Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/07/2014

nécessité

Watts-Emeutes.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"On peut poser le problème autrement encore, dit l'Ethnologue. Je m'inspire ici d'une remarque de Georges Corm (Le nouveau gouvernement du monde). Compare ce qu'ils gagnent avec ce que gagnent les gens exécutants, comme le dit cet auteur, "les tâches les plus essentielles à la survie des sociétés (ainsi le personnel infirmier, le personnel enseignant, les médecins généralistes ou les services d'aide à domicile ou même, dans un autre registre, le balayage des rues, les travaux manuels et pénibles du batiment, les travaux de saisie informatique, etc.)". Compare et ensuite dis-moi ce que tu penses d'un régime qui tolère de tels écarts, et non seulement les tolère mais les laisse se creuser toujours davantage, comme c'est aujourd’hui le cas. D'un tel régime et de son échelle de valeurs. A ton avis?"

(Eric Werner, Compare, 23/01/2012, Le début de la fin, Xénia)

L'Ethnologue de Werner a évidemment raison.

Et 90, mettons 99 % des gens de cette planète, pensent comme lui.

Tout le problème, comparaison faite, réside dans le fait que les idées sans le pouvoir, sans la force, ne sont rien.

Un rapport de force.

Mais rien de neuf:

"L'examen de ce qui est juste, on l'accomplit seulement quand il y a nécessité égale de part et d'autre. Là où il y a un fort et un faible, le possible est excuté par le premier et accepté par le second. [...] Toujours, par une nécessité de la nature, chacun commande partout où il en a le pouvoir."

(Thucydide, La guerre du Péloponnèse, cité par Simone Weil, L'Iliade ou le poème de la force- merci hélène:))

26/07/2014

Drac

19/07/2014

live..

source saker

16/07/2014

Russie

lecons_post_sovietiques_troc.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" (...) Les rues sont en outre envahies de vendeurs plus ou moins autorisés de nourriture à emporter : hot-dogs, hamburgers, glaces (même et surtout en hiver par -30°C), Kvas (sorte de soda à base de pain noir fermenté, excellent), "pirojki" (gâteaux fourrés au chou, à la viande, aux pommes), lait... On y trouve également des fleuristes (les fleurs viennent de Hollande et tiennent 24 heures si l'on s'en donne la peine), des marchands de souvenirs, etc. La nourriture peut parfois sembler suspecte, mais globalement on parvient à se nourrir à très bon marché sans risquer la salmonellose à chaque repas. Toute une population tente de survivre en tirant ses revenus de la rue. De nombreux groupes de musiciens animent les rues par n'importe quel temps. J'ai ainsi eu l'occasion de voir à l'oeuvre le meilleur groupe de musique Dixie (guitare, banjo, clarinette, trombone, contrebasse, batterie) que j'ai jamais vu !

S'il est une chose qui peut choquer l'occidental, c'est le non respect des règles d'hygiène élémentaires pour ce qui concerne l'alimentation. Les infrastructures sont telles qu'il est totalement illusoire d'envisager une quelconque chaîne du froid en Russie. En hiver tout d'abord c'est inutile : la viande reste bien souvent sur le trottoire, par -30°C, le temps que le commerçant l'entrepose dans son magasin. Pendant la douce saison, c'est plus problématique, et il n'est pas rare d'observer sur les étales de la viande bleue, voire carrément avariée. C'est le stade ultime : en général le commerçant soucieux de sa notoriété se débrouille pour fourguer sa viande avant qu'elle n'apparaisse trop suspecte, sous forme de viande hâchée, de pâté cuit ou de farce. C'est ainsi qu'on devient rapidement végétarien : toute viande paraît suspecte, autant alors l'éviter. Le poisson quant à lui est consommé fumé ou sêché, jamais frais. Bien sûr il y a des exceptions. Les adresses où se procurer de la viande fraîche sont connues, mais la consommation de viande se fait essentiellement via des produits transformés.

