effondrement

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"Le .22 Long Rifle (.22LR) est le calibre le plus vendu et le plus répandu au monde, avec une production annuelle de 2 a 2,5 milliards de munitions. Développé par la "J. Stevens Arms and Tool Company" en 1887, le .22LR a vite obtenu une popularité énorme de part le fait que ce calibre est extrêmement performant et bon marché. La particularité de ce calibre est qu'il est a percussion annulaire ("rimfire" en Anglais), avec la composition d'amorçage se trouvant contenue dans le bourrelet de la cartouche. Il est utilisé indifféremment pour les armes de poing et les carabines, et pratiquement tous les fabricants d'armes ont au moins un modèle en .22LR dans leurs catalogues, ajoutant un choix énorme d'armes a la popularité déjà imposante de ce petit calibre économique.

Pour le survivaliste, le .22LR est sans aucun doute un des calibres les plus intéressant sur le marché, et son usage varié dans l'histoire de l'arme a feu le prouve. Aujourd'hui, le .22LR est principalement utilisé pour la chasse d'animaux de petite taille, pour le tir sportif, et pour un entraînement économique, mais il fait aussi toujours partit de l'armement de certaines branches de l'armée Américaine comme les Navy SEALs par exemple, qui utilisent ce calibre en conjonction avec le Ruger MK II. La place de ce calibre dans l'histoire du conflit est principalement du au fait que le .22LR est très discret quand a la projection sonore…surtout quand l'arme est utilisée avec un silencieux, comme par exemple le High Standard HDM de l'OSS (Office of Strategic Services, aujourd'hui devenu la CIA) pendant la deuxième guerre mondiale. La ou le .22LR a vraiment fait ses preuves dans le combat, est au travers du Mossad (Institut pour les renseignements et les affaires spéciales - ou plus simplement "l'institut"). Une des particularités du Mossad a aussi été dans l'emplois du calibre .22LR dans son programme de Sky Marshal par exemple, avec l'utilisation du Beretta modèle 70 et 71, notamment après le détournement d'un avion de la El AL en 1968.

Même si le .22LR n'est pas un calibre d'une prouesse balistique impressionnante, surtout  quand on le compare a un calibre plus important tel que le .357 Magnum ou le .308, il compense une certaine puissance de stoppage plutôt anémique par une multitude d'avantages tels que son prix (0.04$ par munition), son volume et son poids (environs 1 kilo pour 500 munitions), sa discrétion sonore, sa précision, sa valeur sur le marché du troc, son recul inconséquent et sa disponibilité dans le monde entier. Tous ces facteurs font du .22LR un calibre adapté a une situation de survie et au survivalisme. Le choix des armes est ici vaste, mais généralement l'arme en .22LR sera fiable, et devrait être un investissement sur, capable de s'adapter a des rôles variés allant de la chasse a l'instruction du tir, en passant par la protection personnelle. Même si celle-ci demande des méthodes et un entraînement un peu différent quand a l'engagement de la cible, sans un recul conséquent, le .22LR se prête aisément a un tir soutenu, rapide et précis.

Pour une introduction au tir, le .22LR est idéal. Son recul inconséquent fait de ce calibre une  excellente plateforme pour le novice, ou l'individu qui aurait une appréhension de l'arme a feu. Pour la carabine, mon choix aura été une Ruger 10/22 semi-automatique. Cette carabine est une référence quand a la production d'une arme extrêmement fiable mais cependant bon marché. La 10/22 a d'ailleurs été adoptée par les forces de défense Israéliennes en 1987, et continue d'être en service aujourd'hui. A 2,4 kilos et avec un chargeur rotatif de 10 cartouches (les chargeurs de 25 cartouches sont aussi disponibles), elle a dépassée une production de 5 millions d'exemplaires en 2010, et continue d'être un pilier de l'armement civile aux USA. Généralement offerte aux enfants à Noël, elle reste cependant une arme populaire et prisée du milieu de l'entraînement au tir tactique et de la chasse d'animaux de petite taille.