Le régime alimentaire est peu varié et varie selon les saisons, en fonction des arrivages de légumes sur les marchés. La base est constituée de pain, de fromage type Gouda, de pomme de terre, de chou, de choucroute, de "pielmenis" (raviolis sibériens), de salami, d'oignon, de tomate, de poivron, de cornichon, de betterave. Côté fruits on trouve des pommes, des poires, des baies diverses et variées. A cela s'ajoute les biscuits et pâtisseries (pas toujours très bonnes) et les bonbons. Le poisson se trouve quant à lui fumé ou sêché, rarement frais. Pour ceux à qui ce régime ne convient pas, il reste bien sûr le McD* sur la Nevskii Prospekt !

Vie nocturne

Avec un soleil qui se lève à 10:00 et se couche à 15:30 en hiver, la vie nocture commence parfois très tôt, du moins à Saint Pétersbourg ! La ville regorge de bars et de clubs, parfois clandestins, parfois ayant pignon sur rue, et souvent à l'existence éphémère. Ces "lieux de perditions" sont des scènes privilégiés pour toute la faune artistique russe. Les artistes sont souvent très doués - le moindre DJ de seconde zone ayant souvent des années de conservatoire derrière lui (pour ceux que j'ai rencontrés). Avec le temps, on s'aperçoit que certains endroits n'accueillent que des russes. Le service y est minimal et la qualité des consommations plutôt médiocre. En contrepartie, l'entrée ne coûte que quelques roubles. Des endroits plus huppés font une sélection par l'argent. L'entrée dépasse souvent les 50 roubles (le tiers d'une pension de retraite de base), le service est très professionnel et de qualité. Viennent ensuite les endroits "interlopes" et indéfinissables : bars tenus par la mafia à l'atmosphère lourde, night clubs réservés aux expatriés (il suffit de présenter un passeport - les russes sont refoulés sans pitié) où 99% de la population féminine y exerce en fait son activité professionnelle, usines désaffectées transformées en pistes de dance géantes et contrôlées par la milice...

Si l'on cherche à s'amuser et à éviter la déprime consécutive à la nuit quasi permanente en hiver, ces endroits sont très agréables. On y fait des rencontres singulières, que ce soit l'industriel sibérien en goguette ou la péripapétitienne émêchée en quête d'une oreille attentive à qui conter sa vie... Les bagarres y sont très rares : le service d'ordre à la russe est toujours très musclé (j'ai vu un russe refoulé d'une boîte et un peu trop insistant se faire littéralement hâcher menu par les videurs), et la milice surveille certains endroits. Contrepartie parfois gênante : si vous êtes étranger, seul et émêché dans une boîte, vous avez de grandes chances d'être séquestré dans une "cellule de dégrisement" quelques heures, le temps de vous faire racketer par le service d'ordre ou des flics véreux !

En été c'est pire : la fête est non-stop, les "nuits blanches" faisant que le soleil ne se couche jamais pendant les mois de juin et de juillet. En dehors des lieux de débauche, la vie culturelle est également très développée : ballets, théâtre, opéras, concerts. Moi qui suis plutôt inculte, j'y ai vu les plus beaux spectacles qu'il m'ait été donné de voir. L'ambiance y est loin de ce que l'on peut observer en France, où des snobinards paient 150 euro la place pour voir un ballet de danse contemporaine imb*table - je pourrais citer "Nosferatus", un machin sans queue ni tête vu à Paris lors d'un moment d'égarement. En Russie, le classique prédomine, et à des tarifs défiant toute concurrence. Une place au 1er rang pour assister à un ballet réputé comme "Roméo et Juliette" revient à 35 euro, soit moins de 3 euro après la dévaluation du rouble. Mais attention : ce tarif s'applique uniquement aux russes (ou à ceux qui se font passer pour tels). Un couple d'américain venu chercher ses tickets à la caisse était par hasard devant moi : la place leur à coûté 75 dollars...Je pense personnellement que cette démocratisation de la culture est une excellente chose : nombre de famille manifestement en difficulté financière peuvent, grâce à cette politique, se payer du divertissement à moindre coût.