Plusieurs variations existent, mais le prix de base pour une 10/22 est de 200$. Même si cette semi-automatique est sans aucun doute une référence et un plaisir de tirer, il y a une multitude d'options quand a l'arme longue, et toutes devraient être plus ou moins fiable. Il n'en est pas moins qu'une .22 est un de ces objets passé de génération en génération et qui représente souvent une histoire. Si je ne pouvais avoir qu'une seule arme a feu, ce serait sans aucune hésitation une .22LR, si bien sur ma femme ne me la vole pas avant.

Pour l'arme de poing, le Ruger Mark I, II et III est ce que la 10/22 est dans le monde de la carabine semi-automatique. D'une précision surprenante, ce pistolet semi-automatique offre une fiabilité a toute épreuve, et reste ma plateforme préférée pour l'introduction au tir de l'arme de poing. A 880 grammes, le Mk III a un recule inexistant, et tend naturellement au tir de précision. Les Navy SEALs utilisent toujours le Mk II pour entre autre, la résolution des conflits sur les navires.

Au final, le calibre .22LR est un calibre polyvalent et donc extrêmement intéressant pour ceux et celles qui tendent a la possession d'une arme a feu, que ce soit dans l'intention de faire du tir de précision, de chasser, ou une préparation en relation avec l'anticipation d'une situation de survie a court ou long terme. Le calibre se prête aussi parfaitement a la logistique du stockage et du transport, et son rapport énergie/rendement est dans l'ensemble des plus efficace." source/le survivaliste

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Bon, si on habite Pristina ou Bastia, le mieux est de demander à son pote Dragon ou Petru de vous trouver quelque chose pas cher sinon, partout ailleurs, il faudra vous inscrire dans un club de tir et, avec votre licence (2/3 mois), faire l'acquisition -dans un esprit confraternel- de l'arme de votre choix (licence tir/permis chasse + déclaration en préfecture). Au passage, jamais inutile de s'entrainer de temps à autre au tir à 50m. Le genre de sport assez prisé dans les repas de happyfews et les festiprides. Par ailleurs, des munitions en 22, en plus d'être universelles, sont peu onéreuses, facilement stockables (pour les prochaines générations si Dieu veut) et peuvent être une bonne base de troc en cas de succès des prochains QE...

Le hoplite moyen, quant à lui, trouve son bonheur dans le 22 mais aussi le 9 (Glock 19) et le 223 (SIG 550)..

photo: on commence par un et puis voilà.


podcast

NB: ce post est une réédition...je garde le fil de commentaire, bien instructif:)

   

03/06/2014

what else?

02/06/2014

paradigme

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" (...) Pour qui veut imaginer ce que signifierait concrètement un monde centré sur les seules valeurs de l’économie et de la consommation, la République de Nauru offre un exemple privilégié. Cette petite île du Pacifique (21 kilomètres carrés et 4 000 habitants) contenait effectivement dans son sous-sol des gisements de phosphate d’une pureté extraordinaire que les puissances impérialistes (comme l’Angleterre ou l’Allemagne) s’empressèrent d’exploiter à leur profit dès le début du XXe siècle. Il faudra donc attendre 1968, date de son accession à l’indépendance, pour que l’île de Nauru puisse enfin obtenir le contrôle de ses ressources naturelles et bénéficier ainsi, pour la première fois de son histoire, des gigantesques retombées financières liées à l’exploitation de son minerai – devenu, entre-temps, indispensable à l’agriculture chimique et industrielle des pays occidentaux. Bien entendu, en décidant ainsi de poursuivre la politique d’extraction intensive du phosphate inaugurée par les puissances coloniales (et donc de soumettre le destin du pays aux aléas du marché capitaliste mondial), la jeune République se condamnait inévitablement à aggraver dans des proportions encore plus dramatiques la destruction écologique de l’île (disparition accélérée de la flore et des arbres, puis des terres cultivables et, au final, de toutes les activités d’autosubsistance traditionnelles). Mais, d’un autre côté, c’était une occasion unique, pour les habitants de Nauru, de découvrir l’univers enchanté de la consommation capitaliste et de commencer à imaginer – pour eux et pour leurs enfants – des formes de vie merveilleuses qui ressembleraient enfin aux images dont la télévision occidentale abreuve en continu les populations du « tiers-monde ».