Paupérisation généralisée

La libéralisation soudaine du marché et l'adoption d'un capitalisme sauvage comme politique économique après la chute du rideau de fer à bouleversé en profondeur la vie de tous les russes. Nombre d'entre eux vivaient en effet aux crochets de l'état, occupant des emplois inutiles et totalement improductifs. Quand les usines ont fermé, il a bien fallu se reconvertir ou sombrer dans la misère. La plupart des citadins ont trouvé des emplois dans le commerce ou l'artisanat (plombier, électricien... ces corps de métiers étant en plein boom). Pour d'autres la transition s'est faite dans la douleur, et l'on ne compte plus le nombre d'alcooliques, de drogués, de sans-abris qui hantent les faubourgs. Il n'y a quasiment pas de classe moyenne en Russie : soit l'on est très riches, soit l'on est pauvre et on lutte au quotidien pour subvenir aux besoins élémentaires, soit l'on est très pauvre et une dose quotidienne de vodka annihile toute volonté de s'en sortir. Moralité : seuls ceux doués d'un sens développé de l'adaptation s'en sortent. Des légions de SDF, d'orphelins, d'enfants en fugue et de gens du voyagent occupant les rues avec une notion toute relative du respect des lois, les autorités ont adopté des mesures radicales pour limiter les nuisances imputables à ces populations. Des camions les ramassent régulièrement dans la rue, et les emmènent dans la forêt à plus de 200 kilomètres de la ville. Le temps que tous ces gens revienent par leurs propres moyens, et la situation dans la ville redevient normale pour quelques semaines.

Retour à la terre général

Une des mesures socialement salvatrices de l'ère soviétique a été la création du lopin de terre, attribué à tout citoyen russe. Cette mesure a littéralement permis d'éviter le retour de la famine dans un pays ou la propriété privée était interdite et l'état chroniquement déficient. Un lopin de terre n'est pas très gros, mais permet bien souvent de nourrir une famille entière à l'année. Un abri de jardin construit sur place fait bien souvent qu'on y passe ses vacances, à cultiver cornichons, tomates et pommes de terre. Les transports en commun de Saint Pétersbourg voient ainsi défiler un flux constant de ruro-citadins faisant la navette entre leur appartement et leur lopin en campagne, et équipés de sacs-à-dos remplis d'outils ou de fruits et légumes divers et variés. Les plus adroits parviennent à revendre une partie de leur production, dont une grosse partie est mise en conserve pour permettre une consommation à l'année. Les bois sont également une source d'approvisionnement traditionnelle en Russie : baies et champignons sont récoltés par des armés de cueilleurs. Les pêcheurs sont légions. En hiver les journaux rapportent régulièrmeent des histoires de pêcheurs partis pêcher sur la banquise et se retrouvant, après avoir bien souvent abusé de la vodka, en perdition plusieurs jours durant sur un iceberg à la dérive !

Les conditions de vie des ruraux sont plus rudes : tout manque ! Le sucre vient en tête des produits dont le manque se fait cruellement sentir. Se procurer des vêtements, des provisions, des médicaments, etc, implique de faire des kilomètres jusqu'au bourg le plus proche. Pas facile à l'intersaison, quand les routes se transforment en bourbiers ! Et cela suppose également d'avoir un véhicule en état de marche... Vivre à la campagne présente toutefois quelques avantages :
- la criminalité y est limitée et peu organisée,
- produire sa subsistance est possible et permet même de faire des bénéfices si revente sur les marchés,
- on peut chasser / braconner sans trop de soucis,
- l'environnement y est plus agréable,
- se chauffer (au bois) en hiver par -35°C sans être tributaire d'un quelconque fournisseur est appréciable."
suite/Ferfal 1998

NB; lire Orlov aussi.

15/07/2014

what else?