L’exploitation et la vente du phosphate allaient, en somme, leur conférer le privilège rarissime de pouvoir émigrer sur place. De fait, la République de Nauru ne mit qu’un temps très court pour rejoindre le camp des pays les plus riches de la planète. Au bout de quelques années, le revenu par habitant y était devenu comparable à celui des Etats pétroliers de la péninsule arabique (et l’un des signes les plus spectaculaires de cette entrée dans le mode de vie capitaliste avait d’ailleurs été la progression foudroyante du taux d’obésité, à présent l’un des plus élevés au monde). Comme l’écrit Luc Folliet « dans les années 1970, Nauru est un paradis pour une population qui n’a pas besoin de se lever pour aller travailler [...]. Ils sont des rentiers et se comportent comme tels. Oisifs et consommateurs ».

Une telle success-story ne pouvait cependant pas durer éternellement dans la mesure où l’idée d’une croissance infinie dans un monde fini est taillée dans l’étoffe dont sont faits les rêves des économistes libéraux. Et ce qui est déjà devenu évident pour la planète l’était a fortiori pour une petite nation insulaire. C’est ainsi que les années 1990 vont sonner «comme le réveil brutal pour tout un pays». À cette époque, « 80 % de la surface de l’île a été creusée » et l’exploitation du phosphate commence à donner ses premiers signes de déclin. En quelques années seulement (sous le capitalisme global – où tout, par définition, est connecté avec tout — les moindres changements de situation peuvent naturellement induire des réactions en chaînes aussi soudaines que catastrophiques), ceux qui avaient cru pouvoir intégrer définitivement le cercle étroit des riches vont ainsi découvrir la réalité du mur écologique et devoir, peu à peu, faire l’apprentissage traumatisant de la véritable pauvreté. Car entre-temps, bien sûr, l’île a été presque entièrement détruite par les travaux de forage industriel : l’agriculture et les activités d’autosubsistance y ont devenues impossibles, les traditions morales et culturelles qui auraient pu donner un sens à une autre manière de vivre ont sombré dans l’oubli progressiste, et les citoyens-consommateurs, en perdant l’habitude de travailler (conformément aux mœurs des pays riches, ils avaient évidemment passé commande de centaines de travailleurs étrangers afin d’être déchargés de toutes les corvées quotidiennes), ont fini par désapprendre les gestes les plus élémentaires d’une vie adulte et autonome. A tel point que le gouvernement se voyait désormais réduit à envoyer les jeunes Nauruanes en « stages de reconditionnement » aux îles Fidji (situées à des centaines de kilomètres) afin qu’elles puissent « réapprendre à passer le balai, nettoyer la cuisine, changer des couches ».

Aujourd’hui, la brève parenthèse consumériste s’étant refermée, l’île apparaît donc comme une « immense casse à ciel ouvert. Il n’y a pas un endroit sans une voiture abandonnée. Des cimetières de ferraille et d’acier sont disposés çà et là dans tous les districts de Nauru : voitures, camions, pneus, matériel électroménager défectueux. Des centaines de magnétoscopes, téléviseurs, chaînes hi-fi s’y entassent aussi. Les vestiges d’un passé prospère forment désormais des monticules de rouille ». En un mot, Nauru est désormais un pays ruiné et sans âme, que seule l’aide internationale contribue encore à maintenir à flot.

L’histoire de cette petite île du Pacifique – autrefois paradisiaque — a évidemment valeur de fable pour l’humanité tout entière. Elle offre un concentré spectaculaire de tous les méfaits engendrés par les politiques de « croissance » (ou, plus exactement, d’accumulation du capital) – telles qu’elles ont été définies par les idéologues arrogants et bornés de la Banque mondiale, de l’OMC ou du FMI, et appliquées sans réfléchir par presque tous les politiciens de la planète (si l’on met à part quelques dirigeants de certains pays du tiers-monde, comme l’Equateur, la Bolivie ou le Venezuela). Elle nous confirme en même temps — à travers l’étrange folie passagère qui s’est emparée de son peuple – que l’imaginaire hypnotisant de la consommation moderne n’est rien d’autre que « le soleil illusoire qui se meut autour de l’homme, tant que l’homme ne se meut pas autour de lui-même » (Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel), et que sans une critique radicale de cet imaginaire aucune émancipation humaine ne saurait être envisagée.

Si la morale de cette histoire devait nous rester étrangère, il se pourrait donc que nous découvrions un jour que le destin de cette petite île des mers du Sud n’était, au fond, que la bande-annonce de celui qui attend l’humanité tout entière. Un simple modèle réduit, en somme, de ce futur Nauru planétaire qui est l’horizon inévitable de toutes les politiques de croissance". JC Michéa, Le complexe d'Orphée.


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anarchist tory

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"Avant d’être une idéologie, l’écologie est d’abord une science, fondée en 1859 par le naturaliste allemand Ernst Haeckel pour étudier les relations entre les êtres vivants et leur milieu naturel. La notion d’« écosystème » a été créée en 1935 par l’Anglais Arthur Tansley. En tant que préoccupation politique, l’apparition de l’écologisme est beaucoup plus tardive. Il a d’abord fleuri à droite, car la droite n’a jamais été fâchée avec la notion de « nature ». Laquelle ne s’est développée à gauche qu’à partir d’une mise en cause de l’idéal productiviste héritée de la pensée des Lumières. Aujourd’hui, on peut dire que l’écologie est à la fois conservatrice et révolutionnaire : conservatrice parce qu’elle vise à préserver des équilibres naturels menacés, révolutionnaire parce que cette préservation implique une rupture radicale avec le modèle de « développement » dominant.

L’ampleur du problème peut être difficilement contestée. Au-delà des polémiques stériles sur les causes, anthropiques ou non, du réchauffement climatique, la réalité est là : pollutions systématiques des paysages et des nappes phréatiques, fonte des banquises, déforestation de l’Amazonie, continents de déchets dérivant sur des océans de plus en plus acides, poissons nourris aux œstrogènes et aux matières plastiques, extinction des espèces, destruction de la chaîne alimentaire, etc. Il faut être d’une extraordinaire inconscience pour ne pas voir que la Terre devient une immense poubelle, et que c’est là une menace gravissime pour l’avenir.

On a longtemps cru que les réserves naturelles étaient inépuisables et gratuites. Elles n’étaient ni l’un ni l’autre. Les combustibles fossiles représentent plus de 80 % de l’approvisionnement énergétique de l’humanité. Or, le pétrole est en passe d’atteindre le « pic » au-delà duquel il ne pourra plus être extrait qu’à rendement décroissant, tandis que la demande ne cesse d’augmenter (elle sera, en 2035, de cinq milliards de tonnes par jour). Autrement dit, il en faudra toujours plus et il y en aura toujours moins, ce qui se traduira par une explosion des prix. La moitié seulement du pétrole étant disponible à l’achat par les pays qui n’en ont pas, une baisse de 20 % de la production dans vingt ans, conjuguée avec l’augmentation de la consommation intérieure des pays producteurs, se traduira mécaniquement par une diminution de 50 % de la part disponible pour les pays non producteurs, à commencer par la France, dont la facture énergétique est déjà de l’ordre de grandeur du déficit de sa balance commerciale. Compte tenu de la relation étroite existant entre la consommation d’énergie fossile et l’activité économique, c’est là un redoutable défi. D’autant que le « développement durable » ne fait que reculer les échéances et que les énergies dites renouvelables (éolienne, photovoltaïque, etc.) sont absolument incapables de prendre le relais.

La vérité est que, la Terre étant un espace fini, elle ne peut être le théâtre d’une croissance matérielle infinie : les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ! Et, n’en déplaise aux défenseurs de la « vie », il en va de même de la population, qui a déjà quadruplé au XXe siècle et augmente aujourd’hui d’un million d’habitants tous les quatre jours et demi, ce qui devrait nous faire passer de 7,2 milliards de bipèdes à plus de 11 milliards en 2100. Si l’on raisonne en termes d’« empreinte écologique », laquelle est égale au nombre d’habitants multiplié par la demande en ressources et en énergie, les États-Unis sont d’ailleurs actuellement le pays le plus peuplé de la planète…(...)" Alain de Benoist, 2014

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24/05/2014

le vent se lève

Que faire?