09/07/2014

Apollo night

 
Oh, the passenger
How, how he rides
Oh, the passenger
He rides and he rides
He looks through his window
What does he see?

RIP

07/07/2014

c'est moche

orlov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" (...) Comme je l'ai mentionné auparavant, les plans d'atténuation de crise à mettre en œuvre par nous, qu'ils impliquent des guerres pour l'accès aux ressources, la construction de centrales nucléaires, des fermes d'éoliennes ou des rêves d'hydrogène, sont peu susceptibles d'être réalisés, parce que cette entité nous ne sera plus fonctionnelle. Si nous ne sommes pas susceptibles de réaliser notre plan avant l'effondrement, alors quoi qu'il reste de nous sera encore moins susceptible de le faire après. Par conséquent, il y a peu de raisons de s'organiser politiquement dans le but d'essayer de bien faire. Mais si vous voulez vous préparer à tirer parti d'une mauvaise situation — et bien, c'est une autre histoire !

La politique a un grand potentiel pour faire empirer une mauvaise situation. Elle peut causer guerres, nettoyages ethniques et génocides. À chaque fois que les gens se rassemblent en organisations politiques, que ce soit volontairement ou de force, cela annonce des ennuis. J'étais à la réunion annuelle de mon jardin communautaire récemment, et parmi le groupe de jardiniers généralement placides et timides il y avait une paire de militants autoproclamés. Avant longtemps, l'un de ceux-ci soulevait la question de l'expulsion de gens. Les gens qui ne se montrent pas à la réunion annuelle et ne s'inscrivent pas pour faire le nettoyage et le compostage et ainsi de suite — pourquoi leur permet-on de garder leur parcelle ? Et bien, certains des éléments voyous mentionnés par le militant se trouvaient être de vieux Russes, qui, en raison de leur vaste expérience de telles choses durant l'époque soviétique, sont excessivement peu susceptibles d'être astreints à prendre part au travail en commun ou d'assister aux réunions avec la collectivité. Franchement, ils préféreraient la mort. Mais ils adorent aussi le jardin.

La raison pour laquelle on permet à l'élément d'exister dans ce jardin communautaire particulier est que la femme qui dirige l'endroit leur permet de garder leur parcelle. C'est sa décision : elle exerce l'autorité et elle ne participe pas à la politique. Elle fait fonctionner le jardin et permet aux militants de faire leur bruit, une fois par an, sans effet pernicieux. Mais si la situation devait changer et que le jardin potager devienne soudainement une source de nourriture plutôt qu'un loisir, combien de temps faudrait-il pour que l'élément militant commence à demander plus de pouvoir et à affirmer son autorité ?

L'autorité est certainement une qualité utile dans une crise, qui est une époque particulièrement mauvaise pour les délibérations et les débats longuets. Dans n'importe quelle situation, certaines personnes sont mieux équipées pour y faire face que d'autres et peuvent les aider en leur donnant des directives. Ils accumulent naturellement une certaine quantité de pouvoir pour eux-mêmes, et c'est bien aussi longtemps que suffisamment de gens en bénéficient, et aussi longtemps que personne n'est blessé ou opprimé. De telles personnes émergent souvent spontanément dans une crise.

Une qualité également utile dans une crise est l'apathie. Les Russes sont exceptionnellement patients : même dans les pires moments de l'après-effondrement, ils n'ont pas commis d'émeute, et il n'y a pas eu de manifestations significatives. Ils ont fait face du mieux qu'ils pouvaient. Le groupe de gens avec qui l'on est le plus en sécurité dans une crise est celui qui ne partage pas de fortes convictions idéologiques, n'est pas facilement persuadé par l'argumentation, et ne possède pas un sentiment surdéveloppé et exclusif de l'identité.