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"Les « nationaux » qui utilisèrent le mot « révolution » sans en connaître la signification, croient au « sursaut national » spontané ! Ils croient également que « l’armée bougera »... Confiants dans ces deux rêves irréalisables, considérés comme des remèdes-miracles, ils ne conçoivent pas la nécessité d’éduquer des partisans au moyen d’une doctrine juste expliquant les causes de la décadence occidentale, proposant une solution et servant de gouvernail à la pensée dans l’action. C’est pourquoi, ils se complaisent dans une série de maladies politiques qui sont responsables de leurs échecs.

Confusion idéologique

Les « nationaux » s’attaquent aux effets du mal, pas à ses racines. Ils sont anticommunistes mais oublient que le capitalisme et les régimes libéraux sont les principaux artisans de la propagation du communisme. Ils étaient hostiles à la politique algérienne du gouvernement, mais oublient que cette politique était le produit d’un régime, de son idéologie, de ses intérêts, de ses maîtres réels financiers et technocrates, comme de ses structures politiques et économiques. Ils voulaient sauver l’Algérie française contre le régime, mais ils reprennent à leur compte ses principes et ses mythes. Imagine-t-on les premiers chrétiens adorant les idoles païennes et les communistes chantant les louanges du capitalisme ?

(...) La révolution n’est pas l’acte de la violence qui parfois accompagne une destitution de pouvoir. Ce n’est pas non plus un simple changement d’institutions ou de clan politique. La révolution est moins la prise du pouvoir que son utilisation pour la construction de la nouvelle société. Cette tâche immense ne peut être envisagée dans le désordre des esprits et des actes. Elle nécessite un vaste outil de travail de préparation et de formation. Le combat « national » s’enlise dans des ornières vieilles d’un demi-siècle. Avant toute chose, une nouvelle théorie révolutionnaire doit être élaborée.

IL N’Y A PAS DE REVOLUTION SPONTANEE!

Il est toujours possible d’agir, il est moins facile de réussir. Surtout dans une lutte révolutionnaire, combat à mort contre un adversaire tout-puissant, madré, expérimenté, qu’il faut combattre plus par les idées et l’astuce que par la force. Il est cependant fréquent d’entendre opposer l’action et la pensée. C’est croire à la spontanéité de l’action révolutionnaire. Et l’on cite comme exemple la révolution fasciste en Italie. On oublie qu’à la formation des « fascios » en 1915 Mussolini combattait depuis plus de douze ans comme agitateur et journaliste. On oublie surtout les conditions de la lutte en Italie après l’armistice de 1918 qui n’avaient rien à voir avec celles de la France d’aujourd’hui. En Italie comme dans d’autres Nations européennes, le pouvoir d’Etat était d’une extrême faiblesse, bien incapable d’imposer sa loi aux factions armées qui se disputaient le pays. L’Etat devait traiter tour à tour avec de véritables armées politiques. En octobre 1922, l’armée des « chemises noires » pesa un peu plus lourd et s’empara de l’Etat. Aujourd’hui, les « régimes libéraux » d’Occident sont caractérisés par une caste nombreuse de privilégiés, agents des groupes financiers, qui détiennent l’ensemble des leviers politiques, administratifs, économiques et sont unis par une étroite complicité. Ils s’appuient sur un gigantesque appareil administratif qui encadre rigoureusement la population, tout spécialement grâce aux réglementations sociales. Ils détiennent le monopole du pouvoir politique et du pouvoir économique. Ils contrôlent la presque totalité des moyens d’information et sont maîtres des transformé les citoyens en moutons dociles. Seules, les oppositions fictives sont tolérées.