Les candides enquiquineurs qui pensent que nous devons faire quelque chose et qui peuvent être embobinés par n'importe quelle andouille démagogue sont assez nuisibles, mais le groupe le plus dangereux, et qu'on doit surveiller et fuir, est un groupe de militants politiques résolus à organiser et promouvoir un programme ou un autre. Même si le programme est bénin, et même s'il est bénéfique, l'approche politisée pour le résoudre pourrait ne pas l'être. Comme dit le proverbe, les révolutions mangent leurs enfants. Puis elles se tournent vers tous les autres. La vie de réfugié est une forme de survie ; rester et se battre contre une foule organisée n'en est généralement pas une.

Les Balkans sont le cauchemar post-effondrement avec lequel tout le monde est familiarisé. Au sein de l'ex-Union soviétique, la Géorgie est le meilleur exemple d'une politique nationaliste poursuivie jusqu'à la désintégration nationale. Après avoir gagné son indépendance, la Géorgie est passée par un paroxysme de ferveur nationaliste, résultant en un État quelque peu plus petit, légèrement moins peuplé, perpétuellement défunt, avec une pauvreté généralisée, une grande population de réfugiés, et deux anciennes provinces coincées dans des limbes politiques permanentes, parce que, apparemment, le monde a perdu sa capacité à redessiner les frontières politiques. Dans sa forme actuelle, c'est un client politique et militaire de Washington, précieux uniquement comme couloir de pipeline pour le pétrole de la mer Caspienne. Son principal partenaire commercial et fournisseur d'énergie est la Fédération de Russie.

Les États-Unis sont bien plus comme les Balkans que comme la Russie, qui est habitée par une population eurasienne assez homogène. Les États-Unis sont très compartimentés, habituellement par race, souvent par ethnicité, et toujours par niveau de revenu. Durant les périodes prospères, ils restent relativement calmes en maintenant un pourcentage de gens en prison qui a établi un record mondial absolu. Durant les périodes moins prospères, ils sont en grand risque d'explosion politique. Les sociétés multi-ehtniques sont fragiles et instables ; lorsqu'elles se désagrègent, ou explosent, tout le monde perd.

Aux États-Unis, il semble y avoir peu de manières de faire fonctionner en douceur le scénario de l'effondrement pour soi et sa famille. La totalité du lieu semble partie trop loin dans une direction insoutenable. C'est un vrai défi créatif, et nous devrions lui accorder beaucoup de réflexion sérieuse. Supposons que vous viviez dans une grande ville, dans un appartement ou une copropriété. Vous dépendez des services municipaux pour survivre. Une semaine sans électricité, ou sans chauffage, gaz, ou enlèvement des ordures entraîne un inconfort extrême. Deux à la fois est une calamité. Trois est un désastre. La nourriture vient du supermarché, avec l'aide du distributeur de billet ou de la fente pour carte bleue à la caisse. Les vêtements propres viennent de la laverie, qui nécessite de l'électricité, de l'eau et du gaz naturel. Une fois que tous les commerces ont fermé et que votre appartement est froid, sombre et sent les ordures (parce qu'elles n'ont pas été ramassées) et l'excrément (parce que les toilettes ne fonctionnent plus), il est peut-être temps d'aller camper et d'explorer la nature.

Alors considérons la campagne. Supposons que vous possédiez une maison et que vous ayez un crédit minuscule qui se ratatine jusqu'à presque rien après une bonne poussée d'inflation, ou que vous la possédiez pour de bon. Si elle est dans une subdivision périurbaine développée, il y aura encore des difficultés avec les taxes, le respect du code, des étrangers venus de l'espace vivant à côté, et d'autres scoubidous, ce qui pourrait empirer à mesure que les conditions se détériorent. Les municipalités en détresse pourraient d'abord tenter de renchérir les impôts locaux pour couvrir leurs coûts au lieu de simplement fermer boutique. Dans un effort malavisé pour sauver la valeur immobilière, elles peuvent aussi tenter de faire appliquer des codes contre des nécessités telles que les tas de compost, les toilettes extérieures, les poulaillers et les cultures plantées sur votre pelouse de façade. Gardez à l'esprit, aussi, que les pesticides et les herbicides prodigués aux pelouses et aux terrains de golf laissent des résidus toxiques. Peut-être que la meilleure chose à faire avec la banlieue et de l'abandonner tout entière.

Une petite ferme offre des possibilités quelque peu meilleures pour cultiver, mais la plupart des fermes aux États-Unis sont hypothéquées jusqu'à la garde, et la plus grande partie de la terre, qui a subi une culture intensive, a été bombardée sans pitié de fertilisants chimiques, d'herbicides et d'insecticides, ce qui en a fait un endroit malsain, habité par des hommes à tout petit décompte de spermatozoïdes. Les petites fermes ont tendance a être des lieux solitaires, et nombre d'entre elles, sans accès au gasoil ou à l'essence, deviendraient dangereusement isolées. Vous aurez besoin de voisins pour faire du troc, pour vous aider, et pour vous tenir compagnie. Même une petite ferme est probablement excessive en terme de quantité de terre agricole disponible, parce que sans la capacité d'apporter sa récolte sur un marché, ou sans une économie monétaire en fonctionnement pour la vendre, il n'y a pas de raison de cultiver un grand surplus de nourriture. Avoir des dizaines d'hectares est un gaspillage quand tout ce dont on a besoin est quelques milliers de mètres carrés. De nombreuses familles russes ont réussi à survivre avec l'aide d'une parcelle de jardin standard de un sotka, ce qui fait cent mètres carrés, ou, si vous préférez, 0,01 hectare, ou 1076,391 pieds carrés.

Ce dont on a besoin, bien sûr, c'est d'une petite ville ou d'un village : une localité relativement petite, relativement dense, avec environ quatre mille mètres carrés pour chaque trentaine de personnes, et avec une réglementation des zones conçues pour un usage juste et durable, non pour les opportunités d'investissement en capital, la croissance, la valeur immobilière, ou d'autres sortes de développement. De plus, cela devrait être un endroit où les gens se connaissent et sont prêt à s'aider les uns les autres — une vraie communauté. Il y a peut-être encore quelques centaines de communautés comme cela, dissimulées ici et là dans les cantons les plus pauvres des États-Unis, mais il n'y en a pas assez, et la plupart d'entre elles sont trop pauvres pour absorber une population significative de migrants économiques.

Souvent, lorsque les gens entendent parler de la possibilité d'un effondrement économique, ils se demandent : Supposons que l'économie américaine s'effondre bientôt. Pourquoi cela vaudrait-il seulement la peine d'y penser, si je ne peux rien y faire ? Et bien, je ne suis pas un professionnel du conseil en investissement, alors je ne risque rien en faisant quelques suggestions sur la manière de protéger son portefeuille d'investissement contre l'effondrement.

La peur du nucléaire a engendré l'archétype du survivaliste45 américain, terré dans les collines, avec un abri anti-bombardement, un nombre fantastique de boites de conserve de charcutaille, un assortiment d'armes à feu et abondance de munitions avec lesquelles repousser les voisins en contrebas, ou peut-être juste pour tirer sur des canettes de bière quand les voisins passent pour de la bière et des sandwichs à la charcutaille. Et bien sûr, un drapeau américain. Cette sorte de survie est à peu près aussi bonne que de s'enterrer vivant soi-même, je suppose.

L'idée de stocker n'est pas totalement mauvaise, cependant. Stocker de la nourriture est, bien sûr, une idée pourrie, littéralement. Mais certains articles manufacturés valent certainement d'être considérés. Supposons que vous ayez un compte d'épargne retraite, ou des fonds mutuels. Et supposons que vous vous sentiez raisonnablement certain que d'ici au moment prévu pour partir à la retraite ce ne sera pas suffisant pour acheter une tasse de café. Et supposons que vous réalisiez que vous pouvez actuellement acheter plein de bons trucs qui aient une longue durée de vie en réserve et qui seront nécessaires et précieux, loin dans le futur. Et supposons, en plus, que vous ayez un petit peu d'espace de stockage : quelques dizaines de mètres carrés. Maintenant, qu'allez-vous faire ? Attendre et regarder vos économies s'évaporer ? Ou payer le supplément d'imposition et investir dans des choses qui ne soient pas composées de vapeur ?