A la fin de la première guerre mondiale, la révolution communiste était une menace immédiate pour toute l’Europe. Le danger détermine toujours un mouvement de défense : les mouvements fascistes en profitèrent. Seule force capable de s’opposer à la violence des rouges, le fascisme reçut de puissants appuis et l’adhésion massive de partisans. Aujourd’hui, le « Soir du Grand Soir », les soviets d’usine, les tchékas appartiennent au passé. Les communistes d’Occident se sont embourgeoisés, ils font partie du décor, ils sont les plus fermes défenseurs du régime. L’homme-au-couteau-entre-les-dents n’est plus le communiste mais l’activiste. Quant à la Russie, les capitalistes y voient un nouveau marché. Au contraire de la première moitié du XXème siècle, la satisfaction des besoins matériels élémentaires semble à portée de main de tous. Les soupes populaires, les grèves sauvages sont oubliées. Hormis quelques catégories minoritaires menacées, la grande masse des salariés est convaincus d’avoir plus à perdre qu’à gagner à vouloir arracher par la violence ce que les revendications pacifiques et le temps lui donneront inéluctablement. Le carcan des lois sociales et le chantage au crédit font le reste pour lui retirer toute combativité. Le sens de l’intérêt général, le courage civique et politique sont aujourd’hui le fait d’une très petite minorité, injuriée, dont on a limité systématiquement les moyens d’expression légaux. Cela nous éloigne fort de l’Italie des années 20. Le génie personnel de Mussolini pouvait suffire à grouper une masse passionnée, disponible, et à conquérir un Etat incapable de se défendre.

Telle n’est plus la situation en Europe et en France. Puisque la puissance appartient à l’adversaire, il faut une ruse supérieure. Puisque le « grand homme » (inexistant d’ailleurs) s’est par trop déprécié, il faut miser sur l’équipe. Qualité des combattants, combat méthodique et raisonné, direction collégiale, imposent : enseignement, doctrine. Depuis 1947, l’armée française engagée à défendre les terroristes d’outremer, est victorieuse, sur le terrain et contrainte aux capitulations successives par l’ensemble des forces politiques et économiques qui constitue le régime. Il a fallu attendre le mois d’Avril 1961, quatorze années, pour qu’un nombre infime de cadres entrevoient leur véritable ennemi. Un ennemi qui se trouvait moins sur le terrain, sous l’aspect du Viet ou du fellagha, qu’en France même, dans les conseils d’administration, les banques, les salles de rédaction, les assemblées et les bureaux ministériels. Encore ce sentiment hostile à une mythique Métropole décadente qu’à la réalité du régime. Cette prise de conscience limitée fut sans lendemain. Pour vaincre, il faut comprendre ce qu’est le régime, découvrir ses méthodes, débusquer ses complices, ceux qui se camouflent en patriotes. Il faut se déterminer les solutions positives qui permettront de construire la société de demain. Cela nécessite un total retour sur soi-même, une totale révision des vérités apprises, une conscience révolutionnaire."

Dominique Venner, Pour une critique positive, 1962

22/05/2014

le changement c'est now: jump around!

21/05/2014

Conarda, saison II: globalisation du capital et idiots utiles sans frontières (IUSF)

"L'expulsion de est insupportable. Pour elle, pour les Roms, pour l'Ecole de la République, pour les valeurs de notre pays."

depuis le 7 juillet 2012. Vous pouvez me retrouver aussi sur

"Depuis Guy Effeye, la n'a jamais arrêté son combat contre les expulsions. La place des lycéens est en...

Atzmon about Orwell and the jews

fire!

 

« Parce que Kipling s'identifie à la classe des officiels, il possède une chose qui fait presque toujours défaut aux esprits « éclairés »- et c'est le sens de la responsabilité. Les bourgeois de gauche le détestent presque autant pour cela que pour sa cruauté et sa vulgarité. Tous les partis de gauche dans les pays industrialisés reposent fondamentalement sur une hypocrisie, car ils affichent de combattre quelque chose dont, en profondeur, ils ne souhaitent pas la destruction. Ils ont des objectifs internationalistes, et en même temps ils sont bien décidés à maintenir un niveau de vie qui est incompatible avec ces objectifs. Nous vivons tous de l'exploitation des coolies asiatiques, et ceux d'entre nous qui sont « éclairés » soutiennent que ces coolies devraient être libérés ; mais notre niveau de vie et donc aussi notre capacité de développer des opinions « éclairées » exigent que le pillage continue. L'attitude humanitaire est donc nécessairement le fait d'un hypocrite, et c'est parce qu'il comprenait cette vérité que Kipling possédait ce pouvoir unique de créer des expressions qui frappent. Il serait difficile de river le clou au pacifisme niais des Anglais en moins de mots que dans la phrase : 