Une fois que les distributeurs d'argent n'auront plus d'argent, que les téléscripteurs boursiers cesseront de téléscripter, et que la chaîne de distribution se sera brisée, les gens auront toujours des besoins de base. Il y aura des marchés aux puces et des arrangements privés de troc pour alimenter ces besoins, utilisant n'importe quelle monnaie d'échange locale qui sera disponible : des rouleaux de billets de cent dollars, des bouts de chaînes en or, des paquets de cigarettes, ou n'importe quoi de ce genre. Ce n'est pas une mauvaise idée de posséder un peu de tout ce que vous aurez besoin, mais vous devriez investir dans des choses que vous pourrez échanger contre des choses dont vous aurez besoin. Pensez à des biens de consommation nécessaires qui requièrent une haute technologie et ont une longue durée de vie en réserve. Voici quelques suggestions pour commencer : des médicaments (sans et sur prescription), des lames de rasoir, des préservatifs. Les batteries rechargeables (et les chargeurs solaires) deviendront assurément des articles précieux (les NiMH sont les moins toxiques). Les articles de toilette, tels que du bon savon, seront des articles de luxe. Remplissez quelques cantines, emballez sous azote pour que rien ne rouille ou ne pourrisse, et entreposez quelque part.

Après l'effondrement soviétique, il est rapidement apparu une catégorie de marchands itinérants qui fournissaient aux gens l'accès à des produits importés. Pour se procurer leurs marchandises, ces gens devaient voyager à l'étranger, en Pologne, en Chine, en Turquie, par le train, en portant leurs produits à l'aller et au retour dans leurs bagages. Ils échangeaient une valise de montres de fabrication russe contre une valise d'autres produits de consommation plus utiles, tels que le shampooing ou les lames de rasoir. Ils devaient graisser la patte des officiels le long de leur route, et étaient souvent détroussés. Il y a eu une période ou ces gens, appelé tchelnoki, ce qui veut dire navette en russe, étaient la seule source de biens de consommation. Les produits étaient souvent des rebuts d'usine, endommagés, ou au-delà de leur date de péremption, mais cela ne les rendait pas moins précieux. En se basant sur leur exemple, il est possible de prédire quels articles seront hautement demandés et de les stocker en avance, comme une couverture contre le risque d'effondrement économique. Notez que les chelnoki avaient des économies intactes avec lesquelles commercer, accessibles en train — alors qu'il n'est pas garanti que ce soit le cas aux États-Unis.

Une réserve de cette sorte, dans un endroit accessible à pied et socialement stable, où vous connaissez tout le monde, où vous avez quelques amis proches et de la famille, où vous possédez votre toit et de la terre pour de bon, et où vous pouvez cultiver la plus grande partie de votre propre nourriture, et troquer pour obtenir le reste, devrait vous permettre de survivre à l'effondrement économique sans trop d'ennuis. Et, qui sait, peut-être trouverez-vous même le bonheur ici. (...)"

Dmitry Orlov, juin 2005.

45. Le survivalisme est un mouvement de gens préoccupés par leurs moyens de survie personnels, et dont les craintes sont extrêmement variées : désastres naturels, catastrophes industrielles, terrorisme, surpopulation, épidémie, effondrement économique, ou survenue de l'apocalypse biblique et bien d'autres encore.

pic: effondrement du taulier

05/07/2014

une question de temps

dor12-135.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Selon le think tank Policy Exchange, un Britannique sur trois sera issu de l'immigration non-européenne d'ici 2050, originaire à une, deux ou trois générations, principalement du Pakistan, d'Inde, du Bangladesh, d'Afrique noire et des Caraïbes, un groupe qui représente actuellement 14% de la population britannique (soit 8 millions de personnes). Un quart des enfants de moins de dix ans appartiennent aujourd'hui à une minorité ethnique  alors que 95% des plus de soixante ans appartiennent à la majorité blanche. Les minorités ethniques concourent aujourd'hui à 80% de la croissance démographique britannique. Lors des élections générales de 2010, les minorités ethniques ont voté à 68% en faveur des travaillistes. La principale révélation de cette très grosse étude est la prolétarisation des "Anglais de souche": quand 70% des Indiens, 66% des Africains, 63% des Bangladais, 62% des Pakistanais et 53% des Caribéens entreprennent des études supérieures, seuls 43% des Britanniques d'origine européenne entrent à l'université." Faits et Documents, 1-15/07/2014

Rappel:

"Andrew Neather, qui rédigeait les discours de Tony Blair, Jack Straw et David Blunkett, a fait une révélation de taille, dans l’émission Question Time de la BBC. Il a en effet dévoilé que l’énorme augmentation de l’immigration durant la dernière décennie était une politique délibérée et organisée par les Travaillistes afin de modifier la constitution ethnique de la Grande Bretagne : « Outre les besoins du marché du travail, il y avait également une motivation « politique » derrière la politique d’immigration. [Les ministres entendaient] mettre le nez des conservateurs dans la diversité ». Cet apparatchik de premier rang a précisé que les dirigeants travaillistes avaient opéré secrètement, craignant que cette politique ne perturbe « la classe ouvrière qui est son vivier électoral ». Les vraies raisons, qui figuraient dans les premières versions du rapport Performance and Innovation Unit, rédigé par Downing street, ont été supprimées dans la version finale du document afin de ne pas révéler cette politique délibérée et organisée. Selon lui, « l’immigration de masse était pour le gouvernement le moyen de rendre le Royaume Uni totalement multiculturel. Cette politique délibérée a duré de 2000 au moins jusqu’au mois de mai 2008, date à laquelle on a mis en place le nouveau système de points.» Ce qui a entraîné l’arrivée, selon le think tank Migration Watch, de plus de trois millions de nouveaux immigrés."  Faits et documents 15-30/11/09

Photo: Dorothea Lange, Great Depression, family who traveled by freight train. Washington, Toppenish, Yakima Valley, 1936.
podcast

02/07/2014

cynisme

tumblr_m1fu0qN51E1qzlfdho1_500.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  "Lors d'une émission de France 2 (Des paroles et des actes du 12/04/2012), David Pujadas semble s'être beaucoup amusé à poser au sympathique Philippe Poutou cette question surprenante et particulièrement perverse (il faut dire qu'en tant que membre éminent du Siècle -le plus sélectif des clubs de rencontre de la classe dirigeante française-, ce journaliste ne doit guère entretenir d'illusions sur la nature réelle du système qu'il a choisi de servir): "J'ai bien lu votre programme. Je n'ai rien trouvé contre la société de consommation. Est-ce que l'une des grandes formes d'aliénation aujourd'hui, ça n'est pas la dictature des marques, le dernier écran plat absolument, le dernier Smartphone absolument? Y a pas un mot là-dessus! Est-ce que ce n'est pas aussi une forme d'aliénation?" Réponse du candidat de la nouvelle extrême gauche "anticapitaliste" à cette question cyniquement debordienne: "Ouais, ben enfin, à notre avis, ce n'est pas le premier problème." Il est vrai que, pour la plupart des extrêmes gauches "citoyennes" (reconnaissons que le NPA ne va pas encore jusque là), le "premier problème" est généralement celui du "mariage gay" ou, à défaut -chacun pourra choisir-, celui de la légalisation du cannabis, du vote des étrangers ou de l'interdiction des corridas."

JC Michéa, post-face à La culture de l'égoïsme, Christopher Lasch et Cornelius Castoriadis, 2012.


podcast

photo: la modernité conserve certains attraits