« Vous vous moquez des uniformes qui veillent sur votre sommeil ! »

Kipling, il est vrai, ne comprenait pas les aspects économiques des relations entre l'élite intellectuelle et les vieilles culottes de peau ; il ne voyait pas que si le planisphère est peint en rose, c'est essentiellement afin de pouvoir exploiter le coolie. Au lieu de considérer le coolie, il ne voyait que le fonctionnaire du gouvernement indien, mais même sur ce plan là, il saisissait exactement le mécanisme des relations : qui protège qui. Il percevait clairement que, si certains peuvent être hautement civilisés, c'est seulement parce que d'autres, qui sont inévitablement moins civilisés, sont là pour les défendre et les nourrir. »

Georges Orwell, Œuvres complètes, p186-187, cité par Simon Leys, Orwell ou l'horreur de la politique

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mais tout change malheureusement..

"La route de la soie comme nouvel axe économique essentiel. Alors que depuis le XIV°siècle, la ou les voies économiques principales n'étaient plus terrestres, mais maritimes, pour des raisons de coût, les énergumènes du bloc atlantistes poussent Russie et Chine dans les bras l'un de l'autre, avec une différence notable avec 1950.

A l'époque, ce n'étaient pas, économiquement, des poids lourds. Ils pouvaient constituer un bloc continental, mais rien d'autre. Aujourd'hui, l'industrie est en grande partie chinoise, et l'énergie, en grande partie, russe, du moins, en si grande partie qu'on ne peut l'oublier.

Les occidentaux devraient songer sérieusement que les USA peuvent être rejetés dans leur océan, et l'Europe, devenir une péninsule marginale. Rien n'est écrit, et on se demande pourquoi, et encore combien de temps, la planète va engraisser ces deux cochons biens gras, alors qu'ils n"ont plus rien à offrir pour les échanges ?

Quand on ne peut plus convaincre d'être soumis par l'économie, on le fait par la propagande, puis quand la propagande, elle même, ne suffit pas, par le bâton, et quand il n'y a plus de bâton... Pour tourner l'axe atlantique, une autoroute et un gazoduc suffisent. Comme la Russie a du mal à maintenir sa production de gaz et de pétrole, bientôt, il faudra choisir entre aller à Canossa-Moscou, et devenir un gros rien du tout..." Patrick Reymond, La chute.

Vidéo: bataille de Rorkes Drift.

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une autre époque assurément:

« Ecoutez maintenant une histoire vraie : c’est aux Indes que j’ai tué pour la première fois une femme…Oui oui, une femme…J’étais parti pour chasser le tigre quand en traversant la nuit un village perdu dans la jungle, un vieil indigène m’arrête :

- Sahib, sahib, un ours !

Et il me fait voir dans l’arbre une masse noire qui bougeait. J’épaule vivement, je tire, la masse s’abat dans un bruit de branches cassées, et je trouve une vieille femme que j’avais démolie pendant qu’elle cueillait des fruits. Un autre vieux moricaud, le mari, m’accable d’injures ; on va chercher le policeman indigène. Je dus indemniser la famille : cela me coûta des sommes folles, au moins deux livres.

L’histoire fut vite connue à vingt milles à la ronde. Et pendant plusieurs semaines, je ne pus traverser un village sans que deux ou trois vieux se précipitent :

- Sahib, sahib, un ours dans l’arbre !

Je n’ai pas besoin de vous dire qu’ils venaient d’y faire monter leurs femmes. »

Les silences du colonel Bramble, André Maurois.